CHANSON SUR LE CONCILE
Est-ce uu concile ? est-ce un sabbat,
Cette noire assemblée Qui contre le plus saint prélat
Est si fort décbaînée?
On n'y garde point les canons, La faridondaine, la faridondon.
C'est un concile à ce qu'on dit,
Hiribi, A la façon de Barbari, JMoD ami.
Les curés de Paris ont fait des remontrances au Roi,
260 Mh'MOIRKS DE MATllIFU MARAIS.
sur ce que le Mémoire do trente curés de Paris, ad rossé au cardinal de Noailles au sujet de la prochaine acceptation de la constitution l'iiigenilusA été supprimé, par arrêt du conseil du li juin 1727, et que, par des lettres patentes du même jour, le lieutenant de police, avec le ChAtelet, ont été nommés^ pour juger en dernier ressort les auteurs et distributeurs de ce Mémoire. On a crié et affiché cet arrêt; les colporteurs disoient : « Arrêt pour faire le procès à trente curés de Paris. » Cela a produit les remontrances, qui ont été mises, le 5 septembre, entre les mains du cardinal de Fleury et imprimées en secret.
Les curés se plaignent de ce qu'on leur veut faire leur procès sur un mémoire qu'ils ont adressé à leur archevêque, et faire passer cette union comme une association contre PEtat, et qu'ils sont plus maltraités que les curés de campagne, qui s'assemblent et font des conférences tous les mois, et font des rapports à leurs évoques de ce qui s'y passe. Ils finissent par ce passage de Terlullien : a Cum probi, cum boni, cum casli, cum pii con(jre(jantury non est faclio dicenda, sed curia. » (Terlullien, Apoloyélique. Passage bien appliqué.
30 septembre. — Gaudel. — J'apprends en ce moment que le Mémoire de la demoiselleGardel ayant été examiné par M. de Vanhole en présence de M. le Chancelier, a été regardé comme libelle inutile et ne contenant aucun moyen valable de cassation ; que l'avocat au Conseil qui Pasigné, doit être interdit, et qu'il sera obligé de nommer ceux qui en sont les auteurs (1). Le cordelier méritoroit bien unelouche pour se mêler de ce qu'il n'a (pie faire. C'est encore lui qui avoit fait les derniers Mémoires^ pour le prévôt de Paris, et qui s'avisa de corriger le mien, lequel n'a point été donné, mais honteusement pillé par ce moine, qui a fait cent fautes.
(l)L'âTocâl »u conseil g'est déclaré l'auteur Mu Mémoire et le fconlicnt bon. (Ao/<r de Marais.)
CoxciLE. — On vient de me dire aussi que l'évoque de Senez est jugé par le concile d'Emljrun, interdit, rélégué dans le séminaire de Viviers, où il n'y a que des Sulpiciens, et que Ton a nommé des grands vicaires pour gouverner son diocèse. Est-ce un concile? Est-ce un sabbat? etc. On dit qu'on va tenir un autre concile à Narbonne contre l'évêque de Montpellier, et ainsi des autres, et nous allons voir en un an plus de conciles qu'on n'en a vu en cent ans. Le dernier est de 1624, à Bordeaux.
Pamiers. — L'évêque de Pamiers (qui est Verthamon, âgé de quatre-vingts ans) a fait une Instruction pastorale, dans le goût de celle de l'évêque de Senez. Elle est du mois de juillet dernier, et vient d'être imprimée. Il court aussi après un concile. 11 crie après la Constitution, contre le Formulaire, prend le parti des douze articles attribués au Pape, et élève fort l'évêque de Senez. Et on a vu aussi dans le même temps, une lettre de M. de Montpellier trèsvive contre l'évêque de Chartres, où il prend aussi la défense de M. de Senez et est fâché qu'on ne tienne pas des conciles contre les confidenciaires et les simoniaques. (Traits contre l'archevêque d'Embrun.)
CENTURIES QUI SONT VÉRITABLEMENT DANS NOSTRA- DAMUS ET APPLIQUÉES AU CONCILE