Ce paragraphe est raturé dans le manuscrit
Madam"* Beauclerc^ fille de Mons'. Dargouge^ nouvellement mariée avec Beauclerc Conseiller en la Gour^ mourust à Paris sur la fin de ce mois^ de la vérole (ainsi qu'on disoit) que son mari lui avoit donnée. Accident possible qui n'estoit points mais qui estoit aisément creu pour le peu de crainte de Dieu qu'on remarquoit aux jeunes hommes de Paris , qui de cest énorme yice en faisoient vertu et galanterie.
Le dernier de ce mesme mois^ on receust ici nou- Telles de la bataille de Sigismond Bathori avec Michel Vayrode de Valachie et Georges LastC; doûnée le m* aoust de la présente année sur la frontière de Hongrie et Transylvanie; en laquelle ledit Bathori aveic grande honte et perte de ses gens avoit esté <des(ait ^
OCTOBRE
l^e lundi xv^ de ce mois fust donné à Paris en la Chambre des Vaccations ung arrest notable contre une femme qui avoit eu afBsdre à un chien ; duquel j'ens avec peine le suivant extrait^ pour ce que la Cour avoit deflTendu de le libeller^ et le recouvrai par le moien d'un mien ami qui estoit greffier.
4. Voy. P.-Gayet, Chran. nepU, p. 471; de Thon, t. Xlll, p. 64t.
Extrait des Registres de Parlement.
Veu par la Chambre des Vaccations le procès criminel fait par le bailliyf du hallage et Seigneurie de St. Luhin de Crevant, a la requeste du Procureur fiscal demandeur contre Claude Culan nativfve de Rosay, en Brie, servante domestique du Prieur de Rumercourt, prisonnière es prisons de la Conciergerie du Palais, appellante de la sentence contre elle donnée par ledit Baillivf ou son Lieutenant, par laquelle ladite Culan estoit deuement. déclarée attaint et convaincue du crime de luxure ahominahle et hrutalité. Pour réparation d'icelui, et d'avoir eu hs^itation avec un chien par ahomination et comme contre nature, icelle de Culan auroit esté condamnée à estre pendue et estranglée à une potence, qui pour ce seroit dressée dans le carrefour et lieu publiq du lieu de St. Luhin de Crevant, à laquelle potence seroit pendu semhlahlement ledit chien avec lequel ladite Culan auroit fait et commis ladite abomination, tant que mort s'en ensuive, et ce par Texécuteur de haulte justice. Ce fait les corps, tant de ladite Culan que dudit chien après bruslés et réduits en cendres pour exécration dudit crime. Les hiens de ladite de Culan acquis et confisqués à qui il appartiendroit, sur iceux préalablement pris la somme de trente trois escus ung tiers d'amande envers justice. Et néantmoins avant l'exécution dudit jugement ordonné que ladite de Culan seroit mise et appliquée à la question ordinaire et extraordinaire, afin de parler par sa bou-
che ; ouïe et interrogée en ladite chambre ladite prisonnière^ sur sa cause d'appel^ et cas à elle imposés, et tout considéré ; dit a esté^ que ladite chambre^ a mis et mect ladite appellation et sentence de laquelle a esté appelle au néants sans amande ^ sauf en ce que par icelle est ordonné que ladite de Culan sera mise et appliquée à la question. Ladite sentence au résidu sertissant son effèct. Ordonne en outre que ledit procès sera bruslé avec le corps de ladite Culan^ et pour faire mettre ce présent arrest à exécution selon sa forme et teneur^ lad. chambre a renvoie et renvoie lad. de Culan prisonnière par devant le baiUivf de Rotigni ou son lieutenant. Fait en lad. chambre le xv* Octobre 1601 .
Collation.. •
Ceste misérs^le femme avoit servi toute sa vie des proebstres. Confessa avant que mourir son abomination. Dit que pour la perpétrer plus aisément avec son chien (qui estoit un grand chien blanc fort haut à longue queue) elle se frotjtoit la nature des drogues qu'on a accoustumé de bailler aux chiennes chaudes.
Son rapporteur fust Mons'. Viole^ Conseiller aux en* questeS; au défaut de Mons'. de Hères absent.
En ce mois fust imprimée à Paris^ l'histoire ou plus tost la fable d'ung Jésuiste sodomite bruslé à Anvers^ lequel estoit mort en la Religion^ détestant le célébat comme l'unique et principale cause de son énorme pecché.
Sur la fin de ce mois, on mit en avant une confé-
rence pour la conversion de Madame^ laquelle avoit esté finalement accordée et comme résolue ^ n'eust point d'eflèct^ pour les formalités desquelles ils ne se peurent accorder^ chacun y cherchant ses avantages et rien autre chose.
Mons'. le Mareschal de Bouillon qui ne Favoit trouvée bonne^ se souvenant de la dernière de Mons'. du Plessis^ dit à Madame (qu'il voioit comme esbranlée^ aiant tousjours Mons'. d'Evreux à ses costés et à ses aureilleS; sous un tacit consentement et commandement du Roy qui favorisoit manifestement et en apparence les moienneurs de ceste conversion) que si Son Altesse avoit bien envie de les quitter^ qu'il ne falloit que faire instruire, et que pour cela il n'estoit besoin de conférence^ laquelle ne pouvoit estre que préjudiciable à leurs Eglises. Madame, avec les larmes aux yeux répliqua que jamais ceste volonté ne lui estoit tombée au cœur, mais bien avoit elle à se plaindre d*eux, qu'estant poursuivie de tout le monde, elle n'estoit assistée de personne, et qu'ung seul ne parloit pour elle. Et à la vérité ceste dame avoit journellement de grands assauts et rudes à ceste occasion, principalement de son mari qui ne faisoit que crier qu'il estoit damné, et se mectant à genoux devant elle souvent, mesme la nuict sur son lict, la prioit à jointes mains d'avoir pitié de lui et de son âme, mectant en besongne de toutes parts ceux qui pensoit lui pouvoir aider et servir à sa conversion. Finalement le Roy à la solUcitation et prière de Mons'. le Duc de Lorraine tenta un dernier effort, venant des
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prières aux tnenaces, et comme à la force^ tellement que entre autres rudes propos que Sa Majesté lui tinst, il lui dit qu'il ne vouloit point estre appelle frère d'une répudiée, comme elle se pourroit asseurée de l'estre de son mari, si elle continuoit en son opiniastreté, et qu'U savoit bien qu'il estoit tout résolu de la quitter si elle nesecouTertissoit bientost, et qu'il la délaisseroit. A quoi Bladame respondit : qu'elle s'asseuroit tant de sa bieuTcillance et bonne amitié, que quand son mari la lairroit, il ne la délaisseroit point pour cela. A laquelle le Roy, jurant son Ventre St. Gris, dit que si, et qu'il n'y auroit point de lieu de retraicte pour elle en son roiaume. Lors, Madame généreusement répartist en ces mots : Monsieur, quand tous me délaisserés. Dieu ne me délaissera point ; c'est là où est ma âance. J'aime mieux estre la plus misérable de la terre que de le quitter pour les hommes. Geste parole tira les larmes des yeux du Roy (mais beaucoup de gens sont souvent trompés de ces larmes là) pour ce que les actions des Princes ne sont bien congneues qu*à eux mêmes.
Quoi que c'en soit, le Roy dès l'heure protesta à ceui de la Religion et à Monsieur de la Forse entre autres, qui lui en avoit parlé fort librement, qu'il ne la forceroit jamais en sa conscience, et qu'il ne lui en parieroit plus. Promesse aisée à Sa Majesté de faire, et Picores plus (disoit l'on) de tenir.
Une répartie généreuse de Madame n'est id à oublier, lorsque Je Roy entre autres propos qu'il lui tinst lui dit : Qu'aiant un mari, un beau père, un frère
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Roy de France^ brief tous ses parens «t amis caiho* liques; on ne la tiendroit que pour la garse û'im Duc de Bar. Elle, lui' répliqua sur le champ : Que le meilleur estoit que de ceste garse là; il se trouyeroit qu'il en arottétéleH .,
Le lundi xxix'' de ce mois^ je receus de la RoceUe les adYis suivants^ par des lettres que m'en escriyist un mien ami de la Religion dactées du xrv^ du présent mois.
Nos Rochelois retirent tous leurs moiens d'Hespagne au grand regret des Hëspagnols^ qui appréhendent extrêmement l'orage de la guerre. 11 y a une telle consternation et un si grand esbahissement parmi eux^ qu'ils ne scavent plus à quel saint se vouer. Vous en aurés plus appris par l'airiTée de Mons^ de la Rochepot^ que je ne tous en scaurois escrire en trois feuilles de .papier. Le Roy d'Hespagne fait couler tous ses meilleurs soldats es quartiers de Navarre et des pays qui Yoisioent la France. On a contraint par force de pauvres Bisongnes à prendre les armes^ quoique plus propres à mettre en ung hospital, qu.*à prendre les armes^ pour eatre en garnison ou en une armée. Vous aurés par ci devant bien sceu^ comme les Hollandois ont battu les navires des Indes^ et comme les Hespagnols se voiant perdus, ont tous jette leurs trésors en la mer, selon rinstruction que les Jésuistes leur avoient donnée sous de gros anathèmes s'ils faisoient autrement, plustost que leurs ennemis en jouissent. Il s'imprime ici quelques beaux livres et du tout excellens. Je vous
promets que vous en aurés des premiers aussi tost qu'on les aura tirés de dessous la presse qui ne peut encore de trois mois^ tout lequel temps je séjournerai^ comme je voy, en ceste ville.
Je vous envoie un assez bon Epigramme^ qui me fost ces jours passés donné sur cest Atlas qui seul de ses espaules; semble soustenir les montagnes de Romme.
L'Eglise Romaine fait ventre, D'un Ferron on la tient débout, Ce Ferron ne vaut rien du tout, Elle cherra donc en son centre.
NOVEMBRE
Le Dimanche iv"" de ce mois^ le Roy estant arrivé le jour de devant à Verneuil^ Madame la Marquise y accoucha d'ung fils \ que le Roy baise et mignarde fort, l'appellant son fils et le disant plus beau que celui de la Roine sa femme^ qu'il disoit ressembler aux Médicis^ estant noir et gros comme eux ; de quoi on dit que la Roine estant advertie^ pleura fort *.
Le Mardi xiii% Aubert, avocat du Roy en la Cour des
4 . Henry, nommé premièrement Gaston , duc de Yemeuîl. Le P. Anselme indique sa naissance au mois d'octobre sans date.
5. Le Roi Youlait que Tenfant naturel fût traité comme le Dtuhpin. Voy. Pb. Hurault, p. 6U.
Aydes^ fust crié à Paris à trois briefs jours pour sa brutale et inhumaine cruauté envers sa chambrière. Sa confiscation donnée à Mons'. de Bouillon.
Le Vendredi ivi", le Roy courant un cerf dans la plaine d'Herbelay, après avoir pris son disner au logis de Hons'. Prévost Halassise^ fut blessé d'ung coup de pied de cheval, duquel il eust couru fortune de sa vie, si Mons'. le Duc de Hontbazon ne se fut jette au devant. Aussi Sa Majesté dit tout haut : Qu'en quelque rencon ^ tre et bataille qu'il se fust trouvé, il n'avoit jamais eu tant de peur que de ce coup là.
Au mesme temps, et peu après, comme Sa Msgesté tenant entre ses bras son Dauphin, s'amusoit à le faire sauter par plaisir, il lui eschappa des mains, et sans la nourisse, qui le receust habilement, il Teust possible tué. Ce feust une seconde peur qu'il eust, qui lui flst protester de ne le plus manier de ceste façon. Protestation bien à propos, mais encores plus agréable à Dieu, d'où il faut croire que tels advertissemens et délivrances lui yenoient, si elle eust esté pour ne le plus offenser.
Le volage de Blois estoit en bruict en ce mois à la Cour, où on disoit que le roi faingnoit de vouloir aller, pour chasser Hons'. de Lorraine et son train de la Cour. Comme à la vérité le bruict en expira avec la sortie 4udict Seigneur.
Force rougeoUes et petites véroles à Paris en ce mois. Le jeune Couvé, avocat en la Cour, ung de nos voisins, aagé seulement de xviu ans, en mourust, aiant tiré à la mort cinq jours entiers.
DECEMBRE
JLe Lundi xvii'' de ce mois^ Madame parUst delà Cour qui estoit à Paris pour s'en aller en Lorraine. On disott qu'on lui aroit promis de ûe lui parler de six mois de sa religion. Mons^ d^Evreux prenant congé d*Elle^ lui présenta le livre qu'il lui avoit promis, à la charge de le voir^ et de ne le monstrer à personne ; montant dans son carrosse elle le mist dans son manchon. Le R07 la reconduist jusques à ' Brieconterobert. Hons'. de Lorraine son beau père s'en alla tout fasché et mal content; Son Voiage ne lui avoit servi de de qu'il pensoit, 6ar de huict cens niil escus qu'on disoit qu'on lui devoit, et qu'il s'atténdoit de recevoir, il n'en toucha que deux cens mil ou deux cens cinquante mil au I^us.
Ce jour le Recteur de FUniverdlté mourust à Paris dans le collège de Boncour.
Le Mardi xviu* de ce mois, la Roine alla chés ung nommé Guittard, demeurant sur le quay des Augustins, voir son cabinet rempli d'une infinité de choses belles et rares qu'il avoit* apporté et fait venir de la Turquie et autres pays du Levant, où il avoit longuement voiagé.
Q monstra à la Roine entre les autres ringularités, ung vase qu'il lui dit avoir ceste propriété de n'y pouvoir tenir aucun poison qu'il ne se cassast inaMitinent,
tellement qu'on se pouvoit asseurer qu'en beuvant dedans, on ne pouvoit jamais estre empoisonné.
La Roine loua la singularité de son Yaze> mais dit qu'elle en auroit estimé beaucoup plus ung qui en beuyant dedans eust peu oster la mélancolie^ et que s'il en aToit quelqu'un en son Cabinet^ qu'elle l'acbetteroit ce qu'il Toudroit, et si lui promettroit de boire tous les jours dedans. Laquelle parole ne tumba à terre ^
Le Mercredi xxvi* de ce mois^ le notaire Groizet, lequel la surveille de Noël m'avoit encores passé une quictance pour Mons'. de Ligni^ mourust à Paris en sa maison^ en réputation d'un très homme de bien comme il estoit, entier et fidèle en son estat^ yertu d'autant plus recommandable qu'elle se trouve rare à Paris en la pluspart de ceux de cest estât.
Le Jeudi xxvii* de ce mois % Madame la Princesse de Conti ' mourust à St. Amoul, et le jour mesme Mons'. le Comte de Soissons espousa Madamoiselle de Lucé sa fille * qui ne savoit rien de ceste mort, selon la volonté mesme de ceste Princesse qui cndngnoit que la mort ne le rompist si on différoit davantage. Elle avoit quatre
4 . Ce paragraphe est rayé dans le manuscrit. 2 Le 26 selon le P. Anselme, 1. 1, p. 334.
3. Jeanne de Goéme, dame de Bonnetable et de Lucé, fille de Goéme, seigneur de Lucé, et d*Ànne Pisseleu, yeuYe ie Louis, comte de Montafié en Piémont, mariée en janvier 4582 ^ François de Bourbon, prince de Gonti.
4. Anne, comtesse de Montafié, dame de Bonnetable et de Lucé, fille de Louis, comte de Montafié, morte le 47 juin 4644.
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maladies^ la petite vérole^ la rougeoUe^ le pourpre et le flux de sang.
Le Dimanche xxx«, la Roine avec le petit Coesar^ tinst le fils du Duc de Montbazon dans l'église de St. Germain de l'Auxerrois. L'Evesque d'Angers le baptiza.
Le lundi dernier de cestan 1601^fustmisen terre dans l'église St. Gervais à Paris^ Mons'. Damours^ Conseiller d'Estat.
En ce mois, Mons'. le Lieutenant Criminel alla au couvent des Carmes à Paris prendre prisonnier ung Carme nommé le Père Camus accusé de sodomie, avec ung jeune novice aagé seulement de xv à xvi ans accusé du mesme crime. Ce Père Camus estoit en réputation audit couvent d'un bon religieux, pie et dévot qui avoit fait le volage de Hierusalem, et en avoit rapporté tout plain de petites singularités, homme desjà mûr aagé de 55 à 60 ans.
En mesme temps le Vicaire de Vaugirard accusé d'avoir forcé une petite fille de l'aage de neuf ans, adverti de la poursuite qu'on en faisoit contre lui, et que Mons'. le Prince de Conti lui vouloit faire mettre la main sur le colet, s'alla de lui mesme rendre prisonnier à l'Evesché, comme en un lieu de franchise où personne ne lui diroit plus mot.
Une nouvelle démoniacle fust amenée à Paris en ce mois, et se voioit en la rue de la Savatterie, gardée par un prestre, et avoit son père avec elle, qui dit à ung de mes amis qui l'estoit allé voir, que pour ce que sa fille estoit de Picardie du diocèse d'Amiens, qu'il l'y avoit
menée pour la faire voir à TEvesque^ mais qu'il lui avoit fait donner le fouet.
On n'ouist point parler des miracles de ce Diable pour ce qu'on y donna ordre de bonne heure de le mettre entre les mains de Mons'. de Bourges qui flst esvanouir toute ceste diablerie qu'on prétendoit faire jouer à Paris pour la fin et conclusion du Jubilé.
En ce moiS; Montauban, Trésorier de l'Argenterie^ tailleur de son premier mestier aiant dérobbé au Roy cinq cens escus sur la seule fourniture de martre d'un sien manteau. Sa Majesté en aiant vérifflé en sa présence le larrecin tant par le marchant que par ses parties, le Youlust envoyer au gibet^ sans l'intercession de la Marquise qui supplia le Roy et Mons^. de Roisni de le lui vouloir donner pour ses étrennes, ce qui lui fust octroie; après que ledit S' de Rosni lui eust remonstré qu'elle eust beaucoup mieux fait et plus sagement de le laisser pendre et demander sa confiscation^ car elle en eust eu du bien à bon marché^ avec force belles bagueS; pierreries et joiaux^ que ce petit larronneau avoit amassé en peu de temps^ aiant fait sa main de toutes parts et à toutes restes.
En ce mesme mois^ le Prince de Jainville pour des lettres supposées de Madame la Marquise de Verneuil qu'elle lui escrivoit plaines d'amour et d'affection, la lettre de laquelle il avoit fait dextrement contrefaire par un secrétaire qui en fust serré en la Bastille, aiant esté lesd. lettres mises entre les mains du Roy par Madame de Yillars, à laquelle ledit Prince de Jainville qui
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lui faisoit l'amour^ les avoit baillées comme par galanterie et pour rire, cuida courir rixe et fortune de sa vie ^ Sa Majesté aiant conmiandé en grande colère (Toire plus grande qu'on ne Pa voit jamais veue) d'aller poignarder ledit S', de Jainville, et à Mons'. de Rosnl de dcmner congé à la Marquise, et lui oster tout ce qu'il lui avoit donné. Mais l'innocence enfin de la Marquise congneue et justifiée que le Prince de Jainville deschargea du tout et le fcmds de la farce descouvert, qui estoit ung jeu qu'il avait joué (mais mal à propos) pour coucher avec sa maistresse. La paix de la Marquise fust faite, de laquelle beaucoup eussent moins plaint la fortune que deMontauban s'il eust esté pendu. Cependant le Prince de JainviUe non obstant tout cela fùst contraint de s'absenter, d'autant que le Roy dit qu'il ne le vouloit point voir, et la Marquise au contraire restablie triomphalement jusques à coucher dans le Louvre, fist le jour des Innocens en tesmoignage (disoit elle) de son innocence, ung magnifique festin aux Dames et Demoiselles de la Cour.
Nouvelles sur la fin de ce mois à Paris, d'Ostande rendu à l'Espagnol, vérifiées fausses par après par advis tout contraires et bien certains , qu'ils s'estoient moqués de l'Archiduc et des feux de l'Archiduchesse pendant lesquels leurs secours estoit eotré dans la ville.
Bruict en mesme temps de l'Antéchrist né en Babi-