‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 15 sur 98 · JOU UN AL INÉDIT · texte numérisé non relu

JOU UN AL INÉDIT

Avril 161S. 40. Le Roy jillaiit donnor de l'eau béniste h la

reyne Marguerite, et sa queue devant (selon la coustume) estre portée par trois Grans, et n'y ayant que Monsieur le Princ(i et Monsieur le Comte', des princes du sang, il se nieùt contention entre M. de Guise et M. de Longueville. La Reyne jugea en faveur de M. de Guise. Sur cela, M. de Longueville s'en retourna à Amiens, et Monsieur le Prince et Monsieur le Comte (qui veut marier Mademoiselle sa sœur à M. de Longueville) n'y voulurent estre. Tellement que MM. de Guise, du Mayne et d'Elbeuf'' portèrent la queue.

On tient que pendant le séjour de M. de Longueville à Paris, on voulut envoyer 500 Suisses à Amiens; que M. de Longueville, en ayant eu avis, vint prendre congé de la Reine, disant qu'il avoit esté averty que Sa Majesté envoyoit des Suisses à Amiens; qu'il craignoit que le peuple, qui estoit assez fâcheux, ne les

276; Merc. fr., t. i\, p. 37-/i2, où se trouve le sommaire des discours prononcés en cette occasion.

1 Louis de Bourbon, comte de Soissons, fils de Charles de Bourbon, mort en 1612 et d'Anne de Moutafié, né en 1604, grand maître de France et gouverneur du Dauphiné en 1612, lieutenant -général dans Paris et chef du Conseil pendant l'absence de Roi en 1626, gouverneur de Champagne en 1631. S'étant révolté contre le Roi, il fut tué à la bataille de la Marfée qu'il gagna en 1641 sur le maréchal de Chatillon. Le comte de Soissons, à qui Arnauld d'Andilly donne une volonté, n'avait alors qu'onze ans.

2 Louise de Bourbon, sœur du comte de Soissons, née en 1603, m.orte en 1637, devint en effet la première femme du duc de Longueville dont elle eut la duchesse de Nemours, l'auteur des Mémoires.

3 Charles de Lorraine, IP du nom, duc d'Ell)euf, pair, gouverneur de Picardie, blessé au siège de Saint-Jean-d'Angely en 1621, retiré en Flandres de 1631 à 1643, mort en 1657.

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vouliist recevoir. Joint ([u'i'ii telles occasions, c'es- umiois. toit aux (jOLivorneurs de i)rovince ^i y donner ordre, (i'est ponrquoy il la supplioit de trouver bon (juil y allast. Sur la résistance apportée par la Reyne, pa-

rolt>s Service du Roy Maréchal d'Ancre

Trailteroil en vallet.

:26. M. de Caudale ' l'ait le serment de premier gentilhomme de la Chambre.

Logement de quelques Suisses de la reyne Marguerite. Sur quoy on fit courir le bruit que la Reyne vouloit mettre des Suisses dans la ville et désarmer le peuple.

On disoit que Monsieur le Prince vouloit répudier Madame sa femme '. Elle le va trouver le soir, comme il estoit couché.

oO. Monsieur le Prince voit la Reyne en présence de M"''" la comtesse de Soissons qui s'en est rendue la médiatrice. Luy dit : que quelques mauvais rapports qu'on luy eust laits de luy, il n'avoit jamais eu autre intention que de servir le Roy et elle ; qu'il ne mettoit point de différence entre les personnes de Leurs Majestez, etc. ; que quant à ce qu'on estoit entré en ombrage de ce qu'il se mettoit bien avec Messieurs du Parlement, c'estoit à tort, parce qu'en cela, il n'avoit esté porté d'autre désir que de ce qu'il es-

* Henry de Nogaret de la Valette, duc de Caudale, premier gentilhomme de la Chambre, gouverneur d'Agenais et de Saintonge, diic et pair en 1621, se signala dans les gueires de Hollande, d'Italie, fut généralissime des armées de Venise et mourut en 1639.

2 Charlotte Marguerite de Montmorêncy5 fille duConnétabléi

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Avril 16IS. iijnoit que celte compagnie lust fort alTeclionnée au service du Uoy; que pour le regard du Conseil, il n'y veiioit point à cause de l'extrême confusion qui y estoit, et (|u'il supplioit Sa Majesté de le dispenser d'y aller jusqu'à ce qu'on y eust mis un autre ordre, etc.

On dit qu'il insista sur deux points, l'un de réformer le Conseil, en telle sorte (ju'il n'y entrast que fort peu de personnes (qui seroit rejester sur Leurs Majestez la hayne de ceux qu'on mécontenteroit) , et l'autre de donner contentement à Messieurs du Parlement sur les choses qu'ils demandent (qui seroit s'acquérir une entière créance parmy eux, et se faire reconnoistre tout puissant.)

La Reyne luy répondit : qu'elle l'avoit toujours aymé, et faisoit cas de luy selon que son rang le méritoit; qu'elle désiroit qu'il eust part dans les affaires, et que rien ne se fist sans son avis ; que quant à ce qui estoit du Conseil, elle estoit bien aise qu'il y vint; que néantmoins, puisqu'il estoit d'avis de le régler, l'on rapporteroit cependant ce qui s'y estoit résolu, et qu'au plustost on travailleroit à régler ledit Conseil. Et sur cela, ayant appelle MM. le Chancelier, de Villeroy et Jeannin, c|ui estoyent un peu à l'écart, leur dit comme Monsieur le Prince estimoit qu'il estoit besoin de régler le Conseil, et qu'elle le trouvoit bon, et qu'il y faloit travailler. Ils répondirent tous qu'ouy, et chacun d'eux salua Monsieur le Prince. M. de BuUion se voulant aussi avancer, il lui tourna le dos. Après, M"" la maréchale d'ancre

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vint, et rendit toutes sortes de ténioignnp;es à Mon- avhi mu. sieur le l'rince du contentement qu'elle avoit de celte réconciliation, et comme elle y avoit apporté tout ce ([iii luy avoit esté possible'.

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