LETTRES DE CUVILLIER-FLEURY A M"" CUVILLIER-FLEURY
Le duc d'Aumale à Lyon. — Départ du duc d'Aumale pour l'Afrique. — La ruche marseillaise. — Les inondations du Rhône. — Mines. — Chasse à Saint-Germain. — Le daguerréotype. — La croix de Barbier. — Une maison mal gardée. — Une soirée chez Armand Bertin. — Listz et Ingres. — Fâcheuses élections. — Mort du duc d'Orléans. — Le général Marbot. — Conversation avec de Sacy. — Fermeté du roi. — Les brochures. — Lettre de la reine des Belges. — Indisposition du duc de Chartres. — Entrevue avec la reine et le roi. — Consultation des médecins. — Le Journal des Débats. — Amboise. — Nantes. — Bonne grâce du prince de Joinville. — Une fabrique de conserves. — Lorient. — Brest. — Départ des princes pour Lisbonne.
Les lettres que Cuvillier-Fleury adresse à sa femme pen- Han». cette période de 1841 à 1842, viennent combler une regrettable lacune du Journal.
Elles contiennent pour la plupart le récit du voyage qu'il fit avec les princes, et particulièrement le duc d'Aumale.
« Cosne, jeudi soir, 11 mars 1841.
« Nous voici à Cosne, ma bien chère Henriette, où nous sommes venus souper après une journée de voyage sans
fatigue, sans poussière, mais non pas sans soleil (i). Tout va pour le mieux, et promet d'aller à merveille. Malheureusement j'ai le cœur bien gros de cette première absence, et cela diminue furieusement le plaisir de la locomotion. Mais dans quelques jours, après m'être bien remué, je reviendrai prendre ma délicieuse vie de repos et de bonheur auprès de toi. Oh! soigne-toi bien jusque-là. Quand je serai revenu à Paris, je m'en chargerai Ta santé est ma seule pensée pendant ce voyage où je devrais en avoir d'autres. Adieu. Ceci est un bonsoir d'auberge dont le négligé te montre que je t'écris sur le coin d'une cheminée qui fume, avec une plume qui boite. Mon petit mot de ce matin t'aura dit que je revenais le 23, mais le pourquoi? C'est que le duc de Nemours veut sa voiture ce jour-là. Adieu. »
(( Lyon, samedi 13 mars 1841.
«Nous voici à Lyon, ma chère Henriette. Nous y passons la journée et nous partons demain en descendant le Rhône pour Avignon. Nous y gagnons toute cette belle journée que nous allons consacrer à des promenades et une nuit entière que nous ne passerons pas en voiture. Ainsi, grâce à la vapeur, nous arriverons à Toulon en moins de cinq jours, sans avoir eu l'inexprimable fatigue de voyager la nuit De Cosne nous sommes venus ici après une nuit de postillonnage et par un grand froid Il était plus de minuit quand nous sommes arrivés ce
(1) M. Cuvillier-Fleury accompagna jusqu'à Toulon le duc d'Aumale qui s'embarquait pour l'Algérie.