Voy. Palma-Cayei, Chron. êept., p
demander à tous propos de mes noureUes^ ne me forçoH d'mt^TomiHre mon 9ience et tos occupations. Et à la vérité^ Mons^.^ comme tous avez plus juste droit que personne du monde de me demander compte des fruicts de mon loisir^ aiant esté cdui seul après Dieu et le Roy^ qui me Tayés acquis et procuré^ aussi ay-je une plus particulière obligation de vous respondre de Texercice à quoi je remploie. Je tous ramentererai donc^Mons'., que sur la fin de l'année dernière^ tous me communiquantes un liTre de M. Du Plessis^ dans lequel je tous proraie faire Toir plusieurs choses où il s'estoit abusé. Depuis^ estant de retour en ce Diocèse^ et aiant donné encores quelques mois à la poursuite d'un petit œuTre que j'aTois commencé^ je me suis résolu finalement de m'acquitter de ceste promesse, et tracer une forme d'indice de ses fautes plus notables et apparentes; mais comme un abisme appelle un autre dbhme, j'ay trouTé en mettant la main à l'œuTre, que les erreurs et faussetés s'y suÎTent de si prës^ qu'il eust esté besoin d'une Censure perpétuelle. Non que je Teuille accuser la foy de lions'. Du Plessis, que j'estime et honore pour son particulier^ comme il le mérite^ mais bien plains-je son malheur de s'estre fié sur la rapsodie de certains compilateurs^ qui l'ont servi infidèlement, et n'avoir pas considéré combien la Théologie est une profession qui requiert la vie d'un homme à soi, et deschargée de toutes autres alTaires. Cela m'a fait excéder les limites et proportions de mon premier dessein et a empesdié que TOUS n'aies eu de mes nouTelles aussi tost ni si
souTent que je le désirois, pour ne me présenter devant TOUS les mains yides. Or^ quoiqu'en ceste entreprise j^aye eu pour but général la deffense de la Religion Catholique^ néantmoins mes yeux ont tousjours esté particulièrement tournés vers vous^ comme yers celui qui en a esté le premier subject. Et à la mienne volonté^ Mons'.^ que vous en recueillies aussi la première utitité^ qui vous est deue par tant de justes tiltres, et que comme Dieu s'est voulu servir de vous pour me faire ungdes pasteurs de son Église^ aussi il daingne réciproquement se servir de moi^ pour vous en faire une des ouailles.
a Ce sera lors que la consolation que je reçois des succès qui vous arrivent de jour en jour sera parfaite. Car encores que je me resjouisse grandement de vos prospérités humaines^ de l'intégrité^ prudence et vigilance que vous apportés à vostre charge; de la satisfaction que le Roy tesmoigne en avoir^ et des honneurs et dignités qu'il vous confère à ceste occasion^ toutesfois le comble de mon contentement sera lors qu'il plaira à Dieu couronner les faveurs temporeUes qu'il vous départ^ de ses grâces et bénédictions spirituelles. Et la joie que je reçois de vous voir commander maintenant aux canons de la France sera plainement accomplie quand je vous verrai obéir aux canons de l'Église.
a Voilà, Mons'., puisqu'il vous plaist m'obliger tant, que de demander des nouveUes de ma solitude, à quoi j'emploie le repos que m'avés procuré, à sçavoir, au lalieur que j'ay entrepris à vostre occasion ; je prie Dieu
VOUS en faire recueillir les premiers fruits et vous conserver la créance que je suis et serai éternellement^ Mons'.,
a Vostre très humble et obligé serviteur, etc. .. . »
Response de Mons^ de Rosny.
a Mons'., j'aurai tousjours très cher le tesmoignage que vos lettres me rendront de la continuation de vostre souvenance et bonne volonté en mon endroit, et ne tiendrai jamais heures mieux emploiées, que celles où le moien me sera donné de vous honnorer et servir selon vostre mérite et mon affection.
« Les fautes que vous commettes en me divertissant par la lecture de vos lettres sont autant d'œuvres de supererogation qui vous rendront le feu de purgatoire froid comme glace, puisque pour icelles, vous relevés entièrement mon pauvre et foible esprit, accablé de tant d'affaires d'importance. Je n'ay jamais douté de vos beUes et sérieuses occupations. Je sçai que vos loisirs sont autant de labeurs, et pleust à Dieu qu'ils fussent pour surmonter les Monstres de TÉglise, et non pour leur donner vie. Quoi que c'en soit, j'aimerai tousjours et chérirai ce qui viendra de vous. Je croy qu'il sera utile à vous et à vos amis, qui attendent avec impatience l'effect de vos promesses, tant sur le traiclé de l'Église, que sur le dernier livre que je vous baillai il y a quelque temps. J'ay toujours estimé que pour bien faire, il y falloitbien penser. Cela m'avoit facilement persuadé.
que dans de gros yolumes faits en si peu de temps, il s'y pourroit trouyer quelque peccadille, mais que ce soit un Abisme d'erreur, il y faudroit de fortes raisons pour me le faire croire. Tant y a que ces advi» ne chastient point TAuteur, car soit que la vérité soit bcile à défendre, soit la bonne opinion qu'il a de soi, il maintient qu'il n*y a rien à répondre. Et, qui plus est, un mins après tos repréhensions mises en lumières, tous y aurés response. J'ay peur, tant je vous aime, que TOUS défendiés une mauvaise cause, qui à vrai dire, a besoin d'un si fort rempart^ que celai de vostre bel esprit. Les louanges que vous me donnés sans suibi/tdi, je vous les renvoie avec mérite. Elles vous sont doues de tout le monde. J'espère que vos désirs en mon endroit seront accomplis aux siècles à venir, comme au présent que vous estonnés du chemin que je pr^ids contraire au vostre. J'ai rencontré un guide qui ne me laissera esgarer, et suif^ enseingné d'un Évesque qui a fait la leçon aux autres. Tout mon regret est que voM laisaiés la source pour boire aux ruisseaux que la multitude des passa» a troublée les voidant gaier. Je munis mon magasin et me» arseoals de doubles canons, les uns de bronze, pour estonner les ennemii de la France^ et les aubres de papier pour con^ttre ceux deTÉglise. La deniièiie bataille sera sans feu et sans flamme, s'il vous plaist, autrement je m'en excuse^Mes devanciers s'en sont mal trouvés. J'aime miens que nous beuvions ensemble, ce qui n'arrivera jamais sitoet que je le désire. Venés donc voir mon nouveau
DE HENRY lY (1600). IÎ7
ïï»ge, je vous en conjure, et prenés asseurance qae Yous n'aurés jamais une brebis (sans yous croire) qui Yous soit plus déYotieuse que je yous serai toute ma Yie.
a Sur ceste Yérité, je yous baise très humblement les mains. Priant Dieu^ etc.^ »
Il fist froid en ce mois et gela depuis la Chandeleur jusques à Quaresme prenant.
MARS
Lb Mercredi, premier de ce mois, le Duc de SaYoie qui le XVII* du mois de Décembre dernier, estant arrivé à la Ck>ur qui estoit à Fontainebleau, et le xxi% à Paris, prist ccmgé de Sa Majesté^ et reprist le chemin de son pays.
Le Jeudi, ii* de ce mois, Hons'. d'Aiguillon *, fils aisné du Duc de Maienne, fist le serment à la Cour de Duc et Pair de France % où il receust grand honneur, avec tous ceux de sa maison, car leurs mérites furent publiés et exaltés jusques au tiers ciel \
êé Ces deux lettres sont raturée» dans le manuscrH.