‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 13 sur 98 · DIS · texte numérisé non relu

DIS

lis baves pour MM. les conseilrs d'Estat de robbe longue. —

Trois uii,.io yj lers d'Estat de robbe Ion Les intendants y estoient.

Bancs des députez de l'Eglise.

ï'/'o(.< bancs pour MM. tes conseillers d'Estat d'épee. — Il y avoit (piaiilitc- (le chevaliers de l'ordre.

Bancs des députez de la Noblesse.

etc., etc.

etc.

Bancs des députez du Tiers-État.

— Il y avoit séparation d'environ trois pieds entre leurs banes et ceux du Cler":é.

etc.

Bancs des députez du Tiers-État .

— 11 y avoit séparation d'environ 3 pieds entre lesdits bancs et ceux de la Noblesse.

M. DE l.ucuN- (11, pour le Cler-é, ( ''V\ès avoir haransiie, chacun d eux suiv> ,. '. ■ ■ '" 1 ,> 1 1 I de son greflier, alloit tiouver le Ro.\, cl

M. DE .SENECEY, pour la ^ohlesse, l ^^ prenant le càvrr des mains du greffier, M. Myron, pom-IcTieis-Elat, | ],. préscntoit à .S. M.

0) V'ov.la harangue de révé(pie de l.ucon, Arinand-.Icau du Plessis, depuis Cardinal-duc de Richelieu (l'etltot, 2<: s., t. XI, p. 2011. i:llc fut imprimée avec celle de Mlron chez. Cramoisi, après la clôture (les htnts.

n' VR\ Aiii.rî n'AM)iM.v. 50

Moiisii'ur le Prince va troiivei- la Reyne h Saiiil- Yictor. De là, il l'acconipa^ne au Louvre. Luy dit • [u'il la venoit supplier de luy accorder la grâce de Roclu'I'ort ; que c'estoit un gentilhomme ù qui il avoit de l'obligation pour ce qu'il l'avoit toujours très-fidèlement servy. La Reyne luy répondit que c'estoit au Roy qu'il se faloit addresser. Il luy répondit : Matlame, je supplie vostre Majesté que je luy aye cette obligation, car je crains que le Roy me la refusast. Kilo luy répondit : Non, non, allez ;i luy, je m'asseure (|u'il vous fera bonne réponce. Sur cela. Monsieur le Prince ayant esté trouver le Roy , sa Majesté luy répondit : Monsieur le Prince, je donne grâce à Rochefort pour Tamour de vous, etc.

1. Le Roy donne à M. de Luynes l'aisné le gouvernement d'A.mboise qui estoit demandé par M>L de la Curée ', la Chastaigneraye ", le Renouart et Descures '\ On dit que le Roy en pria M. le maréchal d'Ancre. — En fit des remerciemens extrêmes à la Reyne, mena luy-mesme M. de Luynes remercier la Reyne qui répondit : C'est le Roy qu'il faut remercier ; et le Roy disoit : Au contraire, c'est vous

* Gilbert Filliet, seigneur de la Curée et de la Roclie Turpin, né vers 1555, conseiller d'Etat, capitaine- lieutenant des chevaux-legers de la Garde, maréchal de camp, mort en 1633.

■'• Commandant des gardes de la Reine.

^ M. d'Escures, qui avait acheté le goiivernemeni d'Amboise, avait été obligé de le cédci à Monsieur le Piaice (Fontenay-xMareuil, t. l, p. 246).

Mars ICI!)

6D .M)l W \ AI, 1 m'; 1)11

Madame, (-(u'il faut qu'il remercie. On dit que M. de Vendosmo ayda fort à celte affaire '.

2. Messieurs du Parlement résolurent d'assembler les chambres, le vendredy en suivant, sur le fait de la paulette , et menacèrent fort le Mayne , sur ce qu'on leur avoit rapport('' ([u'il vouloit faire un party de 1500 mil livres de toutes les party es casuelles. Depuis, le Mayne fut faire une protestation au Parlement que cela n'cstoit point. Et sur ce qui fut le jeudy rapporté au Parlement, de la part de la Reyne, (je ne say quoy), les chambres ne s'assemblèrent point le vendredy.

9. Messieurs du Parlement des chambres des Enquestes députent deux de chaque chambre à la Grand Chambre, vers Monsieur le Premier Président, pour demander qu'on assemble les chambres. Monsieur le Premier Président répond qu'il avoit receu commandement de la Reyne de ne point assembler les chambres. Sur cela, ils firent grande rumeur et parlèrent fort rudement à Monsieur le Premier Président, et demeurèrent trois heures sur cette contestation, et peu à peu, en délibérant si on s'assembleroit, ils s'assemblèrent. On dit que M. Gilot dit qu'il avoit autrefois ouy dire à M. le président de Thou que le feu roy Charles luy ayant dit qu'il vouloit faire quelques-uns du Parlement conseillers d'Estat,

1 C'est par erreur que Richelieu dans ses Mémoires place cette donation dans l'année 1614. Pontchartrain, Mém., t. xvii, p. 75, et le P. Anselme, Généalogie du duc de Luy nos, sont d'accord sur ce point avec Arnauld d'Andilly. {Voy. Fontenay-Mareuil, t. l, p. 270.)

d'ak.n Al 1.1) d'wdii.i.^. 61

il lui irpondit : Sire, ne faites pas cela, vous gastcrez (oui et ruinerez le Parlement.

On dit ((ne M. le président le .lay dit que , s'il ne seavoit faire le Premier Président, il y en auroit tl' autres qui le feroyent bien.

10. Messieurs du Parlement assemblent les chambres ; commencèrent à opiner.

M. de Saint-Géran' alla dire à Monsieur le Prince ([ue le Roy et la Reyne le prioient de ne se point trouver au Palais, afin de ne fortifier point par su présence les résolutions qu'on y pourroit prendre. Monsieur le Prince répondit qu'il iroit hiy-mesme rendre réponce à Leurs Majestez ; et quelque temps après alla au Louvre et dit au Roy et à la Reyne que, puisque Leurs Majestez ne vouloyent point qu'il s'y trouvast, il n' iroit point.

On dit qu'il se plaignit, disant que M. de Saint- Géran avoit soixante gendarmes disposez en divers endroits, lorsqu'il l'estoit allé trouver le matin.

11. Messieurs du Parlement achèvent de délibérer. Résolvent que remontrances seront faites au Roy, tant sur le sujet de la paulette que sur autres points; et que cependant, et jusques à ce que cette alïaire soit entièrement résolue, on ne recevra aucuns officiers qu'ils ne rapportent un certificat comme la vefve et les héritiers seront contens et satisfaits d'eux.

* Jean François de la Guiche, comte de la Palice, seigneur de Saint- Géran, gouverneur du Bourbonnais, capitaine lieutenant des gendarmes de la garde en 1615, maréchal de France en 1610, mort en 1632.

On dit que M. Ribier dit qu'il n'y avoit pas jusqu'aux Pasquins qui ne los app(.'IIasscnt des poulies, et qu'ils avoycnt raison, veû la laschcté qui se trouvoit tant au chef qu'aux membres.

12. Conseil tenu le ni;i lin chez Monsieur le Chancelier sur le fait de la paulette. M. Arnaud, intendant des finances, propose son avis ; tous en demeurent d'accord.

1/après-disnée , Conseil tenu au Louvre sur le mesme sujet, où estoyent tous les grans. M. Arnaud propose de rechef son avis, qui est : de rembourser le trésorier des parties casûelles ; rétablir trente sols sur minot de sel; supprimer les offices qui vacqueront par mort, jusqu'à ce qu'ils soyent réduits au nombre ancien; -au bout de cinq ans, voir ce que monteront les gages qui reviendront par ce moyen au Roy, et diminuer d'autant l'imposition ; permettre aux officiers de résigner, sans rien payer que le droit de marc d'or, et, par ce moyen, supprimer pour jamais la paulette et la vénalité. — Cet avis l'emportoit à la pluralité des voix ; mais M. de Bulion ouvrit un autre avis, qui est de ne permettre de résigner à ceux qui achèteront doresnavant. M... en fut. Monsieur le Chancelier et deux ou trois autres. Ainsi il n'y eut rien de résolu pour ce jour-là.

19. M. Ribier, lieutenant général de Blois', harangue au Roy au nom du Tiers-Estat, pour em-

1 Guillaume Ribier, député du bailliage de Blois. (Voy. Merr. fr., t. ni, p. 422-Zt2r), la requête du Tiers-Elat.)

h'vK\\ri.D u'ammi. [ V. V)?>

posclier riinposition do trente sols. Monsieur le Chancelier répondit qu'ils n'avoyent deû s'assembler depuis la présentation des cayers.

"Ik. l.e Roy mande les députez des trois ordres en la galerie du Louvre; leur dit qu'il avoit commandé à Monsieur le Chancelier de leur déclarer sa volonté. Sur cela, Monsieur le Chancelier, prenant la parole, leur dit, en substance, que le Roy désirant taire réussir des Estats tout le bien possible, et répondre promptemcnt les cayers qu'ils avoyent présentez, il avoit nommé des commissaires pour y travailler jusqu'au nombre de plus de quarante ; mais qu'il y avoit si grand nombre d'articles, qu'il estoit impossible que l'expédition en fust si prompte qu'il desiroit, veû qu'il y en avoit plusieurs qui méritoyent chacun un conseil tout entier. C'est pourquoy, pour éviter les fraixque leur séjour apporteroit au peuple, non-seulement Sa Majesté avoit agréable, mais leur commandoit de se retirer en leurs maisons; et que cependant, pour leur donner les preuves de sa volonté aux plus importans articles, et que les trois ordres avoyent conjointement demandez, il esteignoit dès à présent la paulette et la vénalité, protestant que, de son règne, il ne souflriroit qu'il ne fust jamais vendu aucune charge, et qu'il obligeroitles roys, ses successeurs, à le jurer en leur sacre, comme une des loix fondamentales de l'Estat ; qu'il leur accordoit une chambre de justice, et que, dans trois jours, on nommeroit les commissaires; que, pour le regard des pensions, il pourvoieroit au retranchement, de

m. ■' JOURWAL INEDIT

telle sorte qu'ils a uroyent sujet (Tcii estre coulcns'. 27. Mort de la reyne Marguci'itc '', à H heures du soir. MM. Arnaud et de Marillac commissaires poin- l'aire rinventaire. Bagues valoyent 25 ou oO, ()()() escus. Tout le reste des meubles ne valoit pas (),00() escus. S'asseinblent avec M. de Souvré, comme premier gentilhomme de la chambre, pour ordonner le deuil. M. de Souvré, M. le comte de la Rochefoucaud % maisire de la garde - robbe en charge, premiers valets de chambre et autres officiers du Roy prctcndoyent devoir avoir deiiil. Jugé qu'il ne leur en appartenoit, mais que MM. de Souvré et de la Rochefoucaud le prendroyent par bien séance et se l'ordonneroyent eux-mesmes. La dépcnce du deuil des domestiques de la reyne Marguerite, de leur nourriture durant quinze jours, de l'effigie et autres cérémonies faites en la maison, monte à 1 4,000 escus. Si on eust fait un convoi, il eust monté 100,000 escus. Elle devoit 260,000 escus, sçavoir, 60,000 escus devant la donation' et 200,000 escus depuis. Donnoit par an 100,000 livres aux pauvres^

^ J'oij. Pontchartrain, t. xvii, p. 78; Uerc. fr. t. m, p. 421; Merc. fr., t. IV, p. 2h.

^ Marguerite de France, duchesse de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Medicis, premièr(; femme de Henri IV qui fit annider son mariage en 1599.

3 François, V* du nom, né en 1588, duc et pair en 1622, mort en 1050, père de l'illustre auteur des Maximes.

'' La donation entre-vifs qu'elle fit de tous ses droits en faveur du Dauphin, depuis Louis XIII.

5 Voy. Pontchartrain, t. xvii, p. 78; Richelieu, t. xxi bis, p. 2/il ; Fontenay-Mareuil, t. l, p. 267.

1)" A H \ \ 1 II) |)"a N 1)1 I i.\ . ()5

28. Messitnirs (lu l';irlemeiit s'assomblcnl malin et après-disnée. Donnent arrcst portant que les Princes cUi sang et les oHiciers de la couronne seront mandez pour délibérer sur les remèdes qu'il est besoin (raj)porter aux désordres qui sont en ri''.sla( '.

29. Conseil tenu au Louvre. Ordonné ce (jui fut exécuté le lendemain, ainsi qu'il suit :

30. Messieurs les gens du Roy t'ont leur plainte en la Grand Chambre, de ce que cest arrest avoit esté donné sans les ouïr; qu'il préjudicie extresmement à rautorité du Roy, Requièrent qu'il soit bilTé dans les registres. — IMessieurs du Parlement répondent que l'arrest n'estoit pas tel qu'on l'avoit fait entendre à Sa Majesté, pour ce qu'à la fin il y avoit: sous le bon plaisir du Roy (mots qu'ils avoient adjoutez depuis, voyant que l'arrest n'estoit soutenable) ; qu'ils chargeoient Messieurs les (tcus du Roy d'aller vers Sa Majesté pour la supplier d'avoir pour agréable (|ue l'arrest fust exécuté".

Environ le dit jour, M. de Vendosme se départ de l'union qu'il avoit avec les autres Princes et présente au Roy une déclaration par écrit pour assurance de sa fidélité. La Reyne la refuse et dit qu'il ne pouvoit bailler d'assurance plus grande que ce à quoy la naissance l'obligeoit ; que le Roy contraindroit de se

* f'oy. Merc. fr., t. iv, p. 25. Voy. dans les Mémoires de Mathieu MoIé le narré des remontrances du Parlement contenant tous les détails de cette affaire et les pièces authentiques à l'appui (Mém. Math. MoIé, édition citée, p. 20-58).

* Voy. 3Ieic. fr., t. iv, p. 33, tous les détails relatifs à cette affaire et notanunent le rôle joué par l'avocat général Servin.

06 JOlIHNAr, INKDIT

i.ns loi.i. ranger à leur devoir tous ceux (jui s'en soroiont (li';partis, etc.

Avril. 4. La Reyne dit à M. de Longueville, revenu

huit ou dix jours auparavant, qu elle l'avoit toujours fort affectionné, comme elle faisoit encore; qu'elle sçavoit qu'il avoit eu quelques mécontentemens du maréchal d'Ancre, ([u'ellc le prioit d'oublier tout cela; que le maréchal d'Ancre avoit toujours esté et estoit encore son très-humble serviteur; qu'elle desiroit qu'il le reçeust bien lorsqu'il le viendroit saluer. M. de Longueville répondit : Madame, il ne m'a jamais témoigné qu'il fust mon amy, et, quant à moy, je ne l'ay jamais ni aimé ni haï, mais je feray ce que Vostre Majesté commandera. Elle répondit : Je désire que vous le teniez pour vostre serviteur et veux qu'il le soit; et sur cela fit avancer M. le maréchal d'Ancre, qui alla saluer M. de Longueville, et puis ils s'embrassèrent, mais tout cela avec froideur de la part de M. de Longueville.

Accord de M. le maréchal d'Ancre et de M. de Villeroy. — M. de Guise dit à la Reyne qu'infinies personnes trouvoyent étrange la froideur dont elle usoit envers M. de Villeroy, veû les services qu'il luy avoit faits et ceux qu'il estoit encore capable de faire; que chacun sçavoit la mauvaise intelligence qui estoit entre M. le maréchal d'Ancre et luy ; que cela estoit trouvé extresmement mauvais; que, pour luy, si cela continuoit, il ne pourroit toujours supporter cette hayne, et que, s'il estoit contraint d^a-

d' \ Il N Ul I I) 1>V\\ 0 I I. I, Y. 07

l);iiKlonncr le Maivilml. il iic la vouloil pas a.ssiirer (|if il so passasl deux jours sans qu'il couriist torluiie. La llcyin; lui ivpoiidil (ju'il lui l'aisoil un plaisir exti-esrne; (|uo (•.cttc alVairc lui donnoil diî la peine, mais qu'elle ne savoit comment raccommoder, pour ce qu'il estoit besoin (|ue quelqu'un s'entremist; (lu'elle le prioit de le faire et d'en |)ai'ler comme il laloit au maréchal d'Ancre. Sur cela, M. de Guise parla à luy el TaU'aire s'accommoda. Depuis, après les testes de Pas(|ues, M. de Villeroy estant revenu de ses dévotions, il fut encore mieux reçeu.

Page 1