CHANSON SUR LA CONVERSION DE LAW
Law est catholique à la lin; • Cest la grande nouvelle ; Le voila donc dans le chemin
De la vie éternelle.
Il a fait abjuration, U faridondaine, la faridondon ,
i;.il)be Tencin T.» converti, Hiribi, A la façon de Barbari, mon ami.
Je voudrois bien, pour son salut
Kt c»'lui de la France , Qu'au plus tôt le Seigneur vouliU
Pour digne récompense Dr tant de bonnes actions, L;i fjridondaine , la faridondon, I^ mettre dans son paradis, Biribi, A la façon de Barbari, mon ami.
U .M <:pk ..aForck. - K.vvMC)>h. - Le (lue de la Force, Mu.avoil été nommé ambassadmir extraordinaire en \ngletern-, pour r.)n.prnntMiter le roi Georges sur le raccommo<lmnenl avec son iils, le prince de GalU.s, ne partira iK>i ni. U roi d'AnKl^derre a dit (pie l.s pr.nces ne dcvoM-nt point se mêler d'un, affain. donnslMlue entre un iW-HM-t un tds, dont il souliaïK^.t élrindre la mémoire ,,;,a ,,„, a. lu tnns.u.tlr. à la post^-rité. Tous les pré- .anilifs du duc, qui avoit déjà dépensé plus de cent mdle
JUIJN 1720. 283
écus, sont perdus. On disoit que cette jHépeiise eût rté mieux placée à nourrir sa mère, réfugiée à Londres pour la religion , où elle vit mincenient d'une pension du roi Georges (1). Benserade avoit été nommé à une ambassade où il n'alla point. La Gazelle burlesque fit une date sur cela.
L'au que le S"" de Benserade JS'alla point à sou ambassade.
On a fait sur le duc de la Force ce distique :
L'an que le S"" duc de la Force D'ambassadeur n'eut que l'écorce.
M. Raymond, introducteur des ambassadeurs, qui devoit passer avec lui à Londres, va passé par Calais avant qu'il ait reçu Tordre de son rappel. C'est un homme qui a beaucoup d'esprit et de belles-lettres, fils de Raymond le partisan qu'on appeloit le Diable , et que le Régent loge au Palais-Royal. Il joue, il aime les femmes et la cour. C'est un marchand mêlé (2).
Mercredi, 1 2 juin. — xM. d'Argenson. — Monsieur d'Argenson a obtenu un brevet du Roi, qui le maintient dans les honneurs de Garde des sceaux, avec les appointements de vingt mille écus. C'est qu'il avoit les sceaux par une charge créée en sa faveur, et cette charge n'est point supprimée. Ces honneurs sont d'avoir les marques de la dignité dans ses armes, de pouvoir porter sa robe violette, d'avoir ses entrées au Louvre , et de prendre place au Conseil, s'il y vrent, après le Chancelier.
\2juin. — On avoit affiché que la Banque seroit ouvcrt(3 pour payer aujourd'hui. On ne l'a [)oint ouverte.
Arrêt révoqué par l'arrêt flu 19. — Les commissaires pour les rentes de la ville et le visa des l)illetset contrats
(l) Voir Sainl-Siinon, t. M, (». .>!»i, «t la Correspondance de Madaim*, t. II, p. 302.
(2; Sainl-.Siniou, VlU, 303, 304, XI, 92.
MKMDiiiKs ni M vriiii r m m; vis.
sont noiniiu's : savoir MM. d»' (l.unnartin. Hit: non, V.uil»our;:, Lii Hochepot , Ij' (iiieirhois, conseillers d'Ktat , et MM. i\e Hoissv, Meaiipoii, Landivisiaii, Heaussan et Arneiol, maîtres des retpRMes. Les cinq conseillers d'Ktat appailieniirnt tous aux derniers Chanceliers et ministres. MM.deC;iuniartin,l)eau-lrèredeM. d'Ar^enson. M. Hignon, neveu du chancelier de Pontchartrain , qui est encore vivant. Vanhourg, frère de .M. Desmarets, encore vivant. La Hoi'he[K>t, gendre duchancelier Voisin. Le Gucrchois, l)eau-frèredu chancelier dWguesseau. Oda a été fait pour contenter tout le monde, et admettre tous les ministres dans cette création de renies.
JMi'KiMKiRS. — Coi'STKLiKR. — Le hurcau delà librairie pour les privilèges et les permissions d'imprimer et censures de livres a changé. C'est M. l'ahlié d'Aguesseau (jui a re[)ris .son ancien po.ste. Constelier, lil)raire (1 , craignant d'être recherché pour les Letlrea sur le st/slèmej sur C arrêt du '1 tuai et sur la réponse aux remontrances du Parlement^ cpiil aimprimées,arapporté les ordres de Law, les minutes apostillées de sa main et les ordres du Garde des sceaux à son fils, lieutenant de police. Ainsi, on ne peut plus douter (jue ces pièces ont ét«'' laites par ordre pui)lic. Cela pourra servit' m temps et lien.
Vendredi, W juin. — Law a été reçu sécréta ii'c du Hoi '2 . (>î degré le doit mener à d'autres (pi'il ne peut avoir qiK* par cette charge.
^1) la lie» O'Utires libraire<« <iii li'inp*, dont les hiblioiiliileft rirJM'rclieiil aujoard'liui lr« Miiion^.
(1) |.r« «rcrHairp» ilu lloi Haienl t\f!% ofln iors «le l.i (;raiiilr Cliaiicrllrrie, qoi ««aient !•• droit iVe%\>ét\\fr et de h'mno.T les lettre» «M aiiln-K arles loyaiix Hd'4**i*|rr 411 MMii. |)aii« le princip»-, il ii') »mi avait qnr Miuaiilc. Louis XI donifta tr ntrtu\nr, »■{ il lut riKon- aiiKiifiitc «laiiN la hiiil»'. l/«'ilil de tnarn I70i rmioiMi^^it liuu rrtit <|iiaraiil«' M'cri'taiio du Koi ; mais leur noiiiliir tut rcsluit » ôrux cmnl iioaranlH par uti «'dit de juillet I77.i. lU joiiisK.iifiit du iTBMd» pfi«ik|,;r«, l'4nolili>««-iiirnt apie* viiinl ans d'eM-rrir**, li* droit d'ac<|in'rw dr« Iirf« iiolilr» r{ t\r U'% (Minscder »aii» pa'ki^r dr irilcvrfihc, la roin|N^leii('e r\Hu«M'' «H rriniHH'l du C'Mnr«lnr m du l».irl*»in»*Mt dr l'ari", etr... . |Ih
La Biinque est toujours fermée. On n'y paye point. La disette cVargent est affreuse dans les familles. Personne n'a une pistole ctiez soi. On attend de rouvrir la Banque après l'inventaire que les commissaires du Roi en l'ont; cependant tout le monde souffre, et jamais, de mémoire d'homme ni d'histoire, on ne s'est vu en cet état.
MoNNoiES, OR. — Arrêt de ce jour, qui ordonne que les matièresd'or qui seront portées aux Monnoies et les anciens louis seront convertis en louis nouveaux àTempreinte de l'édit de mai 1718, qui auront cours (nonobstant le décri de l'or auquel le Roi dérose) pour 49 fr. 10, en juin, 45 et VO francs 1" et 15 juillet, et 36 fr. au mois d'août. Le système commence à se réconcilier avec l'or, avec qui il éloit brouillé, et à revenir de l'idée de pouvoir faire subsister le royaume sans or et sans argent.
Les actions tombent, et, au lieu de 9,000 fr. elles sont à 4,500 sur la place. Arrêt qui ordonne que le supplément de 3,000 fr. sera fourni en trois mois au lieu de six mois, ordonnés par l'arrêt du 3 juin. Par ce même arrêt, le roi accepte la rétrocession que lui fait la Compagnie de 25 millions de rentes à prendre sur 48 millions affectés à la Compagnie sur les aides et gabelles, et ce sont ces 25 millions (jue le Roi a créés sur la ville.
11 paroit des l^hUlpiiique:^ en vers, odes contre le Régent, que Tondit très-satiriques (1). Poète, mauvais mé-
avaieiil de^ éinuiuinenls (ixes el une part proportioniuile des druits du sceau. Les iliarj^es de secrétaire du Roi valaient I20,00U livres lorsque la révoluliuii les abulil.
(I) C'est donc à la date du 14 juin seulement que Marais constate la |)reinière diNul;;.'»lion des I'hilipiti(/Ncs. Dans notre édition de ce poeine fameux, Paris, l'onltl-.Malassis, Isj8, p. Iu7, 108, 1U9, nonsa\ons essaye de pieti.ser de(hiiti>eni«'nt celle date, deuieurée tort incertaine en présence des téuiuignages contradictoires dr Saint Simon, <le Diulos, de La iieanmelle et de Mathieu Marais. Li s trois |irenii<-rs, |)arnii le»(|uels SaintSinion seul est une autorité, parce qu'd était en position d'avoir raciieiueiit les prémisses de toute chose, lixenl a 17IÎ> la dal«.' «le la |.iil)licatioii de> l>fnlii)/>i'/ues, si Ion |n iil donn>-r (c nom a la - ircnlation sous le manteau de copies manuscriies. Saint-
M6 MFMOiniS OF MVTÎIIFT M VR VIS.
tiei* qui fait mourir ilo laini son inallir, ou le lait peiulre. Nous a vous Vu, de notre temps, Housseau, connu par ses vers forts et hien rimes, oondamiK' à un hannissenient per|W'tuel par arnM , et ohliiré de sortir hors du royaume, où il subsiste des bienfaits du [niiice Eugène, et Arouet misa la Bastille. D'autres pointes, connne Lamotle, grand faiseur d'odes et ennemi d'Honic^re, se distinguent par le mauvais goût. Il vient de l'aire des Fahlei^, à l'envi de L'ifontaine, et a montré qu'il ne peut écrire que pour les cafés, et tpi il n'est pas permis de travailler .«près les irrands hommes qui ont emporté la palme en certain genre.
Samedi y [7^ juin. — J'ai vu une Relation de la mort du I*. (Juesnel, imprimée en Hollande en V feuillets. Quesnel est mort le 2 décembre 1719 (t). Il y a, au commencement, le récit d'un miracle opéré sur une religieuse de Notre- Dame (Fu Traisnel, qui a été guéri»' d'une loupe ;\ une
Simon e>t furroi'l. Il «lit des Pfitiippiques : « Il iirii fui pas de inèiix' iVwiw
- pièce «!»• T»Ts <|iii pnnt |»rc>()Ut' dans le in»"^in»' temps sons l«,' nom de Pfii-
- iippiqiies, et '|ui fui dislrihinv avec une promptitude et iinr abondance • «'Xlraordinairi'H. m C'est donc en février 1719 qur .Saint-Simon villes Phi' Itppiques, ou >\u moins les trois premi«>i«'s odes, Irs seules parues alors, puisipie If* Oeu\ auUv> loiil alln>ion à drs rvrnemrnts postcrienis a l'arrestation du poéii*, et furent la vengraner d«' son exil. Comment s'j'xpli(|u<r <\\iv Marais, si filrin i\r flair, ilun»* orcilU* si (inr, si aux a^Ufls de toute miuvellr, grand furetrur, grand ndirctionneur, grand amatrnr de primnir.i scaiididrnse.s, «Il pu jitl«-ndrtf juM|uVn juin 1720 |>our parler dfi l'hilippiques,iion\ il ne |iarle méiiti alors que par oui tlire et «pi'il ne \il (pi'i n août? — Il n'y a plus rqMiidant moyen d*- doutiT de l'exartitude de l'assertion de Saint-Simon, et il but lut remlri* la pn'-férence, que nouK avions un jm'u partialement nccord<^e 4 ^< ' 1 diHiiiiirnt deriHil, ({111 ne nous est toinhe <pie tardivement sous la ma... . ... :ie la «piestion eti s.i faveiir. Il n'rttl plus possihle de tlouler du te-
nNfèciM«r dff Saînl-Simon, quand il a, pour le confirmer celui de Lagiange luiménr. H» procuration à «a femme, datée de Perigiieux W 1 1 février 1719, pour rMrtomrr a adniiniMrer •m<) bimn et a gouverner sa famille en son absence, qm mon* avon* piit)li<*<* dans V Amateur d'autorjrajthrs du ir» juin 1807. I fi* Il . etaMil irreriiNabl- tuent la véritable date de la prop.tgiticm des PhitippÊquet, «i-ii»- <<n' 'i<ii ■•'• ••MJi-mmenl antérieure ,i r.llc df la luite de
<l) Vo«raS*iiii-Stiie>n, I. XI, p. iHft.
jambe, après une neuvaine faite par elle au P. Quesnel. Voilà une préparation de sainteté et de canonisation. Le Garde des sceaux, retiré dans une maison de ce couvent, ne croit pas beaucoup à ce miracle, lui qui a abattu Port- Hoyal, et qui a toujours fait passer le P. Quesnel pour un fripon. A la vérité il disoit, et c'est ;\ moi-même qu'il l'a dit, que les jésuites étoient des fripons aussi, et qu'il avoit la preuve de l'un et de l'autre. Bayle disoit aussi qu'après avoir bien examiné cette dispute du jansénisme et du molinisme, il y avoit trouvé des arguments insolubles de part et d'autre, et que c'étoit matière de pyrrhonisme. Cela est dans une lettre qu'il m'a écrite et qui n'est point imprimée (1). On trouve dans cette même relation l'extrait d'une lettre du pape à l'archevêque de Malines, où il dit qu'on peut prier Dieu pour le P. Quesnel parce qu'il n'est pas mort hérétique. Le P. Quesnel a dit en mourant qu'il avoit fait un vœu de chasteté à dix-huit ans, et qu'avant et depuis ce vœu jusqu'à l'âge de quatrevingt-cinq ans qu'il est mort il avoit été préservé par la miséricorde de Dieu de la moindre attaque du vice contraire. Il est en cela plus grand que saint Augustin. Celte déclaration a été faite dans la nécessité de se défendre contre un écrit (jiii l'accusoit de débiter des maximes corrompues.
Baron, comédien. — On a apporté au Palais-F^oyal cIkîz iMadame, mèredu Régent, le portrait de Baron, comédien, qui, à l'âge de près de soixante-dix ans (2), est rentré à la
(1) CHte lottn' n'est pas la srnie de Bayle qui m- soit (lemeiin-e inédite. On lit dans la fiiogrnphie Mkhaud nn article lUitilo par Auf^rr, où il afiirine avoir vu un Recueil de trois cent soiorante-frois \cl[rt'<n\t' Baylt'<|iii n'ont pas été imprimées. Oii sont-elles?
(2) C'est trop dire, Michel Baron, né le S oclohre ir.;)3 (mort en dé(embre 179.9), n'avait en 1720 que soixante-sept ans. Voir sur ce célèbre a<tenr Lema/.iirier, (ialerie historique des acteurs du Tlicdfre.Frnnçnis, I, 78-118. Madame adorait le théâtre et admirait particulièrement Baron ( Correspondnnrr, I, ir.'i ; II. .30).
)«• MKMOIUKS l)K MATlilKl' MAUAIS
comédie, après avoir c*«'>m' île la jouor pcnclanl trente ans. Koseiusen lit autant à Koine, et tut siflle; mais celui-ci a vie iul miré lie tout Paris, et tous ceux (jui ne Tavoient jamais \u jouer ont avoué (juc jusi|ue-Ià ils n'avoient point vu jouer la couiéilic 11 trioniphr dans les rùles de Mcomrilfy de }!ithri<lat(\ du Misantlirape. Son portrait, fait par Ci>ypel le jeune, le représente sous Thahit de iMcowrile. Sii déclamation est simple, naturelle, et tous ses •restes et ses traits jouen^, cpiand même il ne joue point. On a vu dans ce mois deux livres très-curieux ( Confession de Sancy, V v. in-1'2). Le premier est un recueil composé du Journal de Henri lit. Divorce Sah/riquCf Discours merveilleux sur Catherine de Médicis (1), Amours tlAlexandre (2) avec la clef et des notes, et la Vèrilahlf fatalité de Saint-(^loud. Ce dernier n'a voit point été vu; il sert de réponse au livre d'un Jacobin, intitulé : Fatalité de Saint-Clowl Tj fait en Mu'l V) où on \oul(»it disculper Jac(|ues Clémentdu meurtre d'Henri 111. Celui-ci Ten cliarire par des raisons et des faits sans répliipie , et li's Jacobins auroient mieux fait de se taire tpie de recueillir une si étrange histoire. On a joint à ce recueil la Confession de Sam y (jui est de d'Aubigné) avec des notes fort longues et fort curieuses, mais un |)eu trop partiales et trop obscènes de M. Leducliat (jui acommenté La SaUjre Méniinièev\ Uabelais. Il lui mancpie un certain esprit <pii lait entrer dans le sens et le génie
<l) l>têC9Ur% merveiUetix delà vie, actions fl dcporivments de i allierine de Mrduiî, reijne mèif, dictai anl tes moyens (jiCclle a tenus pour iisuii>cr te youcernemrni du royaume et ruine de Vvs(at d'icclny. I.i piniiieif clilion •!«• rr p4iii|>lilct (aiiinix, atlrihuc a Henri Kslifime, e*l «1«* Ii7:> iii-K» «!«•
'• ' ,. . t iKMi Aletaiiiln* ( lli*loir«' ih> amour- 'iu k.. ||.i,ii|\ |..ii
U I <!•' (oiili;.
(àf taïahie de Sainf-Cinud firét Pan», par le 1». Itt-iiMnl Uu)dil, M.74,
I uiir Uum; «iali? «ioiiiift! a la réiiii|)r«'<«sinii m i vol |iil. m h de 14. «.
d'un auteur, et qui découvre des traits fins et ingénieux. De là, son commentaire sur Rabelais a plutôt passé pour Touvrage d'un grammairien et d'un scholiaste que d'un interprète habile et pénétrant. Il a beau dire qu'il n'avoit que ce dessein-là; il en devoit prendre un autre.
Journal de Henri III et Henri IV; Lestoille, -2 t. in 1*2 avec figures. — Le deuxième livre est le Journal d'Henri /// entier avec le Journal d' Henri IV. Ce sont les Méinoire.'ide M. de Lestoille dont M. Pellisson parle dans son histoire de l'Académie. Ils étoient entre les mains d'un de ses petitsfils, abbé de Saint-Acheul près Amiens (l). Un prieur de cette abbaye les a copiés et fait imprimer. On voit là tout ce que la liberté d'esprit, la franchise et la vérité des faits peuvent produire d'excellent. Les traits y sont semés partout. Celui qui avoit extrait le Journal de Henri III n'en avoit pas pris le meilleur; et on a le plaisir de voir jour par jour tous les événements de la Ligue. Il y a des notes très- bonnes et très-exactes, d'amples marges , pour faire connoltre les personnes dont il est parlé. Ces notes sont de M. Godefroy, président de la Chambre des comptes de Lille, qui parolt très-bien instruit et qui dit des vérités fort nues et même un peu cyniques. 11 ne marchande pas ce qu'il veut dire. C'est l'auteur de La vérilablc falalilé de Sainl-Cloud. Le public lui doit beaucoup d'avoir pris soin de ces Mémoires. Il y manque douze années dans Henri IV depuis 159V jusqu'en IGOG; mais on sait qu'il y en a huit années entre les mains d'un président do Dijon, M. lel*. Bouhier, qui les doit donner au public (2). On trouve avec ces Mémoires trente-trois portraits des roiset reines, maîtresses et grands seigneurs de ce temps-
(1) CVst au.ssi (lune abbajf, celle (Je Sainl-.Milii»'! . <|iif -mit surli^ li^ )/< mon es de Rel/ ( Madame, I. I, 272 ) .
(2/ La plus j'iamle pailie «le celle espéranci; a élé eiilin rtalisj-e par l.i |niblication du Journal incdtt du rètjne de Henri /l' (i:j98-Hii)r»i, par E Malfilieii; Paris, I8G2, uii v. in-h*. il resterait doiir encore a combler la lamnc lie ir.'ii a ir,98.
»0 MKMDIBKS m. MATHIFr MARAIS
là. avec leui*s devises. Le tout u)al i;ravé, peu lessemhlant, et fjiii enchérit le livre, (jue Ton vend -20 iranes. Notre ianu'iie n'a plus cette naïvet<^ et cette simplicité nécessaires pour un tel journal , et nous n'avons point de Henri IV, à qui il échap[>e à tous moments des mots vifs et plaisants ijue l'on puisse recueillir.
I^ Han(jue est toujoui*s fermée. On a trouvé dans les églises des écriteaux : Tronc pour la Banque .
L'archevêque d'Arles ^1) a fait un mandement contre les sauterelles dont son diocèse est .Ulliué. H attribue ce fléau du ciel à la résistance de ceux tjui ne veulent pas recevoir la Constitution, et dit que ces animaux, par leurs sauts et leurs /N/f/Tfl(/enfe.s' successives, marquent l'inquiétude de ces pens qui ne veulent pas se fixer aux sentiments du pa[)eet de la Bulle, et qui se laissent emporter ;\ tout vent de doctrine. Trait d'élocpience provençale et moliniste.
On a fait une devise sur rarchevè(jue de Rheims (François de Maillyi (pii vient d'être fait cardinal (2), après qur le Piirlemenl a fait brûler par arrêt plusieurs de ses lettres et libelles. Le corps de la devise est une écrevisse rouge et cuite. L'Ame est dans ces mots: Ex igné rubesrii. Kabelais dit qu(d(jue part que les écrevisses se rardinali>ent à la cuite.
.Mknuiants. — (le jour, il a paru une ordonnance du Roi ({ui délV'nd d'arrêter les gens qui se trôuveroiit dans les chemins, dis[)Osés à travailler '\ la moisson ou à d'autres
<l I-'ufhin-Jaii>on. •• Fort t>ainl prAlrc, dit Sainl-Simon, main d'iinr parfaiU' • béliM-, (l'iiiu- ignorance crasse, rtr. .. (V. .JJ'J.)
(1) Voir Kur ce pr«'*lal le« noiiihreiix et curieux tirlails donni'H par Saint-Siaos. FottKuvot 'Oiioiiluliontiairi*, plu^ papist*- (pu* )<* pap**, il laillil coinpro- PkHIrr, par M»n iinp.itif n(«' tt sa liaiitriir, les sutct*» dt* son aiiihiliuii. Le Kecml lui (il nt^ine un moiiii'iil intimer i\vWï\r*' (!•' p<»itcr la ralotle rouge, •• 'M* *4>o aveu, l/orage %e ralina , et l»* nouvran canlinal put jouir en
\^ u* ili{{iiil>- a U({urll(! M)n ti'W ullriuiionlain •l.til ,»(in uiiiipn* lili«-.
S4inl sirtMin, I, 111. V|, \| ;