‹ Journal et mémoires de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, sur la régence et le règne de Louis XV, 1715-1737 (volume 4)Chapitre 32 sur 55 · JOURNAL RT MKM01KK.S · texte numérisé non relu

JOURNAL RT MKM01KK.S

DK

Dimanche^ 1". — Duchesse ue Fallari (1). Son portrait ET SON ORIGINE. — H y a cu bal public au Palais- Koyal, la nuit du diiuanche au lundi. Le Kégent y a paru, tenant sous le bras une nouvelle maîtresse , qui se nomme la duebesse de Fallari. Son mari est Gorge d'En^ tragues, tils de Gorge, fameux partisan, qu'on a vu porter la livrée, et qu'u avoit épousé en secondes noces une Vallançay. Ce lils , après la mort d'une première femme, qui étoit mademoiselle de Nangis, et qui mourut misérablement dans sa première coucbe, non sans soupçon de violence, il y a six ou sept ans , passa en Italie , vil le Pape, a qui il parla de la maison de Vallançay, dont étoit sa mère, et s'étant trouvé que le cardinal de Vallançay a voit été autrefois bienfaiteur des ancêtres de sa Sainteté, le pape, en reconnaissance, lui donna le titre de duc de Fallari, (jui ne lui a pas pluscoùté qu'une indulgence.

1 Non les Maifn'ssps tht Hifjrnf. •""'■ r.lilion (l)anlu, \Hi\\

: MFMOIRES DK MMlIlll MARAIS.

Ia' nouveau duc, reveiui eu France, où ilavoit été interdit plusieui's fois pour sa dissipation et mauvaise conduite, trouve une jeune personne en Daupliiné , chez sa mère asst'z mal à son aise, mais passant pour lille de condition. Il lui propose un mariage; elle l'épouse. Quelques joui*s après ses noces, il est arrêté pour dettes et friponnei-ies , on lui veut faire son procès. 11 s'échappe , passe en Kspagne, où il est encore. La duchesse, désespérée trouve une personne qui en prend pitié (madame de Vauvray ', qui Tiimène A Paris , la met dans un couvent où elle en prend soin , et au bout de quelque temps, la jeune duchesse d Olonne la reconnoit pour sa parente, et la met dans le monde. Elle joue à trois ou quatre amants à la fois, ne manque pas de beauté, ni de certain esprit propre à séduire. Lintrigue de la Cour s'en mêle, on veut faire tomber la Parabère, qui fait send)lani de ne s'en pas soucier, et voilà la duchesse de Fallari déclarée maîtresse du Kégent. Elle se dit d'ilarancourt, de la grande maison de Lorraine, mais elle en est bien loin , son nom est de Haucourt. Son père, homme l)ien l'ait, venant de rien , passa à la cour de Savoie, où il fut valet de chambre de Madame Hovale, et très-avant dans ses l)onnes grôices , î\ ce que dit la chronicjue. Il revint en Uauphiné, où il épousa mademoiselle de la Blache , lille de condition assez belle, qui fut très-galante, qui est encore au monde, et qui a donné A sa fille l'éducation qu'on lui voit. Le Président Tansin (1), de Grenoble, galant de la mère, trouvant la fille à ce bal, voulut lui Hcrrer la main. Le Régent lui dit : « Masque, c'est trop de la lille et de la mère, » et le président .se retira, sans se le faire dire deux fois. Mai.=< on entendit , cjuchjue temps après, clianter dans le bal un vaudeville pl.iisant sur le

(I; Vrtrf Ae l'ahbi', drpiiU cardinal dfi T<»fn In, «Je madamo do Tencin el de !!■• d« YnritA, mrrr dpd'Arutntal.ami d«' Voilainv Voir *iir l»'U Tencin. Saint I, XI, U»7 el Ic^ Lrllres de M»c Aum:.

nom de Fallari. C'est une très-ancienne chanson que l'on chante en canon.

Fallarira dondène, fallarira donde.

Trois petits couteaux dans une gaîne :

Ya> L'un est rouge et l'autre est blanc ,

L'autre est emmanché d'argent, fallarira, etc.

Les trois petits couteaux sont les trois amants de la duchesse, qui sont le marquis de Tessé, Levy et Préaux. (Préaux est conseiller de la Cour et fils de M. de Vauvray). El ainsi le Hégent a appris qu'il avait des précurseurs.

Taxes ET actions. — Les rôles pour les taxes d'actions sont arrêtés. Il y en a 8. Les trois derniers sont très-forts. Les cinq premiers contiennent 28,000 actions. Bourgeois, caissier de la Banque, est taxé à 1,560 actions, un nommé Brangouze à 2,000 et ainsi des autres. Chacun tâche à se tirer de ces rôles, et offre de Tarsrent à la nouvelle maîtresse, qui est venue dans un bon temps pour s'enrichir. On a retenu les actions de beaucoup de gens qui ont eu le crédit de se les faire rendre. Il en arrivera comme des taxes de la Chambre de justice, qui n'ont rien produit qu'aux favoris et aux maiiresses.

Lundis. — Parlement. — Constitction. — Le Parlement s'est assemblé à Pontoise en grand nombre. Les commissaires ont été nommés sur la Constitution, et on a remis la décision au mercredi V. Le Bégent s'attend avecgrande impatience et on ne doute pas qu'il ne soit content. Pour le Pape, c'est autre chose, maison dit qu'il se meuri, ce qu'il a déjà feint plusieurs fois, sans l'avoir fait une bonne (1;.

Actions. — Arrêt de ce jour qui ordonne que les actions qui n'ont point été timbrées d'un second sceau seront nulles et de nulle valeur. Défenses de les exposer dans le commerce et de les négocier, à peine de 3,000 livres d'amende, tant contre le vendeur que contre l'acheteur.

(I) CIrment XI. Il avait été (rln pape en 17O0. Unioiiriil U> i<.Mii.«rs r >i

I MKMOiatS l)K MATIIIKA! MAUAIS

HiLLKis DK HanoI'K- — Autrc arrùt qui défend de néu'ocier les billets de 1,000 livres et de 10,000 livres, et (lui perniel seulement de les convertir, jusqu'à Li lin de décendire, en actions et dixi<>mes d'actions rentières.

Mercredi V. -^ (^onstitition. ENREt.iSTUKMENx a PonroiSK. Hkflkxions. — L'enregistrement tant attendu s'est fait à Ponloiseen termes suspendus, équivoques, disant tout et ne disant rien, et qui veulent autant dire que si on u'euregisiroit point (1). Voici les termes:

«Hesistrées, ouï, ce requérant, le procureur général du Hoi, pour être exécutées aux mêmes clauses et conditions portée<> par Tarrèt d'enregistrement, lettres patentes de 171i,et conlormément aux règles de l'I^glise et aux maximes du royaume sur l'autorité de l'Église , sur le pouvoir et la juridiction des évoques, sur l'acceptation des bulles des Papes et sur les appels au futur concile , lesquelles règles et maximes demeureront dansleur,forme et vertu. Et pour être la cessalion de toutes poursuites et procédures portées par la présente déclaration, pour raison des appels interjetés , inviolahlement observée. En P.ulement, séant à Pontoise, le 4 décend>re 17:20. » — (^ette dernière clause pour la cessation des appels interjetés a été mise parce que la déclaration dit : a Enjoignons à nos cours de Parlement d'observer et de faire observer inviolableiiKiit tout le contenu de cet article, nounnément en ce qui regarde les appels. » Mais l'arrêt défend d'en interjeter aucuns, sous (juebjue prétexte que ce puisse être, et comme l'arrêt conserve les lois de l'État sur l'appel au concile, et que la déclaration ne doit être exécul*'îe que conformément à ces règles, voilà encore la voie ouverte aux appels futurs. Ajoutez (jue l'on maintient les maximes 1" sur l'autorité de TÉglise, (jui seule est infadlible, et non le Pape; 2" sur le pouvoir des l'vêqueSy qui sont juges de la doctrine, et qui pourront

I N lUttltt-r, f . I, |., b«.

DRCEMBRi: 1720. .«J

appeler s'ils ne veulent pas accepter ; 3" sur Tacceptation des bulles des Papes ^ ce qui renferme le droit de l'Université etde la faculté de théologie en matière de dogme. Cependant l'enregistrement ne parle point des oppositions et des appels comme d'abus, qui ont été faits depuis peu, etqui ont longtemps arrêté cette affaire. Enfin, le Parlement s'est tiré d'intrigue le mieux qu'il a pu. La Constitution est acceptée avec des explications qui ne l'expliquent point , et l'enregistrement est fait de la déclaration comme s'il n'y avoit point d'enregistrement. L'un est fait pour l'autre et pour tous deux le temps qui règne, où l'on ne voit que détours, artifices, dissimulations, qui ont pénétré tous les corps de l'État, et qui ont passé jusqu'au clergé et au Parlement. Après tout, le Cardinal abandonne visiblement la religion qu'il a soutenue, au lieu que le Parlement , forcé par des translations réitérées et des violences manifestes, a encore eu le courage de maintenir, autant qu'il a pu , l'autorité do l'État, et ne s'est rendu qu'à la cassation des appels passés que l'on a exigée de lui.

Law n'est pas content de cet enregistrement, qui commence à réconcilier le Parlement et la Régence, ce qu'il craint beaucoup. Aussi dit-on qu'il est de part avec la nouvelle maltresse, et qu'il a contribué à faire renvoyer madame de Parabère, qui étoit contraire à son système, au lieu que la duchesse de Fallari , amie du président Tansin et de toute cette famille, qui est très-unie à Law, le soutiendra. Ces Tansin viennent de Grenoble. L'un y est président à mortier, l'autre est ablxî, grand vicaire de Sens. C'est lui (jui a reçu l'abjuration de Law : homme galant, intrigant, et de peu de foi (1). La troisième est une chanoinesse ou religieuse, (|ui vit à présent dans le monde en habit séculier, et qui a été connue pour

(I) y. dans Saint-Simon et Dnclos, sa terrible m»''savontnre au Parlement, a l'occasion de son procès avec l'abhf de Veyssière.

e .MEMOIRES DK MATHIEU MARAIS.

ses galanteries avec le garde des sceaux d'Argenson (1).

Abbé dk Coktlogon. — Actions. — On a rendu les actions A Tabbé de Coetlogon, a(iui on les avoit retenues. C'est un homme de qualité de Bretagne, qui s'est fait le commis et Tàine damnée de Law, et (jiii a beaucoup gagné à ce métier, contraire à sa naissance et à son état. Il a pris;\ vie de Law la terre de Roissy en Brie. Law l'avoit achetée depuis peu delà nianjuise de la Carte, auparavant veuve de monsieur Rouillé des Postes, dont il a eu celte belle terre pour du papier. L'abl)é, plein de sa fortune, qui ne tient point de TÉglisc, a voulu quilterl'état ecclésiastique, et obtenir dispense du sous-diaconat, pour épouser une maltresse qu'il aime. Mais le Pape Ta refusée, et ce refus a fait qu'il ne s'est point marié , et qu'il n'a point quitté sa maltresse. Elles'appelle Duzevest, et est fille d'un gentilhomme de Provence, à qui on a donné une principale commission de la Banque (2).

Jeudi 5. — Fallari. Parauère. — La fortune de la duchesse de Fallari a passé comme une ombre. L'étoile de madame de Parabère a été plus forte que la sienne. On a tant couru, intrigué et tourmenté le Régent, qu'il est revenu à sa première uuiitresse, et dès ce soir même il a soupe avec elle et ses favoris, et a fait dire à lautre, cjui venoit pour souper avec lui, et ji madame de Sabra n, (jui l'accompagnoit, (|u'il étoit malade et s etoil couché. Il ne l'a point congédiée autrement. Tant tenu , tant payé. Les amis de la duchesse disent que cotte aventure n'a pas le moins du uîonde intéressé sou honneur ' marlamede Vauvray {()) la soutient beaucoup); mais on sait .bi(;n cpie [)enser d'une femme galante, qui a mam:é plusieurs lois avec le Régeiit en secret, et

(I) F. Ui MaUreuet du Ht'genf.

(7) Il a épttmé, drpui", la «hMiioi^plic. ( Motr de Maraix).

O, Voir, »ur Cille (tmine iolriganli', le» Méinuirei» de M'i'-de Lauiiay (M"'««le

DKCKMBRE 1720. 7

qui a été publiquement au spectacle et au bal avec lui.

La duchesse de Sforce (1) a dit aujourd'hui, à une personne digne de foi, qu'étant allée à Tabbaye de Montmartre avec la Régente, une religieuse , sœur d'un chandelier de Paris, s'est jetée à ses pieds, lui a conté les besoins de son frère, et l'a priée de lui faire vendre par le duc de la Force, son parent, 3 ou 400 livres de chandelles. Cette bonne religieuse croyoit que Sforce et la Force étoient la même chose, et elle avoit entendu dire que le duc de la Force avoit fait un amas de cire à brûler, comme tout le monde le sait, ce qu'elle avoit confondu avec de la chandelle. Ce duc est si déshonoré que les ducs et pairs ont donné une requête au Hoi pour le faire dégrader de sa pairie. Elle est déjà signée de quatre, du duc d'Uzès, du duc de Brissac, etc. On l'a fait imprimer et envoyée dans les pays étrangers. (Cette requête n'est qu'un projet de quelqu'un qui ne l'aime pas).

La maréchale d'Estrées. — Un gentilhomme de Bretagne, nommé Marsilly, de la maison de Roucy, officier des chevau-légers de la garde , revenant des États, avec la maréchale d'Estrées, est devenu amoureux d'elle 5 jusqu'au point qu'un jour il fit, par jalousie, du bruit dans la maison où étoit le maréchal, à qui] on dit qu'il étoit ivre. La chose s'étoit passée assez doucement, mais on a appris depuis que ce gentilhomme a été trouvé mort dans un puits dans la ville d'Avranches, étant revenu de Bretagne par la Normandie. On ne sait s'il s'y est jeté, ou si on l'y a fait jeter; quoi qu'il en soit, c'est un amant de moins à la maréchale, qui en sera bientôt consolée et qui en a bien d'autres. Le jeune et beau Chavelin (2), avocat général, mort en août 1715, et qui s'étoit fait grand trésorier de l'ordre pour avoir le

(1) Dame et confidente de M™» la ducliesse d'Orléans. Voir Sainl-Simou, VII, 355 à 357.

(2) V. Saint Simon, VU, II, 334.

H MF.MOIR^S DK M \ I IIIKI! MAKAIS.

cordon l)leu vi lui plaiiv davantage, n'ayant pu accorder le travail }>énil)le ilc sa charge et de ses amours, y a MrntiM succombé.

La <:o.\itkssk i>k Saint-Mai rk. Il court un bruit que la comtesse de Saint-Maure (qui est mariée dei)uis peu et fille de monsieur de la Vieuville, maître des requêtes, intendant enBéarn) estaimée par le duc de Chartres. Le duc d'Olonne faisant la guerre à ce prince de cet amour, lui a dit : « Pourquoi avez vous pris celtebèteà (piatre pieds?» Le mol de l'énigme est qu'elle a ses deux pieds ordinaires , un pied de nez et un pied de ce qu'on ne nomme pas. Saint-Evremont, dans des vers à Madame de Mazarin, dit que, dans l'autre monde, il parlera aux ombres de sa beauté, et leur dira tout ce qu'il en a vu, puis il ajoute :

Mais si, voulant nrembarrasser.

Kilos nip font une demande,

Si Marion J)elorme) veut s'informer

De cet endroit caché qui se dérobe au monde

Et que je n'ose ici nommer,

(j>uo voulez-vous que je réponde ?

Ceux (jui parlent de la comtesse de Saint-Maure en savent plus (jue Saint-Evremont n'en savoit de madame de Mazarin.

Vendredi 6. — Fallari. Sabra>. — La duchesse de Fallari,que Ton croyoit noyée, est revenue sur l'eau. Elle a sfjupé aujourd'hui avec le Régent et entretient encore des espérances. C'est le petit jeu; je l'ai vu vif y je l'ai vu mort '.je l'ai vu vif après m mort. Chirac, premier médecin du Régent, lui a dit que s'éteint trouvé dans une avMjmblée de chirurgiens, il avoit appris que cette dame éloil gAtée, et cju'ils avoient manqué deux fois monsieur

de Ix'vy, son amant, parce que sa v est incurable.

ÎAi RéL'^-nt a répondu. « Je ne m'en soucie guère : si elle lUc donne des pois, je lui donnerai des lèves. » — On a su aussi que le jour qu'elle fut présentée par madame de SaliPîin . après cpielque discours, madafne de Sabran.se

retira pour aller tenir, disoit-elle , compagnie à son prince (quiestle prince d'Isenghien). Elle écouta à la porte, et entendit de ses oreilles mille choses offensantes, que disoient contre elle le Rée-ent et la duchesse. Elle rentra et voulut faire des reproches à l'un et à l'autre. A quoi le Régent dit : « Tout ce que j'ai dit de toi est vrai, et il y en a encore cent fois davantage^ que je dirai si tu veux retourner écouter à la porte. »

Samedil. — LePape. — On apprend que le Pape est bien mal. Voilà une nouvelle affaire. S'il meurt, il n'aura pas vu la fin de sa Constitution. On parle de faire partir les cardinaux incessamment pour Rome. Nous en avons six : Noailles, Bissy, de Rohan^ Polignac, Gesvres et Mailly, mais ils sont embarrassés par où passer, à cause de la peste de Provence et des quarantaines qu'il faudra faire. Ils pourroient bien arriver après l'élection.

Les affaires publiques empirent tous les jours; on parle de donner des comptes en Banque à tout le monde pour les actions et les rentes. Il ne se fait point de consomiiiation. On ne vend rien, parce que les marchands, qui pourroient acheter les vins et grains, n'ont point d'argent. En Bourgogne, tout le vin est restéet il n'y a point d'entrées.

CoNSEiLLEKs d'État. — MM. de Caumartin (1) et de Bou ville, conseillers d'État, sont morts. M. de Machault

et , qui envient les expectatives, ont leurs places

au Conseil.

GcisCAR. — M. de Guiscar, lieutenant général des armées du roi et gouverneur de Sedan, mort (2). Le gouvernement donné à M. de Médavi.

Dimanche 8. — Parlement. Constitltiun. — Ce matin, on a publié la déclaration du Roi sur la Constitution, avec l'enregistrement du l*arlement à Pontoise; et.

(1) V. Sainl-Siiiioii, XI, :{4i.

2) lbM.,XI, 343.

10 MF.MOlHtS DK MAiniKU MARAIS.

en même temps, des lettres patentes, (|iii lui donnent la ronnaissiince de tontes les contestations survenues et à survenir, et ijui révoquent l'attribution au (irand-Conseil. Elles sont du -25 novembre. On avoit donc de bonnes paroles du Parlement, et onsavoit bien ce qu'il devoit faire le V décembre.

PoLiGN.\c. — Le cardinal de Polignac, qui étoite.xilé, il y a louiTtemps, pour l'affaire d'Espagne et de madame du Maine, est rappelé. L'état où est le Pape a produit ce chaniTtinent. On a besoin de ce cardinal, qui a beaucoup d'esprit, et qui est capal)le de jurandes négociations. U a été autrefois en Pologne, où il fut amoureux de la Keine ; il a fait en France l'amoureux de madame la Dauphine, puis il est venu à madame la duchesse du Maine, qui l'a engagé dans la conjuration d'Espagne et qui a pensé se perdre avec elle (t).

Le Kégent a donné quatre gros bénéfices à quatre chevaliers de Malte, officiers de marine, qui ont bien servi à Marseille pendant la peste : MM. le chevalier deLangeron, de Lev\ , etc. Ces grâces sont bien placées, quand de telles gens les obtiennent.

Les comptes en banque ou écritures nouvelles sopt rejetées, pour n'être point forcées dans le public à toutes sortes de payements, comme on l'avoit proposé pour •ortir d'affaire ; mais cet expédient rejeté donne de nouveaux endjarras. Law est prêt à tondjer. Le Kégent a dit fpi'il avoit envie de l'envoyer à Effiat (2) avec bonne escorte. Les actions deviendront à rien. On n'en donne que 500 en argent ou 5,000 en bilhts de banque (jui ne valent pas 100 livres [)iéce.

Lundis. — PRKMIKR PRÉSIDE.NT DEMkSMKS, LoKGE. Lc

(i Voir, Mir le cardinal <le i'olif(nar, le» Mémoires de d'Aryemon^ Saint- .SiMO», ie Préndrnt HénauU et Madame. Melcliior de Polignac, archevêqur d*Aocti et rardinal, mm iGftI, an Puy, mourut en I7'tt. Auteur du célèbre pOéne latin WAnfi-rurrrre.

(S) Terre en Aurergrir apptrli-nant a Lan.

DÉCEMBRE 1720. Il

premier Président est venu à Paris et a été bien reçu du Régent. Il marie M"^ de Mesmes, sa fille ainée, au duc de Lorge, qui est déjà veut d'une fille de M. Chamillard, dont il a eu trois enfants. Le premier Président assure à sa fille la terre de Cramayel, et elle a de son chef et par des substitutions, de grands biens. Il fait ce mariage pour la faireduchesse^carce duc, quoiquejeune encore, est ruiné, et les enfants de ce deuxième mariage n'auront point les honneurs. Le duc de Lorge n'est point pair, il est duc héréditaire, avec les honneurs du Louvre et non du Parlement. Le Régent a dit au premier Président qu'il étoit content de ce que l'on avoit fait, et qu'il falloit lui laisser faire son mariage à Pontoise, où tout étoit disposé. Ainsi le Parlement reste encore là, et on ne sait quand il en sortira. La fille cadette du premier Président, mariée avant l'aînée, est femme du marquis de Lautrec, fils du marquis d'Ambre. L'ainée est pleine de mérite et de sagesse (1). La cadette est plus jolie et ne hait pas ceux qui le lui disent. Le Pafe. Laffiteau, évèqce de Sisteron. — La nouvelle du Pape se confirme. On le dit mort. Le Régent a fait venir le cardinal de Rohan, pour prendre des mesures avec lui. Nous n'avons à Rome aucun ambassadeur. Il n'y a que l'évéque de Sisteron (autrefois le P. Laffiteau, jésuite) qui y soit chargé de nos affaires, et le cardinal Ottobon, protecteur de la France. L'empereur pourroit

(1) Marie-Anue-Anloinelle. Voir sur ce nwiriafie, auquel tout le Parlement assista en robes rouget, Barbirr, I, 91 et Saint-Simon, XI, 340. Le portrait des deux sœins, par ce dernier, respire tonte sa haine, si invétérée contre la maison de Mesmes et le preniit-r président. < Le premier président, qui étoit vcul, " h'avoit <jue deux lilles. LIks étoient riche'^, et pour contenter les lantasciues « l'une éloil noire, huileuse, lai<leàe(frayer, sotte et bégueule à l'avenant, dévote « à merveilles ; l'autie rousse comme une vache, le teint blanc, de l'esprit et du « monde et le dé^ir de liberté et de primer. >• Selon Saint-Simon, ni l'un ni l'autre de ces mariages ne furent heureux, par la faute de la femme (VU, 330). Mais re Lautrec, «lu'il nous représente (omme une \i(time résignée îles incom[iatibililes conjugales, nanroil pas été, selon Mad.uue, eNeun»t tl«'s plus» sevère<« reproclies. Ses débauches scandaleuses auraient fait mourir son père de chagrin. {.Madame, II, .loi»).

lî MIMOIKKS 1)1 MVillII-r MAKAIS.

Uwn se reiulre maitiv de tout cv {[m va se passeï* à Koine ri lit' riMrrtion fiitiiiv. Cet év(\iiie de Sisleroii vient d'adresser un wamlemtnt à son peuple, (ju'il n'a jamais vu el «lu'd ne viendra pas voir desilùt, ee qui lui donne occasion de déclamer contre la peste dans des termes trèschoisis et très- éloquents.

L'al)l)esse de Clielles (1), fille du Régent, s'ennuie dans son «l)l»ave, et vient passer cjuelque temps au Val de (irAce, où elle sera plus près de la cour, el des expédients pour y revenir, si cela se pouvoit.

M. i)K Lorvir.Nv. Lori.or. — Le duc de Louviuny 'tils du duc de Guiclie}, étant à la Banque, entendit un homme (jui disoit à un autre : u Ce petit Lamolte est bien heureu\ d'aimer une aussi jolie femme (jue cette madame de Loji... )) Il n'acheva pas, parce qu'il aperçut en ce moment monsieur de Louvigny, et il étoit question de sa femme. Monsieur de Louvigny, qui est un homme de très-court esprit, ne se doutant de rien, va trouver un ami de Lamolte, connu pour son conlident, et voulant faire voir (ju'il est instruit des galanteries de la cour, il lui dit «pie Lamottfî a une Irès-aimahle maîtresse cju'il sait l)ien. l/ami dit (|u'il ne sait ce que c'est. Louvigny lui dit : « Je te dirai la première lettre de son nom ; c'est un L. «Je n'en suis pas plus avancé, » dit l'ami, qui tremhloit qu<^ le mari ne sût l'aventure. « Oh bien ! la deuxième c'est un 0. »» La frayeur redouble, et l'ami persiste à dire qu'il n'v entend rien. « Tu l'entendras mieux par la troisième c'est un U. » L'ami croyoit tout perdu quand M. de Ixiuvitrny lui dit : « C'est madame ilr ImiivoIs. » Ce qui

(t) IvouiM-Aïk-laiile d'()rl«-aii«, lire le 13 août I69H; Ahl)i'.ssc «le Clicll«'i ; marie, leîO février l7i:», dans la retraite, au couvent «le NolreDame du Trai- Mir ri'U#« pnnreftse oiinmale et savante, StiiilSiinoii (XI, II'.), XIII, 1 . .'»♦. \rh Mnnotret de d'AfH»'n.Mjn, le» Mémoires de Viaiirepas (t. r*^), et Dotre litre intitulé : Us (on/rninn de Vabhetne de Chelles, Pari*, Dentu, IS63, oà fKHis 3vnn<k e*«»ay d»- ranimer, dans un»* sorte d»* synili/'se antohioftrapliiqiM», retle aimable et attrayante ligure, une des |.lii- c ar.u liri-tMiiieH •!«• U R«frtM-r.

ayant remis les sens de Tanii, il lui dit : Tu ne nie devois pas faire tant languir, j'en suis bien aise, mais Laiiiotte ne m'en a jamais parlé. » Depuis ce temps, on appelle M. de Louvigny Loulou. La cour, qui n'aime ni estime ce duc, qui est décrié et rejeté partout, est bien aise de cette aventure, que tout le monde conte, fausse ou vraie.

Mardi 10. — Prêts des actions. — J'ai mal fait de payer. Il y a une foule extraordinaire à la Banque, pour payer le prêt de 150 liv. par action. J'y ai été comme les autres, et ai payé 750 liv. pour cinq actions, dont 500 liv. en argent sur le pied qu'il éloit à la fin de novembre, et 250 liv. en billets. On vous donne des actions nouvelles, scellées de trois sceaux, en échange des vôtres, et des petits billets de 32 louis d'argent, aux poids et titre de ce jour, payables au porteur dans un an. Ils sont datés du 29 novembre ,et les intérêts y sont compris. Il yen a autant que d'actions, et on en va voir tout Paris rempli, comme des billets de banque. Je vis un particulier (le sieur Fonton, contrôleur de la maison du Kégeni, porteur d'un ordre de 13,172 liv., qui lui fut payé en un billet sur cet argent que Ton recevoit, et il m'a dit que c'étoit pour payer les troupes, et que tout ce que l'on faisoit donner par les actionnaires n'étoit que pour cela. Il faut qu'on soit bien pressé.

Le bruit s'est répandu (jue Law étoit arrêté ou congédié et envoyé à Eftiat, qui est une terre du défunt marquis d'Ediat, qu'il a achetée. Mais cela ne s'est pas trouvé vrai. 11 y a un grand abattement et une grande consternation chez lui. L'orage gronde terriblement, et nous en verrons bientôt les effets. Chacun lui prépare des supplices, et, dans la Ban({ue même, on parloit si haut contre lui et le Régent, qu'on en étoit .scandalisé. Le Parlement adonné des articles pour son accommodement, et le pr<'mier est que Law soit chassé. Law a voulu aller au Palais-Koyal ce matin ; le Uégent a fait dire qu'il étoit malade, sui' cpioi Law a dit (pron tiMNailloit à^oii «'xpuNioii,

14 MVMOIRKS DK MMlllRV MAK.VIS.

el que c esl ce qu'il tleinaïuU' depuis longtemps. On croit le Réerent et lui bien d'accord.

Il êtoil arrivé plusieai*s des messieurs du Parlement à Paris depuis l'enredslreinent. Ils s'en retournent, pour t^tre au niariai,'e de mademoiselle de Mes me, et pour attendre le sort des affaires, qui sera bientôt décidé.

Voici la copie des deu.v dernières lettres de cachet pour le Parlement. {Translation du Parlement à Blois sans effet).

Première leHre. «Monsieur, ayant, pour de bonnes considérations, résolu de transférer macour de Parlement, séant à Pontoise, en ma ville de Blois, je vous fais cette lettre, de l'avis de mon oncle le Uégent, duc d'Orléans, pour vous enjoindre et ordonner de vous y transporter, toutes affaires cessantes, pour assister à l'ouverture de mon Parlement, qui s'y fera le 2 décembre prochain, pour cette année seulement, et sans tirer à conséquence ; et pour y Mre instruit de mes intentions, et y rendre la justice, è votre ordinaire, en vertu de la déclaration qui y sera envoyée. Vous faisant cependant défense de vous assembler nulle part ailleurs, sous quehjue prétexte que ce soit, sous peint' de désobéissance et de privation de votre charge. Et la présente n'étant k autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur, en sa sainte garde. «F^crit i\ Paris, le 10 novend>r<* 17-20. Louis, el plus bas /Vje//y>f aux; Suacription : à M..., Conseiller en ma cour de Parlement, séant à Pontoise.

( iPeuxiéme lettre. « Monsieur, je vous ai donné mes ordres le 10 de ce mois pour vous transporter en ma ville de Blois, alin d'assister à l'ouverture de mon Parlement, (pie j'y a vois inditpjée au 2 décembre prochain, en veitu de la déclaration r|ue jedevois faire expédier li c<'t effet, avec déïe.nsi^ dv. vous asseridiler ailleurs, sous quehpie prétexte que ce soit, sous peine de désobéissance, et de privation de votre charge. Ksiimunt cependant à propos qiu* vous vous rendiez en ma ville de Pontoise pour y vaquer à

DÉCEMBRK 1720 16

vos fonctions ordinaires dans l'exercice de la justice, je vous fais cette lettre, de l'avis de mon très- cher et trèsamé oncle, le duc d'Orléans, Régent, pour vous dire que mon intention est que, toutes affaires cessantes, vous vous rassembliez en ma dite ville dePontoise le 25 du présent mois, et n'étant la présente à autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur, en sa sainte garde. « Écrit à Paris, le 17 novemljre 1720. Louis, et plus bas Phélipeaux. La suscription est : A M..., Conseiller en ma cour de Parlement,

Observez, sur ces lettres, que l'une est du 10 et l'autre du 17 novembre, qu'en ces 8 jours on a négocié l'enregistrement de la Constitution et que les lettres d'attribution au Parlement et de révocation de celles du grand Conseil étant du 25 novembre, jour que le Parlement se devoit rassembler à Pontoise, on comptoit certainement sur l'enregistrement, qui n'a été fait que le k décembre.

Mercredi y 11. — Marseille. Peste. — On a vu des lettres de Marseille, du 27 novembre, qui disent que la peste y est déclarée plus que jamais, que k^ personnes saines ont été attaquées, en un même jour, de cette maladie, avec tous les signes de peste les plus caractérisés, et tels que l'on n'en avoit point vu de pareils ; qu'elles sont mortes en deux jours; que l'on attribue ce nouveau malheur aux jours chauds que l'on a eus depuis peu , qu'on n'a d'espérance qu'à la gelée , mais qu'on craint qu'au printemps cela ne reverdisse; c'est le terme de la lettre. Brunes, fameux négociant de Marseille, écrit qu'on ne soit point étonné de ne plus recevoir de ses lettres, parce qu'il est à sa dernière feuille de papier.

Le Pape malade. — Les Jésuites, (jui ont des nouvelles du Pape, disent qu'il n'est point si mal; que ses jambes s'étoient fermées, etqueleshumeursavoient porté quelque délire dans le cerveau, ce qui avoit alarmé; mais qu'il y avoit apparencequ'ellesse rouvriroient, comme il est déjà arrivé plusieurs fois. Ce que les jésuites espèrent, beaucoup de gens le craignent. La Fontaine disoit d'Inno-

m; MKMOIKKS I)K MATHIKU MARAIS.

re'iil \l . tjMi s»* iiumiiul . (l.iiis iiiir lttlr<- À M. dr \tMi-

Pour iioiiNclU's de l'Ilnlio,

\.v P.jpe rmpirt' tous les jours.

tjiteiuiez, st'i|ZiHnir, ve discours

Du côté de la iniikidie,

Car aucun Saiut-l*cro autrement

Ne doil empirer nullement ;

Olui-ci véritablement

N'est envers nous ni saint ni père, etc.

A(;iiu.\>. 1*RKTS. — On continue toujours ji la Banque (U* payer le prêt de 150 livres, et de retirer les actions hnibréesdu double sceau. Mais plusieurs personnes, qui vont pour les retirer, trouvent une note pour les laisser, parce qu'elles sont destinées aux taxes. On ne donne, chez les agents dechange et parmi les agioteurs, que 10 livres du billetde lOOetOOdu billet de 1,000 livres. Les billets de 1,000 livres se prennent, pour le pn'.'t desactions, pour la partie (jui se paye en papier.

Law. — Les mouvements sont plus grands (pie jamais IMjur faire tomber Law. On ne doute pas que pour celte lois il ne succombe. La partie est très-bien faite, il a contre lui madame de Parabère, (pii ne veut se raccommoder avec le Kégent qu'à condition qu'il sera cbassé. Le Kégent en est comme fou, et court après elle comme un enfant. D'un autre cùlé, le Parlement, (pii est tout prêt à revenir, et dont on a'J)esoin, deniande son expulsion. M. le Duc, qui le protégeoit, est obligéde céder, peutêtre malgré lui. Law s'est fait une alïaire avec M. de Vendôme*, qui lui avait reproché le prêt des actions. Il lui a rép(Mulu que le Hégent l'avoit voulu. Sur cpioi , M. de Vendôme en ayant parlé au KéLient , il hii a dit (jue c'éloit une invention de Law, v[ «pie, poui bii, il n'y nvoil aucune pari. Sur cette réponse, M, de VendArne a dit à Law (pi'il éloit un malheureux, (pTil Tavoil trompé; il lui a voulu passer son épée au lraver^

du corps, et l'est venu dire au Régent, qui lui a dit qu'il aurait bien fait. Le voilà mal avec les princes, avec les femmes et avec tout le peuple. On ne le croit pourtant pas si mal avec le Régent lui-même, qui en a tiré tout l'argent, qu'il garde et qu'il ne veut point lâcher. On recommence à parler de la souveraineté de Flandre, qu'il veut acheter de l'Empereur, pour se faire une retraite honorable (1).

Le bruit se répand ce soir que Law est renvoyé, qu'il y a un contrôleur général nommé et des intendants des finances, et que toute l'administration va changer. Dieu veuille que cela soit pour notre bien.

Jeudi 22. — On a appris ce matin, certainement, qur M. Pelletier de la Houssaye, conseiller d'État et chancelier du Régent (2) , esl nommé contrôleur général des finances. Il avoit tout quitté le 7 juin 1720. Et MM. d"0rmesson(3) et Gaunionl , commissaires généraux pour travailler sous lui, comme faisoient autrefois les intendants des finances. On est encore incertain sur ce que deviendra Law : il est toujours chez lui, et on ne lui a point ôté la direction générale de la Banque et de la Compagnie des Indes. ï^s uns disent qu'il va à Guermande, qui est une de ses terres proche Paris, d'autres à Eftiat. On ne le croit point du tout disgracié, et ceci est encore une intrigue qui n'est point nette , et qui se développera av( c le temps.

Le duc de Richelieu a été reçu à l'Académie françoisc à la place de M. Dangeau (i), et M. Tabbé Roquette à la

(l)Ce bruit absurde courut en effet. 1". Mémoires de la Régence (III, 7i .

(2) Félix Le|>elleti('r «le la HoiD^saye, con^'iller «l'Klat, elr... ronlioJeiir ;;< néral, fut, en l72l, nommé prévùt et malin' des ren-monirs desordies du Hui Il mourut en 1723. (V. Mëm. de la Régence, III, ''t.)

(3) H eau- frère de d'A^nesseau.

(4) Au lrenle-deuxien)e fauteuil. Voir, sur cette réception, et le discours du rt^cipienJaire(dA à Destouclies, Fontenelle elCampistron, et dont i'oitiiograplif seule app.irtenr^it en propre à Richelieu), sa Vie privée \ia\' Kaur [, 18f^

ig MF.M()i!\F!^<;''nl=: Mxin'Trr marais

place dt* l'ahht' Renaiulol. Le Duc a lait un trt''S-beau discours, où il a forl Ion»' le maréchal de Yillars, qui est de l'Acadéuiic, cl, en parlanl du Roi, il a bien parlé du maréchal de Villeroy , son gouverneur, i/abhé Gédouvn 1 . directeur, lui a répondu, et en louant l'abbé Renaudot, honiuie d'un esprit solide , il s'est jeté sur ces gens subtils dont les pensées échappent à l'esprit et sur ces poOles dont les vei*s sont beaux quand ils sont récités, et sur le papier ne se soutiennent plus; voulant par h\ désiirner M. de Fontenélle et M. de la Motte. Lequel M. de la Motte a lu une ode sur la mort de madame Dacier, où il parle encore contre Homère. C'est sa marotte.

Le ciirdinal de Rohan [)art pour Home incessamment. Il V va comme chargé des alïaires de France. On a besoin de quelqu'un là bas qui puisse représenter dignement. L'tmpereur s'y rend le maître. Il a exigé une satisfaction du cardinal Albani, neveu du pape, qui, comme gouverneur de Rome, avoit fait arrêter un courrier de l'Empereur et prendre ses paquets , pour avoir passé par un |>ays suspect de contagion.

Théske, opéra. — On a joué pour la première fois l'opéra de Thésée (2) , qui a été remis au théâtre, et où il s'est trouvé beaucoup de monde. Paris a été étonné d'y voir Law, avec sa femme et ses enfants, et rimpudence angloisc a joué sonjj'U. Il a un lils et une fille, assez bien faits tous deux, et impudents comme leur père. 8a disgrâce est une chose fort équivoque. Le duc de la Force, qui a toute honte bue, étoii avec eux'.

M. Pelleli<T-Desfors, qui faisoil les fonctions de conlrùleur général sans en avoir le titre, est remercié.

(I) 2licolMG«^do>n, Ji^uile, n«' à Orli-an» «mi 1007, auteur d'une Irailnrtioii 4»(j II •tail enlr.' a l'Académie, en 1719, comme successeur du mar-

^u . :....= ure.

(7) TfUiée, poème de Quioaull, musique de Lulli, repr«i«enlé pour la première (ui* deiaul U: Koi, a Saml (.eimain-en-La)»', |.- 1 1 jarivirr l(l7â, par le» du Roijouit<v a ceux de 1 Acad* nue ru}alc de inusi()ue

Il rétoit dès le 7 juin 1720 (vide suprâ). On dit qu'il a demandé à se retirer, mais, quelque mal qu'aillent les affaires publiques, on veut toujours être de quelque chose, et on n'aime pas à voir Lv salle d'audience solitaire.

Le bruit est partout que le Parlement reprendra ses séances à Paris mardi prochain. Cependant on croit qu'il y a encore à tout cela un dessous des cartes bien mêlé , et que Law, qui n'est ni dedans ni dehors, arrête encore bien des mouvements.

Vendredi 13. — Law est toujours à sa place, et à la Banque et à la Compagnie. L'attention générale est tournée sur lui. On a dit que MM. Bernard (Samuel) et Crozat étoient nommés, l'un pour diriger les actions, l'autre pour les comptes en banque. C'étoit le bruit universel de Paris, mais j'ai diné chez M. Bernard, qui m'a dit qu'il n'en avoit point entendu parler, et voilà ce que c'est que les bruils publics.

On m'a assuré qu'il y avoit des maladies malignes autour de la ville de Bourges; qu'on avoit été obligé de fermer la ville, et que l'on avoit envoyé à M. le cardinal de Gèvres, archevêque de Bourges, qui est à Paris, un projet de mandement, pour ordonner des prières publiques. Il n'y a que 60 lieues de Bourges à Paris; cela seroit affreux si ce mal alloit gagner.

RoMi-:. — Les cardinaux ne se pressent point d'aller à Rome. Il n'y a que le cardinal de Rohan, qui part mardi prochain et qui y va, par ordre de la Cour. Toutes ses belles nièces, qui n'aiment point l'Italie, sont fâchées de le voir partir, et il y aura bien des larmes répandues ce jour-h\. qui seront essuyées bientôt ai>rès.

M. de la Houssaye a déclaré qu'il ne recevroit la commission de contrôleur général qu'à condition «jue La\N sorliroit de Paris, et qu'il la rendroit dès qu'il y ren- Ireroil. On a vu des carrosses de Law et de ses chevaux du côté de la porte Saint-Antoine, qui est le chemin de

ÎO MKM0IKK5 m: MATHIKl MARAIS.

Guermïînde. v\ du côtr delà porte Sainte Honort», qui est le chemin de la Martre, qu'il a eue de M. Desmarest. Il sera parti pour Tua ou pour Tautre.

Évtoi K »»K HoiLOGNK. — La Cour ne s'est pas contentée de la satisfaction faite par les habitants de Quevres à 1 evtVjue de Boulogne. Elle a donné ordre au commissaire des guerres de la ville d'Aire de lui amener douze des principaux habitants, pour lui faire une plus ample satisfaction. Ils lui furent amenés le 2i novembre, par un ofticier de cavalerie, fils de ce commissaire, et la satisfaction se fît, en présence de plusieurs gentilshommes et autres personnes de considération delà ville de Boulogne, et d'une foule de peuple (pii suivoit les députés.

Les comptes courants gagnent 75 pour cent contre les billets de banque.

Grande cérémonie à Constantinople le 10 octobre, pour la circoncision des trois princes, fils du Grand Seigneur.

itatchs troupes d'Espagne, qui est gravé eten françois.

87 rég. d'inf., qui font 158 bataill. de 500 h. a la tète desquels sont les gard. esp. et les gard. ^•all 79,000

2i rég. cav. à la tête desq. sont les gardes du corps, 98 esc, 120 h. chacun 11,760

21 rég. drag., 80 esc, 150 h 12,000

Total. . . . 102,760

PROTKSTATION. — Protestation signée contre le mandement du cardinal par plusieurs ecclésiastiques , curés el réguliers. Le cardinal a dit ati suj)érieur d'une grande communauté qu'il espéroit, par son mandement, donner la paix à iKglise. ÏAi su[)érieur lui a ré[K)ndu qu'il ne feroil ïjue eauserdu trouble et augmenter la division. Le cardinal répliqua : « Ayez soin qu'il n'y ait point d'in- Irigue dans votre maison etqu'on y demeure en paix. » — «C es! une affaire de conscience, reprit le supérieur, je n'ai garde de gêner la cr>nscience de personne, je laisserai à

chacun la liberté de la consulter et de faire ce qu'elle lui dictera. Le cardinal ne dit plus rien. Le prieur des Carmes en fit autant.

Le coureur du cardinal, qui portoit son mandement aux curés, a été mal reçu partout, hors par le curé de Saint-Nicolas du Chardonnet 11), qui, le voyant fatigué, le fit boire et manger. « Vous me rendez la vie, lui dit-il, j'ai couru tout Paris, pas un ne m'a offert un verre d'eau. » Cecuré, qui vouloit publier le mandement, a reçu défense de le faire.

La Faculté de théologie de Nantes a reçu ordre de recevoir les docteurs qu'elle avoit exclus au sujet de la Constitution. Elle les a reçus le 1^' novembre, mais à condition de satisfaction pour les discours injurieux qu'ils ont tenus. M. Forré, exilé, est de retour.

Le Régent paroit publiquement au spectacle avec la duchesse de Fallari et madame de Vauvray , qui la mène pendant qu'il est en parliculier avec madame de Parabère. Ce sont des maîtresses alternatives et concurrentes.

Ce jour après diner, les directeurs de la Compagnie des Indes ayant été faire compliment à M. de la Houssaye sur sa place, il leur a dit que le premier qui auroit communication avec Law, directement ou indirectement, il le feroit mettre dans un cul de basse fosse. Il a paru fort irrité contre cette Compagnie, et ne veut pas qu'il soit dit que tout ceci soit un jeu , ou au moins qu'il en soit de part.

Samedi li. — Law parti. — Law a pris son parti de sortir de Paris sur les trois heures et n'a pas voulu attendrequ'onl enaitmisdehors. Il s estretiréàGuermande, à six ou cinq lieues de Paris, avec son fils et le raylord Mar. Sa femme et sa fille doivent partir démain. C'est

(1) Eglise du treizième siècle, roédifiée en 1661 dans la nie des Hernardins, au coin de la rue Saint-Victor. Elle <ioil son nom an fief du C/inn/oniiff, sur le territoire duquel eUt fut construite.

U MtMOmVS DV MATUlKll MAKAlS.

comme M la peste avoit cessé dans Paris, mais les restes en dureront encore louf^tomps. On dit qu'il ne doit rester que trois joui-s ;\ (aienn.mdt' , et que de là il doit aller à Eftiat avec escorte.

J ai appris (jue ce matin il a eu une dernière audience du néjrent, à (pii il avoit écrit la veille une lettre de six paires. M. de la lloossaye s'y est trouvé, et a répondu vivement à toutes ses méchantes raisons. Le lier Écossois f^l sorti impudemment, et a dit cpi'on n'avoit point voulu suivre son Système, et qu'il avoit donné de bons avis dont on ne s'étoit f)as servi, que Ton s'en trouveroit mal, et M. le Kétrent tout le premier. H a dit cela (juand il a été dehors.

Mariage ilu duc de Lorge avec M"*" de Mesmes fait à Pontoise. Le contrat de mariage signé par tous les présidents et conseillersdu Parlement, que le premier Président a dit être ses frères, ce qui ne s'est jamais vu.

Le Kégent a dit à M. Deslors, en le remerciant, qu'il éloit content de son travail et de sa probité , mais que M. le Duc avoit exigé qu'on ne se servit plus de lui.

On a des nouvelles que le Pape se porte mieux et son médecin (Lancisi, (jui est un des plus habiles médecins du monde , a dit (ju'il le feroit vivre encore six ans, Fii.dgré toutes fes incommodités.

Le chevalier de Comminges (1; a reçu une lettre de Rome, où on lui manjue : « Vous serez bien étonné d'apprendre qu'on attend ici le cardinal Alberoni , (|ui est chargé des affaires dE.s pagne avec 2,000 écus d'appointements par mois. Cela seroitbien surprenant, mais, apparemment, on croyoit le Pape mort (juand cette commission lui a été donnée.

ArRKT I»K lÎBKTACiXK CAS5K 81 H lA CIHK KT I.K SI IF.

Le Pal kinent de Bretagne a donné arrêt, le 21 août, qui

M; V. Mir ce cheviilirr de Conmiinge», Sâint-Siinon, VI, :t«3.

lait défense à tous étrangers, qui n'ont pas leur domicile en Bretagne, d'enlever de la province du beurre , du suif et de la cire. Cet arrêt a été cassé par un arrêt du 30 novembre (publié aujourd'hui), parce qu'il donne atteinte à la liberté du commerce qui doit être entre la Bretagne et les autres provinces de France, «S. M. voulant maintenir dans toute son étendue cette liberté si nécessaire, qui procure à ses sujets de différentes provinces le salutaire avantage de se communiquer mutuellement, soit en denrées ou marchandises , les choses nécessaires tant à leur subsistance qu'à leurs autres besoins, et considérant que la correspondance réciproque entre ses sujets recevroit une atteinte que les règles et le bon ordre ne peuvent permettre, cet arrêt subsistant... » Voilà le style de M. le Chancelier.

Dimanche 15, lundi 16. — En entrant au conseil de Régence le 15, plusieurs officiers se sont présentés, qui ont dit au Régent qu'ils n'avoient point d'argent pour payer les 150 livres pour leur action. Il leur a dit qu'on les retiendroit sur les appointements de ceux qui ne pourroient payer. On a parlé de réforme des troupes, mais on n'en 'parle plus, et on paye la remonte de la cavalerie.

Dans ce conseil , il a été rendu un arrêt qui proroge jusqu'au 31 décembre inclusivement le délai pour payer les 150 livres par action, et permet aux directeurs de recevoir des actionnaires le louis d'argent sur le pied de 3 livres et le louis d'or de la nouvelle fal)rication sur le pied de 5V livres. Cet arrêt a été publié le lundi 16, et il est rendu : « Ouï le rapport du sieur Pelletier de la Houssaye, conseiller d'État ordinaire et au conseil de Régence pour les finances, contrôleur général des finances. » C'est le premier arrêt de son ministère. On suit les errements de la Compagnie des Indes , et on n'a garde de quitter une voie qui apporte de l'argent.

Law. — Il y a encore deux partis pour La\v. Les uns

34 MF.MOIRKS m. MMllIKr MAKAlS

disent i|iril est ponlu sans ressources, d'autres qu il ne l'est pas et qu'il doit revenir. Ce qui étonne , c'est (ju^aprèsque Ton a n u un Chancelier rester ;\ Frênes dans un exil de deux ans et denii, «t le Parlement soult'rir une double translation en >i\ mois, on voie un étran^a»r, qui est la ruine de la France, sortir tran(|uillernent et volontairement de Paris, et se choisir, en (luclcjne sorte, le lieu de sa retrait»', pour se mellro à l'abri de toutes recherches. Madame de Prie a diné avec lui le jour de son départ; elle y perd plus cpiune autre, car on dit qu'il lui donnoil vimrt mille écus pour avoir sa protection. Depuis un an, il a donné plus de cent millions à ceux qui l'ont soutenu dans son poste. Le Garde des sceaux, dont il s'étoit fait un ennemi, lui a uardé rancune, et s'est joint avec l'archevêque de Camhray, qui ne s'en cache point, et qui dit (ju'il n'y a point assez de supplices pour punir un tel coupable. Il a donné un état des alTaires, qui s'est trouvé faux dans pres(|ues toutes ses parties.

On dit aujourd'hui qu'il ne doit rester que trois jours à Guermande, et que de là, il a l'ordre d'aller à Effiat, où il sera L'^ardé. Mais celte garde est fort écjuivoque , car elle peut être aussi bien pour lui (pie contre. Sa fille eut encore l'impudence de paroitre dimanche 15 à l'Opéra, mais un garde du corps du Koi donna un soufflet à son petit nègre, et un coup de pied dans le cul à la petite fille, qui voulutse récrier; mais sa gouvernante, plus sage, lui dit qu'elle avoit été pressée par la foule.

Les PAris sont mandés : ce sont les gens du Garde des sceaux. Ils ont dit qu'il leur falloit un ordre; on le leur a envoyé et ih» vont revenir, hors un des quatre, qui, pour être trop grand , car ils ont la taille gigantesque, s'est cassé la léte A une porte.

Samckl IJkknaki). — Le contrôleur général a mandé Samuel Bernard, rpii a dit qu'il ne vouloir ni cpialité ni inlérêl dans laOjuipagnie; qu'il donneroit son temps, tes avis et ses mémoires pour examiner l'état des choses,

DÉCKMBRE 1720. 2.S

mais qu'il ne feroit rien pour se déshonorer ni se ruiner.

Mardi 17. — Le Parlement rappelé de Pontoise. — Enfin l'exil du Parlement est fini, et Law, chassé, ramène les beauxjours de cette Compagnie^ qui ne vouloit pas rentrer dans Paris tant qu'il y seroit. Ce matin, on a enregistré à Pontoise une déclaration du Roi qui ordonne ce retour. Aussitôt, tous les MM. ont quitté et sont revenus , et l'on doit rentrer vendredi au Palais. On ne peut guère douter qu'on ne leur ait sacrifié Law, puisque l'époque de leur retour et de son exclusion est la même. Cette énigme politique s'expliquera par la suite des temps. Il est toujours glorieux à la Compagnie de ne plus rencontrer à Paris ce malheureux étranger qui, ne connoissant ni les lois, ni les ordres de la France, disoil qu'il falloit chasser cette vermine de Parlement, et que les Roisétoient maîtres de décréer ce qu'ils avoient créé. Notis verrons bient(!)t la déclaration et les motifs.

M""^ Dacier. — M. Burette il , médecin de la faculté de Paris, académicien de l'Académie des sciences et des belles-lettres, et qui travaille au Journal des savants, m'a envoyé un Kloge qu'il a fait de M"' Dacier. 11 est trèsbeau et très-circonstancié; il rapporte les ouvrages qu'elle a faits et leurs éditions différentes, et laisse une idée bien singulière d'une femme qui a tant travaillé pendant toute sa vie (née en 1651, morte le 17 août 1720, âgée de soixante huit ans), qui joignait les grâces du style aux sciences , et qui a fini par les traductions d(; V Iliade et de ï Odyssée d'Homère (2). Il y a un bel endroit d'une lettre de la reine de Suède à cette sa,vante : « Par quel charme secret, dit elle , avez- vous su accorder les

(1) Piern'-Jean Hiiielto, médecin et aniiqiiaire Iraiiçais, île l'Acadcmio des inscriptions et belles- lettres, né a Paris le '}.[ novembre l»"6:i, inoil le li» mai 1747. L'Éloge de M"'e Dacier fut |iijl)lié en 1721, in-V. Voir sur Burette, auqiM-l la science de l'antiquité doit beaucoup, son /itoge par Fréret, Mémoires de l'Académie des uiscnpduns, etc. ,Wl, 217.

(2) V. sur M"'*' Uacier, Saint-Simon, XI, .Ul.

96 MF.MOIRKS DK MATHIF.U MARAIS.

Muses avec les GrAces? Si vous pouviez attirer la fortune k cette alliance, ce seroit un assortiment presque sans exemple, et autpiel on iw pourroitrien souhaiter de plus, û ce n'est la connoissance de la vérité, qui ne peut être lonîrtemps cachée à une lille qui peut s'entretenir avec les siints auteurs dansleurs langues naturelles. )> — Rien n'est plus noi)lf et plussenséque ce conipliniont. VÈloge ne iwrle point du mariage du libraire et des autres aventures dont il est parlé ci-dessus; aussi un éloge est un éloge , mais un journal historique demande plus de sincérité, et puis la Fontaine a fort bien dit :

Tout fnisoiirde journaux doit tribut au malin.

Cet Eloiji' huit par cpielques vers d'une élégie latine de l'abbé Fraguier '^2) sur la mort de notre savante; pièce achevée en son genre et digne du siècl e d'Auguste :

Vioino opreditur saitu prœ stantis Homeri

Placalo spccies a^qui paranda .lovi

Dexlra gerit sceptrum, velantur tempora iauro

Tota subit vatum pone scruta' coliors :

Ha?c est Anna lattorum, incpiit tutela nieorum

Anna cc)im»'s faina subsidiuuifjuc meaî

Quod vici regnoque tuum est nec Zoïlus ultra

Nomen ab opprolirio quarci inano nieo.

Tu vcri custos , roder tu régula mentis

Va sapit inf^rnio (^lallia tota tuo, etc.

M. dp l'i Monnoye a lait ré[)itapbe suivante :

C/)njuge Dacerio, Tanaipiillo digna parente

Hîf, par aml)obus qiia' fuit Vnna jacet.

Htpc et Aristophancin duriiil laliiunque Menandrum .

Hxcel MoMiiden galliea verl)a ioqui,

liane igilur merilis pro talihus Atlica posthar

lïnnr L.'itia . liane sempcr (iallica Musa eauant.

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