Pertinety ad wultiludinem lerjes condere vel ad eu m
qui curam habel muUiludlnh,
Ad illum perlinet (anlum leges condere qui vim habel co-
(/cmliadobservalionem lefjii^ ;alquesola mulliludo^ vel prln-
reps, vel senalus nomine nnitliludinis vim habel coqendi mi
obsertatiouem legis. Ergo, elc.
'\. Poleslas quam reges habenl eadnus in ipsis reperilur
qualenuti po])ulis a l)en iwnirdiale rnnrosfia ml pl a populi^
régi bus ipsia data.
30S MI^IMOIRKS DK MATIllFr MARAIS
Sur ci'> iMopusilioKs, il dcclaronuo les lois, cl luiinmémont los rois lie Fraïue reçoivent de Dieu, iininédiate, Jour autorité souveraine, et qu'ils ne la tiennent pointdes peuples ni d'aueune [)uissance spirituelle ou temporelle, que dans les monarchies c'est aux rois seuls qu'il appartient de faire des lois, etc. 11 y ;i aussi des propositions ivtractées sur le Pape. Il reconnoit que la primauté d'iionneuret de juridiction lui appartient de droit divin, et (pi'il tient immédiatement de Dieu l'autorité et toute la puissance qui appartient de droit à sa primauté, et que les évoques tiennent leur puissance immédiatement de Jésus-Christ. Il avoit di( : A Christo medialè et ab Ecclcsia immédiate. Cela a été signé à Paris, le 30 avril 1722, A la suite de la cour, et a été imprimé de V Imprimerie royale et publié dans les rues au commencement de ce mois.
Investitire de Naples. — On a su de Rome que, le 0 juin, le l\ipe a accordé l'investiture du royaume de Naples à rKnq)ereur, quia envoyé sa procuration au cardinal d'Althann pour faire le serment ordinaire. On a tenu pour cela une assemblée des cardinaux au palais du Quirinal. llss'y trouvèrent 27, et la Bulle fut signée par les cardinaux del Ciudice, Paulucci, Barberini, Sacripante, Gor- .sini, Cualtieri, Vallemani, Fabroni, Londodari, Corradini, Tolomeo.Scotti, Nicolas Spinola, Spinolade Saint-Agnès, Pereira, d'Althann, Salerno, Cinfuegos, Conti, Pami)liili, OttolKjni , Imperiali, Alticori, Annibal Albani, Oriyhi, Oli\ieri, Alexandn? Albani et par le C Bianera, sccrétaiic du ronsistoire. Ixî Pape a refusé au cardinal (rAltliann , qui est vice-roi de Naples, les nièmes honneuis (jui lurent mcordésau duc de.Medina, premier vice-roi de Naples, ela résiilu de ne rien changer au cérémonial observé pour les ('«irdinaux /ripata et d'Aragon, lorsqu'ils furent nommés À celle charge. Celte investiture a fort étonné les Espagnols ; ils onl protesté, mais l'empereur est saisi et resta, p\ c'pM pour longtemps.
Don Carlos, fils du roi d'Espagne, a conquis le royaume de Naples en 173i et en est roi depuis sa conquête en Sicile, en 1735.
Constitution. — On écrit toujours sur la Constitution ; il paroit une grande lettre d'un théologien sur raccommodement (159 pages in-V"), où on établit avec beaucoup de hardiesse qu'il est indispensable à ceux qui ont appelé de renouveler leur appel, et où l'auteur compare la déclaration du Koi sur raccommodement c\ VEclfièse et au (ype^ continuant cette comparaison avec des termes très-forts et même séditieux; il dit dans la préface que Ton ne peut que gémir de la surprise que l'on a faite à la religion de S. iM. pour mettre l'auguste ouaille en contradiction avec son pasteur. C'est que ladéclaration porte que la bulle est généralement reçue dans l'Église^ et le cardinal deNoailles, awàni T accommodement , adémontréquela prétendue acceptation universelle n'est pas vraie. Il ya plusieurs autres comparaisons dans cet écrit où on ne feint pas de dire que la Constitution est hérétique.
M. DE SoissoNS. — Il paroit encore une autre grande lettre d'un théologien contre M. de Soissons, c'est la 2*= lettre : il en a paru une première sur la fin de 1729. On y discute le 3* Avertissement de ce prélat; on continue de le traiter comme il mérite et de montrer à toute la terre sessophismes, ses tours captieux ei sa fausse éloquence. M. Pélispied et ce théologien sont venus au monde pour la gloire de la vérité et pour la honte de cet évèque.
Samedi V. — Vkhsailles. — M'"'^de Lanjamet est allée à Versailles, où elle a été très-bien reçue. Le Koi lui dit([u'il avoit sa lettre dans sa poche et (ju'il la savoit par C(nur. Elle a su que cette lettre avoit été lue à la leçon du Koi et chez le maréchal gouverneur, et trouvée fort jolie. 11 y en a des copies, et de celles du Koi, entre les mains de plusieurs personnes à qui le Koi l'a donné lui-même, et il lui dit : Ecrivez-moi toujours^ je vous répondrai (nujours.
Sh» MKMOIIU.S 1)K MATIIIKII MAUAIS.
Lk lUu. — Lo Uui se porte très-l)ien : il monte, il descend, il t'oiirt, il se proniùne ot prend de la euuleur et de la force. ,
Cardinal Dibois. — Le cardinal Dubois est plus maître que jamais : il a eu un démêlé avec le cardinal deUolian, qui hiiadit(pril étoit un ingrat. Le Dubois lui a répondu ijuM ne lui devoit rien, et qu'à Home il ne s'étoit rien tait sur les instances du Uoi et des autres princes deTEurope. Le Uétrent a voulu les raccommoder, le cardinal Dubois a dit cpf il aimoit mieux jeter sa calotte dans le feu. Depuis ce temps, le cardinal, de Hohan s'est rangé du côté de .M. le Duc, qui se fortifie contre l'autorité naissante du ministre et du cardinal Dubois.
Duc Dr Maink. — Le duc du Maine retourne à la cour voir le Kéirent et non pas le Uoi. On dit que le duc de Chartres a inspiré cette réconciliation k son père, parce que la maison de Bourbon pourra bien se déclarer à la majorité contre celle d'Orléans, et qu'en rétablissant le duc du .Maine et ses enfants pendant la minorité, ils en auront l'obligation au Kégent et leur famille se joindra à la sienne.
Visa. — L'opération du visa est à sa lin, les commissaires liquident : il yenad'honn«Hesgensquin'écorchent pas leurs compatriotes, il y en a d'autres qui les égorgent comme des barbares, et comme s'il leur en revenait beaucoup. Frerune dWmiral, mallre des rcijuétes, tils d'un partis<in, est un de ces tyrans. Les Pairs ou leurs comniis rcDVoyent encore les liquidations, avant que d'être registrées et ont la hardiesse de les réformer. Quand les notaires vont pour retirer les contrats réduits, on veut que le pauvre réduit fournisse en papier de liquidation le supplément pour avoir son contrat entier. Et il faut qu'après avoir perdu son bien, il vende lepeu(piilui reste pour avoir de ce j)api«T sur la place. C'est iine invention affreuse pour achever la ruine du peuj)le et des bonnes maisons, qui ««"i!! .m d«'<"wnMif
JLILLET i7U«. 311
L'action liquidée est à 850 livres sur la place^ et il y en a telle qui a coûté 15,000 livres.
Arouet batonné. — Le poëte Arouët, à présent Voltaire, a été arrêté dans sa chaise au pont de Sèvres par un officier (I), qui Ta bien bàtonné et Ta marqué au visage. Quelques jours auparavant, Arouët, trouvant cet officier à Versailles, avait dit assez haut pour qu'il Tentendit que c'étoit un malhonnête homme et un espion. L'officier lui dit qu'il s'en repentiroit et lui a tenu parole en le payant à coups de bâton. On ditqu'Arouët, qui est hardi, auroit dit à M. le Blanc, ministre de la guerre, chez qui il avoit vu cet officier à table : Je sa vois bien qu'on payoit les espions, mais je ne savois pas encore que leur récompense étoit de manger à la table du ministre. (Il est vrai qu'il y a bien des espions partout : il m'est arrivé à moi, étant aux Tuileries sur un banc, que M. le comte de Matton , de la maison de la Rochefoucault, qui est un jeune seigneur fort aimable, m'avertit en passant de ne point parler, parce qu'il y avoit à côté de moi un homme connu pour espion, ce dontje le remerciai fort. Tous les gens du banc
(I) Nous écrirons un jointe curieux chapitre «l'histoire littéraire, ijui s'appelle : Les coups de bdlon de Voltaire. Le plus indépendant des écrivains au dix-huiliènie siècle devait être le plus souvent victime de ce (pron appelle Cdrjp de bois. Je ne vois j^iière, dans tout le siècle, (pie Roy <|ni l'ait été autant que lui. Housseau, lui, n'a essuyé dans sa vie qu'une seule volée de bois vert, distribuée par La Paye. Quant à Voltaire, c'est tour à tour iJeaure^ard, le clievalier de Rolian, Nadal, Poisson tils, qui .<e sont vengfs de son esprit à coups de canne. La [)reniière de ces allaires, celle de lieaurej^ard, est très- peu connue. .Marais est le seul chroniqueur qui en raconte les détails, qu'on ne trouve ni dans Harhier, ni ailleurs. Le récit complet et commenté de cette scène déborde les limites d'une noie. Nous la décrirons en son lieu, d'après Marais, le Hecueil Maurepas, les Hecueils impiimés et manuscrits du Hégivient de la Calotte, Hoisjourdain, Beuchot et Delort {détention des philosophes), nos autorités sur ce fait, (pie l'auteur du petit ouvrai;e intitulé Des coups de hdton en littérature, M. Victor rournel, n'a pas connu. Lue chose à remar^pier tout de suite, c'est la parfaite indifférence de Marais pour ces mi-saventiires encore haliitiielles de son lein[ts. !V.\r{»enson, à propos de l'alfaire du chevalier de Holian, n'est pas plus pitoyable.
.112 MKMOIHKS DK MATBIKU MAIUIS
se levèrent et laissèrent l'espion toutseul). ArouOttlit nue cet oflîeier est c.ehii (jui Ta dénoncé il y a deux ou trois ans et qui Ta fait mettre î\ la Bastille. J'ai su que cet ol'lieier ayant dit son dessein à M. Ir Blanc, lequel dessein allait nièniejusijuW assommer le poOte, M. Leblanc lui dit : u Fais donc en sorte qu'on n'en voye rien. »
lôJuillel. — Brkfs dv pape au Roi. — On a publié dans Paris deu\ brefs latins do Notre Saint-Père Innocent Mil au Koi et au Régent, du 2V mars 17*22, imprimés A rhnprimerie royale. 11 n'y a ni traduction iramoise, ni lettres patentes, ni enregistrement au Parlement, ce qui est bien nouveau en France. Mais on s'est mis au-dessus des règles. Ces brefs sont écrits au sujet de la Constitution, dont le Pape prend le parti bautement, et aussi delà lettre écrite par les sept évoques, quia déjà été condamnée. Le Régent y est bÎQU loué ; on dit au Roi que le Sainl-Siége a beaucoup ;\ attendre de lui. a F*nefectum cum ad regiam imdolem tuam pia et prœclara instituti ac dileclissimi, in Cbristi) filii nosiri Pliilippi Aurèlianensium Ducis Calliarum rectoris ])rudentia singularis et eximium Calholicv iieliyiofiis slmlium dccessevii. » On y loue beaucoup aussi \v. cardinal de Roban. uCujustidemcandoreinacprudentiam cum sacra eruditione conjunctam in Domino commendaverunt.» Le but deccsbrefsestd'exciter leRégentet bîRoi à se joindre au Pape contre les sept évèques et contre tous les appelants et refusjints d'accepter. InleUUjh paslorihus httjusmodi oves Chrisli pcrdendas polim quam pascendas uilerius permulû non jiossc. On fait souvenir le lioi des dernières paroles de Louis XIV : rum supremis votis, morte iniminenlr, rrfjnumy tihi Iradilurus, unilateni luendain cl oholenda /{elifjieris dissidia comniendavit. Voilà le triompbcî entier des jésuites. I^foi, la candeur et la prudence du cardinal de Roliun ont bien surpris le monde, (pii sait bien le contraire : il croyoit à son retour tout gouverner, mais il a trouvé plus fin que lui. Cf n'est pas sans raison qu^)n adonné ce» brefs au publie. Il va (piebju*' préparation
JUILLET ITÎiîi 313
de procédure contre les évêques que nous verrons en son temp^.
7, S, iO juillet et autres jours suivants. — Le Parlement est toujours occupé à juger les complices de Cartouche, qui augmentent de jour en jour.
Arrêt du 7 juillet contre Louis Lamy, serrurier, qui faisoit les fausses clés, rompu vit".
Arrêt du 8, contre Ajitoine Bécard, ditPerrault,, rompu vit*.
Arrêt du 9, contre Adrien Chevalier, pâtissier, id.
Du même jour, contre Jacques Chopin, id.
Du dit jour, contre Jean Riffaut. Pendu.
Du dit jour, contre Jean Baptiste le Maître. Rompu.
Du 10 juillet, contre Antoinette Néron, concul3ine de Cartouche, convaincue d'être anguilleuse, c'est-à-dire de voler chezles marchands sous son tablier et d'avoir assisté à plusieurs meurtres. Trois arrêts de mort du 't- juillet, contre Nicolas Courtin, menuisier, CharlesLeclerc, joueur de violonauxguinguettes. et Je.ni-Baptiste Cyhourt, valet dans la banque.
15 juillet, contre René Didier Dutans ou Dutemps; 1 G juillet, arrêt de mort contre le fameux Pelissier, qu'on appeloitle marquis de Pelissier ou le mar(|uis de Boislêgue, condamné à Bordeaux aux galères, d'où il s'est sauvé en 1097, il a été pendu ; il avoit volé la diligence de Lyon et des ponsoucelles de papier. Jamais il n'a voulu se confesser et a demandé un capucin au lieu de docteur de Sorbonne : on lui a refusé. Les capucins leur donnent l'absolution sans révéler les complices, ce que les docteurs ne font pas, et c'est ainsi que tous ces gens qui ne disent rien à la question parlent quand ils voyent que l'absolution leur sera donnée. Du 17 juillet, contre un garçon boucher, Pierre Vérel, dit Loyson.
Du 21, contre François Prémarteau, soldat, loiivaincu d'avoir fait suer les voleurs (c'est-à-dire de les avoir forc»'s à lui donner p.iit de h'urs vols dans le Louvre et
SI4 MKMOIUKS DK MATHIKH MARAIS
les Tuileries) et d'avoir jeté des hoinines par-dessus les jH>nts dans la rivière.
l>ii -il , contre le Moyne, cocher de place, qui conduisoit tous ces voleurs aux i)roinenades des environs de Paris.
Du 21 , contre Jaciiues Belleville, garçon serrurier; il est cuii|xil)le d'un vol auxGohelins.
Du '22, contre Cyr Cochois, qui étoit archer du guet, qui |)rolitoit des ordres pour avertir Cartouche et qui s'enlendoit avec lui ; qui, après avoir été chassé du guet, ;i voit pris l'habit d'un des officiers et un hMon de commandant et soulenoit les voleurs, partageoit les vols, avoit le shec, c'est-à-dire sa part. Ce coquin avoit été aux galères en Provence, avant que d'être archer du guet, et voilà les gens qui nous gardent. Il est mort comme un saint et un m.jrtyr.
Du 23 juillet, contre Cermain Savard, cabarelier, à la Haute-Borne qui retiroit Cartouche, et avoit un mot du guet tous les jours. Celui du jour où Cartouche tut arrêté ctoit : Y a-l-ll quatre femmes f Du dit jour 23, contre Marie- Jeanne Uoger, dite la grande Jeanneton. Cette créature étoit à l'Hôpital depuis quelque temps. On l'en a tirée pour lui faire son procès. Quand elle a été à la potence, elle a accusé plusieurs personnes, on l'a menée à l'Hôtel de ville où elle a passé la nuit et le jour suivant, et n'a été pendue que le 2V au soir. A la question, elle n'a voit rien dit. On a arrêté toute sorte de gens sur sa dénon(iatio»>. Deux homm»,-s (>înt-Suisses, un caharetier nommé Liardau et Uoulle frères, gens riches (jue la nation suisse a réclamés et qu'on u menés au For-l'Évèque après avoir été à la Conciergerie. H y a, dit-on, plus de cinquante personnes arrêtées et entre autres trois sœurs nommées les demoiselles de Saint-Vigor, tilles galantes, chez (pii il se faisoit des vol», après l'amour fini, etqui wmt filles d'un Saint-Vigor, qui a été professeur de philosophie au collège d<; la Marche. Quand on voidut les prendre, l'e.xempt se méprit et amena à l'Hôtel (Ut vilh* un** compagnie de dames qui
jouait à quadrille, et qui furent bien surpi'ises de voir la grande Jcanneton. qui ne les connut point, ni elles non plus. C'est de quoi mourir.
Profanation. — Notre-Dame. — Au milieu de ces exécutions on a su que des coquins sont entrés dans une chapelle de l'église Notre-Dame (qui est de Saint-Thomas de Cantorbéry), qu'ils ont barbouillé l'autel, le crucifix et les nappes de la plus fine ordure, et déchiré le missel avec ce billet qu'ils ont laissé : Plus on en exécutera^ plus il y en aura. Le cardinal de Noailles a l'ait une grande réparation de ce scandale, dont on ne peut découvrir les auteurs. On a aussi mis un billet à la porte d'un des présidents de la Tournelle, qui le menace de le brûler lui et sa maison si les exécutions continuent. Mais cela n'empêchera pas le cours de la justice.
Cartouche et complices. — Du 29 juillet, deux arrêts de mort contre Etienne Poulain, qui faisoit le métier de mouche et averlissoit les voleurs, et en recevoit de l'argent, et contre Jacques Tanton du Chàteaufort, chandelier, qui, depuis 1697, avoit été d'année en année emprisonné pour vols au Chàtelet. Et voilà comme le Chàtelet jugeoit les voleurs, il les prenoit et les laissoil aller. Si cette affaire n'étoit parvenue au Parlement par un hasard singulier, nous étions dans Paris comme dans un bois, au milieu des meurtriers et des voleurs. On admire le zèle et la science du rapporteur (1), qui découvre les choses les plus cachées, qui ne se décourage point et qui, au contraire, prend de la force dans cette fonction qu'on prétend qui ne lui déplaît point, non plus qu'à M. Aubry, son commissaire, qui travaille avec lui, et à un M. de Vienne, conseiller, qui, de lui-même, se porte à cette besogne comme à une chose bien agréable. La Régence a donné mille écus
(Ij M Arnaud de Hou» sse. Cet lioniine si if-W a rté depuis reconnu pour un inallionnète lionime, et il a él»* déshonoré dans le public, (yote posfcrieure de Marais ).
S16 MK.MOIKKS DV. MATHlRr MARAIS
A chacun tics «rreflicrs criminels et V.OOO liv. pour les exempts cl autres cniployt^s à cherchci' cl ;» arnMcr les |>orsonnes (Icnoncces. M. de Kochc a eu mi piV'MMit de i,{H){) »'cus. Le publie devroil une statue à toute la Tourncllc. tpii purge Paris de tous ces fripons; on n'entend crier que des Anét.'^(in Parlement, et cela vaut mieux que cesorrt^ts de li(]uidation où le monde est ruiné. La (ircve punit les voleurs, mais à ThiMel de la Hanquc, on fait d'autres volsqui nesontpas punis, (luoicpu? plusessentiels. Le mot delà Conciergerie est de dire, (piand un voleur est expédié : // est liquidé. On va Hijaidcr celui-ci, on va liquider celui-là, et on a su que dans la fonM de Bond y, il y a des voleurs qui ne vous prennent (pi'une partie de votre l>ourse et vous donnent un petit billet qu'ils appellent f/c liquidation pour montrer ;\ d'autres voleurs, si on en rencontre, lesquels nouveaux voleurs prennent encore leur part, du di.rièwe oj/ du vinfilième, comme on fait à la Banque, soit sur les résultats et les décisions de tous les bureaux particuliers du Visa et de la commission générale, imprimés. On ne peut lire sans horreur tous ces jugements barbares, et on neseroit pas jugé ainsi parles cartouchiens mi^me. Ce sera un beau registre d'arrêts à garder que ces décisions souveraines, où toute la nation fi'ancois<^ a été jugée et dépouillée de son bien.
Versailles. — On sait peu de nouvelles de Versailles, sinon cpi'on y joue un jeu affreux, qu'on y fait l'amour partout, (pie le cardinal Dubois augmente tous les jours en crédit, cpie le cardinal de Koliaii tond)e, qu<^ le K» L'eut n'aime plus Paris, que le ministre de la gm-rre M. Leblanc a pensé »*;tre chassé, parce <|u'il veut toujrHirs g»ïrder pour sa maîtresse et avoir avec lui M'"" de IMéneuf, m^re de M"*' de Prie, qui est brouillée avec elle depuis longtemps; que M"*' de Prie, (pii est i\ M. le Duc, dont elle fait ce «ju'elle veut et f|ui ne |)eut souffrir sa m»Tc, a voulu en même temps faire périr ramante et l'amant, qu'à la tin tout s'est raccommodé par la réconci-
liation de la inère et de la lille, et que celte affaire, qui
n'est qu'une déljauche et la querelle de deuxp a occupé
plus la cour que le congrès de Cambray. Cela ivest pas nouveau dans les cours. Voyez l'article de Padilla dans Bayle, il en dit de bonnes sur les mailresses. Celles-ci sont restées avec leurs galants jusqu'à ce qu'il vienne un autre orage qui les noie tout à fait. M""' d'Avernes est toujours au Régent, qui la mène se promener publiquement aux Tuileries toutes les semaines. On a publié la mort de M'"'' de Parabère, l'ancienne maîtresse, et on l'a même dit au Roi, mais elle est réchappée, et Noce est revenu de son exil en même temps. On lui a permis d'aller à Roran, qui est une terre à lui. Use rapproche, et on croit (jue le Régent ne s'en peut passer.
Philotancs. — Graveurs. — Les graveurs ont été jugés à la Chambre de l'Arsenal , et condamnés à une amende honorable et à trois ans de bannissement, ce qui a été fait pour contenter Rome, qui donne de ])eaux brefs de son côté.
L'arrêt est aussi contre ceux qui vendaient le poëme.
— Deuxième Lettre en rers du Roi à M""' de Lanjamet, depuis M'"' de Brillac.
Le jour de la Madeleine, le Roi a fait écrire encore une lettre en vers à M^'^^de Lanjamet pour son bouquet, et l'a signée avec plusieurs personnes. Elle avoit écrit auparavant une épilre sur une niême rime en ène , et la réponse est sur la même rime. Mais il paroît que le po( te de la cour se lasse, car il dit qu'à la cour les poêles passent pour fous : c'est leur antienne ; et il fait entendre que sans une. autorité .soar('ra//<e, il ne Irouveroit pas un vers de sa veine; les jeux d'es[)rit ne sont pas de longue durée à la Cour.
''21 juillet. — n'Ai VKUGNK. — M""^ la princesse d'Auvergne (en son nom d'Aremberg, veuvedu i*. d Auvergne, colcMiel de la cavalerie de France qui avoit quitté le royaume sous Louis XIVj, étant retirée au Port-Royal, y est tombée ma-
3lft MflMOlRKS DF M VTHIKU MARAIS.
Inde. Avant de l'etwoir les sacrements, elle a lait venir M*'"la princesse de Conti, quiesl dans le niùnie couvent pendant le procès de séparation. Klle lui a dit qu'elle avoit épousé i/^'ry, son écuyer, et que, de plus, elle en avoit trois enfants, deu\i:arçonsetunefillcà (juielle dësiroit donner sa bénédiction en sa présence et celle de toute la communauté. On a envoyé quérir les enfants. Klle leur a donné sa bt-nédiction publiquement, et a ainsi déclaré un vilain mariage d'une princesse avec son domestique. Le lendemain, elle se portoit beaucoup mieux ; on croit que sa maladie n'éluil qu'un jeu pour en venir à cette belle déclaration qui la déshonore , et qui est l'ouvrage de quelque dévot gagné par l'écuyer. La maison d'Auvergne n'y a pas voulu venir : elle est bien fAchée , mais il n'y a plus de remède. Il y a une tille du prince d'Auvergne, mariée depuis peu au prince de Sullzl)acb , dont la sopur vient d'épouser aussi le prince de Piémont. Le prince de SuUzbacb aura des beaux-frères bien différents, l'un fils de l{oi, l'autre fils d'un valet.
Mai.tk. — La nouvelle s'est répandue partout que les Turcs ont investi Malte avec plusieurs vaisseaux, et qu'ils ont même pris des rafraîchissements en Sicile parce qu'ils sont en paix avec eux. Legrand-maitre est mort. Les chevaliers français n'ont pas été cités à cause de la peste de Provence.
Bkmks dk la Vim.k. — Il y a eu deux arrêts, l'un du 27 juin, l'autre du 8 juillet, pour les formalités nécessaires aux contrats liquidés pour mettre les rentiers en état de recevoir leurs arrérages. D'abord, on devoit faire enregisln*r tous b's contrais A la ViHe , mais, par l'arrêt du 8 judlet, cela est réduit à des certilicats i\v, notaire (pii seront enn*i:istrés et joints aux quittances. Ces arrêts déclarent (/u'an /irfmier juillet, on ouvre le payement des premierM six mois de 17-22. Ainsi on est en arrière de six moi««.
— Il v n eu un comliat en Picardie entre des voleurs et la
maréchaussée. On v a envoyé trois bataillons. Les voleurs ont été ou tués ou pris, et leur chef, nommé Saint-Étienne, est des prisonniers.
31 juillet. — DÉBAUCHES DE LA CouR. — On vil en débauche ouverte en Versailles; il n'y a personne à la tète qui puisse contenir les courtisans et les dames. L'exemple manque. Les princes ont des maîtresses publiques, il n'y a plus ni politesse, ni civilité, ni bienséance. Ce n'est plus la cour de ce grand Roi qui d'un regard arrêtait les plus libertins, et on y voit régner tous les vices sous un Roi mineur qui n*a pointencore d'autorité. Le maréchal de Villeroy, son gouverneur, a eu la douleur d'apprendre que la duchesse de Retz, sa petite-lîlle, a eu des galants de tous les étages depuis qu'elle est à Versailles, et il a su par la marquise d'Alincourt, son autre petite-fille, que la première a voulu la perdre et l'engager dans des galanteries. A une dispute qu'elles eurent entre elles en sa présence, celle-ci reprocha k la duchesse qu'elle avoit voulu lui faire prendre des lettres du duc de Richelieu, leur faire faire partie carrée , lui donner des amants, qu'elle n'y avait jamais consenti, mais que pour la duchesse, elle étoit criminelle [elle s'est servie de ce terme), qu'elle avoit voulu séduire le Roi même, qu'elle avoit porté ses mains sur lui, et dans des endroits très-cachés. Sur quoi, le maréchal, entrant en fureur contre la duchesse, il la surle-champ fait sortir de la cour et on l'a renvoyée à Paris. Cette histoire publique en a découvert encore d'autres.
La duchesse de Retz chasse de race ; sa mère, la duchesse de Luxembourg, se donnoità tout le monde, sa fille veut •faire de môme. La marquise d'Alincourt est sage. C'étoit M"' de Roufflcrs, qui a été élevée dans une école de vertu. Mais peut-on espérer qu'à la Cour d'aujourd'hui cela se soutienne?
Il y a débauche aussi des jeunes seigneurs ontn; eux et ils ne s'en cachent point. Le jeune duc de Boufllers,
350 MK.MOIRKS DK MATIllFU MARAIS.
If nuiniuis i\v Uamlnu'c vi \c marquis tl'Aliiicourt t'iant allés ilan^ un bosquet, le duo de Bout'llers voulut violer Kauilunv et n'en put venir à bout. IVAliuiHUirt dit qu'il vouloil prendre la revanehe do son heaufri^re Bouffler^. Hambure ne s'en détendit point et en passa doucement par li\. Voilîi les abominations (jue le vovap» de Vei'sdlles a produites (IK
— I.e Hoi se lève de grand malin, les princes sonlcbez lui devant buil beures, et le Kégenl lui-même ne manque |Kis. Il y a plus de monde à son lever qu'à celui de Louis \IV. A buit beures trois quarts on ne sait plus où aller, et l'oisiveté engendre le vice.
hans ce mois de juillet on a oté quatre pensions sur II* sceau à quatre personnes altacbées au cbancelier : l'abbé Veissière, Tabbé de Saint-Kemy, Terrasson , avocat, et Couët de Montbray. I/abljé Veissière est celui qui a eu le prieuré de Marlou, par arrêt rendu contre l'abbé iencin qui est à Home. On s'est ainsi vengé de l'arrêt, l/abbé de Saint-Uemy a été jésuite, mais il ne l'est plus; Terrasson, avocat, a des frères et parents frères de l'Oraloire, et Couët est frère de l'abbé Couët, conseiller du cvirdinal de Noailles et bien ;ivec le Cbancelier.
Ces pensions ont été données à l'abbé^Brissard, qui est ;i l'évoque de Fréjus, et qu'on a mis, à la place de Veissière, au bureau gracieux de la librairie. A l'abbé de Villiers, autrefois le père de Villiers, qui a fait VArt tic prêcher j vu vers, un poëme de V Amitié i^i quelques livres • n prose, boinme à [irésent très-i\gé, et à deux autres niolinistes nommés Craneolas et Gravelle. M. d'Argenson, quand il fut garde des sceaux, n'avoit rien cbangé à ces |>cnsion% mais le garde des sceaux d'aujourd'bui fait tout
ilnix «Miirusrs allaites (lat)s i;ail*ii'i', «|.in« i . ■/ I rs (lu rrtjininil (Ir la calotte, il'.Kt.
Il %M MM dirr qiie Ir recueil MaiirrpK*, Ici M<^moire« <lr MAiirrpns c>t MoIh- |o«ir)l»in m hM «Im gf>rgfi chaiidr*
ce qu'on veut qu'il fasse , et c'est le moyen de garder les sceaux plus longtemps.
La débauche des hommes et des femmes a éclaté davantage par des lettres de cachet qui ont été données et que le maréchal de Villeroy a demandées contre sa propre famille. M. d'Alincourt, son petit-lils, a été exilé à Joigny, et sa femme doit aller l'y trouver. La duchesse de Retz, renvoyée de la cour, est à Paris malade. Le duc de Boufflers est exilé en Picardie, sa femme s'y retire avec lui, et on lui donne un gouverneur comme à un enfant. Le marquis de Rambure, patient de toutes manières, a été mis à la Bastille ; il est fils de la marquise de Fontenille, grande janséniste, et qui ne sait quel péché mortel son fils a commis. Quand le Roi a demandé pourquoi tous ces exils contre ces jeunes seigneurs, on lui a dit qu'ils avoient arraché des palissades dans les jardins, et à présent on ne donne d'autre nom à ces jeunes seigneurs qu arracheurs de palissades. Ils appellent à la cour la duchesse de Retz, M""*^ de Fiche -le-moij , qui est le nom d'une revendeuse à la toilette, et la marquise d'Alincourt, ils l'appellent la grande Jeannetoiiy parce qu'elle a tout dit , comme cette misérable qui fut exécutée ces jours passés, et qui ne croyoit pas que son nom seroit immortalisé dans l'histoire. Ces deux mots sont de cruelles satires. On dit que quand on va chez le maréchal de Villeroy se faire écrire au sujet de cette disgrâce de sa famille (car c'est l'usage en France de se visiter sur les mauvais comme sur les bons événements), son Suisse demande : Est-ce pour la porte de devant ou pour la porte de derrière? Le maréchal est blAmé de tout le inonde : il a déshonoré sa famille à plaisir, mais il n'a rien ménagé quand il a vu la personnne du Roi en conq)roniis. Lors-
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qn'il parla ;iu P.c:harU'^,son ne\ ru, tle ce dessein, le prince luiilit : .< Mnusieur, oft ne fuit point corriger ses enfants par le Hoi il V a d'autres manières d'en venir à bout , et pour moi je n'en lerois rien. »
La jeunesse de la cour vouloit donner au Koi un goût pour les liommes. Sur quoi la duchesse de la Ferté a dit qu'on remarquoildans l'histoire que la f^ahmierie des rois rouloit, l'un aprrs l'autre, sur les hommes et sur les femmes, qu'Henri 11 et Charles IX aimoient les femmes, el Henri lll hs mignons; Henri IV aimoit les femmes, Louis Mil leshommes, Louis XIV les femmes, et qu'à pressait le lourdes mignons étoit revenu.
V août. — De ce jour, il y a un arrêt qui a un peu consolé les familles qu'on obligeoit de remplir les conirals réduits. 11 ordonne que les commissaires du conseil feront mention de la réduction sur tous les contrats de la ville perpétuelles el viagères et sur les tailles, que les principaux ne subsistent plus que pour la somme à laquelle ils auront été lixés et les arrérages à i)roportion à partir du r' janvier 1722. Que les propriétaires des renies consentiront celle réduction par acte au pied de la minute et de la grosse, que les notaires transcriront ces mentions après la réduction, et en délivreront des certilîcats.
G août. — Saii.lans, Course. — Le marquis de Saillans ayant gagé contre le marquis d'Enlragues qu'il iroit dfux fois de Paris à Chantilly o» de Chantilly à Paris en MU heures, ce (jui fait :U\ lieues, à condition qu'il chanf:«Toit d'autant de chevaux (ju'il voudroit, la course s'est f.iite aujourd'hui matin. Siillansest parti delà porte Sainl- Drnis à six heunrs du matin, à une horloge qu'on y avoit ar.no! té#j dt- l Observatoire. H y étoit revenu avant neuf I . U en est reparti aussitôt et étoit revenu a un peu
plusd'onze heures ri demie. Ainsi, il agagné de beaucoup, et la course a paru ln;s-l)elle, car c'est jdutùt la force d'un hoinnie que celle de» chevaux puisqu'il en a changé tant qu'il lui a plu hur lu route. Le mo/jde disoitque Sail-
l;ins se minproit le cou et faisait une folie; folie ou non, il est arrivé entier et a gagné le pari qui étoitde 12,000 liv. Il a été chez un baigneur se nettoyer, a diné chez M. de iMontboissier, et a paru victorieux à l'Opéra, au grand déplaisir de plusieurs parieurs, qui avoient aussi gagé contre lui. Il devoit épouser M"'' de Coëtmadeu ces jours passés, mais il a manqué de parole, et elle s'est perdue en courant Il épouse M"^ de Maulevrier.
Mandement. — Laon. — On a donné au pujjlic un mandement de Févèque de Laon du 20 juin 1722, qui porle acceptation de la Constitution. Il ne parle pas du tout du corps de doctrine, mais il dit : «Vu les tnandemenls de plus de cent douze évèques de France pour l'acceptation delà Constitution, dûment informés de l'acceptation qu'en ont faite tous les évèques catholiques de toutes les autres nations. »
C'est sur ce fondement que posant l'universalité de l'acceptation, il dit (1 ) a qu'on reconnoit enfin que par les appels au concile, on appelle en effet de r Église à F Église même, qui, quoique dispersée dans toutes les parties du monde, n'enseigne pas avec une autorité moins infaillible toutes les nations par la bouche des évèques unis à leur clief. » La question est donc réduite au fait de l'acceptation universelle et de savoir si les 112 évèques de France ont été dûment informés des acceptations étrangères. Et c'est une grande question. 11 y a dans ce mandement une sorte d'abrégé d'explications de la I>ulle qui sont bien claires, et le pasteur dit que sur les opinions enseignées par les théologiens catholiques, les écoles ont joui ouvertement de toute la liberté établie en France , dans toutes les parties du monde. Autre question de fait. On voit à la
Il L'abbé Ho Sainl-Albin, depuis aicliev<^que <l«' Cambrai. Manlptiienl en 1734, condamné par arrôl »lii 18 (civrior I7.i'> l- l'"' > iMninf !.. xi. l'nucf Ir^itimé. {?sote jmstvueuw dr Mtnois
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tùte de ce iiKiiuleinent les armes de M. de Laon, qui est lils natiuYldeM. le duc d'Orléans, appelé autrefois l'abbé de Saint-Albin. Il porte Técusson de France avec le Lanel)el et la boire à gauclie et un orle autour de l'écu de 1 '2 \\euvs de lis disposées de trois en trois, la couronne ducale et le manteau semé de Heurs de lis. Dès qu'il a paru è Laon» la plupart des appelants a rétracté l'appel et a accepté.
Constitution. — On no linit point d'écrire sur cette matière. M. de Soissons a accusé les appelants d'être scbismatiques, M. l'évéque d'Auxerre a pris leur parti dans une lettre in-V (de 38 pages), 13 novembre 1721, où il développe savamment cette matière du scbisme qui n'avoit point encore été traitée. 11 explique l'unité intérieure et l'unité extérieure de l'Église, il lait voir que les appelants sont toujours dans l'unité intérieure et extérieure, etque le principe de M. de Soissons est faux, hérétique, schismati(|ue, et introduiroit dans l'Eglise et dans l État ranarcbit et les séditions. Cette lettre est fort estimée; il en faut toujours venir à dire que : « les bons avocats sont du côté de cette cause, si la cause n'est pas bonne ; » c'est un mot de feu M. le prince de Condé.
Lundi y 10 août. — Markchal de Villkrov arrêté. — Ce jourd'bui, à trois heures après midi, le Régent a donné une grande marque de son autorité. Il a fait arrêter le maréchal de Villeroy, gouverneurdu Roi, par M. le marquis de la Fare, son capitaine des gardes. 11 y avoit aussi un détachement de Mousc] notaires commandés par >l. d'.Vrtagnan. On a mené à Villoroy ce bon vieillard, quis'éloil fait bien des affaires depuis peu avec le cardinal Duliob, et contre qui toute sa famille éloit indiposée depuis les diTuières lettres de ciichel.
Le matin, le Régent étant entré chez le Roi, dit au ma-réchaldc se retirer parce cpi'il vouloit parler au Roi en secret, {je maréchal le refusa, parla au Régent à une fenêtre et convint d'avoir une explication chez lui l'après-dlnée.
Sur les trois heures^ M. de la Fare Talla chercher, et le conduisant dans l'antichambre lui montra Tordre de Tarrôter. Le maréchal demanda à parler au Roi, on lui dit que cela ne se pou voit pas; il voulut parler au Régent; on le lui promit. Mais il fut mené par une grille dans le jardin, où un carrosse l'attendoit et l'emmena accompagné de M. d'Artagnan et des Mousquetaires qui l'avoient pris dans l'antichambre. Tout cela a été conduit très-secrètement; la querelle du matin avoit été préparée exprès, car les Mousquetaires étoient déjà avertis. On croit que le voyage de Versailles n'a été fait que pour cette expédition surprenante.
Mardi 11. — Tout Paris est consterné de la détention du maréchal, qui est fort aimé parmi le peuple. On vient de me dire que le maréchal de Tallard est gouverneur du Roi. Cela n'est pas vrai.
Le Prince Charles m'a dit que ce matin le Régent l'ayant aperçu chez lui, il lui a dit : « Prince Charles, je vous dois un compliment sur le maréchal, je l'ai fait arrêter, mais il m'y a forcé; hier encore, il n'a pas voulu sortir de la chambre du Roi à qui je voulois parler en secret, quoique M. le Duc, M. de Fréjus en fussent sortis. » Le prince, lui a répondu : » Monseigneur, il peut avoir manqué, et que ne m'a-t-il point fait à moi sur mes affaires? Je ne vous ai point parlé sur une autre personne que vous avez renvoyée parce que je n'avois rien de bon à vous en dire(ilentendoit le duc de Noailles); mais pour celui-ci, qui a l'estime publique , je lui dois justice et je ne puis m'empécher de l'aller voir à Villeroy, si Votre Altesse Royale le permet. » Le Régent l'a trouvé bon, il y est allé, il a trouvé le maréchal avec son fils, assez tranquille et se portant bien, et lui a dit : « Vous ôtes tous plus fâchés que moi ; » il a demandé des nouvelles du Roi, et il a été bien aise d'apprendre que le Roi le regrette, et a même pleuré le jour et la nuit qu'il est parti.
Le duc de Luxembourg est arrivé, et comme il est père
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tle la ilmliesse clo Retz, cria a rocli)iiljlt> ses ilouleurs, elil a ilitiiu'aii milieu de sesdisurAces il éloit bien lualheurt" ux d avoir des affaires de famille si désagréables. Il lui est |)ermis d'aller à Lyon, dont il est i^oiiverneur; il y doit aller dans (juelcjues jours, et y commandera comme si rien irétoitarrivê. Dans la conversation, au sujet du secret que le Hégent. vouloit dire au Koi, il a parlé comme le Répenl,eta ajouté (|ue c'étoit une convention du Kégenl et de lui qu'il ne-quitteroit point le Koi. Kt le Uégent lui a fait entendre que ces sortes de conventions avec le maître ne Icnoient pas et ne faisoienl point de lois.
Sur ce qu'un a dit au Kéi:ent que de lenvoyer à Lyon où il est puissant, on pourroitlui imputer ce qui pourroit arriver, le Kégent a dit : « Jo sais bien les postes que je peux lui confier, je ne me métie point de lui en certains points, et je sais bien où il ne peut mal faire. »
Le lun<li après que le Maréchal fut arrêté, le Roi, qui devoil sortir, ne sortit pas et parut fort tristo, et il est vrai qu'il a pleuré la nuit. On a su <|ue (juclque temps auparavant il n'y avoit que certaines f^ens marqués sur une liste qui entrent chez le Roi. Le duc de Retz, quoiqu'il eut le l>i\ton, ne put pas entrer, n'étant point sur la liste.
Ixî public fait mille discours, plus étranges les un>i que les autres, sur cet événement; l'un dit que le Roi ne vivra [>as longlenqis, l'autre que le Régent se veut faire maire du palais ou sénéchal du royaume. Chacun devine un aveùir qu'il ne sait pas et qui est entre les mains d'un plus grand maître.
feii création des maires et aulnes ollu n rs des vilb-N, (|ui avoicnt été supprimés par ledit de 1718, est rétablie et r.uirlenesl passé au conseil, (^eux qui achèteront ces ri/rs les payeront en papier de licjuidation, et même !• . ivsolspour livreque le traitant vouloit faire payer en argent. Mais sur l'avis du marécbal de Villeroy, (jui a fait remarquer qu'un liomme cpii acbèteroit une charge de 20,0(10 liv. en papier, auroit bien de la peine à trou-
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ver 2,000 liv. d'argent, cela a été rejeté. C'est une de ses dernières actions; par ce moyen on va retirer le papier sur la place, il aura plus de valeur, et le Koi s'acquittera sans qu'il lui en coûte rien. Car il ne payera point les gages de ces charges, qui se prendront au denier 50 sur les dons et octrois des villes. Belle invention que la finance !
Joyeux avènement. — Taxe. — On travaille au Louvre à tirer des archives toutes les impositions faites en lGi3 et 16ii, au sujet du joyeux avènement de Louis XIV, pour faire la même chose aujourd'hui à Louis XV. Toutes les communautés du royaume seront taxées à un certain droit payable encore en papier, et c'est un autre débouché de 80 millions. Le contrôleur général a des mémoires de cette sorte pour plus de 300 millions dont le Roi sera quitte sans rien payer.
Mercredi 12. — Le mariage de M"^ de Beaujolais, fille du Régent, avec don Carlos, second Infant d'Espagne, du second lit, a été déclaré aujourd'hui. La princesse a huit ans et le prince six ; c'étoil là le secret que le Régent vouloit dire au Roi. Nous voilà' Ijien liés avec l'Espagne, et, quoique chose qui arrive il faut qu'elle soit pour nous. Cet Infant doit avoir le grand-duché de Toscane et Parme, suivant le traité d'alUance de 17.18.
Filiiis Uispanianun regiuà primo-genttus hujiis descendantes nuisciili ex legilimo malrimonia nali etc. in omnibus dicli pro.rimi succedan l . { Art 5 . )
Voilà une lille du Régent encore bien mariée (1).
On propose trois sujets pour remplir la place de gouverneur du Roi. 1" Le prince de Rohan, i{ui voudroit bien la tenir, car tous ces Rohan voudroient bien embellir leur principauté, qu'ils perdoient si le duc deBourgoitue avait vécu, aussi bien (juc les Bouillon la leur. — 2" Le ma-
(1) Elle est morte en 1734, à dix-neuf ans, en Fiance,
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rtVhal de Borvick,«iin <'>t un t't rang-or peu propre ;\ élever un roi île France, niais cVailleurs fort vertueux. 3" Le duc cK» Cliarost. bon homme, dévot, et qui ne pense pas à mal.
Le Koi parolt assez gai en public, mais en particulier il est triste et se plaint et pleure la nuit, et on commence à bien penser de son cœur et de sa sensibilité.
On ne comprend rien au maréchal, qui part pour Lyon avec un brevet de commandement ; cela fait voir qu'il n'a mauijué en rien d'essentiel, et que sa disgrAce ne vient ipie de son humeur qui le faisoit obstiner le Kégent, et à la lin il s'est lassé. Du Libois, gentilhomme ordinaire du Roi, le doit conduire à Lyon.
Jeudi 13. — Le 12 , M'"' Rolland, mon amie , a quitté Paris et est allée à Sévigny, chez sa fille, M'"*' de Tenance, où elle est arrivée le 16 au soir.
Le duc de Charost a été déclaré gouverneur du Roi, au grand déplaisir des autres prétendants. Ce gouverneur est bon ami des jésuites. Le prince de Rohan est bien fâché de voir que ce morceau lui a échappé. C'est le Roi qui a fait ce choix.
Voici comme la Gazette à la main, du 13 août, parle de la disgrAce de M. de Villeroy ; <i 11 y avoit longtemps (ju'on étoit surpris d'entendre tenir ;\ M. le maréchal de Villeroy des discours peu mesurés sur M. le duc d'Orléans, sans que les représentations que l'on a faites sur cela A S. A. R. l'eussent pu portera prendre un parti contre M. de Villeroy. Mais onfin S. A. R. lui dit, le 10, qu'il seroit ten)ps d'informer le Roi des affaires de son royaume. Kt ayant été le matin chez Sa Majc'sté pour commencer î\ lui en parler, M. le Duc et M. Tévéque de Fréjus, (|ui étoicnt là, m» relin'Tent pour laisser ;\ S. A. R. la liberté de parler au Roi «Ml particulier. M. de Vilh-roy avoit lieu de suivre leur exemple ; il s'approcha et ne voidut pas que S.A. R. parlât au Roi qu'en sa présence, (•* (|iii obligea Sa Majesté à l'éloigner de la cour et A l'envoyer le même jour h Villeroy. »
Le Roi confirmé. Le Roi reçut le sacrement de confirmation le dimanche 9 août, par les mains du cardinal de Rohan, et doit faire sa première communion le 15, jour de la Vierge. Le nouveau gouverneur entre sous de bons augures.
Les certificats de liquidation sont à 26 et leurs actions à 780.
AuDRAN, PEINTRE. — Audran, peintre du Roi , a ordre de peindre et redorer les culs-de-lampe de la Grande- Chambre. C'est une préparation pour la déclaration de la majorité.