AVEC M»^ OK MK RI G MAC
Madame, voilà bientôt un e\-congréganiste. Il doit venir a cinq heures m'apporter le calendrier figuré, que je vérifierai sur-le-champ. L'.ïci aux Réfugiés ne peut avoir été imprimé que sur la fin de 1689, puisqu'il contient une relation de ce qu'avoient fait les deux armées pendant la campagne de 1689 et qu'il sert d'étrennes pour l'année 1690. Ainsi il sera facile de voir ce qui a été coupé par cette date invariable, et de convaincre le R. Père d'une très-hardie imposture sur laquelle le congréganiste veut avoir un désaveu de sa propre main : il faudra les laisser battre ensemble.
Il soupçonne Delorme, qui est ami de Leclerc, d'avoir débite cette menterie. Si cela est , le Révérend Père auroit moins de tort. .le vous prie. Madame , de me renvoyer ma lettre, afin d'en faire usage dans notre conversation à cinq heures. Un autre auroit couru chez vous pour la voir. Mais cet homme n'est vif que pour le chevet. Je ne lui ai point parlé du tout du portrait, et il faut que nous en ayons tous des copies avant qu'il en sache rien. Il m'a parlé de plus de quatre cents lettres de M. Bayle écrites à son frère, dont il doit m'apporterun pacjuet. Je vous dirai ce que j'en pense, et dès à présent je me fais un plaisir de le l'aire taire pour m'ecouter lire.
Que dites-vous de M. Desmaizeaux, qui ne dit pas un seul mot de l'auteur du poème, ni des notes que l'on y devoit faire? J'ai lu sa f ie de Saint-Evremont (jui m'a |)aru mauvaise, froide et allongée. Ce n'est pas là l'homme quil nous faut pour parler du plus grand homme du monde. Cela ne vaut guère mieux que rien.
li mai I7ln.
J'ai vu le ( alendrier . il ne va que jusqu'en 1687, et ainsi il est clair comme le jour qu'il n'a pu parler d'un livre plein des aventures arrivées en ( 689. L'endroit coupé se rapporte à l'année 1686. La date y reste encore, c'estassurément la première et la deuxième partie du Conwicntaire philosophique. Car la troisième partie est dans l'article suivant, que l'on n'a pu couper. Voila, ALulame, tout réclaircisseuicnt. DesaNoir présentement qui est le menteur, ou le Révéreud, ou le libraire, il peut être fort a croire que c'est le Révérend, depuis (jue vous me ïiW> remarquer que le Journal a attribué ce livre à M. Ravie. C'est dans le mois d'août 1709 que vous trouverez ce fait, qui étant joint avec le bruit de liollaiule et le récit du libraire, il n'y a pas de doute que l'imposture vient du lieu d'où nous la soupçonnons. Mais nous ne verrons pas pour cela un ex-congréganiste. 11 doit aller demand»'r un désaveu |)ar écrit . on lui prendra les mains, on le flattera et il s'en retournera plus c. que janiais.
1)4 a)RKF.SHOM>AM:K i»i. mmiuh makais
U'llr\rn'iiii IVro lui .i\oitilil de garder W (a /cndrier, \un\v ivdivsser l«sfauu*squr l'on feroil ou ct-tle vie vu Aufiltlrriv phiisante fa(^ou ,j ... I,. p.iblu- par iU's cornclions tandis (jiu' l'on |uuit .iller
^, iilrla f.iule 1 lÀ'l ii>is iiu' paroll tout à lail dos lions l'eres.
I ■ io|iif de ce raleudrier pour vendredi et d'aulres pièces pour
j. nuire a la \ie. Je ne souffrirai point qu'on le soutienne auteur de r /rù.iii iuènuM|u*on fasse sur eela des presu|)posilions eoninie veut faire M. IVsiuai/eauv. Il faut dire non avee notre ami puis(|u'il l'a dil, (( sjrrdier loiiles nos eonjeetures, si proches qu'elles soient de la se-
rilr.
J'ai \u liur plusii'urs de ses lettres écrites dnns sa l'aniille et pour riiistructiun de ses frères; e'e^t un enchantenuMit pour le ccpur 'et |)our l'esprit. Je crois qu'il a été précepteur, et dans des états trèsnialIk-uriMix, jusqu'à manquer d'habits. Mais les rdlexions qu'il fait Mir cela I- * nt au-di'ssus des fortunés, (l'est un nouveau trésor que le coi.,. , iiiili» a trouvé cl qu'il ne doit pas envier au |)ublic. Je trouvai plusieurs lettres où il parle du portrait (|ue sa mère avait voulu avoir. Je vous avoue que j'ai pleuré, eu voyant les bons senti- 'n ri la iriidresse de ce ^rand homme pour sa famille. Le conf^re.- -i«' m'a parlé de vers lails pour mettre sous une cslampe de son liortrait en Hollande; M. Desmaizeauv saura cela- Adieu, Madame, comptez qucwje n'oublierai rien pour la gloire d'un homme que nous aimons tant tous deux.
17 mai I7<i).
nu m .1 ifuu parole, .Madame; j'ai euNoye des hier le calendrier,
!.. f. ^ \. s lettres qui regardent l'affaire avec la reine de Suéde, un
des manuscrits, où l'un avoit oublie les meilleurs que j'a'
djoulm. 1^ lettre de .M. d'.VIbermale et du baron de Valef, qui parle
dr» .1 'itu \ouloit procurer à la Haye a notre illustre ami,
H M ! . l'-s a ajoute, au bas des copies, un compliment a
M. JN*!«mai/<*au\qiie j'ai trouvé fort bien, avec un éclairciss<hient : tiré
<■ .'-s lettre», sur l'./rw aux Uêfngiés. Il faut lui rendre justice ;
« ' . il a fait les choses à merveille, il n'a rien néf;li;;é et il
ii< ')• I s . r,iii- le rhe\el Tout est parti des hier par unr- xoie ires-sùre.
J'ai ri'teiiu une ropie du Calendrier, et j'y ai.fait des notes sur plusieurs
que j'ai envoy«*e« avec mon paquet et des renvois aux Hêpu-
' "^ '■ -'uns livres dont il a parle lui-même sans en
, \ oila M. Dcsm ii/.»MU\ irj'S-inslruit , il
n'a |i(u% qu'a bien faire. Que ne tiuis-je à sa place? Je \()us assure,
qu'il n'v iiiaiiqueroit rien. Jr ne dis pas qiK* (pielque jour
AVEC MMK DK MKKIGMAC. V23
je ne fasse celte ^ie^ jusqu'au temps que le calendrier finit, et j'en ai grande envie.
Vous faites fort bien de presser le portrait et la ressemblance, surtout pour celui-là. Nous l'aurons eu miniature, et il y faudra mettre de celle qui est faite pour un amour immortel. J'attends là M"^ Boissière.
A propos d'immortel , on parle d'une inscription faite pour la reine d'Angleterre : ,-/ la femme immortelle qui a terrassé P homme immortel. Le mot latin est une fois plus expressif que terrassé.
Les conférences dureront jusqu'au 17. Nous eu attendons l'événement avec impatience. Un Italien, arrivé depuis peu de l'armée des ennemis, avec qui il a été un mois, dit qu'ils cous amusent et qu'il n'y aura point de pai\.
Je ne puis vous donner de rendez-vous certain, mais vous êtes sûre de me trouver tous les matins, comme je suis sur de vous trouver tous les soirs.
Août 17 lu.
Voilà bien des reproches, >Lidame, et je suis bien innocent. Je n'ai point écrit avant de partir pour la campagne, parce que j'étois chargé d'une affaire de la dernière importance qui m'a fait travailler tout le jour même de la Pentecôte sans sortir et le lendemain jusfju'au moment de mon départ, sans pouvoir trouver un instant à vous écrire. J'avois donné ordre à mon laquais de vous donner ce que j'avois à vous; il s'est fait un quiproquo. J'ai emporté une pièce pour une autre, et je vous ai renvoyé de la campagne la requête en question, que j'ai trouvée plus pleine de gémissements que de raisons. Quand mon laquais vint, je parlois pour un voyage de trois ou quatre lieues et je n'eus d'autre parti à prendre que de lui donner celte requête pour vous la remettre avec des excuses de ne pouvoir faire autrement, lesquelles s'il ne vous a pas fait de ma part, je vous les fais, iSïadame, et vous supplie tres-hun)blement de les accej)ter. 11 ne faut pas, s'il vous plaît, que le maître pâtisse pour les sottises du v.ilct, qui avoit ordre précis de moi et en partant et au retour de la campagne. Pour les rend'.'Z-vous, je vous en ai laissée la maîtresse, ne pouvant mariner un temps précis, lorsque le Parlement est proche de sa lin connue il est.. Toute heure me sera bonne pourvu que ce soit le matin.
Je reçus hier un paquet d'Angleterre de M. Desmaizenuv, (jui me paroît un petit esprit, occupe de fadaises, et un auteur pauvre qui court après le libraire pour gagner. Toute sa lettre est pleine d'une nouvelle édition de .Saint-Kvreinont (pi il vent fiire; il ne me repond à
l» CORRF.SIH)M)Ai\CK DK MMlIlir MAIWIS
prvtqiMr paK en un iMuIroit do ma lottri'. Il oi iii.il.uic, il ne s:iit quand il tnviillera; tan(«*>t l'ouvrai;»' an^loisacto tirr de lui, t.uitùt il iu> Ta point rte. ÏMÛu r'eslun sol homme, avec qui jo uc ncux plus de commerce, «4 j«* vais le livrer ù \\. Kasnajje, à qui iL écrit une lettre que je vous einoieaviv la mienne, et cpiil n*a pas encore vue. Il insiste toujours, comme vous Nerrez, sur l'avis qui lui a etc donné -, il n'a point écouté mes raisons, il vn même Jusqu'à dire (|ue M. Basunge est auteur du livn*qu'd a desiivoué, et voilà l'homme à (pii nous avons conlic nos Irrsors. Dieu n«)us délivre de pareils einicmis ! Mieux vaut un ennemi qui n'\i'ille notre \ivacite et notre justilication. NOus me renverre/, s'il
«ous plaît, les lelln». Je vaiscommerer le C avec le froidauteur,
et ils stTont bien apparies. IS'espérons rien de gens en qui l'intérêt prévaut sur les vrais sentiments du cœur, et tenons-nous-en à verser dt s larmes sur le lomheau de notre ami; elles seront plus précieuses que des pane^ riques si lents, si froids et si intéressés.
Juillet 1710.
l*uis<jue le coni;re;;aniste est dans le don de persévérance , je crois , Madame, qu'il tant aller doucenjent avec lui. Clar, ou nous n'enlendnuuii plus rien, ou il nous feroit des alTaires. Je suis bien aise de ne lui avoir pas donne ma lettre. Souvenez-vous qu'il ne faut jamais mal parler de ces p-ns-la ni de leurs maîtres. J'écrirai a M. Hasuai^e assurrnipnl. Mais il tant un de ces moments (jui viennent sans le chercher, «•l c iM pn'>4pi riifure du berg< r pour moi.
I j kltre du cardinal de Bouillon me paroit d'un esprit qui allonge U malien* dans une occasion où les paroles etoient chères, et qui dit des choses vrrilablement e\lrava«;anles, c'esl-a-dirc hors de son sujet. On voit la le portrait de son esprit et je ne sais coiiiinent les Italiens l'en accommodent. C'est un second \ncilloii. l'un fait la description de l'eicttse de Sniit-Henoit a propos «l'un savant qui y est enterré. l/autre fait l'elo^e de l'ordre du S.iiiil-Ksprit et de sa charge à propos de sa démission, et il va parler du sacre du roi, dont il s'agit la autant que de celui d'Aaron.
l*OiirU** ' ' NOUS, je ne vous en donne point. Je vous prie de les P**»dn« . 1 vous m'interromprez, toujours trcs-a^;réahle-
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λ armées sont proches l'une de l'autre. Douai se défend , mtiioodir ' ''•iiM-nl attaqué. M. de la Frcseliere n'est plus
iHllIriiBiit ^ ' i.i.. «ne, il servira coiiiiiie lieiiteiiant colonel.
M. Ufflouetiei est a »a place; il a voulu parler, et M. le duc du Maine