XL INTRODUCTION
surnommé, à cause de sa bienfaisance, « le Penlhièvre du Hainaut ». Il ne jouissait pas d'une considération moindre, en haut lieu : les deux rois sous lesquels il vécut l'estimèrent, et le Dauphin, fils de Louis XV, éprouva, pour lui, une affection dont sa mère se porta garante en s'écriant, au milieu des larmes que lui arrachait la mort du prince : « Il vous aimait bien! » En 1758, M. de Moras, ministre de la Marine, le « mangeait d'amitiés », à cause des services qu'il rendait à son département, où sa compétence en matière de marine le faisait regarder, par les olliciers, comme un des leurs. Mme de Marsan, gouvernante des Enfants de France, déclarait que la plus douce compensation des nombreux soucis de sa charge, était la possibilité d'obliger des gens tels que lui et les siens. Ghoiseul lui témoignait de la confiance, et, de prime abord, le roi de Danemark lui accorda la sienne. ?kIM. de Monteynard, de JNIalesherbes, de Vergennes, de Maurepas, de Ségur et de Castries le traitèrent avec distinction. Enfin, le 1*"' février 1784, le bruit de sa mort ayant couru, pendant une maladie qui le tenait éloigné de la Cour, le Roi, la Reine, les ministres et tout le militaire exprimèrent leur tristesse de manière à lui faire dire qu'on ne pouvait souhaiter une plus belle oraison funèbre. A son retour, Louis XVI lui avoua ses inquiétudes, et la Reine s'écria : « Vous nous avez fait bien peur ! » Telle était la considération dont il jouissait à Versailles.
Qu'il y ait eu, dans les Cours de Louis XV et de Louis XVI, un « parisiennant» plus passionné queM. de Croy, nous ne le pensons point, car le peu de loisirs dont il disposait était, en partie, consacré à parcourir la capitale, à jouir de ses beautés, à s'efforcer d'en créer de nouvelles, et ce goût subsista jusqu'à sa mort.