Ml Ml)lI\KS DK MATIllKU MARAIS
CHANSOW Sl'B I.KS TROIS DUCS.
Or, écoutez, petits et grands, Le tres-piteu\ evriuMiient Qui viont d*arrivt'r dans la France :
Trois ducs et pairs ont pris séance Parmi Messieurs du Parlement Pour y blâmer M. le lilanc.
Tous les ducs ont été camards.
Quand ils ont su que k* \ illars,
Le Richelieu, le la Feuillade
Ont fait cette belle cacade,
Et que pour eux Thonneur n'est plus
Qu'un vain cl cliimérique abus.
Us V furent tous trois lundi , Kntrèrent encor le mardi; Mais mercredi, plus ils n'osèrent, Kt depuis ils n'y retournèrent.
Se voyant siffles, bafoués.
Montres au doigt de tous côtés.
C'est monsieur le duc d'Orléans Qui, du t«'nq)S qu'il ttoit Hegenl, A donné lui-même le grade De duc et pair à la Feuillade ; Kt cependant l'on voit pour prix De ses bienfaits qu'il le Iraliit.
Villars, qu'il a fait pair aussi,
i>'a pas le cœur moins endurci.
Admire/ la reconnoissance
Des grands (jue l'on nous vante en France '
Sans le Régent , sans sa bonté ,
N illars étoit tout dérouté.
Pour Richelieu, sans en parler, Immonde le connoU assez.
Klourdi, plein de confianee, Content de faire une imprudence.
Au risque même du mépris, Pourvu que l'on parle de lui.
Que tou)i c«s bous ducs, à présent, Viennent disputer fièrement
JANVIKR 1723. 149
Le pas à toute la noblesse!
Quand on les voit avec bassesse Prendre rang sur les fleurs de lis , Pour faire leur cour aux Paris !
Or, prions tous à deux genoux Le dieu de l'Empire des fous Qu'il obtienne par sa marotte Du commandant de la Calotte Une place dans ses États Pour ces trois graves magistrats.
29 janvier. — Le maréchal de La Feuillade est tomljë malade à Marly et est mort en vingt-quatre heures. 11 avoit la gangrène dans le corps. Il portoit une canule depuis longtemps ou un tampon, et tout d'un coup ce mal Fa emporté. Son valet de chambre croyoit que c'étoit une hémorroïde qui sortoit, et c'étoit la grangrène. Les plaisants ont dit qu'il avait eu la fleur de lys au cul , avant de s'asseoir au Parlement. Punition des honneurs et vengeance divine! 11 est certain que, depuis ce jour, il a toujours été mal et ne l'a pas porté loin. 11 a fait un testament devant le notaire de Marly, et disoit aux médecins : «Il faut que je corrige encore cet âne-là.» lia nommé son héritier universel un d'Aubusson, page du Koi, qui est son parent très-éloigné. 11 a donné à M'"^ de Seignelay et à M"" de Coligny, ses maîtresses, 12,000 livres à chacune, à prendre dans la vaisselle d'argent, ce ([ui a fait dire bien des sottises à ceux qui ne Taimoient pas, et a fort fâché les deux dames qui , d'abord, ont renoncé à ce vilain legs.
Son héritière plus proche étoit une Jacqueline d'Aubusson, âgée de cent ans, qui étoit sa grande-tante et ([ui a été mariée en premières noces, en KiVV, à un laRoche- Aymon, et en 1G50, au marquis de Saint-Aulaire. Le duc d'Elbeuf se trouve aussi parent, du troisième ou quatrième degré, par Charles, ducd'Ell)euf, son grand-père, qui avoit pour sœur Claude-Éléonor de Lorraine, mariée â Louis