‹ Journal inédit, 1718-1784Chapitre 36 sur 59 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

beaux arbres, il se montre d'abord attristé de leur abatage, en 1775, mais s'aperçoit, ensuite, qu'en établissant des percées, on pourrait tirer un bon parti du nouvel ordre de choses. Son Journal ne manque point île signaler les changements survenus, d'un règne à l'autre, dans ce beau parc et dans ceux des Trianons. Il pense « devenir fou », en 1779, quand, retournant pour la première fois, depuis cinq ans, au Petit Trianon, il voit les transformations dont celui-ci a été l'objet.

Sans être ce qu'on appelle un « homme d'esprit », et sans y prétendre, M. de Groy n'en avait pas moins, à l'occasion, la repartie aussi vive que juste. Ainsi, quand le maréchal d'Estrées, son prédécesseur à la tête du régiment Royal Roussillon s'écrie, un jour, en le rencontrant dans un salon : « Voilà mon successeur! — Cela est de bon augure, répond jNI. de Croy, quand vous serez las de commander des armées de cent mille hommes ! »

Le comte le Danois, vieux guerrier couvert de blessures, dont il est le survivancier pour le gouvernement de Condé, tardant à mourir, il remarque plaisamment : « Le vieux comte le Danois ne mourait pas, quoiqu'il eût été tué à Malplaquet ! »

Quand le docteur Franklin vient à Paris, M. de Croj' s'empresse de l'aller voir, et lui dit en l'abordant, par allusion à l'enthousiasme qui a salué son arrivée à Paris : « Il n'appartient qu'à celui qui a trouvé l'électricité, d'électriser les deux bouts du monde ! » Phrase qui, parait-il, fit fortune à la Cour. Le même Franklin, qui était myope, lui inspire cette réflexion : « 11 est singulier que bien des savants qui ont le mieux vu, paraissent ne voir goutte ! »

A propos des jeunes gens, toujours pressés de remplacer leurs anciens, il dit : « Le règne animal est comme le vé-

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