LA PAQUES DE L'ASSIÉGEANT
Cette journée d^ouverture du mois de mars fut sans couleur au siège. La place et nos batteries semblaient se faire du mutisme un point d'honneur. La douceur de la soirée donna un premier avant-goût des nuits d'été, La veillée se tint en plein air. Les mamelons, à travers champs, étaient garnis de musards en pantoufles. On entendait au loin les orchestres des régiments anglais et russes qui se répondaient. Les fanfares , aux alentours , préludaient joyeusement à la retraite; les étoiles et les bombes servaient de flambeaux. La nuit fut trantjuille et
Srofitable pour les deux parfis. Derrière le rideau es remparts de la ville et de nos lignes, deux phalanges de pionniers s^agitaient avec une émulation que Tappât du gain ne saurait inspirer. Le lendemain, les travaiUeurs ne démordirent pas. Mais en face du faubourg aussi bien que devant la ville, le roc ralentissait les progrès de 1 attaque. On se voyait réduit à puiser loin la terre des parapets et à la vider péniblement, sac par sac, à bras d'hommes. La nuit suivante et la journée du 3 'furent religieusement consacrées au travail de préparation. La Gherr sonèse se livra aux charmes du repos sans froid. La verdure naissante, dans les ravines, égayait le tableau. A Theure du courrier, plaisant émoi dans les rues ! Après, la rue devint une salle de lecture. Mes journaux parlaient de littérature et de science.