XIV PRÉFACE
occupons (4644-4620). Ecrivant cet ouvrag< pour ses enfants, d'Andilly s'y occupe plu particulièrement de lui-même, de la part qu i a eue aux affaires, de ses relations à la Cour; i y fait en termes pompeux son éloge et celui d< ses amis, et si en racontant sa vie d'Andilly . fait un livre d'histoire plein d'intérêt, c etai moins son but que la conséquence du rôle jou< par lui et de sa position dans le monde. Dan son Journal, au contraire, écrit longtemp avant ses Mémoires et à l'aide duquel il les ; rédigés, ainsi que cela résulte du passage cil< plus haut, Arnauld d'Andilly s'efface compté tement, ne se préoccupant que des faits et de événements qu'il note au moment même où il se passent, presque jour par jour, en simph rapporteur de tout ce que sa situation person nelle et ses hautes relations lui permettent d< voir et de savoir.
Malheureusement si ce Journal a une grand < valeur historique, il n'en a aucune au point d< vue littéraire. C'est une œuvre de premier jet écrite au courant de la plume, sans aucun souc de rédaction. Consigner les faits, jeter à la hàt< sur le papier tout ce qui lui paraissait digm d'être mentionné, c'est tout ce qu'Arnault d'Andilly a voulu faire, se réservant sans doute de donner une forme littéraire à son Journa
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si Fidée lui venait un jour de le livrer à la publicité. Aussi trouve-t-on à chaque instant des répétitions choquantes , des phrases, des mots sans suite, quelquefois même incompréhensibles, parce que l'auteur ne livrait au papier qu'une partie de sa pensée, confiant le reste à son souvenir; puis, quand un renseignement lui manque au moment où il écrit, notamment les paroles de tel ou tel personnage, il met des points avec l'intention sans doute de compléter le récit quand il aura trouvé le renseignement ou le discours qui lui fait défaut. Çà et là des noms des dates ou des chiffres lui échappent, il les laisse en blanc; mais comme avant tout c'est la vérité qu'il recherche, il donne quelquefois deux, trois, quatre et jusqu'à cinq versions différentes du même fait, indiquant, lorsqu'il le peut, les sources où il a puisé. Rarement d'Àndilly se permet une courte réflexion personnelle consignée par un mot : faute, ou bien : devait dire... devait faire; réflexion où perce quelquefois l'ardeur bien connue de son caractère, comme lorsqu'à propos d'une inconvenance du Cardinal de Sourdis envers le Prince de Condé , il ajoute que celui-ci aurait dû répondre que, sans le respect de Leurs Majestés, il lui eût passé son épée au travers du corps. On pourra remarquer