GRAND VH:A1RE DE VAN?(ES
(.c ni*st pns, Monsieur, pour rrpondro ;i vos lettres que jo vous
i^ri.s pour trlte l'ois, il y n .jujourdliui uue nouvi'llc trop importante à
\ous niiuider pour ue pas remettre a un autre temps ce qu'il pourroit
y a*oir de plus presse pour autres affaires. La paix de l'K^lise est faite
iius (pu- je erois très- Momies pour l'intérêt de la vérité.
N j nt les vliosps se sont passées. Il est tombé un éerit du
ijf\ entre les mains de M. I«' KepMitrt dr M. l'abbé Dubois. Toute la
tlifHilope de la Constitution est traitée a fond. Le do^niede l'Knlise y
e»l n ' r- d'.ilt»'inh', les sentiments des reoies a|)prouvrs, en silreté.
Par» I II.- punit de la coïKLiNHiation li\e et détermine sur (pielqiies
ncèf ventabiement eondanmables. Nulle imputation de ees excès au
Kvrp ni a l'aulpur. Attribution eonstante et perpétuelle du bon sens
t * * bonne intfnlion au l'ape rpii rondanuie et a l'K^lise qui ae-
, (.^imme r«»bjei eloit d»- laire la paix, vous eomprenez bien
qu'il rtoil im|iortnnt que l'auteur tel cpiil fiU de cet écrit (pii en decou- ?roil le fondement, fut eaebé, parée (jue d'un parti on eût apprébende rr «|ui fiil *rnu de l'autn*, et tout bormiie eapable d'écrire est ou pou- %oit ^Ire de l'un den deux.
l/rmt donc a ete reniiii autbenliquement entre les mains des car-
ISfAI ^720 259
dinaux de Noailles et de Rohan; au premier pour le communiquer aux appelants qu'il trouveroit à propos, à l'autre , pour le faire voir aux évêques acceptants ou réputés tels à raison de ^eurs diocèses où la publication de la bulle avoit été faite. A tour de rôle, nous avons été convoqués chez le cardinal de Rohan, ordinairement quatre a quatre. Nous y sommes retournés si nous l'avons voulu ; nous avons fait nos observations: on y a eu égard. Pendant cela, INI. le cardinal de Noailles, qui faisoit les siennes, prescrivit aussi une acceptation quil n'avoit jamais refusée d'une certaine façon. Vous saurez que, dès l'origine, il a demandé des explications, et qu'il n'est appelant que du refus qui lui en a été fait, qu'il les vouloit correctes, autorisées et liées. Pour correctes, il les a trouvées telles. L'autorisation la plus forte qu'il pût souhaiter après celle du Pape étoit celle des cardinaux de Rohan, de Bissy et de Gesvres, et de tous les archevêques et évêques du parti. La liaison étoit entre ses mains et dépendoit d'une bonne expression de la relation, et c'est à quoi il a travaille. Quand tout l'examen a été fait et qu'on a été en état de prononcer sur l'écrit qui nous a été communiqué, les évêques non opposants ont été convoqués en deux temps , lundi et mardi au matin, pour une dernière lecture et révision du Corps de doctrine. J'étois de celle de mardi et il y fut fait encore quelques observations considérables. A midi et demi, chacun se parla pour se concerter, et l'on convint de signer et d'autoriser les explications. L'après-dîiiée, entre 3 et 4 heures, on s'assembla. Le cardinal de Rohan commença par nous conmniniquer une pièce qu'il déclara n'être point soumise à notre examen. C'est le projet d'acceptation de M. le cardinal de Noailles commençant : " Aces causes... acceptant... le tout selon et conformément aux explications ci-dessus, lesquelles ont été examinées et autorisées par un très- grand nombre d'évèques. Défendant toutes interprétations contraires, etc. » Puis le cardinal de Bissy, entra avec tous les évêques de la veille, pour |)rendre une résolution finale pour l'une des deux formules proposées aux acceptants pour attester le consentement qu'ils donnoient aux explications. L'une était une lettre : l'autre un acte approbatifquidevoitêtremisaubasdu Corps de doctrine. L'altercation fut grande. Le cardinal de Rohan étoit pour l'acte approbatif, M. de Bissy et tout Saint-Sulpice pour la lettre. Quelques-uns se trahirent, disant que la \e\lvii engageait moins et ce fut l'évèquede Chartres qui dit ce bon mol quand il vit qu'on passoit a magno numéro à l'acte approbatif. Cependant la résistance opiniâtre et indécente du cardinal de Bissy et de son parti auroit fait rompre si l'on avoit tenu ferme, car il voulait se retirer. On convint de porter le lendentain au Palais- Royal et la lettre et l'acte approbatif, et de se concilier en présence de S A. R. Il y eut des allées et vciuies pendant la nuit. F.a coneiliitinn a été qu'on pren-
?r^» \ii \uMKi ^ m M ^ I iiii ' M vu vis.
t lo larli tU* l.t IrUif, iiiinN (|ii »ll«- siToil insent' tt siiiiu r mit 1 o M iin| même dn f*<»r/».< </r (ioctti/w. P.ir l;i ctMix (|ni vouloii'iil r.inlorivjlMMi Kl plus fort»' ne |uTiU'nt rion, (luoiqu'ils nient une espm' de romplnisonco |>oiir le pnrti qui fait la réconciliation de mauvaise jîrAcc. Qtialre ru'ques se sont retires • Hol, ('.harlres. Saintes, Msnies. >lerrn-di malin nous nous trouvâmes tous au l\dais-Koval ; nous y Idmes d. plus huit heures et demie jusqu'aux environs de iiii<li où en présence de y\ le Hegent la lettre approbative du ( orps de doctrine fut relue, 1 un la siiîua. Mors M. le Régent lit voir à la compagnie Tac-
.1.' M II' e.irdiii.il di' Noaiiles.
10 jUin. — i'AUlb. SoUllONNK, CLRtS, LtCAUDLNAL DK
NoAii.Lts. — Lcôdcce mois, les clocleuis de Sotboiine, au noinl>i*edtî ».'), lunMit i\ raudience du cardinal de Noailles. 1^ doyen de la faculté porta la parole et représenta trèsrespeclueusenient à S. E. combien les docteurs désifoient i^u'il n'aulurisî\t point le Corps de doclrine. M. le cardinal [>arut fort mécontent, ne voulut point convenir que son Corps de doctrine fiU défectueux, dit aux docteurs qu'il falloil (jue chacun se mêlât de son métier, et comme il répétoit celte parole, et qu'il ajouta <jue chacun fasse son devoiTy le curé de Saint-Séverin éleva la voix et dit : Nous y sommes bien résolus (Monseif^neur) de faire notre devrur. M. Tabbé d'Asfeld parla aussi .1 M. le (Cardinal, mais il n'y (jUgna pas plus que les autres, il représenta à S. t. rh(;nneur ({ue lui avoient l'ait les instructions pastorales antérieures et l'honneur qu'elles avoient l'ait à la vérité. M. le (^irdinal répondit (pie 1«* Corps de doctrine ne lui f«Toit [Joint de déshonneur. M. Uuinot étoit du noMd>re des doc leurs de même (pie Ir vuvr de Sainte- Mar^'uerite. (À;lui-ci dit à M. le cardinal «pTil h'supplioit de lire les notes sur le Corps de doctrine. Quoi , dit M. le Oirdinal, c<'S notes séditieuses? Il les traita aussi df piloyablt»s.Ce[)endantoii imprime, dit-on en cachette,
JUIN 1720. 2(il
ces notes avec le Corps de doctrine. Ce sont des réflexions étendues qui valent des dissertations. On apprend que le projet des lettres patentes a été remis entre les mains du cardinal de Noailles. Les uns disent qu'il n'y a presque plus de difficultés sur ces lettres : les autres (ju'il y en a de presque insurmontables.
Le 5 juin, l'évoque de Boulogne est revenu dans son diocèse et y a été reçu avec une joie extraordinaire par les curés, le clergé, le corps de ville. Te Deum chanté.
•21 juin. — Paris. — Il est venu des avis de Rome [)ar la voie de Londres que la lettre circulaire du cardinal de Noailles à ses curés a été condamnée et la condamnation affichée dans Rome. On regarde cette condamnation comme un présage assuré de celle du Corps de doctrine lorsqu'il paroltra. On affecte pourtant de tenir secrète cette condamnation, et on dit qu'avant l'arrivée du courrier ordinaire, le cardinal publiera son mandement et le Corps de doctrine.
L'évèque de Castres s'étant trouvé à Arles pour l'octave du Saint-Sacrement, le curé de Saint-Martin Tinvita d'y officier. ï^'archevèque l'avertit que s'il ofticioit il encourroit l'excommunication ipso fado. Sur quoi plusieurs évèques lui ont écrit de sa manière peu honnête.
L'évèque d'Orange a évité les sollicitations de l'abbé (le la Fare Lopis qui le vouloit faire signer le Corps de doctrine.
Il paroit des copies d'un mémoire qui a pour titre : Mémoire sur la paix de VÉglise, qui a été communiqué de la part du cardinal de Noailles. On y voit les propres termes de l'acceptation du cardinal : u Nous acceptons, etc. Le tout suivant les explications qui ont été approuvées par un très-grand nombre de prélats du royaume, et (]ue nous vous donnons comme renfermant le véritable sens de la Constitution. Explications que nous avons jugé nécessaire de joindre à la bulle, uni(|uement pour empêcher qu«' prn* de^ inttTjirétalions (''i:al('m»;iit fans^^r^ et cou-
26J Mf:MOIRES I)K MaTHIKU MAHAIS.
traires au véritabh' stMis de la Imllo et aux dites explications, la foi ne soit attaquée, la morale corrompue et la libtTlé des t\colt»s blessée. »
Il n'a pas été tpiestion de se désister de l'appel, de le révocpier ou iV\ dérober. Il est vrai (pie par raecoinmodemeut il devient inutile et sans eiïel. Mais si la Cour de Komo vouloit intpiiéter les évè(iues ou alta«pier leur ouvra^'e. alors l'appel (jui est plutôt suspendu (pi'éteint reviendra , et on seroit en droit de s'en servir pour se mettre à couvert de ce (]ue Kome voudroit tenter.
Juin ITiO. — La place de contrôleur général (|u'avoit .M. Làw, .Xniilois, à qui on ne Teùt jamais dû donner, lui a été ùlée, et il a été réduit à être cliel' de la Banque et de la Compairnie des Indes, inventions et système de sa fai'on qui l'uinent la France et dont la plaie durera longtemps. On lui a donné pour garde de la part du Hoi M. de Bésenval, major des suisses, qui ne le quitte point 1). Cela est du 2î) mai 17*20.
Le 3 juin, il y a eu arrrt du conseil qui adonné un nouvel arrangement aux actions. Le Hoi donne quittance de 900 millions qui lui sont dus. Depuis la monarchie, il ne s'est pas donné une pareille (piittance, et cela t'ait voir le fondement de tous ces millions. L'arrêt autorise une ConqKiirnie d'assurance cpii assure le papier avec d'autre papier : cette Conqiagnie lait un l'ondsde 2 VU millions en actions pour la sûreté des actionnaires. S'y liera qui voudra. On promet trois pour cent pour le produit dr. eti<i(|ue action ajisurée qui sera en fonds de ii,{UH) IV.
I ii< ht i.i l'x -iiili-^ lit- (r faini'iu arr«'^t du (onsnl ilii .'i mai \7.>At < ' ' U I ro|Mi>.itioii <|r (rAr;;<'ii.K(iiir( <lrs aiilri'H utivnsairi's ilr l.aw , (|iii CMi«4 U cliuti' (lu S>MèiiU'. Il |M)rtait rr');l«'MiM'iilâlioin't r«''t|ii(-|ioii «lu pris des • ' |,aw srinbla Idciilôl Irioiiiplirr <lr iioiivraii,
|)iolrc,t<'urs. I> \i;(i'iiv)ii(Uit rni(lir|rs>(')Miix ri ar rrfirrr. M«i« il li- (il «tpc lioniMMir, *l La\%, |mmi <lr triiipA a|ir(:i, fii>ail
iu»<|iraii lionl |iar l)s ilJnidrrK rimoïKMiicDtA (|iii, ' ' iil jKtiir •(♦•fc rorii|)liri(rA.
Les motifs de cet arrêt sont contenus dans une requête des directeurs où ils expliquent et exagèrent tout ce que la Compagnie a fait pour l'utilité du commerce, dans le temps qu'on voit tout perdu. Un courtisan, voyant ce bel exorde où la Compagnie est magnifiquement louée, dit : (( Comment une si belle fille et sisagea-t-elle pu seulement être soupçonnée? il faut que le monde soit l)ien malin. » On ne voit point d'argent : à peine trouve-t-on dix francs sur un billet de mille livres. Les marchands n'en veulent point. Le crédit du papier a été perdu par l'arrêt du 21 mars, quoique révoqué par celui du 27 mai. On dit que cet arrêt du 21 (jui réduisoit les billets et les actions à moitié est une intrigue de cabinet où le contrôleur général a succombé.
fiC gouverneajent des finances a été donné à M. le garde des sceaux, d'Argenson, mais non avec la (jualité de contrôleur général. Il est regardé comme premier ministre. Mais cela n'a pas duré longtemps.
Les député*» du Parlciiient ont eu quelques conférences avec le Régent. Le premier président rapportant en une assemblée, le Kégent avoit dit de MM. Mainguy et Pucelle, conseillers de lagrand'chambre,qu ils étoientgensde bon esprit. L'abbé Mainguy dit : a // devoil ajouter et de bon cœur, » lepremier président lui dit : a M. Un apafi ajouté ces mol!^ à votre éloge. » Le Parlement n'a rien gagné par ces conférences et il est toujours dans la disgrâce du Kégent. Les remontrances du Parlement sur l'édit de réduction des renies au denier cinquante ont été vues dans le public; elles sont touchantes, mais longues, bourgeoises et point du tout dignes du corps qui les a faites. On n'y a pas fait riiistoire de l'introduc^tion des rentes dans le royaume, des différentes réductions, des modifications que les Parlements y ont apportées, et de la nécessité d'en avoir à certain denier dans certaines provinces pour l'utilité du commerce. Le Parlement de Dijon a bien expliqué cette nécessité dans ses remontrances qui sont mieux
364 MRMOIKES DE MAlHIKl' MARAIS
faites que celles de Paris. On y a rem.ir(|iu'' que la province lie Bouri:oi:ne n'«''tant ni frontit're, ni maritime, son commerce doit i^tre en ari^ent et en rentes , et {ju'en Bivsse et lUii^ey l'argent porte intérêt de soi par les simples ohlii^ralionsoii on le stipule. M. de Versalieu, président ;\ mortier du Parlement, ma montré ces remontrances, et m\i dit (|u'en ayant conféré avec M. Law, encore alors contrôleur général, cet Anglois n'y avoil rien entendu, et savoit ;\ peine la situation de nos provinces.
Les jeunes seigneurs de la C(Hir ont appelé par sobriquet le fils de M. Law le chevalier Sf/atcme. Cette raillerie IV'loigne du Louvre où il alloit souvent voir le jeune Roi.
Système. — Lettres sur le noitve.\u Système des finances, in- i*, 1720. — Le nouveau gouvernement des finances par actions et par banque avoit été nommé Syslème par ses l»artisans (|ui ont écrit deu.\ lettres métaphysiques pour le soutenir. On en a vu trois de Tabbé Terrasson, honinie **nt<**té de nouveautés; c'est le même quia t'ait deux volumes exprès pour montrer qu'Homère est un mauvais [)oete, ce (ju'il n'a persuada; ;\ personne non plus (pie la l)onté du Système. Il y a eu une autre lettre d'un M. i*anier à prissent M. d'Orgeville , maître des requêtes, pour soutenir ce même parti, en feignant de le contredire (elle est dans le Mercure d'avril 1720), çt ces messieurs, maniant «mtreeux la raison humaine à leur fantaisie, ont fait voir fpi'ils n'ont jamais su ce que c'étoit que raison.
M. Pamkr. — M. I*anier étoit négociant i\ Lyon; il a voulu ètrf avocat général du (iiand Conseil; la compagnie l'a refusé. Ojrnnu; il a beaucoup ::aL:iié aux allions, lia demandé en mariage .M"*" de Saint<;-n«;rmine , lillc d'un*" uTnnde maison, sans biens, (jtii lui a été accordée avec Tagré lu-nl d'um? rharge de maître des re(|uêtes. Le mariage a été fait à Montrouge dans une maison de M. de la Vrillière, secrétaire d'Ktat. L'épouse est parente de
M. de Ja Vrillière. Il a changé son nom de Panier en celui d'Orgeville qui est le nom d'une terre qu'il a achetée. Ainsi voilà M. Panier bien pourvu et avec cela orateur de la compagnie des Indes.
Entre l'arrêt du 21 mai qui réduisoit les actions et les billets et celui du 27, qui Ta révoqué, il a paru une lettre métaphysicienne pour soutenir l'arrêt du 21 mai. Elle est du sieur de la Faye, aussi grand ennemi d'Homère. On dit qu'elle est de l'abbé Tencin, qui a reçu Tabjuration de M. Law, quand il se fit catholique à Corbeil. L'arrêt de révocation est une bonne réponse à cette lettre, et devroit bien dégoûter tous ces écrivains politiques , qui veulent voir clair dans une matière bien au-dessus de leurs lumières, et qui est obscure même dans les mains de ceux qui la traitent. 11 remarque qu'il est défendu au Parlement, par l'arrêt du dernier lit de justice tenu au Louvre, le 26 août 1718, dese mêler des finances. Law dit iKjuelqu'un : uVous n'entendez point mon système. » a Bon, dit l'autre, il n'est pas nouveau, il y a plus de trente ans que je fais des billets sans les payer. » Et on laisse tous ces orateurs et poètes modernes en discourir publiquement, et si impertinemment, qu'un d'eux, dans sa réponse aux remontrances du Parlement, datée du 27 avril 1720, pourencouragerlesbillets de banque, dit : «L'on reçoit le billet d'un particulier dont las facultés sont ignorées, et l'on refuse la confiance à un effet qui a pour garant le Roi, les fonds d'une banque inépuisable, les revenus du royaume et qui ne peut perdre son crédit sans entraver la ruine totale de FÉlal. 11 faut, pour avoir une crainte de cette nature, ou croire que le Hoi a résolu de ruiner ses peuples . ou être ennemi «léclaré du bien public. » Voilà ce que l'on écrivoit sur la fin d'avril, et le 21 mai, les billetset actions ont été réduits à moitié, cecpii a excité un soulèvement général. Il a fallu révo(|uer l'arrêt et le crédit n'est point revenu. Concluez donc, suivant ces beaux espi-its. à la ruinr Ittlnle tir I fùat el <i In
366 MhMOlUKS l)h MAIllli:!' MARAIS.
résotution prise de ruiner les peuples. Ce sont les eonséi|ueiKvs ilr loiii's aruiniUMils.
A.NURK-u'iUsK. — Ia's actioiiN ont proihiit un inariaue h\vi\ extraordinaire. \a' nianiuis d'Oise, tle la maison de Villars-Brancas, est entré en proposition de mariage avec uue |K?tile tille de deux ans, tille d'André, fameux actionnaire et Mississipien, eonime ils disent. La promesse est faite du consentement des deux familles. Le marquis doit jouir de 20,000 fr. de rentes jusqu'à ce que le mariaj^c se fasse et même en cas (ju'il ne se fasse pas. Et s'il se fait, on lui doit donner ï millions en terres. Cet André est lilsd'nn peaussier de Montélimar, (jue son fils a anolili par une e lia rue de secrétiiire du Roi. Toutes les petites tilles ne veulent plus avoir de poupées et demandant des marquis d'Oise pour jouer. André a trouvé un \H>i^ie qui a loué ses gn\ces, ses vertus, sa générosité, et qui lui a donné pour ami M. Panier; c'.est tout dire.
CoNSTiTiTiON. — L'acconmiodement delà Constitution fait irrand bruit. Le cardinal de Xoailles, après avoir ap- |H*lé au concile général et fait de longues et belles instructions pour soutenir cet appel , a écouté des propositions de paix. Connue dans un<; affaire tempondle, il n'a communiqué ces propositions à aucun des évéques de son l»{irti , ni à son ebapitre, ni à TUliiversité, ni à la SoriMjnne. On a dress<; un Corps de doctrine (pu a été signé par plusieurs évécjues, selon le(]uel il veut explirjuer la Constitution sans dire par (juel til Fun sera attacbé à Tautn*. On a porté ce Corps de doetrliie dans 1(!S provinc<»s |M)ur le faire signer encore à d'autres évoques. Les uns r»ntsiL'né, U*s autn-s ont refusé. Cet accommodement propr»M' a donné li<'U à plusieurs écrits trés-forts contre le cardinal, de la part des appelants. Kntre autres, celui d'un chanoine à un homme retiré du monde, où le cardinal ««^t pf-rsonnellement att4i(|ué sur sa faiblesse, sur la destruction dp l*ort Hoyal «piil a consentie et autres fait», et où on a réduit son accept;ition i\ cette formule :
JUIN iT'iO 2fi7
a Nous acceptons avec respect Terreui* relativement à la vérité dont nous ne nous soucions guères. » Il y a encore 1° les Réflexions succinctes sur raccommodement, qui sont d'une éloquence véhémente et démosthénique; 2" les Observations sur la lettre circulaire du cardinal à ses curés. C'est une petite lettre où il leur a annoncé cette paix, après qu'ils lui avoient tous écrit que la Constitution ne peut être acceptée en aucune manière; 3" Remarques sur le dispositif dressé pour l'acceptation de la bulle; elles sont forteset railleuses. Et le cardinal percé de tant de coups doit être en tort mauvaise posture.
AcQS. — M. l'évèque d'Acqs, qui est un des appelants, n'a point voulu signer le Corps de doctrine qui lui a été présenté par M. Postel, docteur de Sorbonne. Il a écrit au cardinal de Noailles une lettre avec un mémoire contenant ses doutes en dix articles, et ces doutes sont presque tous tirés de la doctrine du cardinal lui-même. M. Postel a rapporté que cetévèque, dans son diocèse, vit d'une manière apostolique, qu'il donne tout son bien aux pauvres, que les pauvres viennent jusque dans son cabinet l'instruire de leurs besoins et qu'il pourvoit a tout. Son mandement sur l'appel est un des [)lus beaux qui aient été faits.
Constitution. — Quand le Corps de doctrine fut signé au Palais-Hoyal par les évèques présents à la Cour, le Kégentdit, après les avoir quittés : <( Je viens de brider mes ânes. » Cette signature est du 13 mars 17*20.
CorËT. — Celui qui conduit le cardinal dans cet accommodement est l'abbé Couët, qu'il a fait son grand vicaire, homme savant, dévot de la dévotion qui s'accommode au temps, et (jue l'on a vu dans un parti tout à fait contraire à la Constitution. Tous les gens de bien souffrent de voir le Cardinal dans les mains d'un tel hypocrite. Le jour de Pî\(jues, il étoit à sa table avec l'abbé Mainguy, conseiller de la Grand'Chambre, le(juel dit d'un air assez sérieux que h* nion(hî lui dj'plaisoit. (ju'il voul(Mt
Mê MEMOUUIS DK MATHIFl' MAlWIS.
s'en retirer ft se faire cordelier. u ('.nrdrlier, lui dit le Cardinal, i t(}iii rst-eetjui pivrliera votre v<''tiire? » « O sera inoi-inèiiH'» répondit 1 abbé, ci J«' diiai de bonnes raisons de ma retraite. >» L'abbé Cout't sonhit i)arler, et hii dit: « Il faut que je vous donne un conseil en ami. )^ .M. Maini;uy rinterrom^iant : « Je ne veux de vous ni pour conseil ni pour ami, car si j'étois de vos amis, tous mes amis me ijuitteroient, et si je vous prenois pour conseil, vous m'cn- ::a^'eriez dans de mauvaises démonstrations. » Le reste du dîner se [vissa en picoteries. Le Cardinal vit bien à (pii on en voidoit, mais on ne s'explicjua pas davantage sur l'accommodement, qui n'entra dans ce discours (jue [»ar |Kiraboles.
Le Cardinal ne sait plus où il en est. On lui a promis des lettres patentes d'une certaine façon. On les veut expédier d'une autre. Il prétend en avoir le modèle et qu'il ne signera rien que sur ce modéle-là.
L'expédient de l'appel paraissoit bien simple, et il falloit s'y tenir; mais on a promis au Pape une acceptation, et il y aura (juel(|ue cha[)eau de cardinal qui accommodera bien la tète de (juehju'un, comme lit le cardinal de hicbelieu dans TalTain! de Uiclier, dont son frère eut un cbapeau et fut le cardinal de Lyon (j'ai été prophète, l'abbé Dubois a été cardinal .
Lk dit i)k hicHKLiKi'. — (^cs jours passés, le prince de Conti dit au duc de Kiclielieu à la comédie : « Hé bien,ga- L'nezvous })eaucoiq)à tous ces papiers? » Leduc répondit : «• Je n'y gagne pas enclore, mais il y a apparence que nous y gagnerons par la suite » lirait pirpiant contre le gouvernfinentf. Le |)rincedit : «f Voilà bien le discours d'un homme (pu a été trois fois à la iiaslille. » « Kt vous , Mon- Mîigneur, «pii n'y avez pas encore été , (pTen p(;nsezvou%? n répondit le duc.
AkouKT. — Arour-t , po^^te auteur du nouvel (Hùlipe, élanl à la comédie avec le même prince, la Lecouvreur, aHrir#», entra sur la M-ènr. 1..- pi incr battit des main*» à
JtlIN 1720 269
son arrivée. Ij.* [Kulerre aussitôt en lit autant. Arouëtlui dit : « Monseigneur, vous ne croyiez pas avoir tant de crédit. » Cet Arouët est un jeune homme qui fait l)ien des vers et avec beaucoup de génie. Son OEdipe a réussi. Il a fait une seconde pièce qui n'a eu nul succès ; il a l'esprit satirique, est mêlé avec les gens de la cour, fait des couplets et a été mis à la Bastille pendant quelque temps, soupçonné d'avoir fait des chansons contre le Régent. 11 s'en est voulu justifier dans les lettres qui sont jointes à son OEdipe, où il a critiqué hardiment V OEdipe de Sophocle, celui de Corneille et le sien propre. lia trouvé de plus sensés et de plus judicieuv critiques que luimême, mais on ne lui peut pas ôter un tour libre, galant, et même éloquent dans ses vers. 11 est iils d'Arouet, cidevant notaire et receveur des épices de la Chambre des Comptes, qui n'a jamais pu guérir son fils de la poésie. Le fils a changé de nom et s'appelle Voltaire à présent. Il travaille à un poëme épique sur Henry IV, où il fait entrer toute l'histoire de la Ligue. On en parle comme d'une merveille.
On a dit sur l'accommodement du Cardinal que si quelque chose le pouvoit excuser, c'est que la Constitution étant une affaire d'intrigue, on la pouvoit dénouer par une autre intrigue.
Law. — Le comte de Broglie. — Canillac. — NocÉ. — Il y a de grands mouvements au Palais-Royal pour chasser et pour rétablir Law. On ne sait quel nom lui donner. Les amis du Régent qu'on appelle les Roués sont contre lui. Madame de Parabére, maîtresse du prince, ne le soutient que foiblement; mais tous les grands seigneurs, à qui il a tant fait gagner, le protègent. Monsieur le Duc a été plusieurs fois chez lui le voir. Aujourd'hui il est triomphant, demain abattu. Il a autant d'amis combattus par autant d'ennemis. Je /'a/ vu vif, je l'ai vu mort, je l'ai vu vif après sa mort. Il est aussi difficile à cpialilier qu'une proposition théologique. On lui a ôté son garde.
î:o mi MOIHKS HK MvnilKr MAKAIS.
Le joiiiu' Uoi a liiuiné un sout'llet au rhevalier de l>ezé, son favori et ooloiu'l tlu ivirinuMit tlu Koi, au sujet d'une ronlestation arrivée au jeu. IVzé lui dit : « Voil;\ le j>remier Koi qui ai! ilonné un soufllet i\ un ,i;enlillu>uiiue. Si V. M. avoil treize ans, je ne me inontrerois jamais devant lui. >» I-e Koi lui dit en eol«^re qu'il pouvoit se retirer et qu'il ne le vouU»it plus voir. On a mis le Koi en pénitence pendant (pielques jours, et cela s'est accommodé. 7 juin, veinlredl. — M. Pelletier de la lloussaye , ( liancrli«*r du Kégent, a cjuittr toutes les commissions qu'il avoit dans les tinances. La nouvelle s'est répandue sur le soir que M. le chancelier d'Auutîsseau, cpii «Uoit exilé dans sa maison de plaisance depuis le 28 janvier 1718 et {\ qui ^n avoit 6té les sceaux pour les donner à M. dArgenson, a été rappelé et ([u'on lui rend les secuiux. C'est une joie universelle pour tous les i^ens de bien. J'ai été au palais de la Cliancellerie î\ la place de Vendôme à neuf heures du soir, il n'étoit pas encore arrivé. Dans le mois d'avril dernier, je lui envoyai une requête de ma façon dans la {jurande afl'ain; de la suhstitution de Kye. Li lettre est datée j\ Fresnes le 12 avril 1720. Il écrivit dans une lettre à l'ahhé Veissière, son hibliolliecaire : « Je vous prie de remercier M. Maraisdeson souvenir et de lui dire que je lirai avec plaisir son dernier ouvrag»'. ("est un homme d'esprit et un fort honnête homme pour le([U(d j'aurai toujours une. véritahle estime, n Je garde avec grand soin une lettre, excelleutedonl il voulut hifu m honorer lorsrpi'il hit lait procureur générîil en 1700 au mois d'o(îtohre. On n'a guère su le Ml jet de sii disgrâce; il étoit [)eut-étre trop vertueux, et qiielqm-fois la vertu si riL-^idi* ne convient pas aux affaintî». \sh'iit ties princes pour la succession à la couronne contre le?» léj^ilimés, qui est son ouvrage, demcnirera à la postérité comme une loi fondamentale de l'Ktat. Il n'y avoit qu'un auasi gran<l hoiAme <pii jnit éclairrir une mali«>re si h lUle et ni souveraine.
M. Pellelier Des Forts a été nommé commissaire général des finances, et il a sous lui MM. d'Ormesson et de Gaumont, maîtres des requêtes. Ce sont les triumvirs. Le premier est commissaire principal pour les finances, les deux autres sont commis des particuliers. L'édit des rentes porte : Vu au conseil, Le Pelletier.
8 juin, samedi. — M. le chancelier d'Aguesseau est arrivé à Paris à deux heures après minuit. .M. de la Vrillière a été le prendre à neuf heures du matin. Il Fa mené au Palais-Royal où les sceaux lui ont été rendus, et M. le Régent Ta embrassé avec toutes les démonstrations les plus fortes de joie et d'amitié. M. d'Argenson, qui étoit tout il y a huit jours, n'est plus rien. On lui impute Tarrèt du 21 mai, portant réduction des billets et des actions qui a décrédité le papier, qui peut causer la ruine de bien des gens, et qui a été pratiqué pour faire tomber Law, lequel s'en est relevé. C'est lui qui a été à Fresnes chercher M. le chancelier. Je l'ai vu partir dans une chaise à quatre chevaux à six heures du soir, le jeudi 6 juin, jour de la petite fêle. Il étoit seul.
M. Fagon, conseiller d'État, ayant dit quelque chose au Régent contre M. Law, le Régent lui a dit : a C'est une cabale, cet homme a plus de droiture et de probité que vous. » On a ôté à M. Fagon la place qu'il avoit dans les finances, dans la Banque et même le département des bois et forêts du royaume ([u'il avoit depuis longtemps.
M. le Chancelier a eu une conférence, dans l'embrasure d'une fenêtre, à la vue de tout le monde, avec le Régent. Il a fait appeler Law, et lui a dit de l'instruire de ce que le Parlement devoit venir faire l'après-dlnée. Le Chancelier est sorti avec la cassette des sceaux qui a été remise entre les mains (Tuu de ses gentilshommes. Une foule de peuple l'a entouré et a fait mille acclamations. Il a été ensuite saluer le Roi au Louvre. M. b mnréchal de Villeroy lui a dit : « fj' /iol n'a janiala slt/nr
•J72 MIMOIIMS DK M Mil H l M\K\IS.
trordre tt urn donnera jamms (jui Uii fasse plus de plaisir que celui de votre rappel. A prèsvnl (pie vous êtes à la tèle dei affaires, S. M espère que vous travaillerez à les rétablir. • l.oKoi n'a rien répondu el a rei;arclé toujours tixrnuMil ie Chanoeiier. M. le Maréchal lui a demandé coninitMit il Irouvoit le Hoi : il a dit tju'il trouvoit (|u*il se |M»i'tuit bien. Cond)itMi y a-l il , lui a-l-il dit , (|ue vous n'avez vu Sa Majesté? Il a répondu qu'il y avoit un an et demi, et qud trouvoit le Roi crû de toute la tête. M. le Maréchal lui a dit de baiser la main du Koi. Le Koi la lui a présentée. 11 l'a baisée et s'est retin''.
De là, .M. le Chancelier est allé chez M. le Duc. Il Ta trouvé qui sortoit. .M. le Duc a voulu rentrer pour le recevoir et l'a accablé d honnètcités. M. le Chancelier étant n'iourné chez lui, à peine a t-il été arrivé, que M le Duc y est venu, et toute la France, grands seigneurs, gens de rc>l>e et d'épée sont venus lui faire compliment. On a remarqué (jue le carrosse de M. Liw est entré dans sa cour. Il éloit ave<- M. Landivisiau, maître des requêtes (qui est frère de Lépine Danican , négociant de Saint- Halo).
L*apres-dlnée, .M. le Chancelier est venu au Palais- Hoyal travailler avec M.M. du Parlement, (jui y éloient a'^sendjlés sur un nouvel édit pour les rentes. En sortant, une foule cle [leuplc l'a suivi avec joie. Il a scelh' l'édit.
Tout Paris est charmé de le revoir et content de voir le garde des sceaux ( hass.-. Il s'est retiré au faubourg S;iint-Antoine, au couvent de la Madeleine du Tresnel, où il a un logement; l'abbesse est son amie depuis longtemps. On l'appel Ir à présent le sacristain de la Madeleine ! .
I. On Irmjtr «Un^ Ii'« Mémoïret <lr Mnurrpun rt daiiN les Mémoires de ' - mI*' < '>h«u\ ili'iailH Hiir crUr rrtr;iitr du ^aril»' ilrs
•lu TrcHiM I, Mir son inlimilé .ivcc. li K|iiii|iH Ile it ^.i iMilr alitr«M>, M*' «II* Vriiy «PArliouM' Av Villcmonl, Riir m'h faiiiiliariK^s avrc
M. de la Houssaye, M. Fagon, M. Dodun sont remerciés.
Les agioteurs et négociants de papier à qui on a voit permis de s'assembler dans la place de Vendôme où est l'hôtel de la Chancellerie , depuis huit ou dix jours seulement, ont reçu défenses de s'v assembler davantage et on leur a permis d'aller à la place Royale. Le Chancelier n'a pas voulu qu'ils quittassent.
Le Régent, après avoir signé l'arrêt du 3 juin, qui donne un nouvel ordre aux actions, dit : «Enfin me voilàaccouché et bien délivré; 7) Noce lui dit : ((Monseigneur, j'ai bien peur que l'arrière-faix ne vous demeure dans le ventre. »
Le garde des sceaux d'Argenson, homme rusé et qui cherchoit à mettre les grands seigneurs dans son parti, dit au duc d'Antin, qui arrivoit de Petit-Bourg, et qui ne savoit point ce qui sétoit passé sur le contrôleur général, que Law étoit arrêté chez lui de l'ordre du Roi, que le Régent avoit enfin ouvert les yeux sur les friponneries de cet homme-là, et qu'il avoit dessein de le faire, lui, duc d'Antin, surintendant des finances. Il lui ajouta ces propos : a Donc ne vous refusez pas aux instances de M. le Régent. J'ai dans mon portefeuille un ordre pour arrêter Law. » Le Duc donnant dans le panneau, quoique Gascon, va trouver le Régent, lui dit qu'il est bien heureux de s'être enfin délivré d'un homme qui ruinoit la France. Le Régent lui dit : « Mais je le croyais de vos amis. » — « Cela est vrai, dit le duc, j'ai été trompé comme les autres. Mais l'attachement que j'ai pour votre personne et pour rÉtat m'oblige de l'abandonner îiujDurd hui. » A quoi le Régent ne répondant rien et parlant encore moins de la
l»*.s novices rt h'iirs cûlinciirs, «te... Ce couvt'ut «le l.i Madrlcine ilii Troinl, Muiiinnmaiitc dr hi'ix'Jictiiics, avait n'Çii vn 1654 les irijgiotises qui jus(|iii'|;i lial)i(ai«>iil li* 1 raisncl ni ('liani|).'i^iic, lien (l<> il rotidalion, (|iii rrriiouli' au
d«Mi/.it*iiM' si«'< If; r'ftail Ir n 100 dr l;i nu- de C lian»! an lauljoiir;; Saint -
Aiitoiii(>. Il faut \oir nicorr sur citt"' PJ-ltailc r{ sur 1rs étroits rapfwirls th' d'Ariicnsoiiavri M"" dr Vniy, Saiiit-^iiitoD, t. XI, p. ;{10,«*l Baibh'i, t. I. p. 4'?. r . I . I s
174 MI.MOIRIS 1>F IM ATHIFTI MARAIS.
place (les Hnancos, \v iluc stMitil hion sa laute, ol (W ce |Kis il va clii'/ Law lui contor ce (lui lui est arrivé, lui fait ilt»s excuses de ce qu'il Tavoit renié, lui jure d'être touj«»ui*s de ses anus et des wineinis de d'Argenson, et ainsi linit cette scène (|ui avoit roininencé par Tiinposture du liarde des sceaux et qui se dénoue par un trait de courtisan. Iaî Kéuent a dit qu'en cette affaire le duc dWntin n'avoit montré ni humeur ni lionneur (1).
Ia" parti de Law dit i[ue Tintenlion du uardedes sceaux étoit en toute cette niïaire d'animer le peuple contre Law, d'exciter une sédition dans laquelle il eût peut-être été niass«icré, et de se défaire ainsi de son ennemi et de son couqïétiteur. M. le Duc a dit : « Que le Garde des sceaux avoit l'ùme aussi noire que sa perruque. » Il en a une toujours fort noire.
Law étant parti, le jeudi 6 juin à six heures du soir, dans une chaise h quatre chevaux , deux hommes à cheval et avec des valets déguisés pour aller ;\ Fresnes chercher M. le Chancelier, le Garde des sceaux, qui a toujours dé[)enM'' beaucoup en espions, en vint aussitôt avertir le RéL'ent, lui dit (pie Law s'enfuyoit, cpie cela étoit de conséquence. Le Hégent contrelil l'étonné. Le Garde des sceaux s'offrit de le faire suivre et même arrêter; mais le Régent lui rlil : «< A> vousmettez pas en peine ; je prends tout cela sur moi. » En ce moment le Garde des sceaux vit bien qu«' les sceiiux ne seroicnt plus longtemps avec lui, et les rapporta le lendemain au Palais-Uoyal.
*J Juin. — .Vrrêt (pii rétablit les rentes du clergé li deux |M>ur («înl, et qui remet le sieur Ogier receveur générrd du clergé dans ses fonctidu^.
Ihmanrhe, î» juin. — l.ahhé Duboisyarcluii'quc de Cam-
I CtM U «n àt' C4>ft IraiU (t'irii|MTtiirhabli' ha««HfHH4> qui ont fait ilii •lur • I 'iinriir If mfxlclf du |iar(ait ronrliKiui. Voir la niri«-ns«> v{
la Mit> -i'.i ii%iHtir !•■ 'l'ir trAnlin iCausntvs du hundi }. L<*-
■oalry rktr At^ M^moireA inedUi dii duc d'Antin Mir la \\i%*'i\vf.
TTIIN 1720. 275
hray. — L'al)l)é Dubois a été sacré archevêque de Camhray au Val de Grâce par M. le cardinal de Rohan (1). \.e Régent s'y est trouvé avec toute la France. Le clergé est bien surpris de voir dans son corps et à une telle place, un homme d'une naissance très-l)asse , qui a été petit pédant dans un collège , qui étoit parvenu à être précepteur du duc d'Orléans dans sa jeunesse et qui n'est estimé ni pour son esprit (-2) ni pour ses mœurs. Le Régent, après l'avoir employé dans plusieurs négociations en Angleterre et en Hollande, Ta élevé à toutes les dignités. Il l'a fait ministre des affaires étrangères, secrétaire d'État, et enfin, après avoir eu bien de la peine à être prêtre, parce qu'aucun évèque ne vouloit lui donner une attestation de vie et de mœurs, le Père Massillon, de l'Oratoire, célèbre prédicateur et à présent évèque de Clermont, ayant bien voulu lui en donner ime par une complaisance peu chrétienne (3), il a obtenu du Régent l'archevêché de Gambray qui titre de Duc et de Prince, et le Pape, ([ui a longtemps refusé l'induit et les bulles, les a enlin accordés avec le gratis, en attendant le chapeau. On dit (pi'en répétant sa messe, ne pouvant
(1) Voir sur ce sacro famnix ri scandaleux, Sainl-Simon (t. XI, î>6.j).
(7) La convspondancp diploinaliqu»' (]o Dubois, piiblirr par Scvclini^os <t l'uiivia^r dr M. le ( otitlt' de Sciliiac >iii Diil)uis ont coiisoiiiinc la rriiabililalion d<' Dubois coininc lioiiiim' d'isprit et bommc d'Ktat. Restent ses mœurs, qui ne furent penl-(Mn' pas aussi mauvaises qu'on r.i dit, mais dont nous aurions grand'peine a croir»' (prdU's furent bonnes. V. Le cdidituil Dubois, par M. le comle deSeilliac; Paris, Amyot, 1802.
(3) Il ('ht remarquable (pie Saint-Simon, si impitoyable d'babitude pour (es sortes de conjplaisances, e\(:u>^e Massillon de sa lad)lesse et le blAuje moins qu'il ne le plaint. «. Massillon, au pied du mur, étourdi, «ans ressources élrai:- « gères, sentit l'indifînite de ce (pli lui doit pro[)()sé, balbutia, n'osa refuser. •< Mais qu'eOl pu laire un liomme aussi mince selon le siècle, vis à-vis d'un '• Ké^^ent, de son ministre et (\\\ cardinal de Roban? Il fut blAmé néanmoins
'« el beaiicon|i dans le monde Les plus raisonnables, qui ne laissèienl pas
'« de se liuuver en nombre, se contentèrent de le plaindre, et on convint enliu • assez généralement d'une sorte d'impossibilité de s'en dispenser et di te- - fuser. • l\. XI, p '^M.)
2;« Ml MOIKI-S hl. M V I UN l M \1> M>>-
appreiulro 1 introït, il ilil : Monl y- i)ii\^[)vcm\vn\\n-
inais ce b... «U* verset- là, et un laquais de raiThevéïnude Ulieiins [i ayant tu tjuerelle quelque temps auparavant avec' un des siens, et étant entré en dispute sur les qualités, celui d»' l'abhé Dubois dit à l'autre : u Ton maître sK-re les rois, mais le mien sacre Dieu tout le long du jour » {'2j.
11 y a eu au Palais-Ko)al un dîner mamiititiue ensuite de ce siicre , <|ue les petites i;ens appellent Massacre. Le reiKis a été stjrvi dans les appartements du lièrent et par les ofliciers de sa boucbe.
I.e billet [»uur son sacre est curieux à tarder, le voici : Tous élea prié de la part (te M. l'abbé DuboiSy ci-devaiU précepteur de M. le duc dOrléans, ministre et secrétaire li'Ètai, nommé par le roi à r archevêché de Cambrai, de lui faire ihonnt'ur (Tassister à la cérémonie de son sacre, (jui se fera dimanche 9 juin 1720, (i neuf heures précises du maliuy dans l éijlise de labbaije royale du Val de Grâce, faulnjurif Saint-Jacques.
Le ci-devant précepteur ne sonne guère bien avec le ministre et secrétaire d'État. Basse flatterie que le bon esprit du Hégent désavoue. Unehjues jours avant ce sacre, le Hégenl, qui connolt bien ce qu'il est, lui avoit donné des coups de pieds dans le derrière, en disant qu'il savuil liien qu'il battoit un prêtre, mais cjue c'éloit un prêtre indigne, etcju'il n'envoyeroit pas à Kome pour cela.
Je siiis très-certainement cjue Tablx'^ Dubois étant en Angleterre en 171S, il se vanta cpiil auroit rarclievêclié de Paris. (>p«*ndant il n'avoit pas encore d'ordres en ce tenipslà. Mais il comptoit<jue rarcbevê<]ue seroit déposé ou exfoinmunié pour la Constitution, et (pi<î ce morceau
I; 1 f Aiiciiift (Je Maill), cardinal arciicvéquc de Hniiis, 7 ifviirr l7ll. Il mouiul |t' 1.1 M |ilriijbrt- 1721.
(1) L'aoecdule r»l auui dan« Uiibier, I. I, 39. — l.l •i.iii> l.i Coi ri-spon- Hiinre île M«ilainr, ||. ?,o7 .
lui toinberoit. Ces Anglois furent irès-étonnés de ce discours, et j'en ai vu à Paris des lettres de l'ambassadeur de Savoie à Londres. 11 a eu Canibray à la place, vacant par la mort de l'abbé d'Estrées. Law catholique (Ij et l'abbé Dubois archevêque sont deux grands miracles dans la relierion.
M'"'' de Gacé. — La marquise de Gacé, qui avoit été renfermée à Picquepuce, depuis une aventure de table arrivée chez M'"^ de Nesle en juillet 1717 {voy. le j. de ce mois) y où elle avoit été injuriée et déshonorée, s'est échappée du couvent, d'où elle sortoit les nuits. Elle est venue chez Thonime d'affaires du comte de Gacé ainsi que son frère. On lui a proposé de la part de son mari, ou un couvent tel qu'il lui plairoit ou de se retirer à Gacé. Elle a refusé l'un et l'autre, est tombée dans des vapeurs furieuses qu'elle contrefaisoit, a passé dans un cabinet où elle a dit qu'elle vouloit reposer, et de ce cabinet où il y avoit un escalier, elle est descendue, sans qu'on Tait vue, et a passé dans un carrosse qui étoit à la porte de la maison et qui l'a emmenée sans savoir où. On l'a cherchée par tout jusque dans les mauvais lieux, sans la trouver ;2). Elle a laissé tous ses habits dans le couvent. C'est une femme sans esprit , que les femmes iialantes mêmes méprisoient et qui s'étoit mis dans la tête (|uo cétoit un bon air d'être débauchée. Son mari se console avec la première présidente de Bretagne, M'"' de Brillac (3).
(1) 11 a\ail été converti par l'abbé Toncin, digne initiateur (l'un tel (.ilc( Inimène (V. Saint-Simon, XI, 183).
(7) l.H Hff/uéfe i\t' mHi\Auu' de Omv. au Hoi, ipron trouve dan-^ les .Mrinnges (Je Boisjoiiidain, «lonne les «lélails d»' son. odjss»-*'.
(3) M. de Brillac éloil premier. président du I»arlem«'iil <lc Bretagne. Voir Saint-Simon sur (e persiinii.>f;e [len osfim»' , et sur sa teninH'. •■ l.il»» «'loif fort -• jolie , avoit de l'esprit, beaucoup d'inln;;iie et avoit aspiré de pirvtiiir.i <• plaire au Ré;;enl. Je crois même (pi'il en fol «pielque chose et ii>ii de tout .' cela ne deplaisoit a Hiillac, qui -avoit lircr parti de tout et <pii la lai>-a ;i
Paris. . ft. \. p. W)
iih ywMonxïJS de MiifiiKU makais.
It'Lntrayues. — l/al»l)é cl'Kntrat;ues, homme extraordinaire, quia toujoiu-s vécu comme une femme, avec du neutre, des mouches et dans des occupations molles, s'est avisé de se faire hithérien. 11 s'en alloit en Hollande. Il a été arrêté à Lille par Tordre du Hoi et mis dans le chAteau. Le major disputant avec lui Ta converti et fait abjurer ; ainsi l'abbé est catliolicpie relaps. Le Képenl a dit >ur lui : ^ 11 est bien surprenant qu'un homme qui n'a jamais j)u choisir un sexe ait choisi une religion. » On le fait revenir à Paris pour entrer dans l'institution de l'Oratoire où il doit se retirer. H étoit fort attaché à M""*^ la duchesse du Maine. C'est un de ces hommes qui ne ressemblent à rien et qui sont nés pour être mécontents. Lilierlin d'esprit, joueur, courtisan, diseur de bons mots, et cherchant à séduire par l'impiété. Saint Paul étoit son irrand ennemi. Au lieu de le mettre à. l'Oratoire, on l'a mis au châtcjiu d'Ani;ers, et on a bien fait (1).
Lundi y H) juin. — Le Koi, par un arrêt du 5, publié ce jourd'hui, a déclaré qu'il demeuroit garant des actions
(I) L^ablM? «rKtitra;:ins, ligure Ircs-uri^inale ei plus <|iie singulièrt*, e\tra\a- KADt rr>ioaiqual)l«' a une é()u<|ue irc\tiava;;ants, ('>t i'ahbé de Ciioisy (|ui'l<{iie pm alUibli île la Ke^cnc«. Il n^a pas l'éclat triomphant de son modèle, et il M «^mbie |»a^ a\oir pous-M* .'ms^i loin que lui les scandaleuses Ixinnes fortunes de Min dit;iiiM'mint. Il e>l plu.> l>ourgeuis d allure, plu.> caitlelle, muin^ crâne, comme on dirait aujourd'hui, «jue l'irrésistible comtesse (1rs Barres.
• '• tutw-nl un orii^inal de copie. Il n'en e^l pas moins Ires-curieux
il !i, vju» Icn «leux Régences, ce type de depra\alion precicu.se et de
c«ni«me rafliDi', t' homme femme. Saint-Sunun et Madame *lonnenl de> détails on ne fM>ut |ilu« aiiiu«ants Nur cet etran::e ahbé, qui pass.iit la journée a .sa loilrlU, reretait m*» auti» dan« sa ruelle, c.oide d^unc rornetle en dentelle à^tx Utfrf fonUiigir», une échelle de rubans a mir corset et un manteau de lit , CMoine II ' du jour, qui dormait le> bras atlar|i(;s eu liiul pour avoir
de plu« U ....iinh. <lr (Saint-Simon, t. XI, Tii. Madaiiu-, II, 2()U,
312. lU, ?2o./ Quant a Taventure à laquelle Mtiais iailhpeeialement allusion, •Me ■*e«l poiat dr kuUca fàdieiiftes fHiur t*-\ homme au-de>»Aous de» Hévéril6i #«• HOMvrrnrnienl . Il ne tarda pa* a<»'ennu)ri île <:«• rtile de martyr, |N)ur lofarl il n'â««it UiU ni l'Âme m le corps, et m; hita de faire M>n abjuration, Ê^é* . Part*, wins qu'il en fût autre < Iiom; ni a ton égard ,
■i à 4 ^ - u..« 'iceê.
rentières, des rentes qui seront constituées sur la Compagnie des Indes et des rentes viagères. Le nouveau ministère a compris que cela étoit plus sûr pour le public. Le même jour, il y a eu au Parlement une grande assemblée des chambres pour l'édit des rentes sur la ville. Les députés ont rendu compte de ce qui s'étoit passé au Palais- Royal, le samedi 9 après diner. Ils ont rapporté que le Régent avoit donné parole de faire payer exactement les billets de banque , d'avoir des bureaux pour cela, de ne jamais diminuer ces billets, de ne point augmenter les monnaies et au contraire de les diminuer, et défaire bien payer les rentes. Il a paru que le Régent et le Parlement sont raccommodés. On examina ensuite ledit, qui fut registre tout d'une voix. Il crée 25 millions de rente au denier 40 sur les aides et gabelles, qui seront acquises par préférence par les anciens rentiers qui les voudront acquérir, sur leurs contrats ou récépissés, ou billets, et sur les certificats des notaires qui ont fait les remboursements pendant un mois. Après lequel temps, s'il y en a de reste, ainsi qu'il y a lieu de le croire , les rentes pourront être acquises par les autres porteurs de billets qui en voudront. Tout cela est volontaire et commode pour le public, et en même temps utile au Roi qui, avant la suppression des rentes, les payait au denier 25 et qui ne les paye plus qu'au denier ïO. Remarquez que dans cet édit il n'est point du tout parlé des arrêts du Conseil qui ont supprimé les rentes, ce qui a été fait pour plaire au Parlement, qui ne reconnoit point les arrêts du Conseil. L'édit commence par ces mots : u Nous avons ordonné le remboursement de toutes les rentes [)ei'pétuellcs assignées sur les aides et gabelles, etc., etautn's fonds à nous appartenant. Mais étant informés que la plupart des particuliers qui avoient ci-devant des contrats de renies sur la ville désireroient convertir les billets provenant du remboursement , qu'ils ont reçus des dites rentes en nouvelles rentes de la même nature, s'il nous plaisoil d'en
380 MEMOIRES DK MvMUM MVKMS
fiver. A ces causes, etc. » Voilà liml K' inolildc Irclil, dans lotiui'llt' ii>i ne dit point (|uaiui et comment il a ordonné le reml>oiii>i* ment lies rentes par arrêt dnConsfil on au- Irenient. Ainsi le Parlement conserve son droit, l/édit est siirné : visa l>*Ai:u« -^seaii, et vn au Conseil Lepelletier. C'est M. De>forts qui siL;ne an lien du conlriMenr général.
\Ai même jour, il a été enregistré une déclaration (pii nnuionce peine de mort contre tous ceux qui seront convaincus d'avoir imité, contrefait, falsilié on altéré les ordonnances du Trésor royal, les expéditions (jni en émanent , les reiristres, (luidunces ou expéditious des i)arties casuelles, extraordinaire des guerres, a>/}.s/7»ja//o/<s, saisies réelles des préposés à la recette des termes on finances y rr.M-vt'urs des païs d'États, de rci/.T(ini sont cliargés de la n'cette de5 Tonds (pii entrent dans les caisses royales ou puldiques, et entin tons ceux qui auront altéré, changé ou falsilié tous papiers royaux ou publics , de quelque nature que ce soit et si petites que soient Taltéralion ou la somme.
Mimnoyes. — Le même jour, arrêt qui indique la diminution des monnoyes. Le louis d'or à 45 fr., l'écn à 7fr. 10 s. et le louis d'argent (qui est une espèce nouvelle) î\ 50 s. et la livre d'argent, autre cspc^re nouvellr', à ^25 s. jwndant la première (juinzainc* de juillet. An 15 jnillet le louis VO fr. 10 s., l'écn G IV. 15s., le louis d'argent, V5 s., la li\re, 22 s. A la iin de juillet, tout l'or et l'argent ancien «lécriés. Les louis d'argent et les louis auront cours à 40 ». les louis, k 20 s. les livres.
Toutes les denrées sont d'une cherté (jxcessive ; Faune de drap, qui ne valoit(pie 12 fr., vaut 80 fr.
Billed fir banque. — Mardi, 11 juin. Arièt du Conseil qui ordonne (pie tous les hillets de 10,000 IV. et de 1,000 fr. qui sont dans les caisses de la Han(|uc seront porléîi en rilôtel de ville et hrùlés vu présence du prévôt des inareli.inds et échevins. Que tous ceuxcini rentreront par \en voyes inditpiées pour le déhouehement seront
aussi brûlés. Que tous les autres seront rapportés dans le cours de l'année pour être convertis eu nouveaux billets, qu'il en sera fait pour 500 millions, dont le sieur Boucot tiendra un registre déposé en l'Hôtel de ville pour être communiqué à ceux qui le voudront voir. Tous payements au-dessous de cent livres seront faits en billets, à peine de 3,000 fr. d'amende. Ceux qui [)ayeront les impositions en billets décbargés des 4 s. pour livre, et à l'égard des autres droits où on ne paye pas les ï s., les billets seront rerus sur le pied de 110 pour 100 pendant l'année 1720 seulement. Depuis le retour du Chancelier, on commence à avoir plus d'égards pour les bourgeois de Paris, que les arrêts complimentent.
Les agioteurs s'assemblent toujours à Ja place Vendôme. Le Chancelier n'a point voulu gêner le public. Il y a des tentes tout le long de la place. Cela ressemble à un campement d'une armée. Les railleurs disent que la droite est commandée par le maréchal d'Estrées, la gauche par le marquis de Mézières, gouverneur d'Amiens, le duc d'Antin au corps de réserves, le duc de la Force commis desvivres, et rabbéTensin,aumônierde l'armée. La Faye, le bourreau, madame Chaumont vivandière. C'est elle qui a procès contre Fargès. Ces MM. ont beaucoup gagné aux actions. On reproche au maréchal d'Estrées d'avoir fait amas de café et au duc de la Force, d'avoir monopole la cire. La noblesse de France n'a jamais été moins noble qu'en ce temps-ci. Nous avons vu avec horreur, il y a deux mois, le comte de Horn, d'une maison souveraine, assassiner un homme en plein jour dans la rue Quin«juam[)oix et le voler, et ce comte roué vif en Crève, malgré les sollicitations de toute sa famille. 11 a un frère grand d'Espagne, qui n'est pas encore marié. 11 avoit appelé de la compétence au Grand Conseil, (jui avoit d(mné arrêt de défenses. Mais le Conseil de Héyence a cassé cet arrêt, r{ h; lieutenant crimim-l a jugé ce souvof'.iin souverr.inement, comme un vagabond et un voleur
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de ««.ul chouun. l-e Ko.'C.t a .lit ^ sa f.uniUe que c^é-
to.t la mauvais., action r" .l-sl'onoroit .-t ...... le sup-
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Ir cnmo fail la honte et non pas réchafaud.
uu .. lait cv (luatrain très-méchanl sur l'état présent des
affaires :
Jean Law a mérite la eorde Kl Philippe' le eoutelas, Voilà (i'ou provient la eoneorde ne notre Uegent avee Lass.