‹ Journal intime de Cuvillier-FleuryChapitre 70 sur 271 · CHAPITRE XVI. — MARS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — MARS

avortement des interpellations de M. de Sade (1). Désappointement du public. Nouveaux bruits sur le ministère. Auvity m'apprend qu'on m'accuse d'infidélité chez Mme Dosne (2).

Dimanche 8.

Tout est remis en question. — Salon. — M. Persil déplore l'interrègne.

Lundi 9.

Avortement de la combinaison Soult et Mole. La veille, la maréchale avait dit au roi : « Sire, mon mari se porte bien. Il a eu du repos !• — Salon, morne tristesse, résignation.

Mardi 10.

Suite de l'imbroglio ministériel. Je vais voir Chat* lerton.

Mercredi 11.

Séance de la Chambre ; insignifiance du débat ; mauvaise humeur visible de Guizot, réserve de l'opinion vis- Ci) M. de Sade, parent du fameux marquis, fut député de 1827

(2) Belle-mère de M. Thiers.

à-vis de la royauté. Mensonge de Thiers quant à la combinaison du jour, à laquelle il se dit étranger. Ce que le roi nous apprend le soir à ce sujet (i). Je me couche avec un sentiment profond de tristesse.

Jeudi 12.

Ministère de Broglie définitivement constitué.

Samedi 14.

Séance de la Chambre. Débat sur la crise. M. Mauguin, Guizot, Thiers, Sauzet parlent chacun deux fois. Le tiers parti se dessine et se rapproche de l'opposition. Succès de Thiers.

Lundi 16.

Séance de la Chambre. Succès de MM. de Broglie et

(1) Thiers, qui semblait disposé à ne pas accepter le duc de Broglie comme président du Conseil, avait fini par céder sur ce point à un désir exprimé dans la soirée par une députation de la Chambre, et la constitution d'un nouveau ministère termina l'interrègne ministériel qui durait depuis trois semaines. Le duc de Broglie devenait ministre des affaires étrangères avec la présidence du Conseil; le maréchal Maison, ministre de la guerre à la place du maréchal Mortier; l'amiral de Rigny, ministre sans portefeuille. Les autres ministres conservaient leurs portefeuilles : Thiers, le ministère de l'intérieur; Guizot, le ministère de l'instruction publique; Humann, les finances; Persil, la justice; Duchâtel, le commerce; l'amiral Duperré, la marine. La crise ministérielle avait, à vrai dire, duré près d'un an ; commencée à la démission du duc de Broglie le 1* avril 1834, elle ne s'achevait qu'avec sa rentrée, le 12 mars 1835, pour se rouvrir avant qu'un an se fût écoulé.

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