CHAPITRE XVI. — FÉVRIER X
se déchire les entrailles, ne pouvant porter son activité au dehors.» Salon intéressant
Mercredi 25.
Grand bal. Soupe à côté de Thiers. Ses projets de voyage et de retour aux affaires avec de l'espace et de Pair pour agir. Confidences de Guizot sur la nécessité de se fortifier par une union plus complète de ses amis.
Jeudi 26.
Mot de Dupin sur la dynastie comparée à une rose dont les factions ne laissent que le gratte-cul. Dîné à la table du roi. Sa Majesté arrive à 7 heures moins un quart Courrier envoyé à Sébastiani (1). Son arrivée prochaine.
Samedi 28.
Dîné avec le roi; Sa Majesté souffrante. Je vais le soir aux Italiens avec Mgr le duc d'Orléans à Sémiramis. Causerie sur les femmes; exquise sensibilité du prince.
Mardi 3 mars 1835.
Accueil fait au roi dans la cour du Carrousel, quand le bœuf gras est arrivé. Froideur du public. Les bouchers
(1) Sébastiani était à ce moment ambassadeur à Londres (1835-1840).
donnent le signal. Arrivée de Soult ; son désappointement de savoir Sébastiani arrivé. Je me promène sur les boulevards. Foule immense, gaieté, masques nombreux, temps froid et sec. Les princesses au balcon; une voiture de masques les reconnaît et crie : «Vivent les princesses ! » D'autres moins polis; gestes dont on les accueille et dont elles demandent l'explication au prince de Joinville qui rougit de la donner.
Jeudi 5.
L'imbroglio ministériel continue. Mécontentement de la Chambre. Anarchie du salon de service, image de l'anarchie du reste. Joie des coulisses. Réception Nombreuse au salon de la reine, Mole, Sainte-Aulaire, Pasquier, Jaqueminot. — Somnolence du duc d'Aumale, abattement extraordinaire. La princesse Clémentine achève Chatterton, dit que rien ne Ta plus émue.
Vendredi 6.
L'indisposition du duc d'Aumale exige l'application des sangsues. Visite de la reine; elle me dit de ne pas brusquer la première communion.
Samedi 7.
Succès de mon article sur la prérogative royale. La reine me dit : Je vous remercie. Séance de la Chambre;