CHAPITRE XX. — AOUT
ton le pins pénétré, lu cette lettre dont tu trouveras le simulacre assez bien conservé au verso dui Journal des Débats.
c Je suis parti, j'ai vu Armand, j'ai dîné chez lui; je me suis mis au travail à 10 heures; et, à minuit et demi, j'avalais un immense verre de bière en signe de la surabondante satisfaction d'avoir fini.
c Voilà ma journée. Il ne me reste plus qu'à te dire adieu, car l'heure du courrier me presse.
cje t'envoie une lettre que j'ai reçue de la grandeduchesse (1). J'en ai reçu beaucoup d'autres que je te montrerai. Me voici cloué par la perspective de ce travail. Cependant, compte sur moi pour demain. Bonjour à ton excellent père. Souhaite-lui pour moi sa fête demain matin. Adieu, chère aimée. »
« 24 août 1842, 2 heures.
cLe travail qui m'est demandé par la reine et qui va encore m'occuper ce soir, car j'ai déjà reçu une nouvelle communication de notes, ce travail ne me permettra pas d'aller de bonne heure demain à Nogent. Il faut donc que tu expliques clairement la position très dépendante qui m'est faite pour quelques jours et dont je suis désolé par rapport à toi et à tes bons hôtes, dont je ne fais que goûter du bout des lèvres la charmante et savoureuse hospitalité, tandis que j'aurais voulu m'en donner à bouche que veux-tu ? mais je ne puis déserter le poste où
(1) La grande-duchesse de Mecklembourg était la mère de Mme la duchesse d'Orléans.
on m'a placé: Seulement demain, je prierai que la besogne me soit envoyée de bonne heure, pour que je sois libre à deux ou trois heures de l'après-midi, et que j'arrive à Nogent avant le dîner.
c Excuse-moi bien. Dis que mon projet était de venir aujourd'hui, mais que l'homme propose et les rois disposent. Adieu donc, ce billet n'étant à d'autre fin. Hier, la reine m'a demandé de tes nouvelles avec une bonté charmante. Elle te recevra au retour du château d'Eu, mais elle m'a dit avec larmes : t Hélas! mon cher monsieur «Fleury, voyez vous-même, si en ce moment je puis recevoir personne !• Adieu, mille baisers sur les joues de petite et un million sur les tiennes.!
« Paris, vendredi 26 août 1842, 9 heures.
c Je suis arrivé à bon port après un délicieux voyage au clair de la lune et ton souvenir dans le cœur. Je suis allé au journal. Joseph avait eu l'esprit de porter ma lettre, et je n'ai eu qu'à revoir mon épreuve A minuit j'étais couché.
« Ce matin je suis fort dispos. Je vais courir. J'ai à voir toute la terre. On dit que le roi part dans la soirée, et j'assisterai au départ. Je n'ai jamais eu, depuis que je suis au monde, une vie plus en l'air; j'aurais pourtant bien besoin de me recueillir, et je compte un peu pour cela sur Chantilly. Nous y passerons, je te l'assure, une douce semaine.
t Adieu donc, car j'ai là cinq ou six lettres à écrire. J'ai reçu hier quatre pages de compliments de M. de Salvandy