LVIII INTRODUCTION
M. de Croy, que je trouvai cet intérieur beaucoup plus aimable qu'on n'aurait pu le croire ! » Ailleurs, il déclare que le Roi est, sans contradiction possible, le personnage le plus sympathique de sa famille.
Louis XVI a Thabitude de <c ricaner, tout en parlant avec bonté et familiarité » avec les personnes de son entourage. Comme son grand-père, il évite de les entretenir de leurs services et ne traite avec elles que des sujets indifférents. Un soir, à la tombée delà nuit, en traversant l'Œil de Bœuf, M. de Croy distingue, dans la demi-obscurité, un homme qui passe au bout de la salle et que, dans Tombre, il prend pour un ecclésiastique. S'entendant appeler, il s'approche, et reconnaît le Roi qui, en secret, au mépris de l'étiquette, revient seul d'un service anniversaire de la mort de son père. Il lui sait gré, non sans raison, de cette démarche, quelque contraire qu'elle soit aux usages de la Cour.
Le grand défaut du monarque est le manque de tenue : au Sacre, on le voit accueillir les harangues et les offrandes « avec plus de bonté que de dignité », et pousser une porte contre le fils de M. de Croy, auquel il demande, ensuite, en riant, « s'il est bien écrasé?» Un autre jour, revoyant M. de Croy père après une longue absence, causée par une grave maladie, il s'écrie: « Vous vous droguez trop! »
L'expression de son visage est faite pour lui con cilier les cœurs, mais il a, quand il parle, comme quand il marche, une manière de « se dandiner » qui n'est pas à son avantage. Pourtant, lors de la visite de l'Empereur à Paris, il le reçoit fort bien, ne paraît point embarrassé devant lui, et reste i< très simple et à son ordinaire ». Son maintien laisse à désirer pendant la revue des troupes, mais Joseph II ne se tenant pas mieux à cheval, cela choque moins les spectateurs. En somme, il se tire avec honneur d'un rôle que Vincognito de son hôte rendait malaisé : « Son ton, écrit M. de Croy, fut très bon, noble et simple, et au moins aussi bon que