AVEC MME DE MÉRIGMAC
lui a joue ce tour dout il est très-fàché. Le maréchal de Villars a fait uue gasconnade à M. de Gassion en l'appelant Maréchal, et l'autre lui a répondu qu'il niéritoit mieux de l'être que bien d'autres.
J'ai découvert encore une nouvelle sottise de M. Ancillon, encore au sujet de notre ami. Ce livre -là est un répertoire de critique, à peu près comme un Vénitien à cheval est une bonne leçon de manège. Dieu, Madame, si j'allois en campagne, vous le sauriez
et je ne serois pas comme Voila un vide que je laisse a
votre imagination à remplir, et où vous pouvez mettre ce qu'il vous plaira, sans que jamais je m'en plaigne dans mes Mareziana, comme M. Chevreau a fait dans les Chevrxana , qvxQ vous m'avez promis.
Juillet i7io.
Je ne suis point de retour de la campagne. Madame, car je n'y ai point été, et mon mal de pied a été si violent, que je n'ai pu quitter Paris. Je ne vous en ai point donné avis, parce qut^ je suis tous les jours dans mon lit jusqu'à l'heure du dîner, et je me lève pour vous écrire. Ce n'est point goutte, car je ne souffre point quand je suis couché ou en repos; mais quand je marche un peu, c'est une douleur très-vive. A cela ajoutez le chagrin que j'ai d'un frère fort malade en Picardie. T'ue de mes sœurs m'a quitté jiour l'aller joindre, et j'ai perdu la moitié de ma compagnie. Où voulez-vous placer de la coquetterie au milieu de tant de maux } Vous êtes sûre de me trouver quand il vous plaira , pourvu que vous veniez le matin un peu tard , ayant besoin de repos pour ce mal , où on ne connoît rien , et là nous nous éclaircirons encore davantage.
Le congréganiste m'est venu voir, il m'a apporté un écrit du Révérend , qui est véritablement équivoque et où il ne dit rien de ce qu'on lui demande. Je lui ai conseillé de ne le point montrer, et encore moins de l'envoyer à M. Desmaizeaux. Il m'a laissé plusieurs lettres de M. Bayle écrites à ses parents, où j'ai appris la destitution de sa charge et de sa pension en 1693, et ses sentiments sur cela, qui sont au-dessus de la philosophie. Il dit dans une de ces lettres en parlant de Jurieu : // m' a accusé d'avoir fa If im livre intUulé, Avis aux Réfugiés, ou on condamne les libelles diffamatoires qui s impriment en ce pays-ci contre le roi de France et le détrônement du roi Jacf/HPs, et Je lui ai fait voir que toutes les preurps quil allef/ur contre moi sont impertinentes. \ Oil.i comme il |)arl()it dans le secret de sa fjmille, et notre congréganiste, qui a cela entre les mains, n'en prolite point. Il a en tête mille choses a la fois et ii'v a rien du tout II s'est
15» CORlU.M'itMUM l lU. MMIIIKI) MARAIS
- 1 t ' • unlr.iilf j\iv un liomini- de loiiloiise pour rinipri'ssion d»-> i*u\t\*jn> de son onole, et ;i pri'StMil il est lie sans pouvoir liiire n- qu'il %iMii Je ne sois point nwnier un tel homme. Je veux lire liHile» l« lelln-s qu'il n, et du reste le livrer à la conf^réfiation. A prop*»s. a»e/-\ous lu les Cftnissements sur l'ort-Rov.il !' Ce n'est pas ce ,,.. . ., .. • .\,'/ montre. Oei est un ehef-il'dMivred'elociuenceet d'une j ;>!•. qui \ient assurément du tombeau de M. Arnaud. Car
il n*v a que lui qui puisse écrire comme cela.
Knfin %oiln Dotiai pris, et quarante-trois ans de possession et einqiiaotr<i*ni\ jours de siège n'y ont rien t'ait. Attendons le reste avec patience. Adieu. M3d;ime, je suis sans coquetterie le plus lidèle de vos aniis.
XWIll.
G juillet 1710.
Soin' douleur est bien plus grande que le mal, et je vous assure, Maibme. que cela u'a pas fait sur moi la plus légère impression. Ce fut la vivacité d'un instant, et bientôt elle béda la place à de meilleures nflt-Nions qui xous amuseront assez pour avoir entièrement |)erdu le .suu\enir d'une si petite chose. Vous n'avez point affaire ni à un serinonncur^ ni à un tracassier, et mon cœur est capable de la plus facile amitié qui ait jamais été sentie. Je verrai vos papiers dès aujourd'hui et je \ous en rendrai con)|)te. Il est vrai, l'on est environné de l»ii-n deî» n>au\. l'our moi, j'en ai ma bonne |)art dans le corps el dans L'une; car mon frère se meurt, j'en ai reçu hier les plus tristes nouvelles du monde, et ma douleur de pied, loin de diminuer, augmente lou« !••« jours. Je ne sais rien ni de la pai\ ni de la giiern*. Je sais l'exil dr M. Balu/.e, et la suppression du livre généalogique. Voila une attaque a toute la mais^Mi, et aussi il y a bien eu de la hardiesse de fourrer b des pieceii que tout le monde sait être fausses et dont la fausseté a produit des morts hont^'U>es, et des chansons qui ont été dans la boudie de tout le genre humain. .1)J ai écrit a M. Desmai/eaux , je lui ai envoyé le paquet qu'on eilt pu retrancher des deux tiers et lui ai dit f iment sur tous ces papiers consistoriaux (pu' servent à la vie de
Ml nme a celle de Jean de Verth. Adieu, Madame, consolez-
*" .' /moi toujours. l'our moi, si(pie!(pie chose me console ,
rot votre amitié, et s'il arrive malheur a mon frère, j'irai aussitôt
1, Voé», Mtr te. Sailli -Simon (prllte ivhl. HartiHtP ', 1. 111, MW à 1»«m ;