M0I,CHKFDUC0NSKlL DU lUUNCK CUARLKS. Le
monseigneur le prince Charles ^Ij, grand écuyer de France, m'a fait l'honneur de me nommer pour chef de son conseil, avec 1,000 livres d'appointements, et m'en a envoyé le brevet. Je lui avois, quelques jours auparavant.
(Ij L*» prince CUarIcs d'Armagnar, de la maison «I»' Lorrain»-. T. II. 2G
401 MK.MOIRKS DK MAlHIKH MARAIS.
tlonné une prouve bien authentique qu'jl estoflicierde la couronne. I.oyseau ilit qu'en ItîKîM.cle Belloi^arde en obtint un l)rtvei de Loui^ MIL mais Loyseau ne savoii pas tout, et j'ai trouvé un arrêt du 9 avril 158*2, qui enregistre des lettres patentes du 3 avril précédent, portant le rani; et séance des officiers de la couronne (jui sont nommés dans ces lettres, à savoir, le connétable, chancelier, yarde des sceaux, irrand maître, iirand clKuubellan, amiral, maréchaux de France, grand écuyer et non autres, 11 est rapporté dans Godefroy, dans son Histoire des conni'tables et chanceliers, pages 120 et 121 de l'édition du Louvre, in-folio, 1G58. Le P. Anselme et ses continuateurs n'en ont rien dit ; on ne sait rien en France si l'on ne veut s'appli«pier exactement. Aurait-on dit (|ue Loyseau, si savant et si curieux, aurait ignoré un fait si proche de lui?
Drcs, LKUR ENTRKK AU LoivRE. — Jc cherchc dans quel temps et à qui les ducs doivent leur entrée au Louvre, en rarrossc. Le fait s'agite aujourd'hui ; ]o l'ai étudié et j'ai trouvé que Charles IX en 1572, et Henri 111 en lôSô, ont fait des régh-'Uienls sur cela, par ksijuels les princes, princesses et ofliciers de la couronne n'entroient que sous la porte, où ils descendoient sans aller plus loin, et les autres seigneurs et gentilshommes descendoient à la barrière devant la porte; que sous Henri IV cela s'observoit de même, (ju'aprés sa mort on fut étonné de voir monter le duc d'Kpernon ;\ cheval dan^ la cour du Louvre, romme le rem.'ir(pie l'autjîur du Journal de Henri III et Henri IV, au 3 juilKd KilO, où il dit (jue cela fut trouvé ^Iranpe, comme n'appart<'nant qu'aux princes du sang, et que MM. de (^uise ne l'avoient jamais entrepris dans leur plus grande prospérité. Knfin,j'ai découvert dans un riianuHcrit un rôlecpii fut arrêté le K janvier 1011, de» princes, s<*igneur9 et dames qui dévoient entrer dans la cour du l^uvre en carrosse, et dans ce rùh; il n'y a pas un «lue qui ne soit prince ; et, A la fin, il y a un article séj»aré t\pHautretaujC(fuel le Hoi, par tfrùce spéciale, a permis^
JAINVIER 1725. 403
allendii leurs âges el indispositions, de pouvoir entrer au Louvre la nuit en carrosse : MM. les ducs de Bouillon , dEspernon el de Sully. Ainsi en 1611 , les ducs n'entroient point en carrosse au Louvre, il n'y eut que ces trois d'exceptés, qui n'y pouvoient paroitreque la nuit, afin que de jour on ne vit point leurs carrosses dans la cour; et on ne sait où Amelot, dans ses derniers Mémoires (tome II, page 257), a pris que ce fut en 1607 que le duc d'Épernon entra au Louvre en carrosse et que depuis tous les ducs y ont entré. Cet auteur, qui veut paroltre si bien informé, est mal informé, et l'époque des ducs est bien baissée. J'ai fait sur cela un Mémoire que je joindrai ici.
Garde des sceaux. — Officier de la couronne. — J'ai encore découvert une autre faute d' Amelot (tome II, p. 270;. 11 dit que M. le Garde des sceaux du Vair, en 1618, pn'céda au Conseil les ducs et pairs, qui le trouvèrent étrange, parce qu'il n'étoit point un des grands officiers de la couronne, ei que M. le duc d'Kpernon en ({uitta I;i cour de dépit. Mais Amelot ne savoit pas qu'en 1582 le garde des sceaux est nommé parmi les officiers de la couronne, dans des lettres patentes enregistrées le 9 avril au Parlement et qui sont du 5 avril; j'en ai parlé ci-dessus. Si Amelot est aussi mal instruit des autres faits, sa critique est bien mauvaise, et l'éloge qu'il fait de iM. du Vair et de sa fermeté est bien inutile, puisqu'il ne faisoit qu'user de son droit.
Pairs ecclésiastioues, Lit de justice. — L'arclievéque de Heims, Hohan-Guéménée, s'est fait recevoir en la dignité de duc et pair ecclésiasticjue au Parlement. Il veut être du lit de justice delà majorité; mais si le Uni y mène (les cardinaux, les pairs eccK:siasti(jues pourront l)ien sr retirer, comme ils lirent à la déclaration de la majorité dr Louis XIII, où il y eut quatre cardinaux, et les pairs ecclésiasticjues n'y restèrent point, quoique le Parlement eût déclaré que la déclaration de la n)aj(M*it«' n'étoit point un
404 MKMOIRIS l)K MATIIIKU MARAIS.
jus^eiiuMit lie pair»»' et i|iie le Uoi poiivoit s'y l'aire accomnatrner par <]iii il lui plaisoit. Le cartlinal preiiùt'r minisire voudroit bien y être comme représentant le chancelier cl V avoir une place distinguée, ce qui exchiroit le gnrde des sceaux. Autrefois, M. du Vair voulut faire enregistrer ses lettres avec la clause de présider en tous les parlements, et la clause ne passa point, parce que le chancelier de Sillery vivoit encore, et qu'il ne peut y avoir deux chefs de justice en même temps. Aujourd'hui que le chancelier est vivant, la même difticullé revient; ce chef est lié par un exil, et le garde des sceaux, qui n'a pas encore été reçu au l*arlement, pourra y être reçu par autorité du roi au lit de justice, comme xM. d'Argenson Ta été au lit de justice du -26 août 1718, où ses lettres furent d'abord enregistrées. Si le cardinal premier ministre avoit la représentation, et devenoil vice -chancelier, pour cette fois seulement, ce seroit se jouer du garde des sceaux, qui s'attend si bien à être en fonctions que je sais certainement (ju'il travaille à sa harangue, et connois une personne avec qui il est intime et à qui il l'a montrée, se plaignant qu'il étoit obligé de charger sa mémoire. Il faut lire sur la séance des pairs ecclésiatiques aux lits de justice, le Mémoire de M. Tarchevéque de Keims (le Tellier), fait en l(i73 et imprimé en 1G87 chez Muguet, ' sur leciuel les cardinaux de Bouillon et de Bonzi furent exclus du lit de justice où fut enregistrée l'ordonnance de Hil'.i. 11 y soutient (jue jamais aucun pair ecclésiastirpie ne s'est trouvé en séance avec les cardinaux premiers ministres.
'M) janvier. — I'hkv«')T dk Paius ui çi . — Ce jour, M. le comte d'Ksclimont, prévôt de Paris, a été reçu au Parlement. Sa réception porte : « A la ehaige de ne rien cnlreprendn* sur la juridiction ordinaire, mais de tenir la main à l'exécution des décrets, ordonnances et règlements de lu Cour. »>
l>î Hcrmcnl est: « de lideiem«nt « t l)irn servir le Koi,
lAINVlhR 172r.. 405
d'exercer l'étiit et Foflice de conseiller du Uoi en ses conseils^ prévôt de la Ville, Prévôté et Vicomte de Paris; d'obéir et de tenir la main à l'exécution des arrêts, de n'entreprendre cour ni juridiction à connoissance contentieuse, et de n'avoir que celle qui lui est attribuée par les édits et ordonnances-ci. Or par l'ordonnance de Moulins, il adroit de présider et d'opiner.
M. le premier président et MM. les gens du Koi et toute laGrand'Chambre,. qui ont cherché à abaisser la morgue du lieutenant civil, qui a fait un pelit Parlement pendant l'exil à Pontoise, ont composé à plaisir ce serment, qui met leprévùt de Paris en état d'opiner et déjuger quand il lui plaira. Il étoit accompagné de ses douze gardes ou huissiers delà douzaine , a.yec hoquetons et hallebardes qui sont restés à l'entrée de la galerie des prisonniers avant la réception, et depuis la réception ils sont venus au fond de la galerie; il a été installé ensuite au Chàtelet , où étoient le président de Lamoignon et quatre conseillers de la (irand'Chambre : MM. Cadeau et Mainguy, clercs. Le Fèvre et Pi\ris, laï(iues. Ils sont allés tous à pied du Palais au Chàtelet, précédés de la compagnie du lieutenant criminel de rol)e courte, du prévôt de L'Ile, du guet à pied, et la marche linissoit parla maréchaussée à cheval. Le prévôt de Paris étoit entre deux de messieurs de la Grand'Chambre. Il a été installé au ChAtelet dans tous les sièges et a opiné dans deux ou trois causes qui ont été remises à huitaine. De l'Age, avocat du Koi, a bien parlé. M. de Lamoignon a aussi fait l'éloge du nouveau prévôt de Paris et de sa famille, puis on est venu ;\ un ;:rand diner où il y avoit des ducs et pairs, conseillers d'État et autres personnes illustres, et principaux ofticiers du Chîïtelet, le lieutenant civil entre autres et le lieutenant de police. On n'y a pas pillé la maison du [)révnt comme en L'iTlJ, trois rois, Charles IX, Henri III, ri)i de Pologne, et le roi de Navarre, (jui pillèrent celle de Xantouijlct, prévôt de Paris , après une collalion qu'il leui
406 MKMOIBKS MK MAllUKli MARAIS.
donna. Ce fait sinL'^ulier est dans le Journal de Henri III, tjui les appelle de puissantfi voleurs.
3{ janvier, dimanche. — Le dernier conseil de Kégenee s'esl terminé aujourd'hui, et ce conseil a été rompu; le pouvoir du Uéirent est tini. On a rendu plusieurs arrêts, au sujet des charges muni(M[>alcs, pour avoir la facilité de les vendre. Le conseil de conscience a aussi été tenu, et c'est le dernier. H ne reste que le conseil des dépêches. Nous allons voir toutes choses nouvelles.
31 janvier. — Le jour de la réception du prévAt de Paris, le grand-maitre des cérémonies vint avec les hérauts et les jurés crieurs en corps sermonner la Cour, j)our le service de Madame, à Saint-Denis, et le peuple, (pii n'entend et ne distingue jamais rien, s'imaginoit ipie ces hérauts et ces crieurs étoient de la suite du prévôt et cpie le grand-maltre venoit à sa réception.
FEVRIER 172:i.
Lundi 1". — Le 1" février, le prévôt de Paris a été installé à l'audience de la (jrand'Chambre, dans le banc des haillis et sénéchau.x, à la première place.
Mercredi :\. — Le :], il a fait trois fonctions solenn(dles de sa charge. Il est venu au Parlement avec les officiers de |K)lice |K)ur le rèL-^liMnent des vivres du carême. Et là, M. de Hlancmesnil, avocat général, a ('ucore fait son éloge, en présence du jeuncj lieutenant de police, à tpii il a dit qu'il le devoit regarder comme son chef.
!>• là, il est venu au (^hàtelet, où il s'est mis dans le siège et sous le dais, et M. le ^n'and-maltre des cérémonies est venu apporter la lettre de cachet poui* h- service de Madame. Elle étoit adrfîsséc : « A notre prévôt de Paris ou »on lieutenant civil, n Le lieutenant rivil étoif à côté, et [>oint du tout aise rie ce que ces honneurs lui manquoient. Le prévôt lui a donné l.i Ici Ire et lui a
FFlVRIKR 1725 407
dit : « Faites lire. » Il l'a donnée au greffier et lui a dit : « Lisez. » Ensuite, le prévôt de Paris a dit : « Messieurs, je ne puis aujourd'hui continuer l'audience, parce qu'une grande fonction de ma charge m'appelle à l'ouverture de la foire de Saint-Germain. » Aussitôt, il a levé le siège et est allé faire cette ouverture avec le lieutenant de police, qui n'étoit qu'en second. Il a été partout là avec ses gardes, qui ne sont pas accoutumés à la hallebarde et au hocqueton. Il doit aller vendredi au service de Saint-Denis, et il sera accompagné par deux compagnies du prévôt de L'Ile. Il est venu me voir aujourd'hui et m'a raconté tous ses exploits, dont il est très-content. Il m'a apporté deux exemplaires imprimés de mon Mémoire, qu'il ne veut pas distribuer, parce qu'il a obtenu ce qu'il demandoit, et qu'il veut en user honnêtement avec le lieutenant civil. Ce Mémoire est curieux et mérite d'être gardé. Il deviendra très-rare si on ne le donne pas.
BoNTEMPS. — Le Roi a su que Bontempsle père, un de ses premiers valets de chambre, avoit amené à Versailles sa maîtresse, appelée Zénobie, et qu'il avoit diné avec elle : il a demandé à son fils avec qui il avoit diné. — Avec mon père, Sire. — Et qui encore? Ne me mentez point. Il a fallu dire la fille. Le Roi a envoyé ordre à Bontemps delafairesortir sur-le-champ de Versailles, et de ne point paroitre devant lui. Il y a bien de l'impudence de mener publiquement sa maltresse à la Cour, pendant que le Régent lui-même a renvoyé la sienne.
Le premier ministre n'a pas réduit son maître à celte extrémité , pour ne la pas faire garder aux autres, et voilà un bon commencement et un bon augure pour le Roi. Du reste, personne ne le pénètre, et il est d'une prudence et d'une dissimulation [)rofondes.
Vendredi 5. — Skrvice de Madame, a Saint-Dems. Contestation avec les évoques. — Le service de Madame s'est fait à Saint-Denis. Les princesses, qui avoient été au
UiH MKMOIRKS 1)K iSlATlIlKll MARAIS
liai la nuit, n'y sont vcmios que fort tard. I.a messe n'a l'onunenc»' (juW midi nu (|uart passé. Il y est arrivé dispute surcecjue le (•élél)rant et les évèques oriiciants ont prétendu que le tjrand-maitre des cérémonies s'étoit absenté exprès. Le prand-maltre n'a point voulu y aller et a dis[mru en un instant. Les évêques n'ont eu que le maître des cérémonies de ra!)baye, et ils en ont été si l'Achés qu'ils n'ont point voulu dîner A la table qui leur avoit été préparée, et ils sont tous revenus dinerà Paris. L'évùque dr Clermont autrement le V. Massillon) a fait Toraison funèbre, que personne n'a entendue ; il s'étoit préparé dès sivlieuresdu matin, iln'étoiten chaire qu'à deux heures et il n'avoit plus de voix. Son oraison a paru longue et plate comme l'épée de Charh'magne.
On a eu nouvelles que mademoiselle de Beaujolois, qui va épouser don Carlos, infant d'Kspagne, est arrivée à r.idassoa le 2() janvier, qu'elle a passé la rivière dans une prtitcchaloupe très-gracieusement, et qu'elle a été remise entre les mains de la comtesse de Lemos et autres dames qui doivent la servir. Il y avoit trois régiments de troupes espagnoles et seize carrosses.
Vaidkmont, duc de LoKRAiNK. — Le duc de Lorraine a renvoyé à l'Kmpereur l'ordre de la Toison d'or du défunt ï»rin('eCliarlesd(*Vaudemont,ce(jui a paru extraordinaire, puisqu'une des grandes dis[)lites du congrès de (>ambray est de savoir à ()ui demeurera cet ordre ou de l'Kmpereur ou du roi d'Ks[)agne. L'Kmpereur le veut comme maître drs iViy'-iias, où cet ordre a été institué, et le roi d'Kspagne à cause de si couronne. Il seml)le cpie hî duc de Lorraine reconnoi.s.se pai* là l'Kmpereur comme roi d'Kspagne. On saura les raisons (ju'ila eues de faire celte démarche, car c'étoit du roi d'Kspagn»; (pn; M. de Vaudeinont lenoil sa Toison.
Lk Ci.AtL. Oi^ïoiftiK EN Pkrsk. — Le Czar est rentré en triomplie,àMr)V!ou, de la con(juète de la ville de l)erb(;nt en l'ente. C'est Alexandre qui l'a fait bàfii-, et il a sur^
FÉVRIKR 1725. 409
passé ce conquérant. On lui a dressé un arc de trionnphe avec deux Henommées, l'une cjui offre le plan de la ville à Alexandre, l'autre qui en offre les clefs au Czar. Audessus de cette première il y a cette inscription : Fama vêtus, et au-dessus de la seconde : Fama nova ; comme si on disoit: Voilà la vieille renommée et voilà la nouvelle, et on a mis aussi ce vers latin :
Stnixcrat hanc fortis sed forlior hanc cœpit urbem.
On dit ordinairement que les Moscovites sont les Gascons du Nord. Mais le Czar d'aujourd'hui n'est point un homme à crasconnades, et il fait comme il dit.
Février, 5,6, 7, 8^ 9, 10. — Maladie du Uoi. — Le 5, le Roi a voulu aller à une battue de lapins, il s'est beaucoup fatigué, a marché dans les ruisseaux et dans les bois, est revenu mouillé et les jambes froides. Il n'a point voulu changer de bas. Le samedi 6. il a beaucoup mangé de bœufqu'ilaimeet de perdrix. Il ne se portoit pas trop bien. Le dimanche 7 (quiétoit le dimanche gras), il s'est trouvé fort mal à la messe, s'est évanoui et a perdu connoissance. Il a été emmené par M. le Duc. La (lour a été en alarmes. Mais il est bientôt revenu et a mangé à son petit couvert. L'après-dlnée , étant tout à fait remis, on l'a empêché de sortir dehors. H a monté sur les toits et dans les gouttières du Louvre, et s'est diverti à jeter des plâtras dans les cheminées, comme un enfant. M""' de Ventadour lui a envoyé un chat pour lui tenir compagnie.
Le lundis, il a paru quelques rougeurs sur son corps, il a eu un mouvement de fièvre et mal à la tôle : on l'a fait coucher. Le Régent a reçu trois courriers pendant la nuit du lundi au mardi. Il est parti le mardi 9, et est arrivé à Versailles à neuf heures, dans le temps qu'on alloit saigner le Roi. Il a été saigné, et la saignée l'a tout à fait dégagé. Si bien que les médecins ont jugé que ce n'étoit que fatigue et indigestion, et ils l'ont purgé le mercredi
410 MKMOIIIKS l)K MVillIKll MARAIS.
10, et ainsi a fini sji maliulio, tiui l'aisoit déjà bien causer le inonde, et qui inettoil bien des soupçons sur le compte du Kégent. On a réduit le \{o\ au luniillon et au potai^e, et il disoit : J\ilmerois mieux une bonne pièce de bœuf. I.e ô, quand il parla de sa chasse aux lapins à dincr, le preniier médecin Ten voulut détourner. Mais il s'en moqua. M. le prince de Conti lui dit que sa santé étoit trop précieuse pour ne la pas niénauer. Il répondit: u Ma résolution est prise et peut-être le temps changera. » Il ne changea point et ne laissa pas d'aller. Mal lui en a pris et nous en avons eu toute la peine et le Régent l'espérance. On attendoit degrandschangementsà la majoritéet tout ira comme devant. Le Koi adéjà dit à M. le Duc, i\M. deCharostet ;\ M. de Fréjus (ju'il les prioit de lui continuer ses soins pour son éducation et de ne le point (juilter. Ils n'auront plus les noms de sous-intendant, de gouverneur et de précepteur, mais ils en feront les fonctions, et le gouverneur aura de nuit un lit dans la chambre du Roi. Il n'est pas bien difticilede voir d'où toute cette inspiration est venue, et voilà les exilés bien maintenus dans leur exil. Le lit de justice se tiendra toujours le 17. Le Roi doit venir le Ki à Paris, et on sait déjà qu'il doit prier le Régent de continuer son administration f non plus comme Régent, mais comme premier prince du sang), et même que tout lui sera adressé. Ainsi , cette majorité no sera qu'à l'extérieur, et ce parti paroit très-sage, n'étant pas naturel de livrer à hii-ménie un prince si jeune et (jui ne sait encore rien. Ch.irles L\, Louis Xlllet Lous XIV avoient des mères qui les gouvernoient après leur majorité. Le Roi n'a personne an-dessus ni à côt<'* <!<• lui. <•! il Cnif bim (pu* ses p.'iirîils le gouvernent.
Cardi.vai.. — Le bruit est toujours grand que le cardinal fera fonctions de chancelier au lit (Injustice, et (jue le garde des sceaux n'y sera point. On pourroit se passer de chancelier à la déelaralion de la majorité, (pii n'est point une action de pairie. Mais les édits qu'on fera le-
gisfrer demandent un chef de justice pour prononcer l'enregistrement.
Vendredi 12. — Te Deum pour la fin de la peste. Beaux esprits — Te Deum chanté à Xotre-Dame pour la cessation de la peste dans le royaume. Les beaux esprits qui font les Lettres Publiques ont mis de l'esprit dans celle du Te Deum où il n'en falloit point. Il y a une définition et une description de la peste : Mea voisins ne peuvent plus regarder mes frontièresavec fraijeur , Les François, qui se craignoient eux-mêmes les uns les autres, sont délivrés de cette pernicieuse crainte, et il ne nous reste qu'à rendre grâces à Dieu de s'êlre laissé fléchir et d^avoir voulu ne nous punir ou ne nous éprouver que par des calamités passagères. Voilà un style qui est vraiment la peste de l'esprit , et il est bien à craindre que cette calamité ne soit durable.
Pendant la maladie du Koi, où tout Paris étoit alarmé, les commissaires ont été dans les maisons, par ordre supérieur, dire que le Roi se portoit bien et qu'il n'y avoitrien à craindre.
HoRiN, COMMIS DES FINANCES. — M. Robiu, premier commis des finances du premier ministre, m'a écrit une lettre trc^s-erracieuse, en réponse d'une où je lui demandois justice sur la réduction du visa. Je lui disois : » Je viens peut-être un peu tard, mais dans le bruit du Palais ou le secret du cabinet, on n'entend guère les heures^ politiques, et n'est-on pas toujours bien venu à demander justice à S. E., qui aime à la rendre en tout temps et en tout lieu? » Ce M. Robin est un homme d'esprit et de belles-lettres et qui est très-oflicieux. Sa lettre est fort bien écrite. xM. Pélisson avoit autrefois une pareille place chez M. Fouquet.
Samedi 13. — Biron. He Levv. La V^\LLIÈRE Ducs et PAIRS. — Le Régent a fini sa Régence par trois ducs cpril a fait faire au Hoi. On eût pu attendre la majorité qui est si proche, mais on a voulu faire de tout pendant celte
413 MKMOIRKS PK MATHIKI' MAllAIS.
Kéireiut'. (it> tM>i> diics suiil MM. clo lliroii, de 1a'\ y ci {\c laValliriv. Los Hiron ont été ducs autirtois. Les Lévy ont eu le duché clr Vculadour, et M""" de la Vallicre, celui de Vaujour. Il ne sera pas diflicile de ressusciter ces pairies jH)ur les taire ducs et pairs.
M. lie Hiroi) est duc par le lléi^ent, à la maison de qui il e>t attaché. M. de Lévy, par M""' de Ventadour, (pii a été i^ouvernaule du Roi et M. de la Vallière par M'"' la princesse de ('.onti, la i;Tande-douairi«''rc, qui est tille de M""' de la Vallicre. Ils disent que U) Ijisaïcul de ce dernier ducétoil meunier. On parle de trois maréchaux de France, ils sont encore in petto : le comte du Bourg, le comte de Medavy et le duc de (iramont. Cet honneur qu'on veut faire au duc de Gramont est pour lui ôter le régiment des gardes dont il est colonel, et qu'on veut voir au colonel-général d<,' rinfanterie. Il y sera forcé, ce (|ui le fâchera très-fort, car il aime les prolits.
Lu\i(U 1."). — JrsTii iCATioN i)K M. LK Blanc et des tuésoKiKHS. — Leliégent a annoncé la justification entière de M. le Blanc, secrétaire d'Ktat de la guerre (;t celle des trésoriers. Il a dit que tout s'étoit fait dans la règle. \ oil;\ les PAris bien déclarés calomniateurs. On les devroit punir comme tels et leur taire essuyer la peine du talion; mais ils .sont hini riches, <'t quand on a tant de millions on n'est îTuère criminel. Patience, nous vivrons peut-être assez pour les voir pendre. Il y avoit un projet de donner la guerre à M. deBreleuil, intendant de Liuïoge*. On dit à Toreille qu'il a l)i«'n rendu des services dans cette province; au cardinal, cpii en est originaire, et rpi'd a fait supprimer les titres de sa roture, et même, dit-un^ ceux d'un mariage qu'il /«voit rnutr.uté et des en- •fanls qui en sont venus (1).
<jiEvif,i..\Ki). Sache diUoi. — (^hevilhird, généalogiste,
(I) V. Saint Siioon. — Voir aiiMJ Ich iI(mi\ \oliitni'H |Miblié« ^iir le (.ir- •IfOêl \}\\\ft\* par M. If lomlc d«f SeiMiar, lAmyot, \Hc/>.)
a fait graver dans une grande planche le sacre du Roi avec les arnnoiries de tous ceux qui y ont été. Il dit que cela ressemble à l'intronisation ancienne qui se faisoit sur un parvis à la tête de l'armée, avec les armes des chevaliers et barons, et cela y ressemble comme à un moulin à vent. Il adonné au grand-écuyer les marques de sa dignité, qui sont les deux épées à côté de l'écu, posées droites dans le fourreau fleurdelisé avec le baudrier. Kt il s'est avisé de donner de son chef au premier écuyer une pareille épée posée derrière son écu, avec le fourreau et le baudrier, disant que si le grandécuyer a deux épées pour ornement, le premier en doit avoir une. Mais c'est qu'il ne sait pas que le grand-écuyer a ces épées parce qu'il est garde de l'épée de parement du Roi, pour la porter devant lui dans les cérémonies puljliques, et que le premier écuyer n'a nulle part à ces honneurs. J'ai fait un Mémoire pour empêcher cette innovation, qui bientôt passera de la planche au carrosse et à la vaisselle et aux cachets; et c'est ainsi qu'on s(; fait des titres faux en France et qu'on abuse de tout.
MarcU 10. — Majorité. — Le Roi étant né à huit heures du matin, le 15 février 1710, est entré aujourd'hui dans sa quatorzième année ; Altigil annutn qualuordecimum suivant redit de Charles V du mois d'août 137V. Ainsi, il est n\ajeur et il n'y a plus de Régent ni de régence. Dieu veuille que ce soit pour sa gloire et pour notre bonheur!
L'édit de Charles V porte : Co ipso quod 1 i^ annum tetatis suaj attigerint (1). La déclaration delà majorité ne se feraqu(;4e lundi 22 de ce mois, au lit de justice. Le lioi ne viendra à Paris que le 20. Les médecins l'ont jugé à propos pour le parfait rétablissement de sa santé.
Dans l'assemblée du 2 septembre 1715, le Régent et les gens du Roi ont dit que les rois étoient majeurs à
(Ij Les gens du Roi, »laiis Dnpuy (.ï/^/yor, p. 407), disent : « Silùl qu'ils sont entrés el ont atteint le quatorzième an île leur iU^e. ( .\ofr <lr Mnrnis. )
414 MINK^IRKS PK M VTUIRll MARAIS.
treize ans et un jour. Je ne sais où ils ont pris ce jour.
Le public, cpii vont parler de ce qu'il ne sait pas, dit ijue le Héirent se va l'aire déclarer Daupliin. Mais, |)()ur t^trc Dauphin, il tant être lils aîné du lioi et héritier présomptif de la couronne. Et il n'est ni Tun ni l'autre. S'il a la couronne par les traités et les renonciations du roi d'Espagne, cela ne fait pas une succession légale et présoniptive , mais plutôt une succession contractuelle : lùluium successorum , cpji n'est point entré dans les clauses de la donation du Dauphiné.
Lk makkciial de Villeroy exilé. — Le maréchal de Villeroy, qui esten e.\il,ne verra point toutes lesjoies de la majorité. Paparel, condamné à mort dans la Chambre de justice et qui a eu sa grâce parle marquis dei^aFare, son gendre, doit lui aller tenir compagnie ;\ Lyon. C'est une triste chose qu'un exilé. Le maréclud de Villeroy qui étoit, il y a trois mois, un second roi en France, est aujourd'hui tro[) heureux d'avoir pour compagnie un pendu.
S.\i>t-Héai.. — Oii a imprimé à La Haye les œuvres de Saint héal en cinq volumes. Ils n'y ont pas mis les deux volumes de Lettres à AtticuSy avec des notes qui éloient excellentes, et ils ont mal fait. Les Mémoires de madame de .Mazarin, (ju'ilslui attribuent, ne sont pas de lui, mais de rablni de Villars, auteur duGabalis. M. Bignon me l'a dit, et ceCiabalis n'est pas original, c'est un plagiat public fait au cavalier Borri,qui avoit fait imprimer son livre en italien avant celui de l'abbé de Villars (1). Il y a de fort bonnes pièces dans ce recueil de Saint-Kéal, mais il y
(Ij L'original •!«? IJorri e*l dans la /iihli'ithàfjue de M. Dnfay [ISotcile ^' ' l'aflu !•• (oiis.jrrr a Horr) (I. N , p. ;»;» «Ir IVdilKUi Hni-
' 1 U'h lintretuus du covi(r dr Gohnlis sur tfs .schhccs
(litre exact d«> rrti^li'Kanl et ft|iiij|iiH ouvra|{K, qui méritcroil la réiinpre^tiiun ) Koat |»a- 'H aux dnix iimiiiiTCH Lettres >\*' llorii, iiiiprinicivs eii
\ftMt a ( • I < . ilonlf, qui a iii^ion' tfliii de Marais, n'est paita^e ou
iruli'iui- ni |Mr Ikmavrnliire d'ArKoonr ( Mt^lanrjrs de littérature et d'histoin, I V\ p. '»7H , m |i.ir \Uv nunls des smnuls, I VI, p. idO de
i't-ditinn dr U Mohiiom- j, cl il.- t K.nl.ii r m- I. ilis< iih' in^iiie pas.
a bien des œuvres posthumes fort suspectes. On n'a pas oublié la Viede Jésus-Christ qui a. été accusée de socinianisme, Don Carlos, la Conjuration contre Venise y V Usage de riiistoire, Césarion, le Livre de la Critique, qui fut imprimé en 1691 à Lyon, quand il quitta la France pour s'en retourner à Chambéry, sa patrie, où il est mort assez malheureux.
Il est parlé de lui dans les Mémoires de littérature de du Sauzet, tome II, où son discours sur la valeur est tout entier. L'abbé C-issagne a fait un livre moral sur la valeur qui est autre chose, et Saint-Réal en parle dans sa Critique , page 173. Bayle ne parle jamais qu'avec éloge de Saint-Réal et l'appelle toujours bel esprit. Il en avoit beaucoup et de celui qu'on n'a guère, qui est d'étudier les motifs des actions des hommes et de les découvrir dans le fond de leur âme où ils les vouloient cacher. Son style est fort vigoureux et pris dans Amyot et dans Montaigne. On n'a pas donné les Lettres ù Atlicus pMrcequ'il n'a pas tout traduit et commenté, elque l'abbé Mongault a achevé cet ouvrage.
Mercredi 17. — M. de la Vrillikre, son fils en survivance. — Le Koi majeur a donné à M. de la Vrillière, secrétaire d'État, la survivance de sa charge pour le comte de Saint-Florentin, son fils. Ce sera le dixième secrétaire d'État du nom de Phélipeaux. Le père est très-oflicieux et s'est fait bien des amis à la Cour. Il est beau que la première grAce du Roi ait été pour lui. Il ne s'est pas soucié de tenir la survivance des mains du Régent, Celle (ju'il a est plus stable, et il a appris celte leçon dans les Mémoires d'État que ses ancêtres lui ont laissés.
Les trois nouveaux ducs et pairs seront reçus au lit de justice ; j'ai vu leur billet d'invitation pour le Parlement. M. de Lévi s'appelle tout court le duc Lévi, sans de : il faut que h; Roi ait érigé des pairies pour eux.
Garde DES SCEAUX. — M. le garde des sceaux doit venir au lit de justice certainement ; j'ai vu uiir htlro de lui,
416 MKMOIHK.S OK M VIUlKll MARAIS.
sisrnce {.VArmenouville, où il écrit à un des maîtres de roqiuHt's nommés pour le lit do justice, et qu'il ait i\ s'y trouver le lundi '22 lévrier chez lui à luiit heures du matin, pour de là îdler au palais avec MM. du Conseil |)our accompairner le Koi,
K.NTRKES RKNVOVKKS. — Lc lioi a reuvoyé toutes les entrées de sa chamhre au cabinet, et il les donnera luilin^me. Voilà déjà une action de majorité.
Lk r.AU DINAI. Mi.MSTUK. — Le Cardinal est accahlé d'alfaires, il n'en entend pas la i)lus grande partit^ lorsqu'il s'ajrit de détail. 11 ne sait où il en est, la lièvre lui a pris, il est tombé malade et il s'est couché; il apourtantdonné a dîner aux and)assadeurs à l'ordinaire.
pRKVoT DE Paris. — Le prévôt de Paris est déjà troublé dans ses fonctions^ Il a donné une ordonnance })our enlever un corps mort à la basse geôle du Chàlelet, et le délivrer à un chiruriiien îispirant pour en user suivant les statuts. Lo lieutenant criminel sest saisi de l'ordonnance, en a fait une autre, a l'ait délivrer le cadavre au chirur.L^ien, après les conclusions du procureur du Koi que le prévôt de l*aris n'avoit point prises, et qu'il se dit en droit de ne point prendre. Les plaintes ont été portées au cardinal. M. le duc d'Orléans en a été informé, il a demandé des mémoires, on les a soumis. M. Le Blanc et M. de Maurepas ont écrit au Prévôt des lettres gracieuses (pie j'ai vu«'s. On attend la décision.
.MiKOMKSML — M. de MirouKîsnil, culoneldu régiment de tjuercy, a ordre de se défaire, sinon cassé et mis à la Hastille. Il prêtoitsur gages et les vendoit.
Cordon HLiu. Hkli.k-Islk Hrigik. —H y «i grande brifçue [KHir le cordon bhîu. (hi «btipieM-de Helle-lsle, petitfils de M. Fouquet, surintendant des finances, en aura un. Il n'est ni ancien oflicier, ni seigneur de la Cour, ni revêtu d'aucune charge (pii puisse lui lair»^ espérer Tordre du S;iiiitKspril, mais il est favori <bi ministre, et (;'est iLsstz. Prul-ètre aussi véut-on ]»;irl'i juslilin- la mémoire
FÉVRIEK 1725. 417
de son t»raiid-père, qui fut la victime de la colère de Louis XIV, et qui ne dut sa vie qu'à l'inflexible fermeté de M. d'Ormesson, son rapporteur. Ce M. de Belle-Isle a cédé Belle-Isle au Roi, qui lui a donné, en échange, plusieurs domaines, et entre autres celui de Gisors. Mais la Chambre des comptes ne veut pas vérifier cet échange, où on dit que le Roi perd, et ne veut pas souffrir qu'on donne Gisors, qui est l'apanage d'un fils de France. M. le duc de Berry l'avoit. M. le P. P. de Nicolaïest ferme dans les règles et ne passera rien contre.
Vendredi 18. — Conseil d'État. Duc de Chartres. — On a formé un conseil d'État qui est composé du Roi, du duc d'Orléans, du duc de Chartres, de M. le Duc, du cardinal Dubois et de Tévéque de Fréjus. Le prince de Conti n'en est point, nile comte de Charolois. On en vouloit exclure le duc de Chartres, mais il l'a emporté à la pointe de l'épée. Il a dit que si monsieur le Duc en étoit et que lui n'en fût pas, il auroit sa vie ou lui la sienne. Leduc d'Orléans lui a demandé : « Qui croyez-vous donc être ? » ' — (( Votre fils. » Il a aussi fait entendre au cardinal qu'il avoit en lui un ennemi et qu'il ne s'en cachoit pas. C'est que le cardinal est fâché que ce prince n'a point été travailler chez S. E. Et pour cela, il vouloit l'exclure du conseil.
Chancelier. Villerov. Noailles. Exils renouvelés. — Les lettres de cachet ont été renouvelées pour confirmer l'exil du chancelier, du maréchal de Villeroy et du duc de Noailles. On les a jugés nécessaires à cause de l'expiration du pouvoir du Régent à la majorité.
Samedi 19. — Le Roi a Paris. — Le Roi est arrivé à Paris, sur les six heures du soir, pour tenir son lit de justice lundi, tous les ministres sont arrivés, le cardinal, le garde des sceaux, etc. Le cardinal, en arrivant, estallé j\ Port-Royal voir la ])r incesse de Conti et y est demeuré deux heures.
himauche ^O. — Di c in Maine. — Sur les cinq heures
4IK MÉMOIRES DE M VXniF.ÎT MARAIS
ilii soir, le duo du Maine a envoyé un paciuei au Garde des sceaux. On dit ijue le garde des sceaux a di( au ,2:entilhomnie porteur du paquet (juil étoit Irt's-fAché, que tous les ordres étoient ilonnés , qu'il n'y en avoit point pour le duc de Maine, et qu'il s'y étoit pris trop tard ])our les propositions qu'il l'aisoit.
Le cardinal est venu chez le Garde des sceaux, comme incofrnito, et a été longtemps avec lui, pour arranger la matière du lit de justice ; ils ont parlé du ducdu Maine et lecartlinal a répondu : Cela viendra. Le Garde des sceaux avoit été le matin chez le V. V. au sujet de ses provisions de garde des sceaux, etafait sa visite comme récipiendaire.
Lundi 21 . — Lit dk justice au Parlkmknt pour la déclaration DE LA MAJORITÉ. — Le Roi cst veuu du Louvre aul'alaisengrandcortége.IlaentendulamesscàlaSainto- Chapelle sur les dix heures et demie. Elle a été dite par un de ses aumôniers. 11 y a eu contestation entre les huissiers de la chandire et ceux du Parlement, à qui seroit le plus proche du Roi pour le conduire. Elle n'a point été décidée, le Roi a toujours marché, les huissiers de la chamhre n'ont l>oint voulu quitter, et cette marche s'est faite en grondant. \je garde des sceaux est entré avec le Roi et le conseil. \Ai cardinal premier ministre, ni aucun autre cardinal, ne sont. venus à cette séance, et cela a ahrégé des disputes entre le Parlement et les pairs ecclésiastiques. Le Roi a parlé d'ahord et fait le discours ordinaire. Le duc d'Orléans lui a répondu, a fait une harangue touchante;, ela voulu se jeter aux pi<*dsdu Roi, qui l'a relevé, l'a embras.so deux fois, et l'a prié de l'aider ses conseils. Il n'y a eu ni litre, ni char;:e, ni qualité nouvelle pour l'ex- Kégent. Le Garde des sceaux a prononcé ensuite, d'un air tn»î>-facile et d'un ton très-gracieux, le discours (pi'il avoil préparé, qui étoit fort long et (pii a été approuvé.
Les provisions n'étoient pas encore registrèes à ce moment. Ainsi, il a parlé comme garde des sceaux , sans que le Parlement leùl reconnu. Après cette harangue,
FÉVRIFR 1725. - 419
on a lu ces provisions, les gens du Roi ont parlé, et il a été lui-même aux opinions, malgré le murmure des présidents, qui disoient tout haut que dans sa propre affaire il ne pouvoit recueillir les voix. Mais il a toujours été son chemin et a prononcé l'enregistrement : «Le Roi, séant en son lit de justice, etc. » Ensuite, il a pris le serment des trois ducs et pairs, M. de Biron le premier, M. de Lévi le second, et M. de la Vallière le troisième, et leur a dit à chacun : « Prenez votre place comme duc et pair, » ce qu'ils ont fait à l'instant. Les trois ducs avoient été reçus avant l'arrivéedu Roi. On a ensuite renouvelé un éditdesDi/e/s, où il y a de nouvelles peines de dégradation de noblesse et de prison de quinze ans contre les offenseurs. Cet édit a donné beaucoup à parler. J'oublioisle discours du P. P. qui l'a lu et a parlé très- bas, et dont on dit beaucoup de \non. La séance a fini par la harangue de M. de Lanioignon, avocat général, quia parlé dignement, et a donné au Roi de très-vertueuses instructions. Le Roi étoit habillé de violet, à cause du deuil, en manteau de cour et le rabat bordé d'effilé ; tout le Parlement étoit en robe rouge, et tous les autres, ducs et pairs, maréchaux de France, gouverneurs et lieutenants généraux, étoient en noir. •
l^e comte de Toulouse a passé au travers du parquet, s'est assis au-dessus des ducs et pairs, et. a joui des honneurs des princes du sang, qui lui sont réservés par !«' lit de justice du 2() août 1718. Le prévôt de Paris a pris la séance qui lui appartient sur les degrés du parquet, où il s'est assis aux pieds du grand-chambellan et dugrandécuyer. C'est la première fois qu'il a eu ce droit depuis sa réception. Il a cette place comme ayant li garde du parquet et a un bâton de commandement à la main. Le prince Charles, grand-écuyer, portoit l'épée Foyale dans le fourreau fleurdelisé.
Tous les ducs et maréchaux de France (jui ont le cordon bleu se sont tenus, à leui' v'au'j.\ ynwnù 1rs (bus cl
^ÎO MFMOIRKS HK MAlIlIir MARAIS.
p.inni K»s inartM'liiuix. Il ne s'est trouvé cjuc le comte de
Mati::non,rortloiil»l«'ii, (jiii a pris place sur le banc desclie-
\aliei*s de l'Ortlre , ri . sur le mènie banc, s'est placé Tabbé
lie Pomponne, chancelier deTOrilre, qui prétend en avoir
le droit, et les chevaliers, au contraire, disent qu'il n'est
qu'ofticier de l'Ordre. Mais il a pris cette place en vertu
d'un brevet du Hoi cjui la lui a accordée, parce qu'il y a
deu\ exemples de chanceliers de l'Ordre qui ont eu ce
ranir. Ce brevet n'empêche pas le mécontentement des
chevaliers, ipii n'y ont pas voulu venir, et qui n'ont pu
empêcher le comte de Matignon de procurer cet honneur
à l'abbé de Pomponne, en y venant malgré ses confrères.
Il est vrai que cette charge de chancelier oblige à des
preuves, mais c'est en conséquence de la charge et non
pas en vertu du cordon, qu'il tient comme attaché à l'of-
lice seulement. Voilà toujours la possession prise et un
exemple pour d'autres temps.
Le Koi est revenu au Louvre, sur les deux heures, avec le même cortège. Dans le fortd de son carrosse étoit avec lui le duc d'Orléans, à une portière M. le Duc, k l'autre le prince de Conti. Sur le devant le duc de Chartres, le comte de Clermont et le comte de Charolois. Dans les tribunes de la Grand'-Chambre , qui étoit toute nouvellement dorée, réparée et magnificjue, il y avoit la duchesse de Ventadour, la duchesse delà Ferté,la duchesse dcLorge,lille(lu P. P., leFiiai(|uis de la Vrillière, et autres dames avec l'ambassadeur de li(dlande. De l'autre côté, le Nonce et les ambassadeurs. Le régiment des gardes, fran(;ai.ses et le Kégiment Suisse bordoient les rues depuis le L<iuvre jusqu'au Palais. Et le peujjlc paraissoit fort empressé et fort joyeux de voir celte cérémonii; de la majorité de son Hoi, qui va h* cpiitter au premier jour. Il y a eu des illuminations et de» jeux le soir jiartout Paris.
Kkciikrciiks SLR LhR CARDINAUX. — Toulcs Ics rechercher (jue l'on avoit faites sur leswirdirjaux, et celles des tardes des .sceaux »mi rrd)sr'nce des ( li.iiiceliers , sont
Ff:VRIER 1725. 421
restées dans le cabinet des savants. Il y a deux exemples d'un connétable et d'un cardinal du temps du roi Jean en 1353, et de Henri II en 1551, qui ont parlé dans des lits de justice en présence du chancelier; ils sont rapportés par M. de MarilLic dans un Traité des chanceliers el gardes des sceaux de France^ qui est resté manuscrit, et dont Godefroy rapporte un extrait très- curieux dans son Histoire des chanceliers.
Garde des sceaux. D'Agi tssEAU. — Les provisions du carde des sceaux commencent par dire : u jS'otreami et féal le S' d\iguesseau, chancelier de France, nous ayant remis les sceaux, etc. n
Et cela ne plaisoit point du tout ù son fils, avocat général, qui étoit là présent, et qui voyoit le garde des sceaux occuper la place de son père, dans une occasion si honorable. Je remarque que le garde des sceaux est placé dans une chaire séparée, non par marque d'honneur, mais pour ne pas être au-dessus du P. P. Il était assissur le même banc avant lui. Le Parlement a toujours conservé la dignité de son corps dans ces assemblées, jusquelà que le P. P. ne va point au-devant du Roi, et qu'on n'y envoie que \ présidents et 0 conseillers.
Mardi 11. — Toutes les Cours ont été faire des compliments au Uoi sur la majorité. Il n'a voulu aller à aucun spectacle, ni opéra, nicomédie. Il ne les aime point, eton ne sait pas trop ce qu'il aime.
MouT DE M" "■ LA PiiixcESSE. — Ce même jour, iM""" la Princesse, veuve de M. le Prince, tils du grand Condé, est morte à Paris, sur le midi, dans son hôtel du petit Luxembourg. Klle s'appeloil Anne, palatine de Bavière, étoit née le 13 iuars ItiVH, et avoit près de soixantecpiinze ans. Elle laisse pour héritiers : 1' les enfants de feu M. le Duc, (jui représentent leur père; 2' M""" la princesse de Conli mère; 3" iM™'' la duchesse du xMaine. On va revoir de belles contestations et de longs procès, car les uns ni les autres n'aiment pas à rien céder. La branche
4M MÉMOIUhi; PK MATHIKU MARAIS
lie ft'U M. le Due eNt eoniposée de M. le Due, du eoiute de Charulois, du eonite de Clerniont, delà prineesse de Conti la jeune, de M"*" de Cliarolois et des princesses de Clerinont. de Verinandois et de tous sens frOres et sœurs.
Jemii 'l'k. — Le Koi a quitté Paris et est retourné à Versiiilles en bonne santé.
Ce jour, labljé Houteville a été reçu à l'Académie française. Il a mal harangué dans son style aliecté et précieux. Le cardinal Dubois y étoit présent; l'assemblée étoit nombreuse et il y avoit jusqu'à M. le P. Président, qui n'étoit venu que pour faire sa cour au cardinal.
— Chevillard le généalogiste, qui a bien senti sa bévue, a rayé, sur sa planche et sur sa carte, Tépée qu'il avoit donnée au premier écuyer^ pourembellirsesarmoiries. 11 Ta fait de lui-même sur la représentation qui lui a été faite de son œuvre, et il en a donné un acte par-devant notaire.
— Dansée mois, il y a eu plusieurs éditset déclarations.
Agknt I)k changk. — Kdit de janvier, registre le 12 février, (pii rétablit 60 nouveaux offices d'agent de change. Ils étoient par ennimission pendant le système.
CoNsiLS. — Déclaration registrée le 12 décembre^ qui ordonne cjue les consuls en charge jugeront seuls, et défend aux anciens de s'y immiscer, s'ils ne sont ap- |)elés.
PoKTK poiK LKS K>TRKt:s. — Arrêts et lettres patentes qui indiquent de certaines portes pour les entrées à Paris et déclare les autres faux passages. Kegistré le 12 janvier.
.Vrrêtdu IV «pii li\r l<'s droits de réception de nouvelles niallri*»»"».
pRKMiKK Ahhh i>k majokitk. — .\rrêt (lu 1(», concernant le renilKjui-s^Muent des receveurs des fermes. C'est le premier arrêt de la majorité; il n'y est point dit : « De l'avis de .M. le due d'Orléans, Kégent. »» Il est rendu I» jour même de la majorité ar>4|uise.
Arrêt du 23 qui rétablit la foire de Beaucaire , parce que la contagion est cessée.
Dimanche ^S février, lundi V^. — Histoire de Loris XIV PAR MÉDAILLES. — J'ai vuchczM. Guyon de Saidière, iils de la célèbre madame Guyon, une bibliothèque assez curieuse. On lui avoit donné depuis quelques jours le nouveau livre des Médailles de Louis XIV, que le Roi a fait continuer jusqu'à sa mort, et qui est un monument glorieux à la France, à la mémoire du Roi et aux auteurs et graveurs de ces médailles. Elles sont magnifiques. Le livre est plein d'ornements et de vignettes qui bordent toutes les pages. C'est une 2^ édition augmentée. La dernière médaille est celle que le Roi a fait frapper, Adœternam memoriam Lud. XIV, où Louis XV est représenté au revers, et il ne pouvoit moins faire pour son bisaïeul, qui lui a laissé un aussi bel héritage que le royaume de France. Dans cette même bibliothèque, j'ai vu un trèsbeau manuscrit en vélin, représentant toutes les armoiries des chevaliers du l'ordre du Saint-Esprit, en miniature, avec le portrait de Henri lli à la tête, qui est tout de sa hauteur. Le livre a été fait du temps même de Henri 111, et a été fait pour lui par un habile dessinateur, qui éloit héraut du titre de Provence. Le P. Le Long {Bibl. fr.y) en parle et l'appelle la Matrice de l ordre du Saint-Esprit. Ce livre devoit appartenir au Roi et à l'Ordre. M. de Sardière me montra plusieurs romans anciens très-curieux. Il venoit d'acheter un Merlin Coccaieen francois, qui a pour titre : Histoire macaronique de Merlin Coccaie, prototijpe de Rabelais, IGOG, in-l*2. Mais Rabelais est bien au-dessus de cet auteur. On se trompe bien de croire que ce soit son original, il n'avoit d'original que sa tète savante, et il y a tout pris, hors quehjues contes qu'il a tirés des au-
4U Ml MOIIIIS l>K MAIIIIKU MARAIS.
tom*s italiens olqu'ila l)ien ornés. Du resle, lu Macaron ce lie Koleniri ne ptnit jamais t^tre bien traduite, ooinine ou ne pouiToit jamais bien traduire ni Kabelais, ni Scarron. Ilaillet Jutjcwcnt des savants parle de Folengi : il dit qu'il a été moine bénédictin ; je ne le crois pas, car son père, qui a donné une édition de sa Macaronce, et qui y a mis une Vie de l'auteur à la télé, n'en dit rien.
.Uardi I". — Édiï hks dikls. — On a publié l'Èdit des duelSy qui a été registre au lit de justice ; il y a à la tin : Lu et public, le Roi séant en son litde justicCy etc. En 1().'>1, le7 septend)re, Louis XiVen fit registrer un, sur la même matière, le jour de sa majorité, où on trouve: A Parisy en parlement et le Roi y séant. Et c'est ce que le l*arlement vouloit avoir à cette dernière séance. Mais il n'a pu l'obtenir. 11 y a grande différence du Parlement de l().")l, qui faisoit le maître, ;\ celui de 17*23 , qui n'tst plus que valet. Dans cet édit dernier, le Roi parle de sa majorité, elle ne se déclare pas autrement. 11 confirme Tédit de KiTÎ), la déclaration du IV décembre de la même année, un édit de décembre 170V conire les officiers de robe, une déclaration de 1711, qui adjuge aux bùpitaux la totalité des biens des duellistes, et deux règlements faits par les marécliaux de France, en lOÔ.'J et 1G79, pour les réparations et satistactions, (|ui n'avoient j)as été confirmées. L'article 8 donne aux murécliaux de France le pouvoir d'étendre ces peines comme il leur plaira, et ordonne que (juiconque en aura frappé un autre, dans (ptehjue circonstance et dans <jucl(juc cas que ce soit, soit puni jiar dégradation des armeSj de noblesse personnelle, et quinze ans de prison, dont il ne sortira cpw par les ordres du Hoi. On fait dire au Uoi qu'il a juré par le t/rand Dieu vivant, lors de son sacre, (ju'il nVxmqiteroit personne de la rigueur des durls. Et les Inraux diseur- du temps n'ont pu s'empèeher de mettre de leur style dans cet édit, en disant « (pie cette loi est né- C4»sviin. |,r,iir la conservation de la noblesse, qui est le
plus ferme appui de notre royaume, et que la fureur des duels ne pourroit qu'affaiblir inutilement pour l'État. » Qu'est-ce que cela veut dire, affaiblir inulilemenl? On ne parloit pas ainsi, ni en 1651 ni en 1679, où les rois parloientavec noblesse et majesté, et on leur fait parler aujourd'hui le langage des précieuses. ( Voyez le Recueil desduelSy imprimé à Paris, chezCramoisy, en 1679, in-12, où sont tous les édits depuis Henri IV, les règlements des maréchaux de France, et une lettre circulaire des administrateurs de rilùtel-Dieu, qui est très-éloquente et très-vive surlesduels.R.M.r4.,p. 129,édit.,170V— 1711, p. 153.) On aura bien de la peine à ùter cette fureur du cœur des François, et surtout des officiers, qui sont déshonorés dans leur corps même, quand, étant offensés, ils ne se battent point. Si on se bat, on est duelliste; si on ne se bat point, on est cassé comme un poltron. Disons comme le Pastor fido :
Kt la loi doit passer pour une loi trop dure • Qui condamne un penchant que donne la nature.
Lit de justice. — On attend avec empressement le Vrocès-Vcrhal du lit de justice et les discours, et surtout celui du garde des sceaux, qui a dit, à ce qu'on prétend, que la plus belle année du règne de Louis XIV n'égaloit pas la dernière année de la Régence, et d'autres, que les grandes guerres avoient épuisé l'État, et que l'on n'en voyoit point la misère sous Louis XIV, parce qu'il rèpandoit un tel éclat par tout son royaume, par sa seule personne, qu'on en étoit ébloui, mais (ju'ayant disparu, on a vu les désordres, qu'il a fallu y apporter de grands remèdes, parce que les maux étuient grands, et qu'ils auroient mieux opéré si Favidité n'en avoit empêché Féclat. Cette pensée est belle et même sublime, par le sens et l'expression. Quand nous verrons les discours, nous verrons tout ce qui s'impriifte et au Parlement et au Louvre.
42f. MKMOlKhS DK MATHIKll MAUAIS.
ii.wLK. Otli vuts MKLKKS. — T. JohiiSL'iic , Hlmiirc de La Haye, qui imprime les Œuvres nuMées de Bayle, m'a écrit pour me demander des instructions sur son édition et sur plusieurs pièces manuscrites qui peuvent m'étre connues. M. Basna^e, exécuteur du testament de Bayle, devroit faire imprimer ce testament. J'ai leCarlananum Calendanum^quicontient, en style de FasleSy sa vie depuis sa naissmce juscpi'à (juarante ans, et là on voit cpi'il a été catlioliipie dix-huit mois et (ju'il est auteur du Com. philosophique. J'ai la HuranijHC de M. de Lu\eml)0uri^' i\ ses juives et la Critique écrite de sa main. C'est un morceau de siitire l'rançoise très-forte et très-hardie. Je sais où sont (juelcjues lettres du comte à lui-même sur la conjuration d'Amboise, sur le pyrrhonisme historique, et il n'y a rien à perdre d'un si ^^rand homme.
K.NTKKKS CHEZ LE Hoi. — Le Uoi a nommé ceux qui doivent avoir des entrées chez lui, et on a fait quatre classes. entrées familières, de famiUcy fjrandes entrées, petites entrées^ entrées de cabinet. On ne connoissoit pointées entrées familières. C'est un nom nouveau ; on a été étonné de ne voir dans aucune classe ni les princes de la maison de Lorraine, ni aucun des Uohan, j)as même le cardinal de Kohan, <pii voit ([n'il est hien loin du ministère, où il prélendoil, et qn il n'a servi (|ue de planche au cardinal I)ul)ois.
l'KKMIEHK CLASSK
hnlrécs J(i m Hier es .
^f. le duc d'()rlé;iiis. Le cardinal Dubois.
M. If duc de Cliarlrcii M. IVv^que de Fréjus.
M. !«• Duc. Dodart, premier médecin.
f >e roml<* de (.liarolois Mari'chal, premier chirurfîien.
\jt conile de(>lermunl. I..'i l'evr<»nit'. 1^ prinrp de OïDti. ^ Hiouin. \m comte de TouIoun*»