‹ Journal humoristique du siége de Sébastopol (volume 2)Chapitre 30 sur 33 · LE TRAI'IÉ DE PARIS · texte numérisé non relu

LE TRAI'IÉ DE PARIS

. Si Ton regarde enfin l'aspect moral dé TÉtat ottoman, on n^aperçoit aucune lueur d'espoir pour une rénovation quelconque. Nul lien ne relie les citoyens de l'islam. Pendant Técroulement de l'empire romain, il subsistait au moins une ombre de représentation nationale, ressouvenir des grandes libertés de la république, et signe de vie. A. la veille delà dissolution de l'empire de Charlémagne, le système municipal avait conservé un reste de force qui permettait d'^attendre, après la tourmente de la iëodalité, un réveil politique de l'Furope. Au contraire, chez les Osmanlis, tandis qu'au sommet de l'édifice, l'absolutisme oriental ne se relâche en rien de ses anciennes rigueurs, en bas, la commune n'existe pas même avec l'apparence des franchises provinciales, que le despotisme des Césars avait resoectées. Vue dans le camj) des raïas^ la Turquie est semblable à un vaste conciliabule où dix millions de mécontents, par le travail graduel des idées de délivrance, se préparent en secret à fonder une nouvelle hétairie. Du côté des musulmans, on n'observe qu^une agglomération, sans cohésion, d'individus inertes. En effet, les hommes, mûrs ou jeunes, toute source d'émulation étant tarie, n'aspirent qu'au repos, et ils échappent à l'ennui par les joies de Tivresse du tabac, seul encens qu'ils brûlent à Allah. Devant cette pétrification d'un peuple, jadis brave et actif, on se prend à regretter Tabolition des janissaires, comme personnification de la seule vertu capable de remuer une société de momies vivantes, le fanatisme militant, dont l'élan primitif avait du moins conduit à la gloire les soldats d'Othman, sur les pas des gardes d^honneur de l'étendard de Mahomet, le fanatisme qui s'éteint, de nos jours, en un misérable esprit de rancune, à l'égard des mécréants. Quant aux femmes des Osmanlis, l'iiifériorité de leur condition les empêche de réagir, selon les moyens de^leur sexe, contre le mouvement qui entraîne, de l'État à la famille, la république vers sa perte. Lorsque les tribus ennemies de

ET l' AVENIR DE LA QUBSTIDN d'orIENT 581

Rome sommeillaient, sur la frontière du Rhin, les Germaines ranimaient parfois leur ardeur martiale (m prédisant la victoire aux guerriers. A Tépoque iuneste de Thistoire où la civilisation ancienne, retrempée dans le christianisme, faillit périr au milieu (les violences du moyen âge naissant, la chevalerie, î;ous rinspiration des dames, résista, en adoucissant les mœurs, au courant de la barbarie. Mais, loin d^ôtre une puissance ou un charme, dans la société, la iemme turgue ne jouit pas plus que Tesclave païen de ses droits naturels. Mahomet a fait payer trop cher la faute d'Eve à ses filles. Le Coran, pour éviter les rechutes, a mis, sur la terre, la compagne de l'homme dans Timpossibilité de faillir. Les entraves ([ui la retiennent invinciblement au harem, dès le ] cerceau, la privent même du mérite de la vertu volontaire. Au ciel, dans le royaume des houris, elle n'a même rien à attendre, si ce n^'est Thonneur de servir son époux et maître, à la table des élus. iyon assujettissement aux stricts devoirs de la materidté revêt presque, dans la pratique de la loi mahométane, le caractère avilissant aune fonction bestiale; et, à ce titre, Tislamisme, tel du moins crue les idémas Tout façonné, se montre au-dessous au paj\anisme, dans Tordre des religions. L'hétaïre, en (rrèce, pouvait, témoin Aspasie, exercer une injluence souveraine, sur les destinées dupavs. D'ailleurs, la beauté étant l'unique Dieu d'Atnènes, le plus souvent, le citoyen devait accorder à celle qui Ja représentait, sous son toit, une partie du respect (lu'il rendait publiquement aux statues de Vénus ou (le Diane. Ainsi le culte des beaux-arts, rejaillissant ;5ur la vie privée, engendrait, à l'avantage du plus frible, une politesse domestique, propre non-seulement à lui alléger, au logis, le joug de l'esclavage C(mjugal, mais à augmenter sa part d'importance sociale. Ainsi, Phidias et Praxitèle, en élevant l'esthétique à la hauteur d'un apostolat, ont travaillé à la réhabilitation du beau sexe, dans un milieu oii

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