CHAPITRE XXI. — MAI 1843 34i
Lundi 15.
Débat à la Chambre des pairs entre Dreux-Brézé (1) et Villemain au sujet des pétitions qui demandent la liberté d'enseignement et qui sont renvoyées au ministre, moins celle de Dunkerque, qui insinue le rétablissement des corporations enseignantes (2).
Vendredi 26.
J'écris au prince. Paquet arrivé d'Afrique; rien pour moi, mais la reine non plus n'avait rien» Le soir, à Neuilly, la reine désire avoir l'explication de ce silence de Jamin et du prince. Arrive la dépêche télégraphique de Toulon : a Le duc d'Aumale a pris la smalah d'Abd-el-Kader, sa mère et sa femme... (Interrompue par la nuit)» Le roi demande ce que c'est que la smalah. Galbois (3) était là et lui dit : c C'est la maison militaire, les gardes du corps de l'émir.» Le roi content La reine me fait appeler, me donne la nouvelle, exprime le désir d'un prochain retour du prince.
tendant des cris formidables, accourut par les couloirs intérieurs jusqu'à la chaire du professeur, et, pâle d'effroi, lui conseilla de lever immédiatement la séance, t Je ne sais pas, disait-il, si ce <c soir il subsistera une pierre du Collège de France. »
(1) Le fils du marquis de Dreux-Brézé, chargé par Louis XVI de sommer les Etats généraux de se dissoudre.
(2) En 1836 et en 1841, le gouvernement avait fait de vaines tentatives pour organiser la liberté de renseignement dans l'instruction secondaire. Le 2 février 1844, Guizot déposa un nouveau projet.
(3) Lieutenant général en 1838, commanda à cette époque la place de Constantine et rentra en France en 1840.
Dimanche 28.
Passé la journée à lire la Lucrèce de Ponsard. Quel désenchantement !
Arrivée des dépèches du prince La reine me fait demander. Sa joie
Je vais à Neuilly. On me félicite de toutes parts. cCe n'est pas moi, dis-je, qui lui ai appris cela.» C'est sa bataille de Rocroy.
Mardi 30.
Arrivée de la duchesse d'Orléans, qui est allée à Dieux, a vu Boismilon. Anniversaire de son mariage et de la naissance de son mari. Triste rapprochement! Combien le duc d'Orléans manque encore plus aux joies qu'aux afflictions de sa famille!
Journaux du 31 mai Le National a un mot favorable Le Courrier excellent Le Constitutionnel muet La Presse et le Globe excellents. Le Charivari rend hommage à la bravoure du prince au milieu d'un déluge de bêtises. Les Débats sont froids.
Mercredi 31.
M. de Ravignan dit à M. Guizot : «Je suis jésuite. Nous sommes deux cents dans toute la France et nous obéissons à notre général qui est à Rome Du reste, nous nous soumettons aux lois du royaume.»