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FRAGMENS D’UNE ODE A LA LIBERTÉ

Par Salomos de Zante *.

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Je te reconnais au tranchant de ton glaive

redoutable 5 je te reconnais à ce regard rapide 1 '

dont tu mesures la terre.

Sortie des ossements sacrés des Hellènes, et

î M. Salomos est un jeune poète grec qui donne les plus belles espérances. Il a fait un poème plein de chaleur sur la prise de Tripolitza.

forte de tonf antique énergie, je te salue, je te salue, ô liberté!

Depuis long-temps tu gisais dans la poudre couverte de bonté V abreuvéè d’amertume, et tu attendais ipi’uné voix "généreuse te dit r sors àeX^Hombe.

Combien il tardait, ce jour tant désiré! partout régnait ' un môrbe silence ; les cœurs étaient glacés de •èt’ainte,''ët comprimés par l’esclavage; i . ü . )

Malheureuse! Il ne te restait que la triste consolation* dé redire tés '^grandeurs passées, de lestedire d’une voix entrécoupéè de sanglots.

De jour en jour tu attendais 'lé' cri 'de l’indépendance et tu te meurtrissais le sein dans ton désespoir.* . . . ... ... . .

Sous un vêtement ensanglanté, tu sortis; je le sais,* d’un pas furtif ét silencieux pour aller mendier l’assistance des nations étrangères.

Seule, tu as entrepris ce voyage pénihlié. Seule*,' tu es revenue : qu’il est difficile d’ou-

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vrir les portes où frappe la main de la misère !

Tu inclinais languissamment la tête chargée de douleurs , comme le malheureux qui heurte à la porte de l’opulence et pour qui la vie n’est qu’un fardeau.

Oui; mais maintenant, pleins d’une noble ardeur, tous tes enfants combattent en héros, et cherchent, avec un infatigable courage, la victoire ou la mort.

Sortie des ossements sacrés des hellènes, et forte de ton antique énergie , je te salue , je te salue, ô liberté.

Malheur, Malheur à celui qui tombé sous ton glaive voudra t’opposer une opiniâtre résistance !...

Dès que la lionne s’apperçoit de l’absence de ses nourrissons, elle rôde, elle s’élance, elle a soif de sang humain.

Elle court, elle vole à travers les bocages.

les vallons, les collines, et promène en tout lieu l’horreur, la solitude et la mort.

La mort, la solitude et l’horreur signalent aussi ton passage, et le cimeterre hors du fourreau ne fait qu’enflammer ta valeur.

Sortie des ossements sacrés des Hellènes et forte de ton antique énergie, je te salue, je te salue , ô liberté !

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