J^TI^ I
professions. Cela a éténécessaireà cause de l'oidonnance contre les mendiants; sous prétexte de laquelle d'autres gens ayant été arrêtés, les moissonneurs ne paroissoient point, et c'est ainsi que le bien produit le mal, et qu'il vaut mieux quelquefois souffrir dans un État de certains abus que de vouloir y remédier.
16jî///K — Le comte de Charolais (1) entre au conseil de Régence pour la première fois. Le maréchal de Montesquiou (2) y est entré le même jour.
19 jui)i. — RtNTKS SLR LA VILLE. — Il s'cst trouvé des difiicnltés dans l'exécution de l'édit des 25 millions de rentes sur la ville. Elles ont été levées par une déclararation de ce jour registrée au Parlement, qui porte que les contrats ne seront point visés, ni récépissés anciens ou billets ou certificats de notaires, que l'on se serve de quel notaire on voudra, et que les étrangers pourront les acquérir ou en disposer nonobstant le droit d'aubaine. Les commissaires de l'arrêt du 10 juin révoqués.
Banque. — La Banque ne s'ouvre point. On a distribué à certains commissaires des quartiers de l'argent pour payer les billets de 10 livres, et de petits billets pour les gros. Le peuple s'est amassé à leurs portes, et a dit et fait mille insolences. Un garde du corps du Boi a
(1) Charles <)e noiiiUoii, luinle de Charolais, iir a Chantill> le I!) juin IToo, mort à Paris en iTtiO. Les iiistiiicls féroces et «l»*prav«'S (]ui se parlai^raient , avec des instincts hrroujues, le >anj:; d«*grnrr«* des Condr, troiivi'rent en lui nn iWiinf l('|)n''^♦*nla^^, tonjoius cuire l'odieux on le ri(li<nle. Il e.-.t le l)|t«' Ir |»ln>< violent et le pin?, c) nique de la décadence du sens moi al dans les ;;iandes maisons, jusque-la si honorées et le plus souvent si dij^nes de Télre. Il est le premier prin«e que le |)euple ait enroie plus inépiiséque liai. Voir sur ses deliau( lies, aii\(jiielleN il in^^lail les cruautés les plus révoltantes , sur ses assassinats impunis, la Correspondance de Madame ( II, .'{OC»,) les Mvmones île Saint Simon , de Maurepas^ les Mélanges de Hoisjourdain, et Harhiei .
('2; Pierre de Montes<]uiou , luiide d'Artagnan , in.tiefhal de I rance, ne ,\\\ ( liàleaii d'Armagnac en Ib'i.'), mort au IMessis- Piquet le \:\ mai I7'>j. N< relie enflée aiM«»iiseil fie Hé-^enre, Saiiit-Siiiinii, \ll, loti.
OH Mil
:02 Ml.MOUiKS l>K M \TM1I r MMWIS.
nionlé nvec \ine rrlicll»» ;\ la tVin-lro il un iiMnmi>saiie , puis il e>l ilt'sormln, 1 1 i\c raj;o a déchiré ses billels. Les coir.miss;iires veulent se défaire de leur charge (1).
'10 juin. — At:rio>s. — Arrêt t|ui permet aux actionnaires de la Compagnie des Indes de taire le sup[)lément de :\,iH){) fr. par action porté par l'arrêt du conseil du 3, en hillelsdehaïKpieou enactionsà leur choix, lesipielles actions seront reçues, à 6,000 fr. Faction, au payement dudit sup[)lén)enl, en sorte que, pour trois actions anciennes, il sera déliviv deux actions nouvelles, et on jouira de 300 fr. de ilividende par action ainsi remplie. Cet arrêt, ipii parolt favorable aux actions, les a fait baisser. C'est un négoce où on n'entend rien, où toutes les précautions sont inutiles, où Tespril le [)lus éclairé ne voit goutte, et qui tourne suivant les desseins du motrur de la machine. Tout le hit n du royaume y est pourtant fondé.
fticuKi.iKi . — Françoise l)u[)lessis, sœur du cardinal de Uicheliru, épousa, le 28 août 1603,Kéiié de Vignerod, seiL'ueur de l*ontcourlay. Klle étoit lille de François l)uplessis, seigneur de KiclK.'litni, clu^valier des ordres du Koi, grand prévôt de Thôtel, ca[)itaine des gardes du corps, et de Suzanne Delaporte.
Klle eut de Kéné Vignerod :
M.irif \ i;^iitri)(l, marici' .i \iiloiiie du lloiin* de CoiuIkiIoI, qui a él»* ciurlir»»^»' d'Ai|;uilloi»et u'i'ul points d'cutauts.
François de Vignerod, chevalier des ordri's du Uni, général des galères , qui a eu
Arrnand-Ienn d«' VifiritTod 1)m|)I('>sis , p.ir sul)slitution nu nom et aniif^ du conUe de Hicliclieu sou ^rand-onclt', duc de Kicliclicu ol de Kronsac, général des galères; né le 2 octobre Mi3I, (jui a tu de dame Marguerite Daigra, sa seconde femme ,
Kr.iiiroivArinaiid de Vignerod Diiplessis, duc (jr llichciieu, iule à a«rd it,m.
Reoe \i|çnerod — le Cardinal.
I; Ibrbirr onottent lé« mèmen tlol«'aii(:(>s it h pni |ii«<« !«•< in^incK délaiifl. ( I,
Françoise Duplessis.
François de Vignerod.
Armand-Jean Vignerod , INIarguerite D'Acigné.
François-Armand, duc de Richelieu.
Rentes sur la ville. — La préférence accordée aux anciens rentiers pour remplir les rentes de la ville a donné de l'inquiétude aux porteurs de billets qui ne proviennent point des rentes. La Compagnie des Indes a offert de rétrocéder au Roi 18 millions de rentes qu'il lui avoit constituées du reste des 48 millions, dont il y en a déjà un million pour les actions rentières, 4 millions pour les viagères, 25 millions dans le dernier édit, rétrocédés par un arrêt du li juin isuprà), et ces 18 millions qui font i8 millions. Et moyennant cette rétrocession, que le Roi accepte, il est permis à tous les porteurs de billets d'employer leurs fonds en rentes sur la ville dès à présent en portant le billet au trésor royal, sur lequel sera mis ces mots : Pour employer en acquisition de rentes au denier iO, et sur-le-champ il sera délivré un récépissé pour être convertis en rentes. — Arrêt du 20 juin.
Billets de banque. — Les billets perdent sur la place vingt pour cent et mdme vingt-cinq. On est heureux d'avoir 80 fr. pour le billet de 100 iV. Ce commerce se fait publiquement dans la [)lace de Vendôme , et il est sans doute autorisé. Le peuple croit que c'est la Ban(|ue même qui fait ce profit sur l'argent qu'on lui a porté forcément.
Camp de Condé. — On a vu un écrit sur les tentes de la place de Vendôme, qui a pour titre : Camp de Condé à la place Vendôme (1).
(I) Ce placard est conservé dans les maiiu.scrltsliistori(|iM's de la liiMiolho- «jiie d»- l'Arsenal, n" ^20. Il est beaucoup plus complet «pie celui «pte donnr M.irais. V. Lcmonley, t. f, p Xi\).
rJI MKMOIKKS DK M ATI II KU MAI\AIS.
M. le Duo, yêutnih'ssimt.
\j^ marfclKil ti*Kslret»s, ytnèral.
\x dm* <i«* (Uiiolu', inmmamtant le corps de réserve et le» troupes aujciiidires.
l.irutenoHts génèraujc : Ix* diu* de (lliaulnes et Mézières.
La* nuirquis de Pons, vuirérhal des loyis.
llaiiinonl, major (/énéra/ {(rerc du duc de la Force).
Oui lies et Vilaines, aides de camp.
\^ due D'Anlin, intendant.
1^ due de la Force, trésorier.
Lassa) , grand prévôt.
Ia» p. de I.con, greffier.
Fimareon et Danjpierre, archers.
1^ Faye, bourreau secrétaire des cominandenients de M. le Duc).
Farjies, les vivres.
(iuilldunie ImIW (frère de I^w) et André, commis des vivres.
U'blanc uraud agioteur), /ourrier.
Coellopon labbé deCoetlogon, honnne de condition de Bretagne), aumônier.
î/abbé Tausiii (convertisseur de Law ) , a la tête des récollets.
I^w, médecin empirique.
\^ \r\H'\\so\\^ chirurgien ma jor.
\At duc de Louvi^ny et le comte de (iuiche,/;Y//«r.'».
f irandiere., Locinaria; blanchisseuses, Verrue, Chaumont; /'illes dt joie^ S€»ssac et Ciié (1).
yaraudeurs et pipeurs. les directeurs de la Banque.
I ireursd'estatte , les ot'liciers des Rardes.
Hof.itnl de l'armée, la ville de Paris.
<aj.\>ii{iu. ith>t>()Mi'ri.s. — La(^liaiiil)ic dc^ ci un pi» s, poiii- .ihi«';:«r t<Hit<'> lomontrainos, r(;[»rr:si'nlati(ms et aiilics l»:lkh loriiialilt's mal i<mucs à la (liHir, a mi- sm r«''ilil des r«!iilcs Iciircgiîslreiueiil qui suit :
•< i^cliainlirea orduiiiic rt oi'donne Uxlites lclti*es-pa- •♦•ri!i-s «''tn* «Minîristn'e.s [k»im- «'»fre! pxf^tîuliWis scdoii leur
(1/ Lr l«tle dp l'ArAcnal tiil : \ ivnndure» of blanchissfuses : .Mailaiiie de \etruf , a lu lutie du régiment de fMXsny ; m^daiiic «le Prie, du rryunent de Condé ; nu l4tnc «l«» 1/x maria, du rcgimenf dr Ijimberl ; iiia<laiiii' <li* f'arcbrrr, du irgimeiil d'Ortfant ; m<t<l4in«' «le SaWr.in, du rtqanrnl de Lwvij. M»i4n)e Cli4uiiK>nl, a la iuUe -lu camp votant. — ydte$ de Joie : Mm-
forme et teneur, à la charge par les fermiers des fermes unies et leurs cautions de remettre annuellement les 25 millionsde rentes créés par le présent édit ez mainsdes payeurs qui seront nommés parleKoi, lesquels en com[)léteront en la chambre en la manière accoutumée , et sans que la Compagnie désignée sous le nom des Indes puisse prétendre aucune préférence ni concurrence pour raison des rentes par elle prétendues, lesquelles ne pourront être payées ni retenues par elle en tout ou en partie , qu'après qu'elle aura justifié des avances par elle faites au Roi et qu'elle aura rendu compte à la Chambre de ses maniements. Fait en lesbureaux assemblés le 13 juin 1720. » Cet enregistrement n'a point été imprimé; mais on l'a distribué en manuscrit, et il y a bien de l'apparence que cette modification courageuse a donné lieu à la rétrocession des 18 millions de rentes faite au Roi par la Compagnie par l'arrêt du 20 juin; car n'ayant plus de renies, elle n'a plus ni concurrence ni préférence à prétendre.
Anecdote d'État. -^ On m'a dit aujourd'hui, comme , une anecdote d'État, que dans ces derniers mouvements il y a eu des conseils secrets tenus pour mener le Roi au Parlement , au retour du ne promenade de Vincennes, le faire déclarer majeur, le faire ensuite suivre par le Parlement en robes rouges jusqu'au Louvre, et lui donner un conseil royal qui auroit destitué et arrêté le Régent , et qu'on se seroit sai-i de Law pour le faire pendie, car on ne parloit pas moins que de cela. Le Régent, ayant eu quelques avis de cette conjuration, tenue contre lui, demanda au duc de Guiclie s'il lui répondoit du régiment desGardes. 11 dit (|u'il (;n répondoit en campagne, mais non dans Paris. 11 y a exemple dans l'histoire d'un Roi mineur que l'on a âgé avant sa majorité. Il y a eu ijurlque dessein de prendre le Roi pour le mener au P. dais- Royal; mais on a fait entendre cjue la garde et le guet seroient pour le Roi, et que cette entreprise seroit inutile et pourroit causer de grands maux. Madame, mère du
MÈMOIRIiî OR MATIlIFr MARAIS.
Régent, lui ayant dit tjue toute la France se plaipnoit de lui, il ndeniaiuléle renu^de : elle lui dit en montrant M. d'Ai-L'enson : «Voilà un bon conseil. » — Eh bien! (jue me conseille-t-il? — De faire pendre Law, dit lo i;arde des sceaux. I-e Kêgent, étonné, vouloit se retranchera le faire arrtMer. mais, dans cette résolution, il a été jui^é plus à propos de ne rien faire, et c'est dans cette circnnslance (jue le Chancelier a été rappelé, la hrii^ue de La\N ayant été plus forte (pie cette conjuration mal formée. M. Fauon a dit tout haut dans le Conseil cpi'il falloil brûler toutes les actions. Et cela lui a attiré la destitution de ses emplois. C'est chez Paris l'alné que l'on prétend que tous ces desseins se sont traités (1 . Ce Paris est un homme habile dans les finances, et on lui promettoit la place de contrôleur général. On m'a assuré (pie MM. de Canillac,de Broglie, Noce et autres amis du Régent sont entrés dans ce projet.
Vendredi, 21 juin. — Ui tkait-Mkhcokur. M. le prince de Conty a gagné le procès du Retrait du duché de Mercosur (ju'il a fait sur M. de Lassé. (2). On ne voit de toutes paris que des retraits gagnés ou perdus. Celui-ci étoit fondé sur ce cjue le centi(^me d<;nier, (jui avoit été payé, n'avoit pas été insinué sur le contrat et écrit pour en marquer la publicité, et (jue le tein[>s du retrait ne court (jue du jour de l'insinuation. L'arrêt a éW' donné en la Grand' Chambre à Taudience, sur les conclusions de .M. de Lamoi^Mion.
DiKL. — Il y a eu un duel dans la rue de Seine entre Gardel, cadet aux gardes du corps, et Sagette, mous(juetaire, genlilh()inm(; poitevin. Sag(;tte a été tué. Quinze jours ar.paravaftt , ils avoient eu un dénK'dé d.ins un jeu
(I) Voér Mir ce l'Aru tt %t» frèren, Ws pliu KraiitJs linancicrs du tcmpH apiCii Uw, fUibicr, I. 1.44,319; SainlSimon. XI, 2i>7; Umuiilcy, II, 100, et /a Vi$
i2,bàioi'bimuOt XI, I7'j
de paume. Les maréchaux de France en avoient pris connoissance , Gardel mis au For-l'Évéque et un garde donné à Sagette; cependant ils se sont battus. On dit que Gardel étoit garni et qu'il a tué l'autre pendant qu'il raccommodoit son épée qui étoit faussée. Ce Gardel est fils d'un ancien trésorier des fortificatious, gascon, et qui s'est fait bien des affaires pour des maltresses , et avec M. Pelletier de Souzy qui étoit ministre des fortifications sous Louis XIV et qui ne lui a jamais pardonné.
Samecliy *2-2 juin. — De Prie. ^ — M. le Duc aime une des plus jolies dames delà Cour, femme de iM. le marquis de Prie, qui a été ambassadeur en Savoie. Elle est fille de Berthelot de Pléneuf (1), célèbre trésorier de la guerre et des vivres sous le Roi défunt, et qui a été ruiné par la chambre de justice. Elle a beaucoup d'agrément dans le visage , dans l'esprit et dans toutes ses manières, parle italien à merveille et le chante de même. M. le marquis de Prie est parrain du Koi. Le Roi. est aussi parrain du fils du marquis de Prie, et l'a tenu sur les fonts le 13 de ce mois avec la duchesse de Ventadour. Uuand le duc de Bretagne fut mort, on crut que l'autre enfant, attaqué du même mal, alloit aussi mourir; on le fit promptenient baptiser, et çn prit pour son parrain, M. de Prie , parent de la duchesse de Ventadour, sa gouvernante, et pour marraine , la duchesse de la Ferté , sa sœur. Cet enfant est le Roi d'aujourd'hui, que Dieu conserve. Madame de Sabran, femme de qualité, fort ga-
(1) A;:nf*.s Bcrllitlot de IMcneul, femiiip de N... manniis de I*rie, lieiitenanl général de la province du Languedoc. Elle nioiinit en 1727, laissant deux (illes, dont l'une ép<jnsa le lils du duc de Tallard. Voir sur ceUe femme, une des femmes lypifjues de la Uegence, liarbier ( I, 201, ;}()7, 411, 433); Saiul-Simon ( X, 27r.; XII, 430, 431, 433); les Mélanges de Uoisj«)urdaiu ( II, Ki ) ; la Correspondnnce iUi Madame ( I, 423; II, 30, 229); les Mémoires de Maurepas, de d'Ar;ienson, du président llénaull; les .SoMtT;jjr5 du ronite de C'ji>Ius, les Femmes de la Keyence, par V. de Musset, Lemonley ; le> Mémoires d.- Un lu-, lieu, Uudos; les Lctires de M"'" A|ss«', etc.
TM MKMOIKKS DK MVTIIIKH MARAIS,
laule. tituivant M \v IUk- au Palais-Koyal, le prince lui (lit : «Khluenî comment irlrouves-lu de iVIsanyhion depuis qu'il est remarié'? *> — Comme vous vous trouvez de la Prie depuis qu'elle a pris le comte dcLivry.» M. de Prie, qui est lM>n homme, dit qu'il ne se nuMe point de donner des rlu'v.tuxà s;i feinmc lorstprelle va à la chasse ùChantiil), parce tpie M. le Hue la monte. Il veut dire qu'il la luurnit de chevaux. Il dit à tous moments : Je suis ravi de ça, et on lui a donné le nom de M. Havi de ça.
FoRwiLAiRK RÉcuKATiF, ETC., IG'28. — On m'a montré un iR'tit livre imprimé à Lyon chez Pierre Higaud , en l»i-J8, eu petit in-l-i,qui a pour titre: Formulaire récréatif i\\ (te tous nnitrats, doualions, testaments, codicilles et autres actes (jui sont faits et passés pardecant notaires et témoins, fait par bredin le cocu, notaire rural et contrôleur des basses marches au royaume d' Utopie. Il vient de la l)ibliuth('(jue de .M. de la Monoye. C'est un notaire de Lyon, bien pantagruéliste, qui a fait ce formulaire dont les actes sont très-bien dressés et plaisants mais un peu grossiers. Il y a un contrat d'éch mge de Guillot le Membru et de Jean le Simple (pii changent de femmes, |)ai"ce que l'une est plus propre et commode <\ l'autre que à .son propre et légitime mari, pour la diversité de leurs engins. La Fontaine a pris de là le conte des Trof/ueurs. Il y a pris aussi la fable de la Goutte et IWraiynée, (pii raliti^Mit !•• traité de leurs changements de demeur.' et
\ii t'ormuluire fort récréatif de fous vonirnis , dona fions, testaments^ rodinlirt et autres acte* qui sont Juicti fiai -devant notaires et tesmoinrjs. tout fMii HrediH le eo*:u, itotatre royal et coutreru'Uleur dfi Hassta Marches au royaume d't tojne; par lui depuis uaytKres reven et aecompagmr, fMtur Vediftcafinn de tous Itons compagnons, d'un dialogue par luy Itre drs tKucret du phiUnophe grec Symonides, de C origine et naturel f'imiHihKjiiirru ; Lyon, /'. Higaud, l.)9'». m ir.-<l'* S(»H !••«. et him- (.iiillr •ic uWr. Hrunt-t ne cilr pan cetle tMlilion. M. Antoine Pericaud, anrh-n bil»liotktrrMiie <Jr L>on, a ilonni^ ftur c^l onvrane une nolir« rurifiiM! danft la Hibliographte de; la France, I8?l, p. 442; il »'eil v^-ndn 60 et Ofl fr. aux \enle.n
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dous les bons traits de la fable s'y trouvent p. 138 ^. On V trouve encore le conte du Bast peint sur rasne (1), sur quoi il y a un compromis et une sentence arbitrale entre le peintre et sa femme qui sont tout à fait plaisants, et le Testament d'un homme qui dit vouloir vivre dans la religion catholique , apostolique et romaine tant (ju'il plaira au Koi très-chrétien d'y vivre. Ce petit livre est fort rare. Il ne faut pas oublier la Transaction entre la mort et l'amour^ la jeunesse et la vieillesse, où Lamotte a pris une de ses fables qu'il dit nouvelle fp. 128 i. Il y a à la fin un colloque de l'origine et naturel des femmes entre Jean Coquillard, Pierre le Sage et François Beautichon , tous trois notaires ruraux au royaume d'Utopie. PoGGiANA. — Ou La vie, le caractère ^ les sentiments et les bons mots de Pogge^ Florentin^ avec son histoire de la république de Florence, 2 tom. in- 12, à Amsterdam, chez Pierre Huinbert. 1720. L'auteur de ce livre est le sieur l'Enfant, très-connu par V Histoire du Concile de Constance, et qui travaille à celle du concile de Bàle. C'est en travaillant à ces histoires que le dessein de ce livre lui est venu. 11 est bon et nouveau. La première partie contient la vie de Pogge. Ladeuxièmeest un extrait de ses ouvrages, où on trouve la fameuse lettre qu'ilécrivit sur la mort de Jérôme de I*rai;ue, dont il fut témoin, et dont il prend courageusement le parti contre le concile de Constance (t. I, 2V1}. La troisième est im abrégé de V Histoire de Florence, donnée depuis peu dans le latin de Pogge par M. Kecîinati, noble Vénitien (Venise, 1715. — Il y a une Vie de l^oggeà la tète, où le Vénitien critique V Histoire du concile de Constance, et TEnfaiit y répond dans la vie qu'il donne ici), n'ayant été vue juscju'ici qu'en italien d'une traduction du fils de Pogge. La quatrième partie est un recueil de bons mots tirés des Faré-
(ij Voir IkroaMe île Virvilk.
Mh'MOmF.S IM MATUI! r MARAIS.
lies de Pot^sro. M. rKiitaiit n'.i pas pris les plus liln'os, mais il n'a |>as Mê Peu vit» i\c N's ixWvv chercher dans l'oriirinul . où on tmuve la source de tous les contes (|u'on a vus depuis lui. Il y a à la tin une lettre latine de Poyge sur la dccouverte de O^intilien, celle de Francisco Bar- Iwiro à Poirp' sur le même sujet, une de Tincio, et l'oraison funèl)re de (^hrysolos par André Julien, nolde Vénitien. Tout ce recueil est de bon noùt, bien écrit dans notre lantrue, très-impartial pour un protestant, et vaut mieux que tous les Ana qui nous ont été donnés depuis trente ans. Dès le temps de Pogge, son ami Barbaro lui disoit qu'on appelleroit un jour Pogfjiaua les semences de littérature (ju'il apportoit d'Allema.i:ne, comme on appelloit Appitma a les pommes d'Appius. Ainsi les Ana sont très-anciens. Pogge eut un tils [ Jactpies) qui traduisit son ouvrage en italien et qui périt dans la conjuration des Pazzi , avec rarchevè(|ue de Pise, François Salviali, dont Politien l'ait le caractère qui est bon omettre ici (lom. l, '']' aux notes) : « Franciscuis Salvialus liomo repente forUinatus qiùppe f/ui /^iainium haad multo anlea archiepiscopatinn esset adeptus. h Franciscus komo fuit {iil qwifi Ihi nique homiues sciunl) omnis divini alquc liumaui juris iqnnrus et contemptor , omnibus jltKjhiis et facinoribusroopertus, luxuriti pcrdilus et [.rnociniis infdmis dleœ et ipse studiosus, rna.rinius prdterca adulato\\ muli;i' levitatis ar mnitalis. Idem audas ac promptus, callidus et impudenSj quihus artibus adeo nihil fortunam puduil ) et arrliiepiscopatum est adeptus, et nrluni jam ipsum votis CQpirbat. » On a encore aujourd'hui d( s archevêchés par C€s mêmes voi«'S, et la race des Salviali n'est pas perdue, témoin Oimbrai. On fit cette épigramm*^ après (jue Salviati fut p«mdu :
Snirintui mitrfp sceierntus honore superhU. Et quemqunm cœlo rredimux esse Heu m
scilirft hfH- âcflfrn, hoc arlis meruerc nefandic! Il iaquro en prn'Iet . I.xtix jo tiu/jcri.
Jl L\ 1720. 301
LoMBKz, ÉvÉciiK. — Le 1*2 juin, révùché de Lonibez a été donné à Tabbé de Maiipeou, agent du] clergé. Cet évèché étoit à M. Fagon , frère du conseiller d'État, à qui on a donné celui de Vannes. Il avoit eu démêlés avec soncbapitre, jusque-là que le parlement de Toulouse Tavoit décrété.
M. DE Harlav-Ckli. — En ce mois, M. de Harlay-Celi , intendant à Metz, se brouille avec les troupes, prend querelle avec le fils de M. de Saillans, ancien brigadier. Le père prend le parti du fds; ils se disent de grosses paroles. Chacun écrit en Cour. Saillans, dans sa lettre, marque qu'il s'en est peu fallu qu'il n'ait donné vingt coups (le bâton à l'intendant. Le Kégent fait arrêter Saillans le père pour avoir mal écrit. L'intendant triomphe au milieu des officiers à un diner, et dit qu'il est au poil et à la plume, et qu'on ne l'offensera pas impunément. Un officier, capitaine de carabiniers, lui dit que ce triomphe n'étoit pas décent, que d'ailleurs on savoit que Saillans n'avoit été arrêté que pour avoir perdu le respect dans sa lettre. L'officier le suit dans son cabinet après diner et lui dit que comme il s'étoit vanté d'être à deux mains, il reviendroit sur les cinq heures pour lui parler et lui apporter de quoi se battre. L'intendant dit qu'il étoit l'homme du Roi. L'autre lui dit : (( Oui jusqu'à cinq heures. » A cinq heures, l'olficier revient avec une épée sous son jusie-au-corps; l'intendant refuse. Le reste s'étant passé entre eux deux, on ne sait pas où leschoses ont été portées, mais on soupçonne quelques coups donnés à l'intendant; cependant, le soir, il paroit plus fier et plus insultant à son souper. 11 raille les officiers devant les dames. Toute la garnison se soulève et espère en Cour, il est rappelé de son intendance. C'est un homme'd'esprit, mais piquant et satirique comme tous les Harlays, et peu propre avec les gens de guerre (1). 11
ly • C't'loit un fou plfin (l'e>|>iil, |tlai>anf, «laiigereux et peHl-t^Ire la jilus
aiij MK.MOIhKS l)K MVIHIKl MARAIS
r>l lils dv M. tl«' llarhiN il»' Hoimcuil, [>lt''iiipottMiti{nn' à HysNvick, ci sur loijiu'l on a voit fait la chanson :
ll.irl.i>, («iilUri's t't Creci .Ni' sont-ils |Kis tous MtMi habiles ?
Ikirlay, Clailleros etCréci N'ont-ils pas toujours réussi?
Ils oui rendu plus de «-ent villes N'onl-ils pas j;arde Paris "^
Il \ ,i iÏMïii Stn/ff/frntf" Ouiiics ffar/n>/ suul bi/arres.
Hrkhkmaix. — hescazeaux. vieil arniateur de Saint- .Malo, riche tles retours de la mer du Sud et des courses sur les ennemis, veuf et ayant perdu un tils cjuil aimoit, riche de phisieurs millions de l)ien, ♦''[)ouse madeuKu- M'Ib* de Hricjuemaux, arri«''rc-j)etit<'-lille du maréchal d«* Navailb', nièc<' de la duchesse d'Elhcuf et cousine de Ja f<*ue duchesse de Mantoue. Les présents ont été magnitiques et la corbeille de plus de 500, 000 fr.; voilà les mariasres du temps.
1U>\»UK. — La Banque demeure constamment fermée. On ne pense pas qu il y en ait une; cependant tout Paris languit et est aux expédients pour avoir une pistole. Quand Tarrêt du 21 mai fut rendu, (jui réduisoit les actions et les hillets à moitié, la révolte fut prête, et il fut révfKjué par un arrêt du '11 . Aujourd'hui on ne paye point; le mal est bien plus ;^rand,et personne ne dit mol. On porte ses billets pour avoir des rentes au denier VO sur la ville, ou sur le clergé ou sur la Bretagne , car toutes ces portes ont été rouvertes pour y consom-
I !• <rnU; • r'aturc qu'on \tù{ rciiconlnT, <U' |iliis ivroKiif, (.ra(»nl«'ux ♦•l «l'une
• .M»iii. Il»- •t«lMir<if»f ; il a*oil «'•h' iiitniilanl d« Mrl/ , pin* «l'AKarr ; la capaciU'
• ne lui iiun<piiiil pa»; mai» il m* pienoil \)as la pein»* (i<- rnrn faire; hcs se-
- cn'iaiir* UuoMMit tout; il lui étoil arriver par. uni nnllc Mantlaico pnblicK, et il rioit «I anonlnineet M heureux a s'en tirer et a monter loujunrh de place
- m pt««r ju^^ina I iitii-ndanre «le l'ari», «pi'il tlivul : Knrore une sottise, el
• p! »mu ««cfetiire <l Kut. » (Steint-Simon, XI, -Iho