M. Barbin est fait controlleur général des
^ Ueiiry de Beaumanoir, P'' du nom, marquis de Lavardin, comte de Negrepelisse, gouverneur des comtés du Maine, du Perche et de Laval, mort en 1633. Il était fils du maréchal de Lavardin mort en 101 /i.
2 Voij. Merc. fr.^ t. iv, p. 87 etliS; Pontchartrain, p. 145.
^ Léon d'Albert, seigneur de Brantes, ciievalier des ordres en 1619, capi aine lieutenant des deux cents chevau-légers de la garde, gouverneur de Blayc, duc de Luxembourg et de Piney, prince de Tingry et pair de France en 1020, mort en 1630. l\ était frère du duc de Luynes et du duc de Cliaulnes. U devint duc de Luxembourg en 1020, jiar son mariage avec Margaerite-Charlotte, fille et héritière de tïenry de Luxembourg, duc de Piney, prince de Tingry, mort en 1016. (P. Anselme, t. IV, p. 274.)
d'AIIN VlM.l) n'A M) I II, Y. 167
finances, milieu de M. le l'réqdenl .leanniii (aïKjiu'l on donna la (jiialité de Suiinlendant) , et la charge d'Intendant qu'avoit M. Dollé fut baillée à M. de Gastille', gendre de M. le Président Jeannin, auquel on donna aussi douze mil écus.
J'ay ouy dire à M. Barbin que M'"* la Maréchale d'Ancre l'alïectionnoit avec une passion extrême, et qu'il y avoit quatre ans qu'elle le pressoit sans cesse de prendre le controlle général des finances, et que l'on donnast fi M. le Président Jeannin une charge d'Intendant desfincmces que l'on demaiidoit pour son gendre ; ce qu'il ne voulut point , afin qu'il ne fust pas dit que l'on créast une charge d'intendant des finances pour l'amour de luy ; mais cpe voyant M. Dollé mort, alors il receut la faveur que luy faisoit la Maréchale. Et Flexelles s'estant offert de parler à M. le Président Jeannin, l'alfaire fut incontinent conclue, comme il est dit cy-dessus. M. Barbin dit aussi qu'en mesme temps qu'il estoit assuré à la Cour de l'intendance de M. Dollé, le Maréchal d'Ancre... -.
' Pierre de Castille, ambassadeur en Suisse, intendant puis contrôleur général des finances, avait épousé Charlotte Jeannin, fille du Président.
2 « Cependant le maréchal et la maréchale d'Ancre avoient si bien mis M. Barbin dans l'esprit de la reine-mère, que sur la fin de 1616 il n'exerçoit pas seulement la charge de surintendant des finances, sous le nom de contrôleur général , mais étoit plus puissant que nul autre dans les affaires. 11 n'avoit point d'acquis ; mais c'étoit un homme d'un très-grand sens et très-judicieux, qui avoit les mains très-nettes et qui ne se prévenoit point ; ce qui est une qualité si rare que je l'ai remarqué en peu de personnes. » (Mémoires d'Arnauld d'Audilly, p. 369.)
!()S .10 1 IINAL i!m':dit m
Mfl.viBiH. M. Bai'l)iii marche devant les Intendans, lesquels
C luy quiltcDl, à cause de sa faveur ; car autrement, il n'avoit nul droit, et ne pouvoit prétendre rang que suivant sa réception au C.onseil d' Estât. Ainsi leur raison pour quitter lut que la plus belle charge de la Cour, c'est la faveur.
Juin. l. M. Mareil du Drac, amené prisonnier par un
Prévost de Champagne, se sauve chez M. du Mayne. Le Prévost et Archers le poursuivent avec pistollets, sont repoussez par les gens de M. du Mayne, lequel survient et empêche le désordre ; et se va pleindre au Louvre de ce que le Prévost estoit ainsi entré en armes dans son logis. Offre que Ton cherche partout. On envoyé le Prévost en prison, pour n'avoir pas seu garder son prisonnier; et l'on envoyé trois Messieurs des Requestes et les Archers du Grand Prévost pour informer chez M. du Mayne de la vérité de l'affaire, et prendre M. de Mareil, s'il y estoit, et l'amener au Fort-l'Evesque. Il s'estoit sauvé sur un cheval de M. du Mayne avec des gentilshommes de M. du Mayne.
G. M. le Maréchal d'Ancre arrive à Paris.
Le Vidame de Normandie, autrement le Baron d'Anncval, jeune homme de vingt-deux ans, cjui a voit eu une compagnie de chevaux légers sous le Maréchal d'Ancre, fait appeler M. de iMontbazon '.
' Horcule de Rohan, duc dfi Moutbazon, pair et grand veneur de Fiance, gouverneur et lieutenant-général de la ville de Paris et de
I> A i; \ V l l.l> 1)"a \ Dl 1,1, \. 1()'J
La (iiu'ItIIc vint sur ce ([iic M. crAniieval avoil l<'\û sa coiiipa^iiic eu jXoniiandie dans le gouvonieniont (le M. de Monihazoïi sans l'en avertir, et que M. de JMontbazon estoit monté à cheval poui' l'attraper. M. de Montbazon voulant sortit- pour s'aller battre, est arresté. M. le Maréchal d'Ancre va chez M. d'Anneval, et mande à 1\1. de Montbazon qu'il y avoit esté, non pour s'oiVrir à luy , mais pour le lanser de la faute qu'il avoit faite de roser appeller, et (|u"il luy en feroit faire telle satisfaction (ju'il voudroit.
M. de la Ghastre ' preste, entre les mains du Roy, le serment de la charge de maréchal de France, à luy accordée au lieu du gouvernement de Berry ".
Monsieur le Garde des sceaux ayant refusé tout haut au sceau un don controllé par M. Barbin, M. Barbin témoigna en estre extrêmement offensé ; mais on luy dit que tout ce qu'il pouvoit désirer de Monsieur le Garde des sceaux, estoit qu'il ne refusast pas publiquement les expéditions controllées de luy où il trouveroit de la difficulté, mais c^u'il les mist à
risle de France, mort en 1054. La célèbre duchesse de Montbazon est sa seconde femme, Marie d'Avaugour de Bretagne, fllle de Claude de Bretagne, comte de Vertus, et de Catherine Fouquct de la Varenne, mariée en 1628, morte en 1657.
1 Louis de la Châtre, baron de la Jlaisonfort capitahie de cent hommes d'armes, gouverneur du Berry en lOl.'i, maréchal de France en 1616, gouverneur du Maine, de Laval et du Perche, mort en 1630. Il était fils de Claude de la Châtre, baron de Àlaisonfort, maréchal de France, mort en 1614.
2 l'oij. Mcrc. fr., t. iv, p. 87; Fontenay-Mareuil, p. 336; Richelieu, [). 304 ; Pontchartiain, p. 143.
170 jouiiNAi. i\Ki)ri
,i..in ifiifi. part ; et que ceux t|iii luy disoyent que Monsieur le Garde des sceaux estoit obligé de sceller te qu'il controlloit, le flattoyent contre toute sorte de raison, etc. On parla aussi à IMonsieur le Garde des sceaux, afin que pour chose qui ne dépend que de quelque sorte de formalité , il se relachast à ne le vouloir aigrir, attendu le préjudice que cela pourroit apporter aux aflnires du Roy et à son service, h cause que ceux qui voudroyent brouiller, ne manqueroyent pas de se servir du prétexte de la division qui seroit entre ceux qui manient les aflaires.
13. Le sieur de Beauveau, Lorrain, fils d'un qui avoit eu la teste tranchée aux Grans-jours de Poitiers, vient à Paris avec des coins pour faire fausse monnoye. 11 est pris par Défontis', mis au Grand Chastellot. Le Roy baille un commandement, signé de Loménie, à M. de Vitry, capitaine des Gardes, pour l'aller tirer de prison. Le geollier refuse de rendre le prisonnier. Enfin, M. de Vitry, à l'heure de minuit, avec des gens armez qu'il avoit, tire ledit Beauveau de prison, lequel estoit condamnée avoir la teste tranchée.
On avoit voulu faire sceller les lettres patentes à ^lonsieur le Garde des sceaux, mais il les avoit refusées. On pouvoit prendre un beaucoup meilleur expédient : car le Roy pouvoit dire qu'il avoit appris que le prisonnier avoit fait quelque entreprise contre son Estât; que sur cela, il vouloit parler à luy. Et ainsi,
1 Lieutenant-criminel,
d" \ r, \ \ I II) i)Vv \ i)i i.i. V. 171
se If fain^ amiMicr. Kt puis, en décharger liiy-mcsnie le Prévost, et vu cliargor un capitaine de ses (Jardes, et le faire mener à la Bastille, d'où on l'eust tiré puis après. Le Roy en a autrefois quasi usé de la inesme sorte. Ce fut M. de Chanvallon ', qui au nom du duc de Lorraine'- (car le sieur de Bcauveau est Lorrain), fit cette poursuite. On dit que ce fut M. le maréchal d'Ancre qui obtint sa grâce.
Le Parlement s'ass(Miihlr. llésolu d'aller faire Picmonstrances au Roy pour luy demander justice ; et jusqu'à ce qu'elle leur eust esté faite, luy remettre leurs charges.
lll. Messieurs du Parlement, en nombre de quatre-vingt ou cent, vont à pied, avec leurs bonnets quarrez , depuis le Palais jusques au Louvre. Là, attendent fort tard que le Roy fust revenu. Monsieur le Premier Président porta la parole fort bien et fort courageusement, à ce que Ton dit. Entr' autres choses, il se pleignit fort de M. de Yitry, lequel estoit à costé du Roy. Le Roy répondit qu'il avoit commandé à M. de Vitry de faire ce qu'il avoit fait, et que Monsieur le Garde des sceaux leur diroit sa volonté sur ce sujet. Après cela. Monsieur le Garde des sceaux prit la parole, et repartit que le Roy ayant depuis peu receu, en pareille occasion, d'un prince estran-
1 Jacques de Harlay, seigneur de Cliampvallon, grand écuyer du duc d'Alençon, mestre de camp du régiment de ses gardes et de sa cavalerie légère, gouverneur de Sens, grand maître de l'artillerie pendant la Ligue, chevalier du Saint-Esprit en 1602, chambellan du duc de Lorraine et intendant de ses affaires en France, mort en 1630,
2 Henri II dit le Bon, né eu 1563, duc de Lorraine de 1608 à 162^i.
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ger, son voisin, lequel, en sa laveur, avoit de puissance absolue sauvé un gentilhomme françois accusé du mesmc crime que celuy dont il s'agit, il n'avoit pu luy i'(ïfus('r un semblable oflicc ; que ce n'estoit pas la i)r('mièrc fois que l'on en avoit usé de pareille sorte; que le Roy avoit commandé à M. de Vilry de tirer le prisomiier; que pour le regard de la violence, c'estoit chose qu'il n'avoit point entendue, et qu'il vouloit en estre éclaircy, pour s'en faire raison à luy-mesme '.
16. Les lettres d'office de Monsieur le Garde des sceaux furent rapportées par M. Courtin, doyen, les chambres appellées. 11 se trouva difliculté sur la clause de préséance au Parlement. Monsieur le Rapporteur fut cVavis de l'entérinement pur et simple. M. Pelletier, qui opina le second, ouvrit l'opinion contraire. M. Maréchal suivit, et plusieurs autres. M. de Grieux" fut pour Monsieur le Garde des sceaux, et après l'avoir extrêmement loué , dit qu'il luy sembloit qu'il n'y avoit aucune difficulté en cette clause, d'autant que personne n'y pouvoit avoir intérest que Monsieur le Premier Président, et ([u'il montroit bien n'y en avoir point, puisqu'il estoit de l'assemblée pour y opiner; qu'autrement, ce seroit estre juge et partie. M. Fayet fut pour Monsieur le
1 /o;/., sur cotte ufl'aire, Méni. de M. Molû, p. 117. SuivaiU le récit de Mole, qui du reste est conforme à celui d'Ariiauld d'Andilly, il s'agissait du baron de Beauvoir, poursuivi pour crime de lèse-majesté.
2 Conseiller au Parlement et l'un des seize colonels des bourgeois de Paris.
n'MWvri.n i>V\m>ii,i'v, 17S
(larde dos scc;iii.\, cl dil cuire autres choses, ((ue • J"in kmo. jamais promotion n'avoit esté rcceuc de tous les gens de bien avec plus de contentement et de i"éjoùissance, etc. M. le Président Séguier opina du bonnet et fut, avec tous ses amis, conlro Monsieur le Garde des sceaux. Monsieur le Premier Président dit qu'il n'estoit pas besoin de beaucoup opiner, puisque rallaire passoil de lanl de voix; qu'il l'épondoit seulement cl ce que M. Fayet avoit dit : que jamais promotion n'avoit esté plus agréable à tous les gens de bien, et qu'il luy feroit voir des livres imprimez en Aleman. Espagnol et Italien, par lesquels il connois- Iroit ([iril y en avoit eu une autre, laquelle avoit esté beaucoup plus agréable (entendant la sienne). M. de Coigneux ' avoit dit auparavant que puisque M. de Grieux louoil tant la probité de Monsieur le Garde des sceaux, et qu'il se fondoit en partie sur cela, pour dire qu'il devoil présider au Parlement, il faudroit, par ce mesme argument, que le Prieur des Chartreux , qui est un fort homme de bien, y vint présider. Enfin , l'affaire passa de vingt-quatre voix contre Monsieur le Garde des sceaux, lequel, le lendemain, retira ses lettres d'entre les mains de M. Courtin, rapporteur'-.