‹ Journal intime de Cuvillier-FleuryChapitre 21 sur 271 · CHAPITRE XIV. — JANVIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — JANVIER

geoise parvenue, au milieu de toutes ces tristes grandesses. A farte gastronomique de M. le duc d'Orléans. Il emmène toutes les dames dansun salon préparé pour un punch.

Mercredi 2.

Le soir, grande et brillante réception de dames ; je revois toutes mes connaissances : Mmes de L'igne, de Meneval, de Murât, de Tracy, Ed. Blanc ; éclat des toilettes, supérieur à celui des années précédentes ; on voit que la monarchie s'est fortifiée; les dames lui font honneur de leurs bijoux.

Punch après la réception. La reine y assiste pour accompagner la princesse Marie. On se sépare à minuit Bonne humeur du roi malgré toutes ces fatigues.

Jeudi 3.

Le lendemain soir, réception moins nombreuse, mais aussi brillante. La princesse Bagration (1) se trouve mal à deux reprises. On est obligé de la déshabiller à moitié, séance tenante. Longue défilade d'hommes. Punch, clôture. La reine aimable en prenant congé de son cortège et surtout bien heureuse d'avoir fini.

Samedi 5.

Départ du roi pour son voyage militaire.

Discussion à la Chambre sur les pétitions pour et

(1) Veuve du général russe, tué en 181 2 à la bataille de la Moskova, était en mission diplomatique à Paris.

contre la duchessç de Berry. Interminable rapport de M. Sapey. Discours remarquable de M. de Broglie; belle manière, action oratoire distinguée, gestes nobles et mesurés, netteté admirable, chaleur convenable, mais à la fin, l'orateur a fait fausse route ; on sentait l'inexpérience d'une Assemblée démocratique et l'impuissance de faire fléchir sa pensée sous les dispositions de l'auditoire. Du reste, grand et légitime succès. Je suis parti après le discours de M. de Ludre, le plus commun des déclamateurs. Dîner avec la reine.

Lundi 7.

Départ de la reine pour Lille. Toutes les dames dans la voiture à douze places. Les chevaliers d'honneur dans une calèche découverte, par un froid assez vif.

Mercredi 9.

J'ai conduit les princes à l'Opéra. On donnait le Serment, ennuyeux opéra, et la Sylphide, dans laquelle Mlle Taglioni faisait sa rentrée. Elle a été ravissante de bonne grâce, un peu fatiguée dans le second acte. Les princes ont attiré les regards de toute l'assemblée par leur mine gentille et leur bonne humeur; le duc de Montpensier ne tenait pas en place. Vatout, Dumas, le ministre du commerce sont venus leur rendre visite.

Jeudi 10.

J'ai conduit le duc d'Aumale chez la comtesse de Sainte-Aldegondej il a joué des charades avec ses char-

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