‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 52 sur 98 · TO II UN AL IINKDIT · texte numérisé non relu

TO II UN AL IINKDIT

(k'pciidroil de la seule volonté de Sa Majesté, (jui la leur pouvoit osier ainsi ({ue bon luy senibleroit; au lieu qu'il sembloit (|ue Ton s'en voulust servir pour faire les Souverains, contre Sa Majesté mesme; ([uc pour luy, (il usa de ce mol : ([uani à nous), le Hoy luy ayant t'ait Thonneur de luy mettre les Sceaux entre les mains, il sçauroit bien faire ranger en leur devoir, et luy, et tous ceux de robe longue, qui s'en voudroyent éloigner, lesquels estoyent cause d'une grande partie des malheurs que nous avons vus, (il parla fort fermement sur ce sujet et fit connoistre qu'il n'épargneroit personne), et que quand il auroit mille vies, il les perdroit toutes, ou empescheroit que les officiers de Sa Majesté abusassent de leurs charges, contre son service.

13. Après cela, le Président Chevalier demanda s'il luy estoit permis de répondre? On luy répondit (ju'ouy. H dit, qu'il avoit esté nourry page du feu Roy, lc(|uel l'avoit depuis fait Conseiller de la Cour, et élevé en d'autres charges ; s'étendit fort sur sa iidélité, et sur ce qu'il n'avoit jamais eu autre dessein (jue de bien servir, et qu'il sçavoit assez qu'il n'y avoit autre salut qu'en l'autorité Royale ; (|u'il n'avoit point entendu olfencer en aucune sorte MM. des finances, et qu'il n'avoit lien dit, qu'en ayant charge de sa Compagnie; qu'aux Compagnies Souveraines, on estoit bien souvent obligé de ])orter des paroles contre son propre avis, lorsqu'il passoit à la plm^alité des voix, et qu'il eust eu encore beaucoup d'autres choses à dire, lesquelles il avoit tues par prudence. Sur cela.

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M. l'IiiteiKlaut Anuuiddil, qiril sii])plioit très-lmmbleiiicMt le Uoy de lui pardonner, sMI intcrrompoil M. le Président Chevalier, pour le prier de dire librement tout ce qu'il avoit eu charge de dire sans rien retenir de ce qu'il savoit contre MM. ses collègues et luy. Après, le Président Chevalier vint sur le calcul de FalVaire, pour vérifier que les droits de cinq signatures de roolles, monteroyent à une bien plus grande somme que celle dont on avoit faitparty, (à quoy, ^1. Arnaud dit aussi, qu'en cela, il se trouveroit une très-grande erreur de calcul, pour ce que, de cette somme là il n'en faloit prendre que les deux cinquièmes, à cause qu'auparavant le party tait avec les dits Eleus, ils avoyent droit de prendre trois des dits droits. — Après, il dit, qu'il avoit dit le jour précédent que Ton pou voit tirer davantage de cette citi'aire, mais qu'il n'avoit point parlé de douze cent mil livres ni qu'il eust les oiïres en main. M. le Carde des Sceaux répondit, qu'il l'avoit dit, et le Roy prit la parole, et dit, qu'il estoit vray, et qu'il l'avoit ouy '.

' Ariiauld d'Andilly s'étend toujours louguouiejit sui- les discussion'^ relatives aux finances. Travaillant sous les ordres d'Arnauld l'intendant, il était initié plus que peisonne à ces sortes d'affaires, et ses lenseignemeiUs doivent être exacts. C'est à cette njénie époque, à la Hn de l'année 1616, qu'il l'ut chargé de di esser l'état généi al des finances pour J617. « Tous deux ensemble (Barbin et Arnaiild) me cliaigÙM'ut Il de travailler non seulement à l'état général des finances pour 1617. >> mais aussi à tous les états qui en dépendent et que l'on nomme les 11 états de l'épargne, tels que sont les états des maisons royales, des M fermes et généralement tous les autres, n'y :iyant point d'articles de )i l'état général des finances qui ne ^nii la niaiii rc d'ini état particu-

iiiT.niiii-f i«;ifi.

252 J0I1R^A!, IMÎDIT

Drreini.i. 1M6 i\j. MaiigoL prcsciité au Parlement par M. Aniatul,

en charge de Garde des Sceaux.

L'après-disnce, Monsieur le Garde des Sceaux harangua au Louvre, aux Colonels et Capitaines de Paris, (dans la Galerie peinte, en présence du Roy et de la Rcyne), sur le sujet de quelques bruits que l'on avoit fait courir ({ue Ton vouloit désarmer le peuple, oster les chaines, et ne plus payer les Rentes. 1! parla une heure et demie fort courageusement, et bien.

M. le Comte de Soissons va à la Cour des Aydes, accompagné de M. le Maréchal de Thémines, de MM. de Chasteau-Neuf et Pontcarré '...

26. S'^-Menehoud repris sur M. de Nevers, qui y avoit en garnison dans le chasteau, quatre Compagnies de Gens de pied, (dont Fléchelles^, frère de feu M. de Bours-Montmorency^ encommandoitune,) et une de Cavalerie, dans la ville. Bouconville*, Gouverneur, (nourry page de M. le Duc de Nevers, ayant

» lier ; ainsi le nombre en étant si grand, on étoit souvent fort avant » dans l'année courante avant que tous ces états de la môme année » fussent dressés. Mais lorsque j'eus reçu cet ordre, je m'en allai chez )) M. de Beaumarchais, trésorier de l'épargne, qui entroit en charge » en l'année suivante, et y travaillai de telle sorte avec lui et M. Bar- » bin, son premier commis, que, le premier jour de janvier 1617, je » portai à M. Barbin tous ces états au net. » (Mém. d'Arnauld d'Andilly, p. 370.)

' ^'olJ. Pontcliartrain, p. l'Jd.

'>■ Jean de Montmorency, seigneur de Flesselles.

•'• Josias de Montmorency, seigneur de Bours, capitaine au régiment des gardes, mort en 1616.

* Christophe de Tradines, seigneur de Bouconville, gouverneur de Sainte-Menehonld.

n\iv\ M i,i> i>*A\ 1)11.1 V. :25.*^

dix mil livres do rente à renlour de S'^-Menelioud), i)e(e,„i„e isie. avoil traitt(* avee M. de Prasliii , par le moyen

de son eoiisin , ( au((uel a esté baillé deux

mil écus et une Compagnie en un des Régimens entretenus,) pour remettre la Place, moyennant qu'il en demeurast Gouverneur, et auroit dix inil écus, quatre mil livres de pension, et la première Compagnie vacante aux Gardes. M. de Praslin, estant aux portes de Sainte-Menehoud avec les forces du Roy, M. de Bouconville voulut remettre la partie au lendemain. Sur quoy MM. de Fossez et Delbène, Lieutenant de la Compagnie de chevaux -légers de Monsieur, prirent le hazard cValler eux deux seuls dans la ville, pour le faire résoudre.

Le Roy envoya à M. de Fossez les provisions du Gouvernement de S''-Menehoud. Depuis, M. de Bouconville, ayant rereu les dix mil écus, que l'on luy avoit promis, et la Reyne luy offrant présentement une Compagnie au Régiment des Gardes, au lieu que l'on ne lui avoit promis que la première vacante, il ne s'en voulut point contenter, et insistoit à avoir son Gouvernement. Sur quoy la Reyne au mois de février 1017 commanda à M. de Fossez d'aller à S'^-Menehoud, de lever une compagnie de cent hommes pour y mettre, en garnison, et de s'y rendre le plus fort '. Ce qu'il fit ; et on luy bailla aussi la compagnie de M. de Porcheux -.

' Foy. Merc. fr., p. 361 ; Fontenay-Mai-euil, p. 361 ; Rirhelien, p. 371 ; Pontchartrain, p. 196.

* Charles d'Aubourg, seigneur de Porcheux.

25'| lOURNAI, fM'lDlT

Deceiiiiiio luiB. M, de Scliulubcrgpart, pour aller en Allemagne, en ambassade extraordinaire *.

1 yoy. Pontcliartrain, p. 19.1 ; Richelieu, p. 381. ^oy. coll. Petitot, •2' série, t. xi, p. 22/i, l'instnictioii doniiéo à M. de Sciiomberg, et (|\ii est de kl main do Piiclielieu.

JANVIER. — Alori do la fille du maréclial d'Ancre. — Duel de M. de la Courbe avec M. de la Beyiie. — Le marquis de Cœuvres refuse de payer l'impôt à Laon ; ajournement personnel contre lui. — Manifeste de M. du Mayne. — Réponse du P.oi faite par M. de Luçon. — Déclaration contre M. de iVcvcrs. — M. de Rolian arrive à la coui. M. de Thémines va commander en Champagne. — Réconciliation deLuynes avec la Reine-mére et le maréchal d'Vncre. — Le> Princes à Soissons.

FÉVRIER. — Le comte d'Auvergne va commander en quelques provinces. — Le maréchal d'Ancre va en Normandie. — Affaire entre les troupes de M. de Caudale et celles de M. de Vendôme. — M"* de Vienne enlevée par Saveuse. — Déclaration contre MM. de Vendôme, du Mayne, de Bouillon. — M. de Joinville, grand Chambellan.

— M. de Guise va à Cliàteau-Thierry. — Conventions entre MM. di- Thémines et de Pra^lin. — Prise de Cufy et df Vouzy par le maréchal de Moutigny.

Mars. — Vincenze, secrétaire du maréchal d'Ancre, fait prisonnier. — La Grange, secrétaire de Monsieur le Prince, mis au Chàtelet. —

— Siège de Ricliecour. — Les Princes se séparent. — Confiscatinn de lems biens. — Prise d'Antrin et de Clamecy. — Le prince de Chàteau-Porcien et le marquis de Gallerande faits prisonniers. — Armée du comte d'Auvergne. — M. de Richelieu, maréchal de cam]). Siège de Saint-Pierre-le-Moustier. — Disgrâce de ^L de Fiesque. — Nouvelles des armées. — M. de Nemours arri\c à la cour. — M. de Rohan vient à Paris. — Prise de Pierrefonds. — M. le mai-t'clial d'Ancre revient à Paris. — Prise de Chàteau-Porcien.

Avril. — Soissons investi. — Le Maréchal d'Ancre va en Normandie. Prise de Rethel. — Calomnie contre la Reine imputée par le baron d'Uxelles au duc de Beîlegarde. — Retour et assassinat du Maréchal d'Ancre. — Mauvais traitPinenis envers la Reiue-mi'ie. — AL de

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