Julie. 16. Morin. 24. Villeueuve
(I) Il est iiiipos<iil>le de ne pas ôlre frapp»' de la ressemblance «le cette ronslitntion de la Compaj^nie des Inh'S avec relie de nos ;;rande8 sociélrs anonyme». Le {;«Miie pn-voyaiil et pratique de Law .se lit tout entier dans celle orjianisatien, si remarquable, qu'après plus d'un siècle, la pet feclion consiste a l'inùler.
(?.) Peut-être madame de Prie.
IJO MhMOlHK^ 1>1 MMllItU iMARAIS.
DIRKCTKIRS RETRANCHÉS
Adiiuv ' I^live. LoubiTt.
BtTtelot. Lenormand. Hehert.
Chevalirr. Pion. Ouil. Law.
ÏJi Porte StTaucourt. Kaiidot. Lapalissade.
IV^srieux. Thiroux. Dupille.
r, ' > * I.alive-Bellegarde. IMontpellier (mort).
C ^Iont.'^lld.
î>AiM-Loiis. Carmes. — On a imprimé, par permission ilu lioulenanl de police, le discours prononcé ;\ la Ville par le V. de la Combe, carme, pour inviter le prévôt des marchands et les échevins à la procession qui se fait tous les ans au Louvre, le jour de Saint-Louis, et à la messe qui se dit, pour la conservation, par les carmes du Grand couvent. Ce discours est plein de louanges pour le Roi d« funt, le Régent, M. le Duc, le maréchal de Villeroy, uiadaiiie de Ventadour et le prévôt des marchands nouveau, qu'il a[)pelle un magistrat d'une haute naissance. Ce bon carme a fait de son mieux et ne sera ni assassiné ni noyé comme les poètes. Depuis l'année 1()6() que les carmes portèrent à Calais avec la Ville la relique de saint Roch (ju'ils ont (à cause de la maladie du feu Roi ), on a toujours fait cette procession et chanté cette messe au I^ouvre. En voilà roricinc.
[Pimaurhcy V^ septembre. — Rknaudot. — L'nbbé Rcnaudot,de TAcadémie françoise, est mort cette nuit, Agé (h- 72 ans. C'étoit un hr)mrne très-savant dans les langues orientales; il avoil h; privilège delà OVizff/ei^t y travailloit rlepuis trèvlongtemps av<'c une approbation universelle.M. Tliuillier, son beau-frère, qui est doyen de la Fa-
* AdiM et OiAtfboti élaient (J'ja retranchés.
culte de médecine, âgé dequatre-vingl-qiiatre ans, et qui se porte à merveille, m'a dit qu'il étoit mort par sa faute pour n'avoir pas fait de remèdes. Il lescraignoit et vivoil d'une façon assez particulière. Ses opinions étoient austères, graves, et il refusale premier l'introduction en France du Dictionnaire de Bayle, qui lui répondit d'une manière railleuse et plaisante. Saint-Evremond prit aussi le partide Bayle contre Tabbé Renaudot. Despréaux lui a d-édié son épitre de V Amour de DieUy et c'est lui qu'il appelle Docle abbé. Il a fait quelques ouvrages , dans le goiit de M. Arnaud et Nicole, pour la perpétuité de la foi de l'Eucharistie dansleséglisesorientales. (Défense de la perpétuité de la foi, in-8% 1709, Martin à Paris, contre un nommé Atjmon qui s étoit fait protestant. ) Ce n'est pas un style net et clair, et son fait n'étoit pas de faire des livres, mais d'en juger et d'aider les autres à en faire. Quoiqu'il fût ami de Despréaux, ce satirique n'estimoit pas sa Gazette, et disoit qu'il mettoit toujours \es Turcs en campagne dès le mois de mars, et qu'ils n'y étoient qu'au mois d'août; encore c'étoit pour se faire battre. Enfin, ses mœurs étoient pures, religieuses, et on l'a vu, à la tète du clergé de Saint-Eustaclie, porter la lettre de ce clergé sur l'appel de la Constitution au cardinal de Noailles. [Recueil de la Coust., t. II . Témoignage du clergé, etc., p. 35.) Il n'étoit (jue simple clerc. Iln'avoit point signé la lettre et dit au cardinal qu'il ne l'avoit point signée, sur ce qu'il avoit appris, par laconnoissance de l'antiquité, que la fonction des clercs étoit seulement de porter les lettres des évèques et des prêtres. Il ajouta que cette lettre contenoit ses sentiments, et qu'il étoit prêt à faire voir que la Constitution étoit aussi contraire à la doctrine de l'Église d'Orient qu'à celle de l'Église d'Occident. Un'à la vérité les disputes sur la grâce n'avoient pas été agitées dans les communions orientales, mais (pie les Orientaux n'étoient point molinistes dans leurs liturgies. Comme le curé de Saint-Eustache n'avoit point signé cette lettre, le cardinal
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lui dit en riant qu'il »'toit bien mal à des pnMrrs et à un clerc (le se M-pairr de lour curé. L'ahhé Uonaudot so justilia on n'-pondant (|uo r'(''toit pour «Mro plus unis à leur évoque. Li Bruyère, dans sa célèbre iiaraniiue à l'Académie, l'a désiirné, en disant : «Si l'on est curieux du don des InniTues, joint au doid)le talent de savoir avec exactitude les choses anciennes et de narrer celles qui sont nouvelles avec autant de simplicité cpie de vérité, cescpialités si rares ne vous man(jueront pas. » 11 a donné sa bibliothèque, (pli étoit très-considérable, aux relii^ieux de l'ai)bave de Saint-Germain des Prés. Ces moines en ont déj;\ assez. Il valoit tout autant et mieu\ la laisser <\ sa famille. Son neveu, M. de Verneuil, lils d'une dcses sœurs, a la survivance du privilège de la Gazetle, qui rapporte l)eaucoup. L'abbé Renaudot faisoit toujours l'article de Kome, et ce n'étoit pas par amitié pour le Pape, car c'étoit un des plus grands jansénistes qu'il y eût, et des plus ennemis de la Constitution.
— Li tille de Law, qui n'a cpie douze ou treize ans , et qui est plus insolente que son père , a été attaquée dans son carrosse par le peuple qui lui a jeté des pierres. Klle étoit aux allées du Koulle (1) qui voyoit le retour de la foire de Bezons (2). Son père lui avoit fait mettre une losange, comme à une fille de condition, et elle a été obligée de l'ôter depuis peu.
Lutuliy I septembre. — On a publié deuxédits, l'un portant création de ï millions de rentes viagères au denier 25 sur la ville, l'autre, de 8 millions de rentes provinciales sur les receltes générales et particulières au denier 50. Ils ont fait grande diffieull*' au Parlement
(I) O quartier de l'«ri« nVlait <'n(or»' qu'un \ill;i^f>, rr'mv en f.tiibonrn en I7W.
(1) BnoWfdtluIr <l«part<iiifnt «h; S<'inc-«'t OIm*. I,.i foire tn t«>nait daim fH emârnkt ledimuirti* qui ftiiivail le M) aoùl, jour d«: li Saint liacn*. Les l'arMirm aUliJBPt k cHIr fèlr.
qui vouloit ou les rejeter ou faire des remontrances. Mais enfin la pluralité des voix a emporté à les registrer avec des modifications qui sont, sur l'édit des rentes viagères : que le Roi sera supplié de les faire payer au denier 20 ; sur celui des rentes provinciales : de les vouloir bien faire payer, par boiité pour son peuple, au denier iO , comme à la Ville, et de donner ses ordres pour l'aire retirer et acquitter, le plus tôt que faire se pourra, le restant des l>illets répandus dans le public, et d'ordonner que tous les billets qui seront retirés en vertu de ces deux édils seront exactement biffés et brûlés. — C'est encore un petit reste de liberté. Ce terme d'exactement marque qu'on se délie des procès-verbaux qui les biffent et les brûlent. M. Trudaine , prévôt des marchands, a été renvoyé pour avoir voulu veiller de trop près à celte exactitude (1).
Pkste de Marseille. — La peste de Marseille est plus forte que jamais. On y a envoyé M. Chicoineau, médecin de Montpellier, chancelier de l'Université, gendre de Chirac , médecin du Kégent, avec un M. Loutre, habile chirurgien. Ils ont écrit de là à M. de Roquelaure , commandant en Languedoc, qu'ils venoient de voir le plus affreux spectacle que la nature puisse présenter à des hommes : une iniirmerie où il y a plus de 500 malades mourants, abandonnés sans aucuns secours, et qui n'ont pas même d'eau pour boire, un amas de cadavres que l'on n'emporte point, qui sont entre les salles de cette infirmerie , une ville désolée et gémissante , des familles entières détruites, les médecins et chirurgiens presque tous morts, les religieux de la Mercy de 80 réduits à V, dont 3 se sont enfuis, les environs de la ville remplis de pillards et de voleurs qui pillent les bastides des bourgeois; et qu'eux-mêmes ne savent comment ils pourront s'échapper, ou de la peste ou de ces voleui's.
(l) Voir liarliitr, I, U. — Mcmoires delà Hégence, III, u.
4N MKMOIRF^S DE MATF1IFU MARAIS.
Les Iflt^nois , \niv pitié, leur viennent d'envoyer 8,000 quintaux de blé , et leur ont fait dire qu'ils le leur donnoient, s'ils n'ôtoient pas en rtat de le rendre. Le cœur de i'étrantrtT s'ouvre, tandis que le ncMre est fermé. La grande disette des i)auvres de cette ville aut;niente encore le désordre. Ils ont nianué du blé i;Até, pliitùi que de le jeter dans la nier, et le IVuit vert a achevé de les perdre. Un fait la i^Mrde à Montpellier. Tous les corps, à commencer par le clergé, font cette garde, et personne n'y entre. A Aix, il est mort un homme de la peste dans le faubourg; on a muré sa maison, et, à la porte de la ville, on a tué trois hommes de Marseille qui y vouloient entrer. Le Parlement, par arrêt, a jugé cet homicide nécessaire, et a ordonné une garde exacte. A Lyon, on commence aussi à faire la garde aux portes. M. l'archevr(|ue l'a commencée lui-môme , et (|uel(jne personne »jue ce soit n'entre point sans un billet de santé. Dieu nous préserve de cet horrible lléau î