‹ Journal humoristique du siége de Sébastopol (volume 2)Chapitre 31 sur 33 · LB TRAITÉ J>B PARIS · texte numérisé non relu

LB TRAITÉ J>B PARIS

rinfluence voluptueuse du climat et de la religion conspirait à sa dégradation. Or la poésies de Tart n^avant, pour ainsi dire, interposé les délicatesses de i amour entre Tinjustice du code musulnan et les instincts de la jalousie maritale, la femrie, selon Mahomet, est devenue, moins qu^une personne, et cette annulation complète de tout rôle effectif hors de la chambre nuptiale, a achevé, pour lo malheur de Tislam, Toeuvre derin différence fataliste.

En résumé, dans la Turquie sauvée, devrnt Sébastopoîj de l'invasion russe, tous les éléments constitutifs de la société sont dans un état de décomposition qui diffère peu de la mort. En s^en rapportant aux marques dune irrémédiable décrépitude, le temns est proche oii il ne dépendra plus des i)rotocteurs de la Turquie, malgré les vœux des amis d(î la paix, d'étaver, en Orient, Téquilibre européen, sur les ruines de Tislamisme ottoman. Une ère nouvelle de liberté s'annonce, pour les pays chrétiens soumis au croissant, entre l'Adriatique et le Bosphore. La force des armes effectuera, en dernier ressort, cette transformation politique. En ce conflit, dont rheure est indéterminée, mais Tissue inévitable, h) dernier mot appartiendra à la diplomatie, et depuis longtemps déjà, les combinaisons théoriques, avantcoureurs des faits, surgissent, pour résoudra le problème.

Au lendemain de Navarin, quelques esprits généreu;x avaient exprimé Topinion que Tempire «UOrient pourrait, un jour, après Texpulsion des Ottomans, être reformé au profit de la Grèce. Le pays d3s Hellènes était alors en honneur. Dans la lutte c;u''elles venaient de soutenir victorieusement, TAttiqi e et la Morée représentaient le triomphe de la civili nation sur la barbarie. Canaris, Botzaris, Mavrocor latos, tous les coryphées de la guerre de Tindépemiance devaient, à en croire les oracles, devenir la so iche d'une longue lignée d^hommes illastres, destinés à éclipser leurs aïeux et à renouveler la face de l'O-

ET l'avenir DE»1a QUESTION D'ORIBNT 588

lient. Même les compagnons de Léonidas pâlissaient, «levant les KJlephtes, métamorphosés en héros d^'HoiQère, pour le lustre delà cause philhellénique. Aujourd'hui, toutes ces illusions se sont évanouies. La Grèce a trahi les espérances de ses admirateurs et de i\es tuteurs. Non-seulement les martyrs de la 1 égé]iération de la patrie grecque n'ont enfanté que des brouillons indignes d'administrer un pachalik, laais le berceau de la civilisation latine s'est changé in îoyev des intrigues du panslavisme. Fidèles à une tradition que Texpérience avaitr condamnée (TueUement, les Bavarois de la Hellade, par une stupide reconnaissance, se âont empressés de rou- ^rir les portes du Parthénon aux barbares. L'influence des Cosaques a succédé au règne des janissaires. En 1854, 1 occasion paraissait favorable aux (rrecs,pour secouer le joug d'un protectorat antipathique à le%r génie, et qui ne leur avait attiré que des revers. Ils ont préféré se liguer avec le czar, et ont contraint leurs libérateurs de la veille de jeter garnison au Pirée, de châtier leur mutinerie. En agissant, en cette circonstance décisive, au rebours du ;3(ms politique, en se complaisant, depuis leur émancipation, comme des fils du feas-Empire, dans Lîs (guerres civiles, ils ont prouvé qu'ils resteraient toujours un petit peujple de rhéteurs et de brigands, incapable de supporter le fardeau d'un agrandissement territorial quelconque.

La Grèce éliminée, fa solution naturelle qui se ]»ré£ enterait, pour le règlement de la succession des Dttomans, serait l'établissement d'une confédération «lanubienne, dont la Servie et la Roumanie forment iléjè le centre. Il y aura en effet, après la victoire, «ommunauté d'intérêts entre toutes les provinces de la Turquie d'Europe, conjurées contre le croissant, jl leur conviendra de se réunir en faisceau, pour éviter de tomber sous la domination d'un voisin ambitieux qui leur ménagerait, sous le masque de protccieu)-, le même sort qu'à la Pologne. Gonstantinople

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