‹ Journal inédit, 1718-1784Chapitre 38 sur 59 · INTRODUCTION XLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLVII

celui du cardinal de Fleury, dans l'intimité duquel il fut admis pendant sa jeunesse ; celui de Madame Adélaïde qui tient en deux lignes : « Jolie, d'une vivacité extrême, ayant l'air d'aimer on ne peut pas plus le plaisir, et des yeux, là-dessus, étonnants ! » Celui du maréchal de Saxe, d'autant plus digne d'attention que M. de Croy l'a vu à l'œuvre, en campagne; celui du Dauphin, fils de Louis XV, d'autant plus piquant, qu'il contient, à côté d'éloges, quelques traits peu flatteurs pour ce prince dont nous savons l'estime pour leur auteur (1). Un des plus remarquables estcelui de l'Empereur Joseph II. Mentionnons encore ceux de la seconde Dauphine, du duc de Penthièvre, du comte d'Argenson, du cardinal de Bernis, du maréchal de Belle-Isle, du duc de Choiseul, dont il estime les réformes militaires à l'égal des actes politiques ; du roi Stanislas Leczinski, du comte de Provence, du comte de Saint-Germain.

Quant à ceux de Louis XV, de Mme de Pompadour, de Mme du Barry,de Louis XVI et de Marie-Antoinette, ils méritent qu'on s'y attarde un instant.

Le caractère de Louis XV a été l'objet d'appréciations diverses. Celle de M. de Croy prend, en raison de ses relations quasi quotidiennes avec ce monarque, de la sincérité et de la justesse de ses jugements, une importance singulière. Il se montre très favorable au Roi qui est, à l'entendre, non seulement un cœur excellent, mais encore un esprit supérieur, et auquel il ne reconnaît que deux défauts graves : la timidité et le penchant pour les femmes.

Quant à ses qualités, la première est son amour pour sa famille. M. de Croy assiste, en 1748, à la réception touchante de sa fille Louise-Elisabeth, infante d'Espagne, revenue auprès des siens après une longue absence. Quel-

(1) Tout en lui reconnaissant « mille bonnes qualités », M. de Croy déclare, en 1751, qu'il n'est a d'un accès ni fort aisé, ni fort agréable s.

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