‹ Journal intime de Cuvillier-FleuryChapitre 127 sur 271 · CHAPITRE XIX. — JUILLET · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. — JUILLET

tirer. Vous connaîtrez par le prochain courrier le résultat de ma mission.

c Notre dernière expédition a été très intéressante, très pénible, et très peu périlleuse sous le rapport des coups de fusil. Ma santé a heureusement résisté. La ruine des établissements non défendus de l'Emir aura peut-être un grand résultat. Mais, pour moi, le grand souvenir de cette promenade sera la vue du désert, immense scène, que nous avons contemplée à Boghar.

tOn me demande mes lettres. Adieu, bonne santé à vous, à la mère et à l'enfant. »

« Alger, 19 juillet 1841.

c Que vos lettres sont affectueuses, mon cher ami ! car c'est une sincère et cordiale amitié que vous me témoignez; croyez bien que je n'ai pas oublié non plus ces quatorze ans passés ensemble, et qu'en prenant tant de soin de mon enfance, vous n'avez pas fait un ingrat. Pour cette fois cependant je ne suivrai pas vos avis, ainsi le veulent les circonstances. D'abord ma santé rétablie ne me permettrait pas de prendre un congé qui ne m'est pas nécessaire. En second lieu, le Météore, arrivé hier, a annoncé la venue de quatre vapeurs chargés de ramener le 17e en France; bien que cela ne soit pas tout à fait d'accord avec les dernières lettres de ma famille, cela paraît certain. Cependant je n'ai encore reçu aucun avis de mes chefs directs (1). Mon état-major est sur le flanc en ce moment,

(1) Le duc d'Aumale avait succédé, dans le commandement du 17' léger, au colonel Bedeau, nommé maréchal de camp.

242 CORRESPONDANCE DE CUVILLIERFLEURY

Neigre des suites d'une chute de cheval, Jamin pour quelques accès de fièvre mêlés de maux d'estomac; tous deux vont beaucoup mieux. Les fonctions externes d'officier d'ordonnance sont remplies durant cet intervalle par un jeune adjudant-major de mon régiment, M. de Marguenat, aussi remarquable par son brillant courage que par la distinction de ses manières et la noblesse de ses sentiments; j'espère le voir tôt ou tard à la maison du roi.

« Adieu donc, car j'ai peu de temps à moi; au revoir; ce sera plus tôt que je ne l'espérais. Clem m'a écrit qu'elle avait trouvé notre filleule bien gentille (i).

tTout à vous,

« Henri d'Orléans. »

(i) Le duc d'Aumale et sa sœur, la princesse Clémentine, étaient le parrain et la marraine de la fille de Cuvillier-Fleury.

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