‹ Journal et mémoires de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, sur la régence et le règne de Louis XV, 1715-1737 (volume 5)Chapitre 43 sur 53 · ir. (:ORRKSP()M)ANCE l.M.niTK · texte numérisé non relu

ir. (:ORRKSP()M)ANCE l.M.niTK

div lie lui dire nue oui, et il dit : Mon fils est perdu. Apparemment que cela éloit arrùté dans sa tùte politicpie cl peut-ùtre prophéti(]ue , car les grands politiques sont pro[)lièles , dit-on, mais tous les prophètes ne sont pas politiipies, témoin nos prophc'tesses ^parisiennes.

On débite un écrit en 12 pages in-12 intitulé : Lettre irunofliclerù rautcurile lu Gazette ecclésiastique, quï est une pièce misérable et dilïaïuatoire ; cela vient de Marseille; tout le monde y est nommé et même des dames de condition et les magistrats. Ce sont, dit-on, de vraies nouvelles qu'on envoie au Gazetier ecclésiastique pour mettre à la tète des fausses, et l'auteur promet de continuer. La Provence doit être bien lïichée de l'esprit de ce galérien ; il y parle de l'arrêt contre le mandement d'Arles, mais c'est pour diffamer MM les avocats généraux. La Cadière, le Père Nicolas y ont aussi leur place, et Dieu sait les ordures de ce bel orateur, qui dit que ce P. l'aide en une nuit à clianiier deux fois de situation dans son lit, et qu'un jour il la piit p.u* le menton pour ne pas manquer son coup.

\Ai iS'ouvellisle ecclésiastique a donné une Gazette du 2V octobre qui est une relation (raisonnée) du lit de justice, où il est parlé de M. le comte de Cliarolois et du discours <pie l'on dit qu'il devoity faire dont la substance est rapportée. Cela est curieux si cela est vrai.

On a fait des notes ridicules et ignorantes sur le mandement de .M. d'Arles, et on ne reconnolt pas là les bons faiseurs. La pièce toute seule ymrtoit sa note. Il y a aussi un grand po/^me de Sarcelles pour remontrances au sujet du Parlement Je connois la lettie

de Fnmrois Auvray, qui est très hardie, et qui linit mal I>ar un appel au jugement dernier. M. l'évèque deMelz est assez mal et sera bien regretté s il meurt ; il y a déjà une ode pour lui dans le dernier Mercure d'octobre, (pii lui i>ourroit servir d'épitai»he, et vous y trouverez aussi le

travestissement de iM"*" de La Vierne en homme : onTaime mieux J/t/5e qu'Apollon.

Lettre LIV.

A Paris, ce 6 décembre 17j2.

La paix, la paix : enfin on Fa tant souhaitée qu'elle est faite, et vous en trouverez le traité dans le papier cijoint. Dieu bénisse ceux qui en ont fait la négociation ; il a fallu qu'il en ait coûté la vie à un roi, car c'est à l'occasion des compliments que le Parlement a faits à S. M. au sujet de la mort du roi Victor-Amédée, que la compagnie s'étoit trouvée assemblée par députés à Versailles, au nombre de V7, le mercredi 3. Ils ont été retenus à dîner chez M. le Cardinal, M. le Chancelier, M. le Garde des Sceaux, et là il a été parlé d'accommodement, si bien que le Roi étant venu souper et coucher à la Muette, ils sont tous restés à coucher à Versailles, où ils ont été bien traités, et le lendemain jeudi '♦, à cinq heures du soir, le Uoi, à son retour, leur a donné audience, et leur a fait tenir par M. le Chancelier le discours de paix que je vous envoie. On est revenu fort content sur les onze heures du soir, et le lendemain 5, les chambres assemblées, tout a été approuvé et reçu avec joie et reconnoissance, et le Roi en doit être remercié par M. le premier président au nom de la compagnie. Je ne vous dis rien de la messe rouge du lundi \" y ni du serment des avocats, qui étoient plus de 200, ni des applaudissements et batt(înK'nts de mains de tout le pubhc, pour la présence de M. l'abbé Pucelle, ni du repas de M. le premier président, où il y avoil IGO personnes, et où nul n'auroit été si M. Pucelle ne les avoit conduits en disant que quand une brebis étoit égarée, on l'alloit chercher. Le peuple en battant des mains disoit : Voilà la bonne musique et ne se soucioit guère des violons de la messe^

44S COnRKSPOMlA.NŒ INKDriF.

Eiilin cet heureux êvnionieul dv la mort du roi alKlitjUti a mené la compagnie à la Cour, où elle n'auroit pu parollre, et ainsi dans la vie il arrive des choses inespérées, et les plus grandes affaires ne tiennent qu'à un fil. Je ne sais pas trop ce que je dis. La joie me transporte, et je crois que vous me pardonnerez bien ce désordre en faveur de la cause qui le produit.

Je rouvre mon cabinet avec la succession de M. Tévi*^que de Metz qui en laisse une fort grande et bien des héritiers. H a fait un testament olographe en 1731, à Melz, et un codicille à Paris le jour de sa mort, le '28 novembre dernier; les legs particuliers montent à plus de 600,000 liv., ou en legs pieux, ou à des domestiques. Je suis pour M"* de Blanzac, qui est son héritière la plus proche, et pour M. le prince Charles, héritier des propres paternels en Bretagne, et à qui M. le prince de Lambesc, comme fils de l'alné et le représentant en Bretagne, où la représentation est infinie, dispute cette succession cl aux autres princes lorrains, parce qu'en collatérale il prétend avoir la totalité en vertu de l'article 2V3. Le duché est éteint, mais les terres qui le com[)osent subsistent : il a donné ses manuscrits qui sont ceux du chancelier Séguier, à qui il vous plaira. Voici les termes du legs : Je donne mes manuscrits qui sont en clipôl à l'abbai/e de Saint-Germaindes-Présde Paris, élaiit persuadé qu'ils en feront bon usaije pour î'Jùjliseetpour l'Jùal, et qu ils prieront Dieupourmoi. Son testament linit par ces mots : Je donne le surplus de mes biens meubles et immeubles à ceux à qui ils apparlienuent suivant la disposition des lois, et il y a un legs pour son successeur, en ces termes : Je donne ma terre de frescati à mon successeur avec ses dépendances , maisons mcublés et autres choses, etc.

DiscoursdeM. le Chancelierau Parlement, '^ décembre Mlil.

S. .M. a été moconlenle de son Parlement , mais elle se Jaisse loucher aux assurances, reçoit de sa lidélité et de sa

LRTTRi: f.V. 440

soumission, elle compte que les eifets y répondront par une conduite qui puisse plaire à S. M. Elle veut donc bien que la déclaration du 18 août dernier demeure en surséance, et donne par là à son Parlement des marques de sa confiance et de sa bonté. »

Sur quoi a été arrêté le 5 au matin qu'il sera fait registre tant de la réponse du Roi que de tout ce qui a été dit à la compagnie par M. le premier président, qui témoignera incessamment au Roi, au nom de la compagnie, ses sentiments de respect, de fidélité et de reconnoissance.

Letlre LV\

A Paris, ce 12 déccmltro 1732,

Depuis ma dernière lettre, Monsieur, où je vous mandai la paix du Parlement, j'ai reçu votre Disscrlalioti manuscrite sur rimi)uissance;ie l'ai relue, je l'ai admirée et suis toujoursétonnécommentcette quantité de citations ne sert qu'à abréger votre ouvrage, qui en est comme l'élixir. Au lieu de Préface ^ je voudrois mettre : Parue V% contenant quelques observations générales : nous verrons si on pourra l'imprimer, mais il ne se fera rien sans que vous soyez averti. Si vous avez l'approbation de M. Terrasson^ la chose sera facile, mais ce M. Mol qui a signé le manuscrit à toutes les pages m'embarrasse, et nous serons peut-être obligés d'avoir recours à une édition secrète. M. de Ressye, qui a intérêt pour la dame Vienje et martyre, sa parente, espère bien d'avoir un j)rivilé-:e, sinon de faire imprimer en cachette. Lechilïro descilalions quiestrelatif à cette page donnera de la peine, parce qu'on ne peut pas imprimer, dans cette relation justement cela, et qu'il faudra changer les chiffres, ceciui demandera un grand soin. Du reste , je vous remercie pour Haylo des adoucissements de votre critique ; mais il me semble que le Parlement est toujours bien à découvert sur l'ai rêl de

4S0 CORRKSPONDANCK INKniïK.

lt»T7. Je crois i|u Vil l'imprimant il faiulra joindre l'extrait (lu Journal du Palaia et surtout le faetum de Pasquier. M. de Kessye, qui a été des M députés à la Cour, et (jui ma lait un long récit de cette grande et auguste négociation, m'a chargé de vous faire bien des remerclnients de cet ouvrage que vous avez bien voulu nous communiquer, et sans doute son avocat en piolitera. Ce seroit justement leeasdu congrès, s'il avoitlieu ici, car le maridit qu'il a éloigné la consommation à cause de la jeunesse de sa femme et à sa prière. Mais la fenune a répondu qu'il est impuissant et Ires-impuissant.

On est rentré au Palais ; les harangues, les Mercuriales se sont faites à Fordinaire, et on a commencé à plaider aujourd'hui jeudi, 12 décembre; il faut espérer qu'il n'y aura point de nuage dans un si beau jour; les esprits paroissent très-bien disposés et fort contents. Les actions de la compagnie des Indes , qui étoientà 1875 , sontmontéesà 11*80, et rien ne manpie plus la conliance publique. On parledumandementdeM. le cardinal de Hissy, (pie Tondit plein d'abus, et de propositions absolument contraires aux libertés les plus fortes ; mais on le supprime autant qu'on peut, et il [)aroit (pie les évéques ont eux-mêmes hMc l'accommodement et fait des manifestes pour la justification du Parlement, dont les accusations se trouvent vraies par leurs propres mandements. M. l'évèque dcTroyes est à Paris; il se trouvoit comme exilé dans son diocèse; il en a écrit û M. le cardinal, qui lui a fait une belle réponse et des plus polies, où il dit ignorer cet exil préteiubi, et que sur sa lettre, qui lui servira de garantie, il pmt partir, ce qu'il a fait, il n'en est pas de même de M. dAuxerre, qui est toujours A son diocèse à écrire contre M. de Sens. On devroit l<ni" donner des juges jiour finir ce scandale; mais ce ne peut être qu'un concile provincial, ou quelque assemblée particulière, et comment en venir à Ik)uI?

.\vez-vous entendu parler des Anecdotes du Quiétismc ?

On en dit beaucou[)debien. L'ouvr.ii^e est d'un M. Pliélipeaux, docteur en vSorbonne, ami de M. de Meaux, qui a ordonné que son livre seroit imprimé vingt ans apn^'s sa mort, et on l'a donné au public pour venger les insultes faites à la mémoire de M. Bossuet dans l'histoire de l'église de Meaux d'un certain bénédictin. La pauvre M"*' Guyon est \k en fort mauvais état, à ce que l'on dit, et M™^ la duchesse de Sully, sa fille, en est désespérée.

J'ai une copie du Virelay des Hollandois que je tiens de vous-même, et dont je ferai faire une copie, si vous ne retrouvez pas l'original.

On travaille sérieusement aux digues ; mais cela sera cher. Si toutes les imprimeries alloient tomber à la mer, ce seroit une belle matière pour un deuxième chant du poOme des appelants.

Le livre de Crouzas contre le Pynhonisme est à Paris chez Mariette et se vend 2i ou 25 liv. ; s'il étoit pour le pyrrhonisme ce ne seroit pas trop cher, m.ais contre, c'est excessif. Le livre du P. Souciet sur saint Augustin a été mal vendu; il nV en a eu que 1,000 exemplaires d'édités. Il dit quelque part que Bayle devoit dire : Moi, Pierre BoijUj je soutiens que saint Auguslift n^est qu'un [al, et que par ce moyen il n'auroii dit qu'une sottise, au lieu qu'il en a dit plusieurs. J'en reviens toujours à dire aux critiques : Messieurs, serrez votre plume et votre papier, car vous ne ferez qu'augmenter le nombre des lecteurs du lim' que vous critiquez et diminuer ceux du vôtre.

Nous n'avons pas vu l'arrêt du P. de Toulouse contre le mandement de M. d'Arles; il faut bien aimer ce mandement (piicst le précurseur de la paix, et on devroit Uî couronner au lieu de le brûler.

Il est plaisant qu'il y ait une demoiselle de Materais après qu'il a été dit qu'il n'y en avoit point, mais vous verrez que ce sera un hermaphrodite.

La mort de M. de Metz donne lieu i\ i)eaucoup d»; questions. Son testament et son codicille sont immenses. M""" de

•lù-j CORIll.sPOMVWCK I.M.DITI

Hianzac a doniu' par «.Umation entre-vils à M. île Nangis et au eomte île Houcy, ses deux iiis, le lendemain de la mort du prélat, tout ee (jui lui revientde celle succession et de celle de M. le duc de Sully, avec réserve d'usufruit. (Vest une grande donation. Vous me permettrez. Monsieur, de vous consulter sur (jnelcjucs questions de représentation î\ Tintini en Bretagne, et de partage des meubles en deux lignes i\ Metz, et du domicile ; s'il est à Metz ou à Paris.

M. de Moncrif sollicite la place de l'Académie; si M. de Nangis la demandoit, il représenteroit le chancelier Séguicr; trois Séguier l'ont eue de suite, depuis 1652 ; c'est là quatre-vingts ans de possession.

Lettre LVl\

A Paris, ce <3 décembre, 1732.

Vous devez î\ présent, Monsieur, être hors d'inquiétude sur voire dissertation. J'ai eu l'honneur de vous en écrire par ma dernière , et j'en aurai tout le soin possible. C'est un ouvrage vraiment rare, et qui est plein de sens et de religion.

La paix du Parlement paroit bien confirmée; il est à souhaiter qu'elle dure, et elle durera si la guerre des niandemenls ne recommence point. Je n'ai point encore vu celui de M. le cardinal de Bissy, que l'on dit très-fort pour le I*apc et que Ton supprime îiutant (jue l'on peut. On dit que le t(împorel est rendu à M. de Montjjellicr; on attend M. I*etil[)ied, à qui il est permis de n^venir. J'entends dire (|ue (Jom l.ouvard est scjrti de la Bastille. Voilà une étoile nouvelle (jui a j)aru sur notre horizon, et tout cela loue le Parlement.

La place de l'Académie est briguée par M. de Moncrif, l'abbé Banier et M. de Tlsie-Marivaux ; mais ccîtte place est plutôt de succession que d'éledion, et je crois (jue vous

LtTTRi: ].\11'. 153

donneriez bien votre voi.v à M. le marquis de Nangis, qui est petit-fils du chancelier Séguier et môme héritier de M. de Metz par la donation que vient de lui faire et à M. le comte de Uouci, son frère, de cette succession, M""" la comtesse de Bhinzac leur mère; ce n'est pas là le cas de la rigueur des statuts, et dans les discours de 1710 à la réception de M. de Metz, on en parla ainsi. Vous savez d'ailleurs le mérite de M. de Nangis à la guerre et à la Cour; tout le monde l'aime, il est chevalier d'honneur de la Reine, et ce sera faire sa cour à S. M. que de le choisir.

Il court une iiouveile d'une action très-chaude au siège d'Oran : les Espagnols ont fait une grande sortie et ont forcé les Maures dans leurs retranchements, mais les Espagnols}' ont perdu plus de 1,500 hommes tués ou blessés, et surtout M. de Santa-Cruz, leur général et commandant, qui y a été tué, et qu'on regarde comme une perte irréparable. Cette place coûte bien plus à garder qu'à prendre.

Lettre LVll.

A Paris, ce 17 décembre 1732.

J'ai entre les mains le livre qui a pour titre : Relation de rorigine des prof/rèa et de la condamnation du quiéthme répandu en France y avec plusieurs anecdotes curieuses, sans nom de ville ni d'imprimeur. C'est un in-12 de 328 pages imprimées fort menu, et il y a à la fin : Finde la première partie , ce qui en fait attendre une seconde. On apprend dans la Préface et dans V Avertissement (jue l'auteur est un M. Phélipeaux, docteur attaché à M. de Meaux iHossuet), qui a été à Rome avec M. de Troyes d'aujourd'hui et qui é-toit emï)loyé dans l'affaire, dont il a su tout lo secret qu'il nous révèle. J'en ai déjà lu (piehjues pages; cela est fort curieux, bien écrit, orné de plusi«'urs lettres, anecdotes, et n'est i)oint du tuut favorable à la mémoire de M'"' Cuy(»n, qui |)aroit une (juiélistc du grand ordre et une

451 (:ORIlKSP().M)\NCE INÉDITK.

ij'nuule coureuse, j'entends de pah : M"" la duchesse de Sully est fort fAchée, mais la réputation de sa mère est faite et elle doit y ùtre accoutumée. M. Tarchevéquc de Cambray trouvera là aussi son fait, malgré son acquiescemont à la condamnation de Kome, ce qui n'est pas trop cliarital)k' ; et on ne va pas manquer de remettre aussi peu charital>lement sur le tapis le livre de Jurieu sur celte matière, intitulé le Ju<jement (V un protestant , et que sans doute vous connoissez, ce peut être, vu la corruption du monde. Tout cela donnera une dose à nouvelle du quiétisme, à quoi il faudra remédier quoi qu'il en soit. On peut appeler ce M. Phélipeauxun nouveau Fra Paolo, (jui nous donne une sorte d'histoire ecclésiastique quiétiste du dix-septième siècle.

J'apprends que M. de Saint-Hyacinthe veut se mettre sur les rauiTS pour l'Académie; mais je ne le crois pas catholi(|ue ; il est même comme étranger [et réfugié. M'"'' de Lambert ne réussira pas à ce récipiendaire, qui n'est pas bien propre à succéder à un évèque.

Lettre LVIII.

A Paris, ce 31 décciiiliK' 17.'2.

Monsieur Terrasson a rempli sa fonction, Monsieur, et la commission qui lui avoit été donnée étant d'approuver les drux livres ensemble, il ne la peut plus faire séparée, et il seroit bon (jue vous écrivissiez que vous n'entendez pas faire inqjrimer votre dissertation à Lyon iv la fin du Frerety et que vous m'en rendez le maître et m'en laissez Li disposition. Nous devons voir, M. de Hcssye et moi, M. Houilé qui aie bureau des livres, et nous avons déjà été le voir deux fois san.s le trouver. Je le eonnois, il a clé mon client, et j'aurai, à ce que je pense bien, des facilités pour l'apiirobation et \v privilège, lin iiiiprimcMiiqui e»»l trf>s-lH)n. nommé «le Sain, ami d»- M. <l« Kessyc, a

LKlTllt: LYIir. 455

VU le manuscrit; il a bien Thonneur de vousconnoltre, et entre nous, il nous a dit de lui-même que l'abbé D. gagnoit bien avec vos ouvrages; qu'il a eu cent pistolesde la lacune d'Henri IV, et qu'on étoit surpris de votre liaison si intime avec lui. C'est ce de Sain (jui a imprimé en compagnie la Biblia Sacra de Vatable avec les deux traductions de la Vulgate et de l'hébreu; il n'y a encore que le premier volume, et c'est assurément un chefd'œuvre d'impression. Ily a des notes, outre celles de Vatable, qui sont très-bonnes et bien arrangées, une table préface où il est bien parlé de Robert Kstienne, et un appendice où sont tous les éloges de Vatable et Pagnin extraits des livresqui en parlent, etencore les chronologies etaccompagnemenlsde la Bible de Vitré. M. de Hessye,qui a de grands fonds dans Fédition decette lîible, m'a dit qu'il vouloit vous envoyer un exemphiire de ce premier volume pour mettre dans votre bibliothèque, et vous en serez bien content. C'est ce de Sain, qui est un autre Estienne, qui imprimera votre dissertation, et il n'est pas embarrassé des citations; il n'est point éloigné de nous donner le Coutumier général. Il faudroit m'envoyer le factumou plaidoyer de Pasquier, qu'on y joindroit avec un petit avertissement de notre façon, pour l'addition deccfaclum etderextraitdu/our/<a^/u/VWa<'.s. Voilà, Monsieur,où nous en sommes de cette affaire dont je vous rends un compte exact. Il y a deux volumes sur le quiétisme, m;iis on ne débite encore que le premier. Le deuxième est pourtant imprimé, et de Sain m'a dit l'avoir vu. J ai trouvé le \ irelay aux Ilollandois, dont il vous fait faire une copie ; cela n'est point du style de .M. de La Fontaine, mais plutôt de Chapelle ou peut-être de l'abbé Uégnier. Je vous enverrai aussi le Temple de l Àmidê reconstruit; il y a encore un Temple du (Joùt; et il faudra un jour (piclque P.ius.-mia^ pour en conserver la description.

/aireiiun succès étonnant ; Tauteura fait une i'i)iUc dédicatoire à un marchand de Londres, (|ue j'ai vue et «pii

Page 1