CHAPITRE XIV. — JANVIER
mantes filles; la comtesse avait mis à leur disposition toute une provision de costumes de bal, quadrilles, déguisements de l'ancienne cour impériale qui leur ont servi merveilleusement (1).
Le soir, dîner de camarades aux Tuileries (2) ; il y avait quinze couverts. On a tiré les Rois ; le duc d'Aumale roi, Strada reine, Huot prince royal. Et quels cris! Après dîner, charades pendant deux heures au milieu d'un joli bruit. Bonne humeur de tout ce petit monde. J'avais commandé un repas solide et brillant et un superbe éclairage dans l'appartement des princes, parce qu'ils doivent être simples dans leur manières et munificents dans les accessoires.
Vendredi 11.
Nouvelles de Lille. Arrivée de la reine des Belges. La princesse Clémentine écrit «qu'elle n'est pas du tout changée». Froid qu'il fait à la préfecture. La princesse a l'onglée en écrivant
Samedi 12.
Passé la soirée au Théâtre-Français avec les princes. On jouait F Avocat Pathelin, Monsieur de Pourceaugnac. Monrose (3) est fin par excellence; sa finesse éclate dans
(1) La comtesse de Sainte-Aldegonde avait épousé en premières noces le maréchal Augereau.
(2) Camarades du duc d'Aumale.
(3) Monrose (1783- 1843) ava*t débuté en 18 15 à la Comédie- Française.
tous ses traits ; ce qui le rend peu propre à faire le rôle d'un sot, comme dans Pourceaugnac. Il n'en a pas moins égayé l'assemblée et surtout les deux princes qui bondissaient de joie sur leur chaise.
Dimanche 13.
Les princes ont été faite visite à la marquise de Dolotoieu, qui dit grand mal de la loi sur l'état de siège; c'est M. Le Bastard qui parle par sa bouche. Boudoir de sa fille : une belle bibliothèque, des raretés, une petite Bastille fort curieuse faite d'une pierre de la Bastille d'autrefois. Ensuite, les princes ont joué des charades avec les filles de la comtesse de Sainte-Aldegonde pendant deux heures. Après le dîner, auquel avaient été invités une douzaine de camarades des princes, ces messieurs ont fait un bruit épouvantable en jouant à colin-maillard. Je les ai aidés à représenter quelques charades; mon Pilori a eu grand succès. Mais je n'en pouvais plus de la fatigue de cette surveillance quand, à 10 heures, a commencé ma soirée; j'avais invité plus de monde qu'il n'en est venu. C'était triste, je n'avais pas quatre mots à dire; j'avais un violent mal de dents; on a bu du punch, pris des glaces, et mangé force pâtisseries; à 11 heures, j'ai été me coucher, laissant de Latour pour enterrer la soirée.
Mardi 15.
J'ai dîné chez Jules de La Rochefoucauld. Bel hôtel, livrées de bon goût, appartement élégant et riche, service
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