SUPPLÉMENT A LA GAZETTE PAR LES JÉSUITES
1° On a suivi en tout le projet du cardinal de la Trémouille, qui, un peu avant sa mort, avoit dressé un mandement pour son diocèse, quoique la bulle y fût déjà reçue, afin que le cardinal de Noailies se réglât comme lui pour la recevoir.
2" Le cardinal reçoit purement et simplement à l'exemple des quarante prélats. Il ne fait aucune mention xle la rétractation de sonappel. On a cru devoir lui passer cet article qu'il demandoit avec instance pour mettre son honneur à couvert.
3" Pour éviter les suites fâcheuses que la non-rétractalion pou voit causer dans les siècles futurs, S. A. R. fera un éditoù il sera marqué qu'à la requête des évêques de France, le Uoi déclare que rai)pel au futur concile de la bulle L>i/yem(u.sest nul et abusif, et que la Constitution fait règle de foi dans le royaume. Cet édit sera enregistré dans tous les Parlements et envoyé dans toutes les universités pour \ rirr reçu
V* 1^* ranlinnl d»' Kolian s ftoil »Mii:aLr«' <ju«' lim^ les «•v»^|ii»»s de Koii |»arti Nlirnoroiciit la paix. L«' caidnial dr Noailh'savoil lail «l*- iin'^in»' pour cciiv du sien.
(VptMul.iiil If |>i«Mnit'i' n'a pu ivdiiiiv MM. dtî (iharlres. Mm«'>. Nunl-Hour <*t Dol à moins (juil y ait une rétractalmn formelle. Le deuxième n'a pu répondre des quatre évtVjues premiers appelans.
5* Le dur Kéi:ent a si^né cette paix, et les cardinaux se «iont embrassés muluelloment.
I^ Sorbonne a déjà reçu ordre de hitïer de ses reu'istrestout c«» (pii y étoit inséré contre la Constitution depuis la mort de Louis \IV, de même (|ue cradmettre aux a«iseud)lées riMix (pirll»' en avoit exclus pour ce sujet.
(îiizfllr lin \\) avril 17-20. — Parh, 12 avril. — Os jours passés. M. ToUicial tint le synode des curés de cette \il|p suivant la rdutume; il Icui' a dit ipir tant (pie S. K. navoil point vu la vérité à couvert dans les proposition»* d'accommodement cpion lui avoit juscju'ici présentées, elle s'étoit exposée aux extrémités les plus fAcheuses et rpie maintenant (piVdle les avait mise , elle soni:coil A procurer la paix de l'Kulise. Pendant ce discours on traidaun proforul silence, et on remanpia qu'au- • un des curés ne monta à l'audience de S. E. [)()ur la saluer comme il s'est pratiqué en de pareilles nMiconlres.
L» 1 1 , on leur envoya chercher quehpies docteurs poui- Ibur parlerai! sujet du renouvellement de leur appel. Ils répondirent avec fermeté et sagesse. On a lu à M.M. i\v Monlpi-Ilier et Boulogne \q Corps de doctrine. Ils n'en sont pas contents. I>es chanoines de CiiAlons-sur-.Marne ont érril une lettre à le»ir prélat (jui est en cette ville, au sujet «le raccommodement. (X*lte lettre est siimée de tout le cliapitre. Ils y nip|M'llent une lettre (]ue M. de (lliAlons leur écrivit au suj(rt d«' l«*in' appel et qui e*.t inscrite dari^ leurs repislres.
Ce prélat leurmaniuaitdanscett^.* lettre : « (pi'il nVn esl |>aH de iii/'ine iles corps comme des particuliers, fussenl-iK
évèques; que tout ce que font ces derniers dispaiolt souvent avec eux, au lieu que ce que l'ont les corps a une espèce d'immortalité. Qu'ainsi après qu'il sera entré dans la voie de toute chair, ils subsisteront encore pour soutenir le parti qu'ils ont pris avec tant de sagesse. » Les chanoines témoignent à leur prélat qu'ils sont dans ces dispositions qu'il leur marque.
Marseille. — On mande de Provence que la lettre du cardinal de Noailles à ses curés a surpris l'évêque de Marseille et plusieurs autres qui croyoient que le cardinal de Noailles recevoit la Constitution purement et simplement avec le Corps de doctrine , ce que sa lettre contredit.
Lille j 1 V avril. — Les disciples et partisans de Noailles, depuis l'accommodementducardinal de Noailles, font plus de désordres et témoignent plus de fureur que jamais contre ceux qui ne veulent pas recevoir la Constitution. On enest venu jusqu'à briser les portes, jeter les meubles par lesfenèlres et piller la maison d'une dévote nommée Hélène deCourcelles, parce qu'une lille étoit morte d.mssM maison sans avoir déclaré qu elle recevoit la Constitution comme règle de foi. On en a porté des plaintes à M. le prince de Tingry : il y a envoyé la maréchaussée pour informer et se saisir des plus mutins. On en a amené une vingtaine dont quelques-uns ont été interrogés hier, et sur leur déposition, la maréchaussée y a retourné aujourd'hui pour se saisir d'autres si on les trouve. Il y a un ordre au magistrat du lieu de faire remettre la niiiison de la dévote de Courcelles dans l'état où elle étoit «-t de la dédommager de tout ce qu'elle a perdu. On y doit publier de la part du prince de Tingry une défense de parler de la Constitution, à peine de punition cor[)orelle. On croit que c'est Tunique moyen pour maintenii' 1» tranrpiillité.
14t MF.MOIRF5 HF M ATM I Kl' MARAIS.