Querelle de M. de Bressieux ' contre M, de la Valette
M. le vicomte de Rabat tue en duel M. de Longnac.
Conseil tenu chez M. le président Jeannin. M. d'Herbaut^ dit que les finances estoyeiit en une entière confusion ; ([u"il n'y avoit nul moyen qu'il fist sa charge, si on ne lui bailloit des fons. M. le président Jeannin en dit de mesme et conclud que, pour y remédier, il faloit, pour cette année, recevoir le droit annuel. Sur cela, MM. de Ma... (Marillac), Do... (Dollé) et Bu... (Bullion) ne disent mot. Ce que voyant M. Arnaud, il prend la parole et dit qu'à
* Premier écuj'si" de la Reine-mère.
2 Bernard de Nogaret de la Valette, second fils du duc d'Épernon, duc de la Valette puis d'Épernon, pair, colonel général de l'infanterie française, gouverneur de Guyenne, chevalier de la Jarretière, né en 1592, mort en 1661. Il épousa Gabrielle Angélique, légitimée de France, fille de Henri IV et de la marquise de Verneuil.
■'■ Raimond Phélipeaux, seigneur d'Herbaut, né en 1560, trésorier de l'Épargue en 1599, secrétaire d'État en 1621, mort en 1629.
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la vérité il y avoit une grande confusion aux nfVairos, mais qu'elles n'estoyent point en si mauvais estai qu'il n'y eust moyen d'y pourvoir; el ensuite leur montra clairement qu'ils n'avoyent besoin que de trouver 100, 000 escus comptant, et que, moyennant cela, tout iroit bien; qu'on les pouvoit prendre à la Bastille; que, pour les trouver autrement, ilsavoyent les deux derniers quartiers des pensions de la reyne Marguerite, montant à 250, 000 livres; qu'il n'estoit plus besoin que de 50,000 livres et 10,000 escus pour les intérests d'un an; que l'on luy donnast les ({uiltances de l'Espargne pour les dits 3o0,000 livres sur de bonnes receptes générales et qu'il s'assuroit de trouver l'argent; que si la Beyne, pour des considérations d'Estatetde peur de mécontenter les officiers, vouloit, contre la parole qu'elle avoit si solennellement donnée, remettre la paulette et apporter un tel préjudice à l'Estat, il faloit obéir, et que si, sur cela, elle lui demandoit son avis, il le luy diroit fort franchement; mais qu'il ne souffriroit jamais qu'en une affaire de telle conséquence, et qui importoit tellement au royaume, on prist le prétexte de la nécessité des finances, et que, s'ils le vouloyent faire, il iroit trouver la Reyne et lui feroit entendre, en présence de tous les Princes et des Grans, Testât des affaires et lui feroit voir connue ils ne les entendent point.
9. Messieurs du Parlement furent au Louvre, ayant esté mandez par le Pioy. Sa Majesté leur dit quelques mots ; et puis Monsieur le Chancelier prit la
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parole, et leur dit {[ue ils n'avoyent point dcû s'assembler pour ce qui eoncerne les allaires de TKsIat ; qu'ils cstoient seulement ordonnez pour rendre la justice aux sujets du Roy; qu'il avoit choisy et esta- 1>1\ ceux (le son Conseil, pour aviser à ce (jtii est(l(î la conduite des alïaires du royaume; et que Sa ^lajesté leur défendoit de se plus assembler sur ce sujet. Et il ce propos, leur allégua plusieurs exemples, et entre autres du président de la Vacquerie, flamand, qui ne voulut recevoir les pleintes du duc d'Orléans (qui fut depuis Louis Xll). On dit que Monsieur le l'remier Président répondit à Monsieur le Chancelier, que s'ils estoyent en lieu où l'on pust répliquer, il y auroit bien moyen de répondre à ses exemples. On dit aussi que Monsieur le Chancelier ayant dit à Messieurs du Parlement, que plusieurs de leur compagnie n'avoyent pas esté d'avis del'arrest, et en cela, avoyent témoigné plus de prudence, Monsieur le Premier Président répondit : Monsieur, ce que la Cour ordonne, c'est toute la Cour, car elle ne se divise point.
L'après disnée, ils s'assemblèrent au Parlement. Résolu que l'on députeroit pour faire remonstrances au Roy, afin de luy faire connoistre qu'il y avoit plusieurs réponces aux argumcns faits par Monsieur le Chancelier, et luy faire entendre de quelle sorte le Parlement s'est toujours comporté en pareilles occurences d'aflaires que celles qui sont aujourd'huy '.
1 foy. Hiclielieii, t. \xi bis, p. 240; Foutcnay-.Marcuil, t. l, p. 271-