DAIRE, I
cas que vint le siège, il^firent porter les armes à tous leurs garçons qu'il avoient le moien de les porter.
Durant ce temps , la malladye pestillencieuse s'entretenoit tousjours tellement qu'il mourroit de jours en aultres plusieurs personne de ladite malladye.
Depuis la prise de ceste dite ville, le bled fut tousjours assez à juste prys, jusque à la Pentecouste qu'il commença à renchérir et valloit à la feste de Dieu ung escu xx s. le septier le meilleur du marché. Tant aux autres vivres, il estoient fort cher, et en trouvoit on bien peu. Ung membre de mouton valloit cent solz ou deux escus ; la livre de vache valloit vij solz ; la livre de cheval mj s ; la livre de bœurre xx et xxinj s. ; ung œuf ij s. vj d. et tous aultres vivres fort cher à l'equipolent, tellement que c'estoit grand pityé.
La ville estant siegée à la portée de l'arquebousepar la porte de Monstrecu, aiant faict des tranchy prenant depuis St. -Meurice jusque au clos des Celestins, commencirent à battre la ville à ruine, le mercredy lendemin jour de monsieur S. Jehan Baptiste, tellement qu'il y en eust bien de estonnez, quy fut cause que quasy tout le reste des bourgeois sortirent et principallement les femmes et les filles , pour ce que les hommes voiant que tous s'en alloient hors ne les voulurent plus laisser sortir, et les fesoient travailler au rempart quand bon leur sembloit, et tiroient plusieurs coups de canon tous les jours quy percoient les maisons et église, tellement que c'estoit grand pityé (1).
(1) Consultez : De Court, Pages, Daire; l'Histoire deja surprise
Les souldard voiant que le canon tiroit sur la ville, voulurent encores pillier les maisons de ce qu'il restoit de bourgeois, mesme en eurent plusieurs de pilliées. Mais messieurs de la ville remonstrirent au gouverneur que les bourgeois avoient perdu assez, quy fut cause qu'il fist deffences de ne plus pillier. Mais il falloit nourrir la plus grand part des souldart, tellement qu'on avoit tant de mal que c'estoit grand pityé.
Les vivres estoient si cher que c'estoit grand pityé, et du pis on n'en trouvoit poinct peur argent. La livre de beurre valloit xxxvj et xl s. ; ung œuf nj et mj s. ; la livre de vache quinze s.; la livre de mouton lx s.; une poulie cens s.; le septier de bled ij escus ; le vin ne valloit que xij et xmj s. "le pot ; une livre de pronnieau x s.; la livre de cheval mj s. ; la livre de lart xxx s.
Il faisoient de jour en aultres plusieurs sorties sur les tranchy des François, tellement qu'il y avoit plusieurs de tué et de blessé tant d'un costé que d'autre, tellement que la garnison quy estoit en ceste ville diminouoit bieaucoup, tant de la peste quy rennoit fort que de ceulx quy estoient tué et blessé de jour en aultres, quy estoit cause qu'il avoit tant de mal que rien plus, et falloit qu'il allirent tous les nuicts sur les rampart à cause des allarmes que le camps donnoit à toute heure.
Environ le my mois de juillet, la peste rennoit fort, tellement qu'il y avoit de jour en aultres plusieurs nouvelle maisons en grand nombre pestiférées, tant des souldart que des habitans.
d'Amiens, par Damiens de Gomicourt, in-12. — Précis historique de la surprise d'Amiens, par Rivoire, Amiens, 1806, in-8°.
Au mois d'aoust ce fut pire que devant, d'autant que le Roy approcha son canon au fon du fossé, et mesme estoient tout au pied du rempart, tellement qu'il parloient l'un à l'autre et commencirent à bastre le rempart environ au my mois d'aoust, et continua de jour en aultre jusque"au my septembre, tellement que tout le rempart de ladite porte de Monstrecu estoit tout rompu, et donnoient dejourjen aultres plusieurs assault là où il avoit grand nombre de souldart tant d'un costé que d'autre tué et blessé.
C'estoit la plus grande pityé dans ceste ville que on vit jamais, d'autant que on estoit affligé de la peste quy rennoit en grand afïluence des souldart qu'il falloit nourrir et qu'il falloit aller tous les jours a corvées sur le rampart, tant de nuict que de jour, en peine d'estre pillez et ravagé et du fouet, ^tellement qu'on n'osoit sortir hors de sa maison. Mesme falloit estre cachez dans les caves ou lieu obscur, pour ce que les souldart alloient visiter lesdites maisons pour voir sy on y estoit cachez, mesme venoient voir dans les églises jusque et au dessus du grand hostel, et faisoient marcher à grand coup de baston ceulx qu'y trouvoient oiant la messe, mesme le dimenche, oiant la messe de paroisse, faisoient tous sortir sans permestre de ouir la messe et tenoient les hommes quelque fois deulx jours et deulx nuicts sans les renvoier, leur donnant seullement par jour une livre de pin, et n'estoit permis que de ne laisser que une persone chacune maison. Sy on estoit quatre ou cincq en la maison, il falloit que les iij ou iiij allassent travaillier en peine d'estre pillez et bien bastu, et tous ceulx quy trouvoient avant la ville,
fussent mesme les eschevins, estoient chassés à coup de baston pour travallier audit rempart et dans les meines qu'ilz fesoient, tellement que c'estoit grand pityé.
Environ le fin du mois d'aoust, le gouverneur nommé le sieur Hernantellot fut tué d'un coup de harquebouse quy luy frappa dans la teste en passant par dessus le premier pond levy de ladite porte de Montrescu, et fut gouverneur en sa place ung nommé monsieur le marquis de Monténégro, quy n'estoit espaignol, ains estoit neapolitin, et fut enteré devant le grand hôtel du cœur de l'église Notre Dame. Les habilans et bourgeois eurent quelque rejouissance de ceste mort, d'autant qu'il esperoient que cella seroit cause que la ville seroit bien tost rendue entre les mains et l'obéissance du Roy et des François, ce qu'il fut, car le xve et xvje de septembre le bruict fut que le secours de l'Espaignol approchoit, et mesme apparurent et vindre fort près des tranchy du Roy. Mais ils furent contrainct leur retirer par ce qu'il furent chargez fort et ferme par les François. Ce voiant, le gouverneur et les capitaine estre hors d'espérance d'estre secouru, parlementèrent avecq le Roy le jeudy xviije du dit mois , et firent la composition que sortiroient avecq harmes et bagages le jceudy xxve dudit mois, sy pendant ledit jour il ne venoit secours, quy estoit le jour de monseigneur St.-Fremin le marlir, patron de ceste ville. Et a on oppinion sy ledit Hernanteloeusent esté encores vivant, qu'il n'eust jamais ca faict, par ce qu'il avoit juré que jamais ne se renderoit, et fut enterré dans l'église de Notre Dame, vis a vis le grand hoslel , près le cœur de monsieur le cardinal de
Crequy (1 ) . De ceste composition les pauvres bourgeois furent fortresjouyz, espérant estreàl'adveniren plus grande liberté et hors d'une sy grande captivité où il estoient.
Les jœudy xxve de septembre et jour de nostre bon apostre et intercesseur monsieur St.-Fremin le martir, suivant la composition faicte, l'espaignol sortit de ceste ville ledit jour du bon matin, emportant tout ce qu'il peurent quand et eulx. Eulx estant sorty, le Roy à quy Dieu donne paix et bon conseil, entra en icelle avecq bien peu de gens de guerre, sans faire aucune moleste à nul habitans tel qu'il fut, et entra par la brèche, et s'en alla droict dans l'église de Notre Dame ouir chanter le Te Deum landamus en remerciant Dieu de la réduction de ceste dicte ville (2).
Nous tous habitans de ceste ville d'Amiens debvons bien prier et remercier Dieu de nous avoir reduict et mis hors d'une telle calamité, là où nous estions, et en grand danger d'heure en heure de nostre vie, tant par lesdits Espaignols que par les François, sy la fortune fut venue telle que la ville dust estre prise par assault, et debvons bien prier pour le Roy nostre sire de nous avoir poinct voullu perdre et de ne l'avoir jamais désiré. Dieu le veulle assister , s'il luy plaist !
Les vivres estoient sy cher au jour de la composition
(1) Le corps de ce général fut, par ordre de Henri IV, transféré depuis dans la nef, près du premier pilier à droite vers le chœur, oû l'on voit son épitaphe sur un simple pavé. — Rivoire. Description de l'église cathédrale d'Amiens, p. 81.
(2) Pages iv, 231. — Decourt h 799.
que on n'en trouvoit poinct pour de l'argent. Le bled valloit sept et huict livres le septier ; une livre de vache xl s.; une livre de cheval vij s. et viij s.; une livre de bœurre vij et viij livre; un œuf x s.; une livre de pruniau xxxs.; et est bien du pis, sy nous eusions esté jusqu'à la fin du mois en telle calamité,, tous les bourgois furent mort de fin, d'autant que tout lesdits vivres falloient (1). Les gens de guerre en avoient encores, mais ce n'estoit poinct pour nous. Et le jour me s me, sy tost que lesdits Espaignols furent hors et le Roy entré, une livre de beurre ne vallut que viij s. et le lendemain six s.; un œufvj d.; une belle grosse pièce de cher v et vj s. et ainsy tous des aultres vivres, tellement qu'il sembloit que ce fut ung songe de voir le marché plain de tout vivre en grande abondance, qu'il y avoit quatre mois qu'il estoit tout ainsy que le jour de pasque et nouel. Loué soit Dieu !
Les habitans eurent encores une grande resjouissance quand ils entendirent que le Roy laissoit dans la ville pour gouverneur monsieur de Vicq, (2) d'autant qu'il estoit honneste gentilhomme, de bonne affaires et bon justicier. Dieu le vœulle assister !
Durant ce temps la peste rennoit tousjours comme devant, tellement qu'il y eurent plusieurs bourgois quy estoient retournés dans leurs maisons quy mouroient au bout de iij ou iiij jours.
(1) Manquoient.
(2) Dominique de Vie, seigneur d'Ermenonville, qui fut depuis viceamiral de France, quitta ce gouvernement pour celui de Calais que le Roi lui donna au mois de juillet 1598.
Le dimanche en suivant, xxviij dudit mois, fut faicte la procession générale là où fut porté le chef de monsieur St. -Jehan-Baptiste et la chasse du manthieau de monsieur St.-Martin (1).
Durant ce temps l'armée du Roy estoit au pays d'Artois, là où on esperoit en quelque treuve ou paix.
Il fut mys en ceste ville quelque nombre de Suisses et peu de François pour la garnison.
L'an mil vc iiij xx dix huict , le mercredy xie de mars, suivant l'arrest de la Cour de Parlement de Paris, nœuf ou dix habitans de ceste ville quy avoient bonne volonté de faire service au Roy et à la patrye, moiennant quelque entreprise quy fut descouverte par ung nommé Hugues le Roux, poissonnier de douce ieaue, quy traiit lesdits habitans, par ce qu'il estoit le principal entrepreneur, lequel découvrit ladite entreprise au gouverneur espaignol, lesquels furent livrés par ledit Le Roux quy donnit à entendre ceci , le tout se debvoit résoudre dans les Augustins, lesquelz habitans furent exécutez dans le grand marché dit le marché au bled. Et depuis la réduction de ceste ville, leurs hossemens quy estoient hors la ville
(1) De Court, i, 800. — Daire, i, 395. — Everard évéque d'Auxerre avait envoyé à Jean de Conty, son cousin, chanoine de l'église d'Amiens, au mois d'avril 1270, une parcelle du manteau de St.-Martin. Jean de Conty en fit présent à l'abbaye de St. -Martin-aux- Jumeaux le 7 août de la même année, et Louis XI, en 1418, la fit renfermer dans un reliquaire d'argent doré. — Daire. Hist. d'Amiens, n, 232.
furent rapportés dans icelle et suivant ledit arrests furent sollennellement porté en grand honneur depuis l'église S t. -Jacques où il avoient esté porté jusque aux Augustins là où il furent enterrez. Et estoit assistant audict enterrement monsieur l'evesque, tous les chanoines et tous les aultres prestres tant de religion, mendians, que anltres de ceste ville, monsieur de Yic, gouverneur, et tous les gens de justice (1).
Il y assistent aussy, par commandement et suivant ledit arrest, tous les eschevains et officiers quy estoient pour l'Espaignol durant que lesdits Espaignolz estoient en ceste ville, et le tout quy fut faict à leurs despens.
Environ ledit temps, les nouvelles vindre que la paix estoit faicte en Bretaigne avecq monsieur de Marcure, lequel avoit tenu depuis la mort de monsieur de Guise pour les Espaignolz.
Durant ce temps la peste rermoit tousjours quelque peu.
Au commencement du mois de janvier, on commença à traicter de la paix, sçavoir le Roy de France avecq le Roy d'Espaigne et le duc de Savoye, et fut pour traiclez icelle la ville de Vrevain neutre, au quel lieu furent envoyez les députez tant d'un costé que d'autre, lesquels n'estoyent que quattre personnes pour le Roy de France et autant pour le Roy d'Empeigne, et furent dans ladite ville de Vrevain (2) depuis le mois de janvier jusques au commencement du mois de may, pour accorder ladite pais, sans que
(1) DAiRE, I, 396.
(2) Vervins, chef-lieu d'arrondissement, département de l'Aisne.
nulles personnes peult sçavoir ce qu'il s'y passoit. Lequel durant le dit temps le pœuple desiroit fort de voir la fin de ladite assemblée, et avoit on bien peur qu'il ne se fict aucunes choses. Mais, Dieu mercy, quand ce vint au commencement dudict moys de may, le conseil fina, et fut tant d'une part que d'autre publyée la treuve pour ung mois, ce qui fut cause que on eust bonne espérance de ladite paix. Toutefois, nonobstant que le bruict fut qu'elle estoit accordée^ on ne le pouvoit croire, craindantla faute jusques à tant qu'elle fut publyée.
Sur la fin dudit mois de may, les fourriers du Roy furent envoyez en ceste ville pour faire les logis, par ce que on pensoit que les estas se deussent tenir en icelle, et n'y avoit sy petite maison qu'elle ne fut indiquée, par ce qu'on attendoit grand nombre de noblesse tant de la part de monsieur le légat de nostre sainct pere le Pape que des Roys de France et d'Espaigne, et de tout aultre endroict. Mais le tout estant indicqué, il vint nouvelles que le Roy les vouloit tenir à Gompiegne, quy fut cause que le pœuple fut bien fâché, par ce que on esperoit de gaigner quelque chose de recompense de ce qu'on avoit perdu. Le Roy fut depuis délibéré de les tenir à Paris.
Le mercredy nje jour de juing, monseigneur le cardinal de Flourence, légat de nostre saint père le Pape (1), envoyé pour traicter et accorder ladite paix, vint en ceste ville d'Amiens par la porte de Noion, accompaigné de plusieurs archevesques et evesques, ensemble de monseigneur son
(1) Alexandre-Octavien , de la maison de Médicis, qui fut élu pape le 1er avril 1605, sous le nom de Léon XI, 'et mourut le 27 du même mois.
nonce, de l'ordre des cordeliers, lequel estoit frère de feu monseigneur le duc de Nevers. De laquelle venue le pœuple fut fort joieulx de voir ung sy noble viellart comme estoit ledit légat (1).
(I) Le 31 niai 1698 le sieur Coureur a dict (à l'eschevinage) « que ce jour d'huy ayant esté mandé par M. le connestable et messieurs du Conseil d'estat. Il luy a esté commandé de faire préparer les lieux à M. le légat qui sera de bref en ceste ville et auquel il faut que la ville présente ung daiz de damas blanc garny d'or et des armes de M. le légat. Lequel commandement a esté plusieurs fois réitéré par messieurs du Conseil d'estat, nonobstant les excuses dudit Coureur quy a remonstré la pauvreté et nécessité de la ville, qui est cause qu'il a fait assembler la compagnie pour adviser. » — Le conseil consulté ordonne « Qu'il sera préparé entrée la plus honnorable que faire se pourra pour recevoir ledit sieur légat, d'autant qu'il est ung des plus affectez à la France et qu'il a proposé la paix, et sera pris des fermes que le Boy donne à la ville, ou partout où on en pourra recouvrer. — Quy sera préparé ung daiz de damas blanc et plusieurs blazons et quadrains à sa louange, qui seront affichez aux endroits par où il passera, lequel sera présenté par sire Augustin de Louvencourt, M. Michel de Suyn, Nicolas Piot, Anthoine Dippre, eschevins, Me. Vincent Hanique etMe Ch. de Mons, conseillers — Et luy sera faict présent de deux barriques de vin, l'un blanc, l'autre clairet. — Sy M. le connestable désire que les habitans se trouvent en armes au devant de M. le légat, il en sera faict les excuses les plus honnestes que l'on pourra, attendu que les habitans ne sont armez. — Le procureur fiscal de ladite ville fera la harangue en latin au nom de la ville. »
Le légat, qui logea àl'hostel de Monceaux, ayant demandé qu'on ne lui fit point d'entrée, contre ordre fut donné, et le damas acheté pour le dais et dont on avait déjà tiré les lisières, fut revendu le 9 juillet aux marguilliers de S. Jacques.
Registre de VEchevinage. — Daire, i, 397.
Le samedy vje de juin g, la paix estant accordée dès ledit mois de may, et toutesfois ne le pou voit on croire jusques et à tant qu'elle seroit publyée. Messeigneurs le duc d'Asquot, le conte d'Arembercq , l'admirai d'Aragon et dom Louys de Veslasque vindre en ceste ville accompaigné de grand nombre de noblesse espaignole, lesquel estoient tous en belle esquipage et belle chose à voir. Monseigneur le conte de Sainct Paoul allit au devant
Le Chapitre se mit aussi en mesure de recevoir dignement le légat , car on trouve sous la date du 1er juin 1596 :
Dominus decanus et Capitulum moniti quod reverendiss. in Christo pater et dominus dominus Alexander, divina miseratione tituli sanctse Praxedis sacrosanctae Ecclesiee Romanse presbyter, cardinalis Florentiae nuncupatus , sanctiss. domini nostri Papae Clementis VIII et sanctae Sedis Apostolicse de latere Francise legatus, die crastina appulit in liane civitatem cum pluribus rev. dom. episcopis, concluserunt eum honorificè et cum eà quse decet reverentià recipere et admittere, illique obviam ire cum rev. dom. episcopo usque ad parvisium ecclesiee , vocatis et assistentibus omnibus habituatis hujus ecclesiae neenon ecclesiarum collegiatarum sanctorum Firmini et Nicolai confessorum ac abbatialis S. Martini ad gemellos, et cantando responsorium Summœ Trinitatis cum organis pulsantibus conducere usque ad majus altare, fietque illi propositio necessaria secundum letitiam sui jacundi adventus et pacis jam diu desideratas inter reges et principes christianos, die crastina prsedicti sui adventus celebrare et decantare missam de officio S. Joannis Baptistse de quibus omnibus premissis pro ordinandis aliisque ceremoniis assuetis, rogatus fuit venerabilis dominus decanus et etiam de servitio divino benè, distinctè, et cum pausa ordinare absque aliquid pretermittndo de assistentibus ejusdem servitii ad quos omnes et singuli comparare tenentur.
Ms. de laBibl. d'Amiens, n° 517, p. 250.
d'eux jusques à Pas en Arthois pour les recepvoir (1). Et venoient en ceste ville pour aller trouver le Roy de la part, là où il seroit, et pour ostage jusques et à tant que tous les Espaignolz seroient hors des ville de Calais, Ardre, Mont Hulin [2), Douions, la Chapelle, le Chastelet (3) et aultres fort qu'il tenoient appartenant au Roy de France, lesquels se dévoient rendre, suivant le traictéde la paix. Dont le pœuple fut fort joieulx de les voir venir en aultres manières qu'il n'avoient faict passé quinze mois. Et entrirent par la porte de St. -Pierre, laquelle fut achevée pour y pouvoir passer de ce jour là, à cause que la porte de Montrecu estoit abbolye pour la citadelle quy estoit commencée dès que le Roy reprit la ville des Espaignolz.
Le lendemain dimenche, vij jour dudit mois de juing, la paix fut publiée comme il s'ensuit.
L'an mil vc mj"dix huit, le dimanche vijejour de juing, monseigneur le cardinal de Flourence, légat de nostre saint Père, comme dict est cy devant, estant en ceste ville, fict advertir tout le pœuple de se préparer et maistre en bon estât dès le vendredy auparavant pour recepvoir ledit jour de dimenche, vijc dudit mois de juing, le précieux corpus Domini. Et donnoit à tous vray confes et penitant quy prieroyent Dieu ledit jour dans l'église de Xostre Dame pour la conservation de la paix d'entre les Roys de France et d'Espaigne, plaine remission pour une fois seulement.
(1) Pages v3 258.
(2) Mont-Hulin, château dép. de Menneville, canton de Desvres, arrond. de Boulogne (Pas-de-Calais).
(3) Le Catelet, chef-lieu de canton, arrond. de St. -Quentin (Aisne).
Lequel jour mondit seigneur le légat feit l'office et cellebra la saincte messe dans ladite église de Nostre Dame d'Amyens, avecq belle ceremonyes, assistez de plusieurs archevesques et evesques et grand nombre de pontificat, laquelle chose estoit fort belle à voir. Là où estoit assistant monseigneur le connestable de France, monseigneur le contetle St.-Paoul, le conte de Chaunes (1 ) et les princes et noblesse espaignolle quy estoient pour lors en ceste ville (2).
Après diner le pœuple se retourna dans ladite église pour ouyr la prédication quy y fut faicte par monsieur Bleries (3), doctoral de ladite église, à laquelle admonesta
(1) Louis d'Ongnies. C'est pour lui que la baronnie de Chaulnes fut érigée en comté en 1563 ; il fut gouverneur de St.-Quentin, puis de Montdidier, Péronne et Roye, et chevalier du St.-Esprit; il mourut au mois d'octobre 1604 sans postérité.
(2) Pages, iv, 249, v, 257 — De Court, i, 801. — Daire, i, 397.
(3) Nicolas de Blairie, docteur en théologie, chanoine de la cathédrale le 16 décembre 1595, prevot le 1er novembre 1623, mourut le 9 juillet 1625 âgé de 62 ans. — Voyez Daire. Hist. litt. d'Amiens, p. 120.
Au premier pillier de la cathédrale, près le confessionnal du pénitentier, on voyait Fépitaphe en bois peint et doré de Nicolas de Blairie; c'était un tableau en plate peinture où il était représenté en surplis, à genoux devant un crucifix. Au-dessous on lisait :
« Hic jacet venerabilis et discretus vir magister Nicolaus de Blairie, « in sacrée theologiœ facultate pariensis doctor sorbonicus, hujus in- « signis ecclesiee dum vixit canonicus, ecclesiastes, pœnitentarius, ac « tandem preepositus et domini episcopi Ambianensis vicarius gene- « ralis. Obiit anno domini 1625, die 9 julii, aetatis suee 62. Requiescat in pace. » Il portait d'azur à 3 blairies d'or. Ms. 517, p. 17.
fort le pœuple de prier Dieu pour la conservation de ladite paix, remerciant Dieu de nous l'avoir donné, ensemble de prier Dieu pour mondit seigneur le légat, pour ce qu'il avoit travaillé bieaucoup pour accorder ladite paix, ensemble pour la cause et prospérité desdictz Roys de France et d'Espaigne, et pour la conservation d'icelle (1).
La prédication estant faicte, on chanta vespres, à l'issue desquelles ladite paix fut publiée dans le pipitre de ladite église au son de trois trompettes, tant du costé du cœur que d'icelluy de la nef, là où estoit assistant toute la noblesse cy dessus nommée, et n'y avoit peu de gens quy se peuvent tenir de plorer de joye, remerciant Dieu de nous avoir faict ung sy grand bien, par ce que sans icelle tous les pays tant de France que Pais Bas estoient en friche. Et tout incontinent le Te Deum fut chanté en grande sollempnité, là où il y avoit belle assistance.
Le Te Deum estant chanté, ladite paix fut publyée au son desdites nj trompettes à cheval aux carfour de la ville, là où il fut faict grand feu de joye en tous endroict de ladite ville, et fut tirez plusieurs coupz de cannons de dessus les rempars.
Et en la fin de la sepmaine, mondict seigneur le legatz, ensemble les princes d'Espaigne cy dessus nommez, partirent de ceste ville pour aller trouver le Roy.
Ledimenche xxvnj6 de juing, monsieur de Vie, gouverneur de ceste ville, partit pour aller à Calais, par ce qu'il en estoit gouverneur, et au lieu de luy le Roy nous donna
(1) Pages v; 259.
pour gouverneur monsieur de Laboissière (1), auparavant gouverneur de Corbye, lequel sieur de Yic emmena plusieurs pièces de cannon, grand nombre de pouldre, de balles et de tous aultres munitions de guerre pour maistre dans ladite ville de Callais, par ce que les Espaignolz quy estoient dedens emmenoyent tout ce qu'il y avoit dedens ladite ville pour le faict des munitions de guerre, et ce suivant le traicté de la paix (2).
Le vendredy xe de juillet, les Suisses quy estoient en ceste ville en garnison depuis la réduction, partirent pour eulx se retourner en leur paiis, et ne devoit demourer que trois ou quattre cens hommes dedens la ville pour garder la porte du costé de la citadelle (3).
Les bourgois et abitans de ceste ville commencirent à aller à la porte et au réveil. Au mois de novembre il sortit de ceste ville trois compaignyes de soudart.
Au mois de décembre, audit an mil vc nij" dix huit, plusieurs murmuroyent fort de l'esdit de janvier pour la liberté de conserver Dieu par dessus tout. Audict temps, plusieurs hereticques, luthériens et calvinisques, tant estrangers que ceulx quy avoient esté banny par le passé du pais, se retiroient en ceste ville.
(1) Christophe de Lannoy, seigneur de la Boissière, mourut le 6 février 1600 ; il fat inhumé dans la chapelle des chapelains de la cathédrale ; il portait d'argent à 3 lions de sinople, armés, lampassés et couronnés d'or. Il avait épousé Charlott? de Villers-St.-Pol.
(2) Pages, iv, 250.
(3) Pages, iv, 279.
Au mois de décembre 1599, le Roy aiant mandé à monsieur de Laboissiere, gouverneur de ceste ville, l'aller trouver, comme les aultres gouverneurs de toutes les villes de ce Roiaulme, pour le Conseil des affaires d'icelluy en la ville de Paris, ledit sieur de Laboissiere estant mal disposé dès son partement, trespassa en ladite ville de Paris, environ le commencement du mois de febvrier mil six cens. Duquel le corps fut apporté depuis en l'église NostreDame d'Amyens pour y estre inhumé et enterré dans la paroisse de derrière le cœur. Mais depuis son tombeau a esté dressé en la chapelle des chappellains comme il se voit maintenant (1).
Audit temps, madame la contesse de St.-Paoul accoucha de son premyer enfant, scavoir d'un fils, lequel trespassa sy tost qu'il fut baptizé, peu d'heures après sa nativité, au grand regret de tout le pœupîe de ceste ville.
Après la mort dudit sieur de Laboissiere, le Roy nous envoya pour gouverneur monsieur de Thriny (2).
Durant ce temps, la guerre estoit fort grande en Hollande pour le faict de la religion, sçavoir les Espaignolz allencontre desdits Hollandois où s'estoit retiré plusieurs des
(1) Voyez, pour le magnifique tombeau de ce gouverneur, la descrip tion qu'en donne Pagès, v. 364. — Il fut détruit en 1761 et quelques débris en sont conservés au Musée Napoléon, par la Société des Antiquaires de Picardie.
(2) De Court, i, 801. — François de l'Ile, seigneur de Treignel, qui avait été gouverneur de Rue, tint le gouvernement de la citadelle d'Amiens jusqu'en 1611 qu'il mourut.
souldars de la France depuis la pais, et par especial ceulx quy estoient de la religion prétendue refformée.
Au mesme temps, sy peu qu'il y avoit desditz pretenduz refformez en ceste ville avecq plusieurs banny du Pais Bas retiré en ceste ville alloient les dimenches à la prêche au villaige de Havrena (1 ) où il faisoient l'exercice de leur meschante religion, d'autant que le seigneur dudit Avrena, nommé monsieur de Haucourt, estoit de ladite religion, et ce au grand regret du pœuple catholicque. Toutesfois le tout se faisoit suivant l'edit de l'an vc lxxvij quy avoit esté publié (2).
L'an seize cens, au commencement du mois de may, monsieur l'evesque d'Evreux (3) feit plusieurs escripts allencontre d'un nommé Du Plessis Morné, huguenot, par lesquels il faisoit sçavoir audit du Plessis qu'il maintenoit et maintiendroit ung livre qu'il avoit faict allencontre du sainct sacrifice de la messe faulx et abusif, et ce par les passaiges de la saincte escripture et suivant les escripts des ansiens pères.
Ledit du Plessis estant adverty desditz escriptz comme ilz se vendoient avant la ville de Paris, comme se faisoit ledit livre, tous imprimez par permission du Roy, suivant l'edict, escript allencontre dudit sieur d'Evreux qu'il maintenoit et maintiendroit sondit livre bon devant tout
(1) Pagès, iv, 280. — Rossier, Hist. des Protestants de Pic, 128.
(2) Havernas, canton de Domart, arr. de Doullens (Somme).
(3) Jacque Davy du Perron, évêque d'Evreux, cardinal.
et partout. Ce qu'estant rapporté audit sieur evesque, escri pt par permission du Roy audit sieur Morné comme il luy maintenoit et maintiendroit sondit livre faulx en lieu et en place où il vouldroit apparoistre, et ce sans collere et sans passion, et qu'il choisit telle gens de son costé pour tesmoings qu'il voudroit, et que le sieur evesque en choisiroit de mesme. Ledit du Plessis voiant qu'il estoit pressé de sy près, et mesme que le Roy leur donnoit permission de ce faire pour mestre bieaucoup de gens en repos de leur conscience, et mesme qu'il avoit promis d'y assister, comme ledit sieur evesque luy en avoit pryé de ce faire,, pour son honneur n'osa refuser, tellement qu'il donnirent jour tel qu'il plairoit à sa Majesté et du lieu.
Ladicte Majesté leur donnirent certain jour quy estoit la semaine de devant l'Ascension, pour eulx trouver à Fonteinebliaud, où se trouvirent ledit sieur evesque et du Plessis avecq telle gens qu'il avoient voulu choisir pour tesmoings, tant d'un costé que d'aultre, où estant arrivé firent apporter grand nombre de livres tant d'un costé que d'autre pour convincre ou approuver ledit livre.
Le Roy se trouva audit lieu avecq grand nombre de prince et gentilhomme pour voir et estre présent à ladite assemblée, où estant arrivé feit une belle remonstrance audit sieur evesque et audit du Plessis et ausdits tesmoings, et qu'il leur prioit que le tout se fisent sans passion et injure, et le tout à l'honneur de Dieu et au repos de conscience du pœuple. Le Roy aiant achevé son harangue, monsieur le chancellier de France en recommença une aultre pour le mesme faict. Et estant faict, monsieur Tevesque d'Evreux feit une belle oraison en
langue latine, invoquant l'assistance du Saint-Esprit. Ce qu'aiant achevé, ledit du Plessis en feit une aultre en langue francoise. Ce faict, le Roy se seit au bout du hault de la table et monsieur le chancellier au bout d'en bas, le sieur evesque avecq ses tesmoings au long d'un costé de ladite table et ledit du Plessis avecq aussy sesdits tesmoings de l'aultre costé. Où estant tous assis, furent apportez plusieurs livres, tant de la sainte escripture que des anciens pères, quy furent ouvertet leux en plusieurs passaiges et suivant lesquels, durant l'espasse de sept heures, sans sortir , ledit livre que ledit du Plessis avoit faict allencontre du saint sacrifice de la sainte messe fut trouvé faulx et abusif, et de cinq cens articles que ledit evesque maintenoit audit livre fausse, ne fut disputez que sur dix des plus principalle pour ledit jour, où ledit Morné fut sy honteux qu'il n'osa le lendemain s'y retrouver, comme il avoit promis, et feit donner à entendre à sa Majesté de le vouloir excuser, et qu'il se trouvoit mal, et qu'il s'estoit faict saignier, tellement qu'il ne fut plus disputé davantaige sur ledit livre. Et ledit Du Plessis se retira par après de la court par vergongne, au lieu de se convertir et de confesser sa faulte, et du depuis se vendit plusieurs livres qui s'apelloient le livre de la probation de la messe allencontre des herreurs du livre qu'avoit fait allencontre d'icelle le Plessis Morné. Tellement que les huguenots et luthériens avoient deulx pieds de nef. Aucun se convertirent en voyant les abus, aucun en estoient plus meschans. Ledit du Plessis estoit estimé par lesdits luthériens l'ung des sçavans de leur prétendue reformation (1).
(1) Chronologie novenaire, 1600.
. L'an seize cens, au commencement du mois de septembre, on publia en ceste ville d'Amyens, de par le Roy, la guerre allencontre du duc de Savoye, pour ce que ledit duc de Savoye avoit promis au Roy, dès la paix faicte avecq l'Espaignol, de luy rendre au dedens un an les pays du marcquis ad salut (1) comme appartenant au Roy. Et pour ne tenir sa promesse, la guerre luy a esté publyée. Dieu y assiste tous les bons François quy sont au service du Roy !
Au mesme temps le Roy estoit en ces quartiers là pour aller à Merseille recepvoir la jeune Marye de Medicis, princesse de Flourence, laquelle il avoit espousé par promesse. Le tout se face à l'iionneur de Dieu, à leur salut, et au repos et bien de la France et de tout la crestienté, et qu'il puisse de bref venir en la ville de Paris sans fortune, à la joye de tous les bons François !
L'an mil six cens et ung, le jour de la purification de la Vierge, à l'issue des vespres, il fut cbanté le Te Deum laudamus dans l'église de Nostre Dame pour la bienvenue du Roy et de la Reine son espouse en France, laquelle il avoit espousé des le commencement du mois de décembre dernier dans la ville de Lion (2).
(1) Marquisat de Saluées.
(2) Le 23 décembre 1G00, le roi avait mandé « qu'il desirait estre secouru de ceste ville de la somme de quatre mille ecns pour fournir aux fraictz de son mariage. » 11 fut ordonné le \ 8 janvier 1G01 «que
Au mesme temps, la paix fut faicte avecq le duc de Savoye.
Pour les mesmes fin, fut aussy faicte la procession générale le dimenche ensuivant du jour de la chandelleur, avecq feu de joye.
Le lundy xxvij d'aoust, sur le soir, le Roy arriva en ceste ville (1) avecq bien peu de gens et sans advertir bien peu auparavant, et en sortit le xxixe dudit mois par le cay pour aller à Callays et aux villes aux environ, là où la plus grande partye des princes de France l'allirent trouver de jour en jour jusque au jceudy xiij de septembre qu'il retourna par ceste ville, et voulut se coucher dans la citadelle, et sortit de ceste ville le lendemain des six heures du matin et n'a on peu sçavoir pour quel subject il s'estoit acheminé de sy grande dilligence en son quartier de decha.
Durant ce temps la guerre estoit tousjours plus grande que devant au Pays Bas entre l'archeduc d'Autriche et le duc Meurice chef des hereticques. Ledit archeduc tenoit dès passé deulx mois le siège devant la ville d'Ostendeen Flandres.
Durant ce temps les pères capuchins augmentant de
Mgr le comte de Saint-Pol, gouverneur et lieutenant gênerai pour le Roy en ceste province, sera très humblement supplyé d'escrire à sa Majesté pour le supplyer d'exempter la ville de ceste levée. » — Le 1 fev. 1601 on mandait au Conseil « qu'ils ayent à faire chanter le Te Deum et faire faire feus de joye en rejouissance de ce mariage.
Echev. du 18 janv. et du 1 fev. 1601.
(2) De Court, i. 802. — Pages, i. 399.
jour en aultre en grand nombre en la France à l'honneur de Dieu et consolation des gens de bien, malgré et au crevecœur des heretieques, furent estably en la ville d'Abbeville en l'église de Nostre Dame du Castel (1).
Le dimenche dernier jour de septembre 1601, le Te Deum fut chanté sur le soir dans l'église Nostre Dame d'Amyens, pour remercier Dieu de luy avoir pieu nous donner ung doffin de France, lequel fut nay au lieu de Fonteinebliaud entre le jeeudy xxvij et le vendredy xxvnj dudit mois de septembre (2). Pour laquelle resjouissance fut aussy faict deffence à tous habitans de ceste ville de ne poinct ouvrir leurs bouticques le mardy ije jour d'octobre ensuivant, et qu'il eurent à assister à la procession generalle, et aux maistres esgards de chacun mestier de porter leurs torses. A laquelle procession fut portée la vraye croix, la chasse de monsieur -S. Fremin le confes et celle du chef de monsieur S. Fremin le martir. Dieu vceulle qu'il soit ung jour successeur à la couronne de France à son honneur et au repos du poeuple (3) !
L'an mil six cens et deuls, au moys de juing, lemareschal de Buiron et le duc d'Auvergne furent prins prison-
(1) Louaxdre. Histoire d'Abbeville, il, 463.
(2) La lettre écrite à ce sujet par le Roi à MM. le rnaieur et les échevins ne diffère que par le préambule de celle qu'à publiée M. Berger de Xi\rey. Recueil des lettres missives de Henri IV, t. v, p. 479.
Eekev. du 30 sept. 1601.