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[1 mars 1720.
>ouii avons longliMiips entriuiii parler d'un projet d'aceominodenHMit a\ec lesévèques qui ont rwMi la bulle (Jnigenilusy et ceux qui en ont appelé au futur coneile gênerai, à la tète desquels est V. K. Mais uous ne rrovions pas devoir ajouter aucune foi a ee bruit, parée (jue Dous jugions (|iril convi-noit peu aux pn'ecdentf's demandes de V. K. ft parce que M. de Cbàlons dit, il n\v a pas longtemps, à un de nous quo nous nedi\ions pas être alarmés.
Mais pn'sent» nuMit , nous ne pouvons plus douter <le ee que le public nous apprend. Oomme nous savons qu'il n'est pas encore signé, nous avons cru deNoir représenter à V. K. le mal qu'il nous paroît que l'Kglis** soutire du triomphe (jue vous accordez a ceux contre (jui \ous ave/ jusqu'ici soutenu la vérité avec tant de force et de courage.
Vous nave/. pas oublié, Monseigneur, combien les fidèles furent atnmies de la Constitution aussitôt ({u'elle parut, et combien vous le filles *ous-mcmp.
t'.'esl ce (jui vous obligea, axec plusieurs autres evèques, a vous op- |K»iPr a son acceptation dans l'assemblée de 1713 et 1714. (l'est ce qui qui vous a fait appeler au concile général, et c'est pour empêcher les suites fAchouses (pie vous avez donné vtis instructions au peM|)l(» (jiie la divine Providence vous a contic, adn de justifier votre conduite et de faire voir U-s justes raisons que vous aviez de ne pas recevoir un décret qui vous paraissent .si dangereux et que vous jugiez si contraire au dojiii».. .il.i nioralfdi* l'Kvaiigile, et ala discipline del'Kglise. Cependant. rn;d;:rf' toutes ces raisons qui nous rassuroieiil contre tout ce que nous ••til»MidionH dire, nous apprenons eue V. K. est prête de recevoir cette (UniMitution, a la faveur d'uu Corps de (hctrinr qui va paroître et qui wra p<*ul-êlre pbis tôt publié (pie cette lettre ne vous sera rendue.
Nous apprenons qu«' \ous a\ez juge cette grande et importante afftirp Mun notre a\is et consentement, et sans nous en avoir rien communique, (piotque nous soyons du nombn^ des jug(*s naturels la qui il ;«f • t d en coiinoîlrc.
' • l'Iiiinl .'i\ec justice de ce que le l'apc dNoit entrepris déjuger !• p. Qup«nH sans l'entendre ; ne MToil-ce pas un aussi grand grief AzWtç^xyx p*>ur la defenv de ce prêtre cxiDtre le jugement «pie vous allez tf'^'' <u\rv %A mémoire, qnc d»- ra\oir jugé avec (pnhpies juges r' j'M oui p.iro I» * pin»' fjispdvs .i i«»ii(irmcr s;i cniidainnalion et
d'en avoir exclu ceux qu'on craignoit qui De lui fussent plus favorables.
Vous voulez donner un Corps de doctrine comme contenant la seule doctrine de toute l'Église de France, sans que plusieurs évèques de cette même Église en ayent eu aucune connoissance, et faire recevoir comme règle de foi une bulle dont une partie de cette même Église avec plusieurs évêques et V. E. même ont porté leurs plaintes» l'Église universelle.
Nous ne croyons pas, Monseigneur, que pendant que l'Église est saisie de cette affaire, vous ayez pu la juger avec quelques évêques qui n'ont aucune autorité sur leurs confrères, qui leur sont égaux en tout, et sur qui, dans la circonstance de l'appel au concile général, le concile national n'en auroit point.
Peut-on faire une plus grande plaie à nos libertés que de douter que l'appel au concile ne soit une règle canonique dans des matières importantes? Et n'est-ce pas décider que ce n'en est point une» que de prévenir le jugement de l'Église universelle, en recevant, comme vous faites avant sa décision , cette bulle que vous et nous, par nos actes d'appel et tous les Parlements du royaume par leurs arrêts, ont reconnue n'être point loi de l'Église ?
Le Corps de doctrine ne peut avoir d'autorité qu'autant qu'il sera approuvé de tous les évêques. Et comment peut-il l'être de tous s'il n'a pas été communiqué à tous^ et si ceux qui l'ont vu n'ont pas eu le temps de l'examiner avant que de le recevoir? Il étoit impossible d'en juger sainement sur une simple lecture , pendant laquelle l'esprit peut être détourné par les distractions que la fatigue d'une longue attention cause ordinnirement.
Ceux qui, comme nous, ne l'ont point vu, auront de la peine à croire qu'étant au goût des molinistes, il soit exact, qu'il ne renferme quelques erreurs , ou qu'il ne cache quelque vérité que les thcoloiziens qui ont été charges de le dresser ayent déguisée ou ayeut craint d'exposer ouvertement, de peur de blesser la délicatesse de ceux dont on veut avoir l'approbation.
Si néanmoins, contre toute apparence, il est aussi bon et aussi exact qu'on peut le désirer, pourquoi l'avoir caché si longtemps connue \\\\ ouvrage de ténèbres, qu'on appréhendoit d'exposer a un trop grand jour, de peur d'en faire apercevoir les défauts.^
Nous n'étions pas moins intéressés dans cette affaire que tout le reste du corps épiscopal, et nous aurions un juste sujet de nous plaindre du mépris «ju'on a fait de nous en ne nous en donnant .tucuiu' connaissance. Mais nous protestons devant Dieu, avec toute la sincérité et la bonne foi convtMiabb*, ;i notre caractères que nous sounne^ moins louclu'S de l'injure (jue l'on fait a nos personnes que de celle
24H MEMOlRh> OKMAIHIKI iMAKAI^
t|ui i>l laiU' j TK-glist' dont on ;i méprisé les usages et le> règles en celle CHYasiiui
S4ii\ant ees saintes règles, nonsdevions être'appclés pour juger avec toi autres «^^iies. Kl ainsi tout ce qui s'est fait sans notre participa ùon et san$ avoir «te eoinniiuii(jiié doit être eeusé nul de plein droit.
.Nous ne \ovons pas i)ue IK^Iise en ait jamais use de cette sorte. \ous-n)^n»e, Monst»igueur, pendant la vie du feu Koi, ne croyiez pas devoir non-si'ulement traiter, mais même écouter aucun accommodement (|ue de concert avec nous Vous l'avez déclaré de vive voix et par écrit
Permettez-nous de vous demander ce qui est arrive depuis ce temps-la qui vous ait fait croire que ces mêmes évéques, qui jusqu'ici vous ont toujours ele uni«i parraitement par les liens de la charité , par rattarhement le plus intime , par leur opposition à la mauvaise do«-trine de la Bulle, par les mauvais traitements qu'ils ont soufferts aîec vous , que ces évéques, dis-je, se soient rendus indignes de votre confiance et d'entrer en connoissance d'une affaire dont ils dévoient être juges et a laquelle ils ont tant d intérêts
Il est vrai qu'a présent que toutes choses sont conclues on nous offr»' de nous faire voir ce Corps de doctrine.
Vous voulez bien , Monseigneur, que nous vous disions que nous regardons celle démarche comme peu .sérieuse et peu convenable a la dignité episcopale et à la dignité de la matière dont il s'agit.
Ce qui nous afflige infiniment, avec tout ce qu'il y a de plus gens de bi'Mi et de plus éclairi*s dans votre diocèse et dans tout le royaume, et qui ont le plus mérité votre estime, c'est de savoir que ce Corps de dftctrine n'est (jue recevoir la Bulle.
Vous l'avez reconnue mauvaise par votre appel et par votre instruction pastorale. Kst-elle devernie meilleur»' par la suite du ten)ps? Peutelle ledf^enir par b* Corps de doctrine. Plus il sera exact, et moins la Constitution y aura de rapport. La relation (jue vous établissez de l'un a l'autre sera plutôt une censure qu'une justification de la Bulle, etparoitra tfHijours contraire à la boruie foi et a la simplicité <bi langage orduiaire d»' l'Iglisi'. Nous ne voyons aucim exemple jusqu'à présent qu'elle se soit servie de pareils détours, d'équivoques et d'explications pour auloris^T les choses qti'elle a «ru maux aises eu leur donnant des sens forces
Petil-on esperf-r que CJiJ explications mett«'iil en tuile les vérités que tous établirez dans le ( orpx de doctrine et sont proscrites par la Bulle! Dans la suite des temps la Constitution parollra reçue par tou» les ev^ues et les explications ou le Corps drdffrfrine nv sont rtçuei que par un rertaui nombr<' d'c\êques français. On sera dans la suite de l'acceptation (je la Constitution et l'on disuu-
tera sur les explicatiouîs reçues par un petit nouibit- d'evéques, ei elles paroîtrout si opposées au vrai sens de la Bulle qu'elles laisseront toute la liberté de soutenir par son «lutorité les erreurs que ces mêmes explications condamnent.
Peut-on espérer que ces explications arrêteront les mauvais effets de la Bulle, et que ce soit un moyen pour empêcher que la Constitution ne prévale dans TRelise que de la recevoir de quelque manière qu'elle soit reçue?
l II des motifs de votre a()pel, Monseigneur, est le refus inflexible de S. S. de fixer le sens de la Bulle et de lui donner des explications de concert avec plusieurs évêques acceptants, et déclarer que ces explications en contenoient le véritiible sens.
l.e Pape s'e\plique-t-il davantage aujourd'hui? Paroît-il plus touché qu'il ne vous le paroissoit alors du trouble et de la confusion qu'il avoit vu que sa Constitution apportoit dans l'Église? Votre accommodement n'est-il fondé que sur l'espérance (ju'il parlernaprès qu'il en aura connoissance ? Peut-être le fera-t-il poura()prouver votre soumission? Mais il est difficile d'espérer qu'il le fasse pour approuver votre Corps de doctrine. Il faudroit pour cela que la cour de Rome changeât beaucoup de ses usages, et encore quel remède seroit-ce pour un si grand mal ?
Par vos appels, Monseigneur, vous déférez au Concile général vos griefs contre cette Bulle, et les raisons que vous avez de ne la point recevoir. Vous vous mettez vous-même et ceux qui adhèrent à ces appels sous la protection de Dieu et de son Kglise.
N'est-ce point renoncer à cette protection que de recevoir ime Bulle dont vous avez appelé ? Il est vrai que nous avons ouï dire que V. E. ne pretendoit pas s'en désister par ces accommodements ; mais elle ne doit pas se tromper sur cela. Les faiiteurs de la (lonslitution, qui savent profiterdetout ce qui leur est favorable, publientdéjaparavance qu'il est inutile d'exiger de vous un acte de désistement en forme, parce que votre acte d'appel tombe de lui-même |)ar raccej)tation que vous faites de la (Constitution. (Test ainsi que (juelques-uns s'en sont exj)li(jués avec un de nous. Nous n'ignorons pas qu'ils se trompent et que vous ne pouvez en aucune façon retirer de dessous la protection de Dieu et de rK;:lise les personnes qui en ont appelé, \\\ empêcher la force des griefs contre la Bulle, et des solides raisons qui vous ont éloigné d'en a()peler, qui subsisteront éternellement. Il n'en est pas de cet appel comme de ceux des particuliers dans leurs propres affaires. On peut se désister de l'appel dune sentence injuste, abandonner le bien sur lequel on croit avoir un droit certain et le eeder à celui ;i qui de justice il n appartient pas. Celui (pu cède pour b» bien de la paix ne fnif tort .1 personne, p.irce qu'il est b- maître d<' ><mi <lroil •■! (pir ce
.'iO MKM(>IKKS DK M ATHIKU MARAIS.
qu'il rede ne périt point et subsiste aussi bien entre les mains de cdui à qiii il le mlf qu'il tVroil onlro les siennes.
Mais il n'en est |ms île nh'ine de In vérité en faveur de qui nous a^ons appelé. (;*«»st un bien qui nous est confié, et que nous n'avons pas droit de reder. Ku abandonnant sa défense et l'appel interjeté pour S(^ intéresses au (ionei le , nous eonsentirions à la faire périr si elle |Hiu\oit être détruite, mais elle ne peut pas l'être; elle subsiste rlemelleuient, et votre appel subsistera aussi jusqu'à ee que l'KpIisc unoervlle en ait jup*
Il semble eependant que nous êtes oblige de reconnaître (jue nonseulenuMit vous vous en desisti'z, mais encore que vous le regardez romme frivole et téméraire.
>'est-<*e pas le regarder comme tel que d'entr»'prendre de Juger roux-même ce (pie vous avez déféré au- jugement de l'Kglise univtTs^lle.' Si l'appel est canonique (comme vous lavez soutenu avec tons les défenseurs de nos saintes libertés), connnent pouvez-vous pre\»'nir le Jugement de cette affaire dont le souveritin tribunal de l'Kkilise est .siiisi .' Kt si \ous le pr«:venez, comujenl pouvez-vous soutenir que votre appel subsiste ?
I>ansces contradictions, Monseigneur, que de maux ne devons-nous pas en\is.iger pour l'Kglise.'* et a (pielle persécution ne doivent pas s'attendre cm \ qui la servent avec le plus de (idelite?
.Nous savons les raisons de prudence qu'on allègue pour terminer celte affaire, qui pourroit, disoilon, causer un Jour de plus grands maux a rK^li>e, si elle demeuroit plus longtemps iiulécise; mais (juel plus Crand mal pejit-il jamais lui arriver que de voir un mauvais décret adopte, et la bonne foi abandoimee par un si grand nombre de ses nunistn.>!i?
Nous vous <-onjurons. Monseigneur, par cet amour (jiie vous avez fait paroitre pour la vérité, d«' peser aux poids du sanctuaire toutes m raisons, et celles que votre prudence et votre bon coeur sauront encore Hippléer beaucoup mieux que nous ne s<'ujrions le représenter, et dn\oir égard aux péniissemi-nts de la plus grande et de la plus laine jwrtie de\()tre troupeau. Pour nous, nous demanderons a Dieu d accorder a son Kglise la véritable paix que lui seul peut donner qui toit jointe à la justice cl fondre sur la pierre solide de la vérité qui est I ' ' liîkt. Nous KoniMies avec res|)ect, Monsi'igneur, vos très- I .II-..
/'an>^, ï'mrnl.— miiI<! biiiit qui s'est n'paiMlii ([u'ini ^raiirl rioiiihiT (!«• (locl<iurs, curés, etc., ont sif^nê; tiii i-cnoijvril<;iiiiMil iU'. Utur a|>)>el, cl une protestation contre ^\iCA:e\titiUon f un ministre de la cour a niandé (quelques
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docteurs de Sorbonne pour les détourner de ce dessein : il leur a parlé avec beaucoup de douceur et d'honnêteté , excepté sur les endroits où il croyoit qu'on résistoit aux ordres du Roi. Cependant les docteurs ont persisté dans leur répugnance à recevoir, de quelque manière que ce soit, la Constitution, insinuant même qu'ils s'exposeroient plutôt à la dernière extrémité; que ce n'étoit point par un esprit de cabale qu'ils avoient renouvelé l'appel, mais uniquement par principe de conscience. Plusieurs bénédictins qui, pour avoir renouvelé l'appel, avoient ordre de leur général d'aller dans des maisons éloignées, en ont été exemptés par l'intercession de iM"^ l'abbesse de Chelles et du cardinal de Noailles.
iSavril. — Les administrateurs de l'hôpital général de Paris, à qui le P. Quesnela fait un legs par son testament, firent célébrer hier pour lui un service solennel dans l'église de la Piété. Quelques évèques et plusieurs personnes de distinction y ont assisté. L'évèque de Mirepoix, Hyantapprisracceptation,adéclaréqu'il persistoit dans ses sentiments et qu'il ne feroit rien sur le Corps de doctrine (jue de concert avec les premiers évéques appelants. Les évéques de Pamiers et de Lectoure paroissent être dans les mômes sentiments, et ils se flattent d'avoir de leur parti les évèques de Chàlons et de Couserans. il paroil un nouvel écrit de 16 p. in-i." intitulé : Hêjlexious sucrinctes sur V acceptation au sujet de la Constitution.