CVI INTRODUCTION
comtesse avec Choiseul, et sur la disgrâce de celui-ci. Il montre le parti dévot acceptant la présentation de « la dame» par haine du premier ministre, et dans Tespoir qu'elle le renversera. Cependant ceux qui ont souci de la dignité royale voient les choses sous un autre jour : « Les sages qui aimaient le Roi, dit-il, pleuraient, priaient et se taisaient. Il en faut .faire autant ! »
Le Roi ne se livre d'abord point tout entier, mais sa maitresse a un moyen infaillible d'obtenir ce qu'elle veut : elle pleure! Et la fermeté du Roi ne tient point contre un tel argument! Aussi, en 1771, année qui marque Tapogée de son pouvoir, la comtesse reçoit-elle toutes les lettres d'affaires cachetées et dispose-t-elle des places, plus encore, s'il est possible, que Mme de Pompadour! Elle puise à volonté dans le Trésor royal, et se laisse diriger par Mlle du Barry, sa sœur, dont le duc d'Aiguillon se sert, avec son habileté coutumière, pour l'exécution de ses plans.
Du vivant de Louis XV, M. de Croy n'adressa pas une seule fois la parole à Mme du Barry. Mais, après la mort du Roi, il ne se regarda plus comme tenu à la môme réserve, et, un jour de Tannée 1778 où il était allé voir M. de la Morlière, à Louveciennes, il poussa jusqu'au «pavillon» de l'ancienne favorite, qui le reçut aimablement, lui fit visiter sa maison où elle tenait « grand état avec peu de monde » et lui montra la «ma:hine » et la vue superbe qu'on découvrait de son balcon. Il retrouva chez elle le « bon ton » d'autrefois, constata qu'elle « parlait fort bien », et la quitta sous l'impression -qu' « on ne se serait pas douté de ce qu'elle avait été d'abord ! »
Restent deux portraits à examiner : ceux de Louis XVI et 'de Marie-Antoinette.
Après la mort de Louis XV, M. de Croy, qui s'attendait à •des retranchements dans les dépenses de la Cour, s'aperçoit, au contraire, que tout se passe « comme du temps du feu