DE L'ATTAQUE ET DE LA DÉFENSE
Le siège de Sébastopol marquera, dans, Thistoire, répisode le plus grandiose de la question d'Orient, et une œuvre sans pareille du génie de la guerre moderne. Dès Torigine, cette entreprise, à plus de mille lieues de la France, avait été conçue par son promoteur comme un simple coup d'audace. Pourtant, dans la pensée du marécnal Saint- Arnaud, cette diversion en Crimée ne consistait pas à débarquer, à brûler ses vaisseaux, à se précipiter sur une place ennemie et à l'enlever d'emblée ou à échouer sous ses murs, sans espoir : le chef de Tarmée d'Orient calculait qu'il faudrait établir le siège devant Sébastopol, et. lutter contre les renforts. Mais ces travaux et ces combats ne devaient pas, selon lui, se prolonger au delà d'une campagne. Les commencements de l'expédition semblèrent confirmer ces prévisions; on descendit à Oldfort comme en terre amie , sans coup férir , presque à la face des Russes, qu'une fausse tactique coudamnait à l'immobilité sur les montagnes voisines. La journée de l'Aima rappela à la France les lauriers d'Austerlitz. Le pnnce Menschikoff, en pleine déro\ite, se rallia vers Sébastopol. Le maréchal se mourait; mais une loDgue agonie n'avait pas obscurci ses facultés, et, de son cnevet, s'il acquiesça à l'abandon de son plan d'at-