‹ Journal et pensees de chaque jourChapitre 5 sur 13 · LETTRE DU R. P. JANVIER XI · texte numérisé non relu

LETTRE DU R. P. JANVIER XI

« œuvres, et que les heures de la Passion du « Christ ont été plus puissantes pour nous et « plus grandes devant le Père que les années « même de sa prédication et de son activité (( terrestre.

« Je crois qu'il circule parmi les âmes, « celles d'ici-bas, celles qui expient, celles qui (( ont atteint la vraie vie, un vaste et incessant (( courant fait des souffrances, des mérites et « de l'amour de toutes ces âmes, et que nos « plus infîmes douleurs , nos plus légers efforts <( peuvent atteindre par l'action divine des « âmes chères ou lointaines et leur apporter « la lumière, la paix et la sainteté.

« Je crois que dans l'Eternité nous retrou- (( verons les bien-aimés qui ont connu et aimé « la Croix, et que leurs souffrances et les nôtres « se perdront dans l'infini de l'Amour divin et (( dans les joies de la définitive réunion.

(( Je crois que Dieu est amour et que la « souffrance est, dans sa main, le moyen que « prend son amour pour nous transformer et « nous sauver. »

Ce recueil offrira un aliment sain, un breu-' vage limpide aux chrétiens ordinaires , aux consciences altérées de perfection et de dévouement. Tous profiteront de ces méditations où

le repentir, la demande, Fadoration, la reconnaissance mêlent leurs accents, où coule l'esprit chrétien, où vibrent les plus hautes vertus de VEvangile. Les meilleurs se perdront avec délices dans ces effusions où rayonnent la lumière de la vérité et la flamme de la bonté. Les incroyants mêmes ne sauraient demeurer indifférents aux appels qui leur sont adressés, a la surnaturelle sympathie qui les enveloppe à leur insu. Des mots comme ceux-ci ne pourront que les toucher : « Nous, chrétiens, évitons toujours de briser « le roseau courbé » ou d' « éteindre la mèche (( qui fume encore ». Ce roseau, c'est peut-être (( l'âme souffrante et douloureuse d'un de nos « frères, et l'humble mèche qu'éteint notre (( souffle glacé est parfois une noble intelligence (( que nous aurions pu ranimer et grandir. Pre- « nous garde : rien n'est délicat et sacré comme « l'âme humaine, rien ne peut être plus vite (( froissé. Que chacune de nos paroles, chacun « de nos actes porte en lui un principe de vie (( qui, pénétrant d'autres esprits, leur communi- « quera lumière et force et leur révélera Dieu. » En Madame Leseur, la grande puissance motrice était la charité. « Penser est bien, a disait-elle ; prier est mieux ; aimer est tout. »

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