‹ Journal intime de Cuvillier-FleuryChapitre 152 sur 271 · CHAPITRE XX. — AOUT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. — AOUT

mardi, si la cour est partie pour le château d'Eu, comme je le crois. 1

« Paris, 19 août 1842.

tje ne pourrai pas t'en écrire encore bien long, ma bonne chérie, car tu ne saurais croire à quel point j'ai encore à travailler pour achever ce travail de brochures (1). On vient les enlever à onze heures pour les distribuer et tout se fera j'espère aujourd'hui. Mais il me faut écrire un mot sur chaque, surveiller le travail des adresses, dicter, chercher celles qui manquent : c'est une montagne à jeter à bas dans la plaine et nous ne sommes que deux ce matin. Barbier le père est déjà hors de combat. Avec cette chaleur cela n'a rien d'étonnant. Je ne suis sorti hier que pour aller dîner avec le journal chez Donné. Je n'ai même pu assister à la séance de la Chambre qui était fort belle. Le dîner de Donné était magnifique; Pasquier (2) était là et nous disait qu'il n'avait pas ri depuis la mort du prince. Et nous donc?

«Je suis rentré à une heure du matin. Gronde-moi bien, mais je ne suis pas le plus coupable. 1

« Palais- Royal, 20 août 1842, 9 heures et demie.

« Tu vois déjà, à mon écriture, que je suis mieux, que je suis reposé, que j'ai quelques minutes devant moi, et

(1) La brochure : Neuilly, Notre-Dame et Dreux,

(2) Le docteur Pasquier.

que ce fastidieux travail des adresses est terminé à mon honneur. Hier, mes quatre cents exemplaires ont été distribués dans Paris. J'avais rendez-vous hier, à 6 heures, chez la reine pour recevoir les remerciements de S. M. et des princesses, mais je me sentais assez mal à mon aise, à la suite de ce travail, par cette chaleur; et puis surtout je trouvais honteusement gauche d'aller tendre ainsi la main aux éloges prémédités de cette royale famille. J'ai donc écrit au duc d'Aumale que j'étais souffrant, et qu'il voulût bien m'excuser. Au fait, j'ai passé cette journée tout entière, de 2 à 5 sur mon lit, et il faut que je sois bien souffrant, tu le sais, pour agir ainsi. Mais à 5 heures, j'étais plus vaillant. Je suis allé au journal et de là dîner plus que modestement au café Anglais, d'où je suis sorti pour me promener une heure. J'étais couché à 10 heures. De tout ceci, il résulte deux choses : que je n'ai pas vu le duc d'Aumale depuis cinq ou six jours, et que je n'ai pas assisté à une seule séance sur la discussion de la régence. J'y vais aujourd'hui; ce soir ou demain matin à Courbevoie où j'ai absolument à voir le prince pour le travail d'Alexandre Dumas, et où je n'aurais pu le trouver de toute cette matinée parce qu'il est en tournée militaire. J'irai, suivant toute apparence, déjeuner demain à Nogent Dis-moi l'heure.»

« Paris, 23 août 1842, 9 heures et demie.

«Avec quelle impatience j'attends de tes nouvelles, et combien je me reproche de rie t'avoir pas priée de m écrire hier soir afin que j'eusse de tes nouvelles ce matin.

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