‹ Journal inédit du duc de Croÿ, 1718-1784;Chapitre 42 sur 59 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Tétait généralement en effet, car il voyait juste. La conséquence de cet état de choses fut qu'il accorda trop facilement sa confiance aux gens qui lui plaisaient, ministres ou maitresses; qu'il eut « mille bonnes qualités », mais manqua « du nerf qui les fait valoir » et ne montra de fermeté que dans sa lutte contre le Parlement, ou quand il s'agit de renvoyer un ministre désagréable à la favorite.

Les premières campagnes de son règne lui avaient inspiré <lu goût pour la gloire, mais, la lassitude étant venue, il avait donné la préférence à la tranquillité. Cependant, dit M. de Croy, quand on le juge, il ne faut point perdre de vue qu'il fut l'homme le moins informé de son royaume, car les courtisans et les flatteurs lui laissèrent toujours ignorer la vraie situation du pays. Et c'est pourquoi, longtemps après sa mort, il continue à l'appeler « son bon maître », et lui garde un souvenir attendri !

Un autre portrait auquel nous nous arrêterons, est celui de Mme de Pompadour.

En se rappelant ce que M. de Croy a dit de la faiblesse du •caractère de Louis XV, on s'explique, sans l'excuser, l'abandon que, fasciné par les grâces incomparables, les talents •et l'esprit supérieurs de cette femme, le Roi lui fit peu à f)eu de son autorité.

C'est au retour de la campagne de 1746, que M. de Croy «e fait présenter, comme tout le monde alors, car, sans cela, point de carrière brillante, point d'avancement à espérer ! Il •éprouve d'autant moins de scrupules à agir de la sorte, qu'il voit des hommes vertueux tels que le duc d'Havre, père de son futur gendre, chercher, par une cour assidue, à être de ses amis. On verra, par contre, ces mêmes hommes se détourner de la comtesse du Barry !

Dans sa première entrevue avec Mme de Pompadour^ M. de Croy la trouve « charmante de figure et de caractère »

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