INTRODUCTION XXIII
par l'âge et par l'état déplorable de sa santé, n'y était plus : « Je vis, écrit-il, que cela ne fait pas tant de plaisir que d'être nommé mousquetaire ! » Ce qui le toucha davantage fut d'apprendre que le Roi et la Reine avaient applaudi à l'inscription de son nom sur la liste qu'on leur avait présentée, satisfaction partagée d'ailleurs par toute la Cour.
Cependant, comme il n'est point de médaille sans revers, M. de Ségur, ministre de la Guerre, lui annonce, au cours de sa visite de remercîment, qu'il va être remplacé dans la présidence d'un conseil de Guerre à Calais. Indignation du nouveau maréchal qui voit, dans cette mesure, une intention de le mettre « sous la remise ». Il proteste, et son émotion, vivement exprimée^ porte ses fruits : il apprend bientôt que le Roi ne lui retire point son poste, et, après quelques jours de transes, éprouve « une des joies les plus parfaites de sa vie ». 11 commence enfin, dit-il, à « jouir de son grade éminent ». Il n'en profite pas longtemps, d'ailleurs, puisqu'il meurt le 13 juin 1783, neuf mois après y avoir été élevé 1
Les deux grandes passions de M. de Groy furent le travail et la gloire. Il n'eut cependant point, à un degré moindre, le culte de la famille.
Cinq ans après son mariage, le 7 septembre 1746, il avait perdu sa femme, Angélique-Adélaïde d'Harcourt, fille du maréchal de ce nom, dont il avait eu une fille, Adélaïde- Louise-Angélique-Gabrielle, née en 1741, et un fils, Anne- Emmanuel-F'erdinand-François, né en 1743. La première fut élevée par sa grand'mère, la princesse de Croy ; l'instruction du second fut confiée à un abbé. Il surveillait leur éducation