‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 16 sur 98 · Combat de M. deLosièrc", fils de M. de Thé- Nwiy · texte numérisé non relu

Combat de M. deLosièrc", fils de M. de Thé- Nwiy

mines \ contre M. de Madaillan, tué. — Querelle \ eniie à cause du vicomte de Parât.

I L M. le président Nicolay, pour la Chambre des domptes, et M. le président Chevalier pour la Cour des Aydes, furent haranguer au Louvre, pour supi)lier le Roy de rétablir le droit annuel. Au milieu de la harangue du président Chevalier, deux solives du plancher de dessous croulèrent, et une poutre s'ébranla. Le Parlement ne voulut y venir.

1^. On tient conseil au Louvre , où estoyent MM. de Guise, ofiîciers de la couronne, etc. Monsieur le Prince, mandé par deux lois, ne s'y voulut trouver. M. le président Jeannin fit la proposition, dit c[ue le Roy, pour plusieurs bonnes raisons, vavoit accordé à ^Messieurs des Estats d'abolir la paulette et la vénalité; qu'il en avoit esté fait des dépesches dans les provinces, mais que depuis on avoit eu avis de tous endroits de tant de mécontentemens des offi-

* Foij. Pontchartrain, t. xvii, p. 81.

- Charles, seigneur de Lauzièies, second fils du maréchal, tué du vivant de son père au siège do Montheur en 1621.

^ Pons de Lauzières de Thémines de Cardaillac, marquis de Thémines, sénéchal et gouverneur de Quercy, nonmié maréchal de France en 1616 pour avoir arrêté Monsieur le Prince, gouverneur de Bretagne eu 1626, mort en 1627.

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ciers qui ont toujours ridèlement sorvv le Roy, qu'il sembloit à propos de leur donner ee contentement, que de surseoir pour les trois années (jui reste yent du jjail, Texécution de la suppression de la paulette. Sui" cela, le lleyne prit la parole, ei dit, qu'à la vérité, il y avoit eu tant de pleintes d'officiers que elle désiroit leur donner quelque contentement pour les trois ans qui restoyent h expirer du bail. Monsieur le Chancelier demanda à la Reyne, s'il luy plaisoit pas qu'il en demandast les avis de quelques-uns de la compagnie? Elle dit qu'ouy. M. le président Jeannin opina le premier, et dit qu'il estoit d'avis de dresser un édit que l'on feroit vérifier au Parlement, portant la révocation de la paulette et de la vénalité, mais que néantmoins il y auroit surcéance pour trois ans de l'exécution. M» de Chasteauneuf * dit qu'il estoit d'avis que cela se fist seulement par un arrest du Conseil, afin de ne s'engager à aucune vérification, comme il n'y en avoit point jusques icy. M. de Thou, idem. Après cela. Monsieur le Chancelier demanda à la Reyne, s'il lui plaisoit qu'on en opinast davantage? Elle répondit, qu'il n'en estoit point besoin, pour ce que c'estoit une chose qu'elle avoit déjà avisée. M. le Chancelier fut d'avis d'arrest, et non pas d'édit. Ainsi il passa là.

1 Guillaume de l'Aubespine, baron de Châteauneuf, conseiller au Parlement en 1568, maître des requêtes en 1572, ambassadeur en Angleterre, conseiller d'Etat, chancelier de Louise de Lorraine, reine de France, et chancelier des Ordi'es en 1600, mort en 1629. Son fils, le marquis de Châteauneuf, devint garde des sceaux.

l)*ARNAlll.l) d'wDI I.I.N. 75

20. Monsieur le Prince pari le soir, j)()ur aller à Valéry. Il avoit parlé quatre heures aupara\anl à Madame sa leninie qui le suit le lendemain '.

On fit courir le bruit que la Reyne n' avoit pas voulu qu'il se trouvast aux remonstrances que devoit l'aire le Parlement. Mais le vendredy ensuivant, 8a Majesté dit à Messieurs du Parlement, lors de leurs remonstrances, que c'estoit très-faux, et que tant s'en faut, elle luy avoit envoyé dire par un gentilhomme, qu'elle le prioit de s'y trouver, et que c'estoit chose qu'elle desiroit extrêmement; et que Monsieur le Prince, au lieu de cela, s'en estoit allé, sans prendre congé, ni du Roy, ni d'elle.

On fit aussi courir le bruit que Monsieur le Prince s'en estoit allé pour ce qu'on se vouloit saisir de luy.

21. M. de Loménie père- leut au Conseil les réglemens faits sur le sujet de l'ordre et des allaires qui se doivent traitter aux Conseils du Roy.

22. Messieurs du Parlement députent cinq présidens de la Grand Chambre (MM. de Blancménil ' et Séguier n'y estoyent) et quatre conseillers de chaque chambre pour présenter leurs remonstrances au Roy. Monsieur le Premier Président porta la parole et dit en substance les raisons qui les avoyent

* roy. Pontchartrain, t. xvii, p. 81.

2 Antoine de Loménie, comte de Brienne, secrétaire d'Etat sous Henri IV et Louis XHI, à qui l'on doit la précieuse collection des manuscrits de Brienne, père de l'auteur des Mémoires.

^ Nicolas Potier de Blancmesnil, né en 1541, conseiller au Parlement en 1564, maître des requêtes en 1567, président à mortier en 1578, chancelier de la Ueiue-raère, mort en 1635.

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nuiiis M donner l'arrcst du 28 ninrs portant que les Princes, l^uirs , et autres Olïiciers de la Couronne seroyent assemblez , et depuis , à dresser leurs remonstrances sur ce que l'on n'a voit pas trouvé bon leur arrest; qu'il y avoit plusieurs exemples de remonstrances faites au Roy sur les affaires d' Estât, en diverses occasions. Protesta toute sorte de service au Roy*.

Après, le jeune M. de Lomcnie - leut les remonstrances qu'ils présentèrent. Ensuite, la Rcyne les fit retirer, et dit qu'elle aviseroit avec son Conseil ce qu'elle avoit à leur répondre. Lorsqu'ils furent sortys, la Reyne se mit à la fenestre avec Monsieur le

Chancelier, M. le président Jeannin

Puis, on les fit rentrer, et lors le Roy leur dit —

Et la Reyne, ensuite, prenant la parole, leur dit :

qu'elle estoit bien malheureuse de voir qu'au lieu de

recevoir des remercîmens et de la reconnoissance

de tant de peines et de travaux qu'elle avoit souffert

* f'oy. Pontcliartrain, t. xvii, p. 81.

2 Henri Auguste de Loménie, comte de Brienne, né en 159/), mort en 1661, ministre et premier secrétaire d'Etat sous Louis XIII et Louis XIV, auteur des mémoires qui portent son nom. « Le Roy me conmianda d'en faire lecture (des remontrances) à la place de mou pt're qui ne le pouvoit que très-difficilement à cause de la foiblesse de sa vue : ce qui donna occasion à prédire que j'aurois bientôt la survivance de sa charge. » (Mémoires du comte de Brienne, édition Petitot, 2° série, t. xxxv, p. 300.) — Voy. dans les mémoires de M. Mole, p. 28 et suiv., le texte officiel des remontrances du Parlement. C'est un document très-important pour riiistoire du temps. Ces remontrances se trouvent aussi dans le Merc. fr.^ t. iv, p. 51 et suiv. avec le compte rendu de cette séance méniorablr.

I) AHNAIII. I> l> Wni II N. / /

pciulaiil sa Kég-ence, pour coiisiM-ver la paix et la liaïuiuillité de TEstat, elle ne recevoit d'eux que de riiig;ratitude; qu'ils entreprenoyent directement sur l'auloriU' du \\o\\ mais ((ii'elle connaissoit par noms, par surnoms , et connoissoit les maisons de cinq ou six de ceux qui avoyent principalement fomenté ce dessein, et que le Roy les sauroit bien faire châtier. Ht puis ilit : mais je voy bien que je m'emporte et que je me pourrois laisser aller à la colère ; c'est pour- ((uoy Monsieur le Chancelier vous dira le reste. Après. Monsieur le Chancelier prit la parole, et répondit à tous les exemples qu'ils avoyent alléguez , et soustint qu'il n'y en avoit pas un formel ]iour témoigner une entreprise semblable à celie-cy ; qu'à la vérité les Roys s'estoyent souvent utilement servis des avis du Parlement, en plusieurs aflaires importantes, mais que jamais on n'avoit souffert que le Parlement se meslast de conseiller le Roy sans que S. M. le luy eust commandé ; que quant aux évocations, il n'en avoit point scellé de plein mouvement ; c|ue pour les autres , estoyent eux-mesmes qui en estoyent cause, à cause des ofFiciers qu'ils avoyent reçcus outre le degré de l'ordonnance, et des faveurs et parentez qui estoyent entre eux ; que comme ils n' avoyent que voir sur les chambres des Comptes , cours desAydes, etc., pour ce que leurs jurisdictions estoyent toutes séparées , de mesme , ils n' avoyent (lue voir sur le Conseil du Roy ; que, quant à plusieurs désordres sur lesquels ils avoyent fait des remonstrances, s'ils eussent eu la patience d'attendre les

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