‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 10 sur 98 · JOURNAL 1M';I)(T · texte numérisé non relu

JOURNAL 1M';I)(T

.innvicr iRi.'i. ruroiit ));irlis, ainsy leurs voix ne servirent do rien. Keslc quatre provinces qui furent pour l'article, savoir : Isle de France, Picardie, Bourgogne (M. Le Grand avoit voulu faire aux Députez comme dessus ; ils luy répondirent qu'ils ne pouvoyent). Et ainsy, il passa, h la pluralité, que l'article seroit osté. Et dans le cayer, on a mis ainsi : 1"" article. Cet article n'est icy d'autant qu'il a esté porté particulièrement au Roy par son très-exprès commandement, comme grandement important au bien de son service et de son Estât. — Ainsi on commença le cayer au second article '.

Monsieur le Prince fut trois fois au Louvre avec les lettres d'Amboise pour les remettre à la Reyn|, et trois fois il les reporta. — Enfin, il les luy laissa et écrivit à la Grange, commandant dans Amboise, qu'il remist la place entre les mains de Meurs, exempt des gardes. La Reyne ayant les dites lettrespatentes, les porta au Roy avec une extrême joye, et luy dit, que de toutes les actions de sa Régence, il ne luy estoit resté que celle-là sur le cœur, qui luy donnoit peine; mais qu'elle y avoit esté forcée

1 Le premier article du cahier du Tiers-État établissait la séparation absolue du temporel et du spirituel, et proclamait l'indépendance du souverain vis-à-vis de la cour de Rome. On attachait une telle importance à cette déclaration, qu'elle venait la première sous le titre des Lois fondamentales. Le Parlement appuyait le Tiers-État. La Noblesse et le Clergé s'ojjposèrent à l'adoption de cet article et firent une telle résistance qu'un arrêt du conseil, pour ramener la paix entre les trois ordres, en ordonna la suppression, {l'oij. le Merc. fr., t. m, où se trouvent les harangues des orateurs des dilVérents ordres et les résolutions adoptées.)

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par prudence, et ([u'cllc loiioit Dieu de quoy la chose Janvier ins. estoit remise en son entier. — J.c lloy témoigna une extrême joye.

27. Le samedy auparavant, on avoit apporté au conseil une atlairc louchant une prise faite sur les Espagnols par Bare et Fleury, capitaines françois, au-delà de Tisle des Açores. Il y en avoit procédures faites par les ufliciers de l'amirauté, d'autres au parlement de Rouen qui avoit instruit le procès. Sur cela, on avoit évoqué au Conseil, à la requeste de l'ambassadeur d'Espagne, qui se vouloit servir d'une encjueste faite en Espagne, en laquelle les tesmoins se contredisoyent. — Ordonné (le dit jour 2/i), qu'il seroit donné temps à l'ambassadeur d'Espagne pour faire sa preuve.

Le 27, Bare ayant représenté que le temps qu'on donnoit à l'ambassadeur d'Espagne estoit inutile, pour ce qu'il ne pouvoit faire de preuve qui valût mieux que la première , l'aiTaire est remise tout de nouveau en délibération. — Grande contestation aux opinions. • — De 32 juges, la moitié, qui est 16, ayant esté d'avis de juger sur le champ que la prise est bonne et légitime, et donner main-levée à ces marchans (Monsieur le Prince soustenoit cet avis) , l'autre moitié jugea qu'avant que de rien décider, il faloit donner le temps à l'ambassadeur d'Espagne pour le rendre capable de cette alïaire. Monsieur le Chanceher soustenoit ledit avis. La Beyne partit en faveur de Monsieur le Chancelier, dont Monsieur le Prince demeura fort piqué, et dit : la Reyne veut

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jnnvitr ifiiii. qu'il passo à l'avis de Monsieur le Chancelier, j'y reviens donc.

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