‹ Journal intime de la Comédie françaiseChapitre 14 sur 67 · I . Distribution des rôles · texte numérisé non relu

I . Distribution des rôles

Odéo H . Théâtre-Français,

Denys MM. Baptiste MM. BeauTallet.

DamoA Delaunay Delaunay.

Pythias Gaspari Gaichard.

Marsyas Blaisot Castel.

Dracon Lachèvre Tronchet.

Charmion M** Dclvil M"< Rimblot,

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tre-Françals, et sans aucune modification, le 7 avril 1848. M. Brindeau créa le personnage du comte, quUl reprend aujourd'hui, et M"*" Allail joua la marquise, rôle où lui succède actuellement M^** Denain.

4 Juillet. — Intéressante reprise du Don Juan de Molière, avec l'interprétation suivante :

MM. Geffroy (Don Juan), Samson (Sganarelle) , Got (Pierrot), Delaunay (Don Carlos); M™** Aug. Brohan (Charlotte), Denain (Elvire), Bonval (Mathurine).

9 Juillet. — Deuxième début de M"* Emilie Dubois; elle aborde le difficile personnage d'Agnès, de VEcole des Femmes. On la trouve généralement un peu jeune pour le rôle; elle y pèche, peut-être, par un excès de timide ingénuité; Agnès n'est pas si innocente que cela! C'est une âne mouche qui s'entend parfaitement à tromper son jaloux sans en avoir l'air et qui pratique déjà, à ravir, tputes les charmantes roueries en usage chez les amoureux. M"" Dubois esc une aimable enfant dont le gracieux talent est plein de promesses, mais qui ne sait pas encore suffi* samment qu'Agnès n'a que l'apparence de la vertu et qu'elle est loin d'être la vertu même.

20 Juillet. — M"« Valérie, lauréat du Conservatoire (classe de M. Samson, — 1" prix de comédie en i852), débute dans le rôle de Lisette, du Jeu de ïamour et du hasard. Elle arrive de l'Odéon où elle a eu la bonne fortune de créer, avec un succès qui a motivé son entrée à la Comédie- Française, le rôle de Lucile, de V Honneur et ï Argent (11 mars i853). C'est une fort agréable personne, à la mine on ne peut plus éveillée; elle a le regard vif et malin, les dents blanches et le nez retroussé des soubrettes ; son organe est clair et sonore, son rire le plus franc du monde ; elle possède, en un mot, toutes les qualités de

remploi qu'elle vient d^aborder si heureusement à la Comédie-Française ^.

22 Juillet. -» Reprise de le Chevalier à la mode^ comédie en cinq actes, en prose, de Tacteur-auteur Dancourt 3, jouée pour la première fois à la Comédie-Française, le 24 octobre 1687. C'est la meilleure comédie de Dancourt 3; elle offre un tableau critique très excellent et très-peu chargé des mœurs de l'époque. Elle est écrite avec beaucoup de facilité et d'aisance, et abonde en scènes très-vives et du meilleur naturel.

M. Brindeau remplit avec beaucoup de verve le rôle de ce chevalier de Villefontaine , amoureux de toutes les femmes, qui les trompe toutes et finit, en somme, par être leur dupe à son tour.

^me Nathalie représente avec une très-plaisante impor^^ tance M*"" Patin^ cette vieille folle qui rêve « de se payer » avec ses écus un jeune et noble mari qui lui donnera ses entrées à la cour> et dont le personnage, pris sur le vif^ plein de vérité, de verve et d'esprit, est devenu légen-» daire. Les autres personnages sont tenus par M. Maubant (Migaud), Monrose (Crispin), Provost (Serrefort), et M"*«* Fix (Lucile), Bonval (Lisette), et Thénard, parfaite de vefve et de gaieté dans celui de la baronne.

1. MU* Wilhelmine^dséjJhiae Simonin, dite Valérie, a renoncé au théâtre en i85^ pour épouser M. Gustave Fottld, fils de l'ancien ministre des finances. En 185 7, elle a eiposé au Salon un médaillon en marbre, et en 1 870 elle a fait représenter au théâtre Cluny, sous le pseudonjrme de Gustave Hallér^ une conlédie, le htédècin des Dames, qui n*a obtenu qu*un demi-succès. Elle a également publié des romans dont le Bleuet [tSyb) û. jodi d'une certaine vogue.

2. Il eut, dii-on, pour collaborateur, un médiocre écrivain du temps; Saint- Yon, dont le nom d'ailleurs n'accompagne jamais le sien sur les affiches.

Elle eut quarante représentations de suite, dans sa nouveauté, chiffre énorme pour l'époque.

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3o Juillet. — La Comédie va représenter, au palais de Saint-Cloud, devant la cour, le Mari à la campagne^ comédie en trois actes, en prose, de MM. Bayard et de Wailly.

C'est une fort amusante comédie, dans la manière de Scribe, et qui est toujours demeurée au répertoire *. Elle est d'ailleurs jouée avec beaucoup de verve et d'ensemble, par MM. Régnier (Colombet) et Provost (M. Mathieu), qui ont créé les deux rôles qu'ils reprennent aujourd'hui. M. Leroux joue César, et M. Delaunay, Edmond. M*«Jouassain représente fort spirituellement le personnage de la veuve ultra-pieuse et acariâtre, M™« d'Aigueperse, et M"® Denain reprend le rôle de la timide Ursule, créé, à Torigine, par M"**® Volnys.

4 Août. — Reprise de V Étourdi, comédie en cinq actes, envers, de Molière. M. Samson joue Mascarille, le rôle le plus long et Fun des plus difficiles du vieux répertoire comique. M. Delaunay se montre avec beaucoup d'avantages dans le brillant personnage de LéliCé

14 Août. — L'Empereur et Tlmpératrice assistent à la

I . La première représentation du Mari à la campagne date du 3 juin 1844. M. Th. Gautier, qui comme critique a presque toujours été l'in*dalgence même, s'est moirtré bien ' sévère pour ce plaisant tableau de

nœura •

■ Nous ne voyons pas sans peine s'acclimater sur notre première scène grâce au faux goût du public, ces espèces de vaudevilles sans couplets qu'on appelle des comédies de genre et dans lesquels ni l'art, ni la littérature n'ont rien à voir.. Toutes ces réserves faites nous ne disconviendrons pas que cette comédie n'ait mérité d'être accueillie favorablement. Elle est amusante, agréablement conduite et les détails en sont traités avec assez de finesse et d'esprit. »

On voit que la seconde partie de rappréciation de Th. Gautier détruit i peu près la sévérité de la première il n'était pas possible, en effet, qu'un ccrivain si aimable montrât les dents jusqu'au bout!...

représentation des Contes de la reine de Navarre^ comédie en cinq actes, en prose, de MM. Scribe et Legouvé.

Voici la distribution actuelle de cette pièce rapprochée de celle de la création (i85i) :

François I*'.

Babiéça.

Henri d'Albret.

Charles-Quint.

Guattinara.

Princesse Marguerite.

Isabelle de Portugal.

Princesse Eléonore.

MM. Geffroy.

Got.

Delaunay.

Samson.

Régnier.

M««» M. Brohan.

Favart.

Fix.

MM. GefFroy.

Monrose.

Delaunay.

Ballande.

Maubant.

M"«« M. Brohan.

Favart.

Fix.

1 5 Août. — Première représentation gratuite donnée en rhonneur de la Saint-Napoléon. Elle a lieu en plein jour. La salle est comble, au delà même de ce qu'elle peut raisonnablement contenir de spectateurs. On a laissé la foule remplir les loges à sa guise et il en est, au premier étage, qui comportent cinq places et dans lesquelles vingt personnes ont trouvé le moyen de s'introduire. Mais il ne faut pas croire que ce public mélangé, où domine surtout rélément ouvrier, soit inintelligent ou inattentif. 11 sait, au contraire, avec beaucoup de justesse, applaudir aux bons endroits et, en l'absence de la claque supprimée pour cette unique occasion, il donne aux artistes encore plus de bravos, et surtout de meilleur aloi, que ceux auxquels les applaudisseurs gagés les ont habitués tous les jours.

Phèdre^ avec M"* Rachel *, produit un très-grand effet ; rillustre tragédienne est, pendant la représentation, Tobjet d^ovations sans cesse renouvelées. Elle n^a point voulu

t. Elle était alors en congé et elle ne donna qae cette représeatatîoa va.it sa rentrée qui eut lieu seulement le 3o mai suivant.

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d'ailleurs se montrer eu reste avec ce public non payant et si différent de celui devant lequel elle a Thabitudede paraître. Elle joue, avec un grand feu et une passion soutenus, ce personnage terrible de Phèdre^ l'un des plus difficiles de son répertoire tragique ; elle est rappelée après la représentation *.

Le Médecin malgré lui terminait le spectacle avec M. Régnier dans Sganarelle. La comédie de Molière et son principal interprète ont, à leur tour, un succès de fou rire considérable; M. Régnier est plusieurs fois acclamé.

2 1 Août. — La Comédie donne une reprise de Charles VU che^ ses grands vassaux^ drame en cinq actes, en vers, d'Alex. Dumas 2.

Cest ur> grand drame de Tépoque romantique joué pour la première fois le 20 octobre i83i, à TOdéon, où il a eu pour interprètes les plus fameux comédiens du théâtre alors dévoué tout à fait à la nouvelle école. L'amour de l'arabe Yacoub, pour la belle Bérengère, femme du comte de Savoisy, constitue le point de départ du drame, dans lequel se montrent et se mêlent deux actions simultanées qui se nuisent et arrêtent trop souvent la marche et l'intérêt de l'action... Charles VII, qui donne cependant son nom au titre de la pièce, et la belle Agnès n'apparaissent qu'épisodiquement; leurs rôles sont trop effacés et surtout trop visiblement en dehors de Tintrigue ; le caractère du roi

I. Les autres principaux rôles de Phèdre sont joués de la manière suivante :

MM. Beauvallet (Théramène}, Maubant (Thésée}, Guichard (Hippolyte), Mil* Crosnier, qui n'est encore qu'engagée et qui va prochainement débuter, paraît pour la première fuis sur la scène du Théâtre- Français (Œnone).

3. Le sujet de Gemma di Vergi^ opéra de Donizetti, joué pour la première fois au Théâtre de la Scala (i836}, et à Paris, au Théâtre-Italien (lôdéc. 1845), est emprunté à ce drame.

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n'y apparaît point, d'ailleurs, avec une dignité et une convenance suffisantes.

Le drame a, en outre, vieilli ; quelques belles situations et de beaux vers relèvent, par endroits, la faiblesse du sujet, mais toutefois la reprise actuelle n'a point le succès que la Comédie a pu en espérer, et la pièce disparaît près* que aussitôt de l'affiche.

L'interprétation manque d'ailleurs de l'ensemble habituel à notre premier théâtre; M. Beauvallft joue toutefois Yacoub avec une grande vigueur et il produit une véritable action sur le public ; M. Maubant reprend le rôle de Savoisy; M"« Rimblot représente Bérengère, et M"« Favart Agnès-Sorel *.

10 et 1 1 Septembre. — Reprises de Don Juan ci* Autriche ou la Fbca^ion, comédie en cinq actes, en prose, de Casimir Delavigne 2, et de ses Enfants d* Edouard 3, tragédie en trois actes du même auteur.

1. Les principaux interprètes de la création furent MM. Lockroy (Yacoub), Ligier (Savoisy); M»» Georges (Bérengère), Noblet (Agnès Sorel).

2. La première représentation date du 17 octobre i835. Les principaux interprètes de la création furent MM. Firmin, Ligier, Samson, Geffroy, Provostj Régnier ; M»" Volnys (Léontine Fay]etAna!s.

3. Ligier, Joanny, Menjaud^ M»» Mars, Anaîs et Menjaud ont créé les principaux rôles (18 mai i833). C'est une des pièces de Casimir Delavigne que la critique ait le plus malmenées, témoin ces deux citations d'écrivains bien différents au point de vue de leur façon d'apprécier, et qui jugent jci d'une manière identique :

« L'analyse de la pièce, si on voulait la rattacher à une idée progressive et logique, serait absolument impossible. L'action, s'il y en a une toutefois, n'est qu'un travail mesquin de marqueterie ; les incidents se succèdent sans jamais s'engendrer. Quoique l'auteur ait choisi dans les annales anglaises un crime enveloppé d'épaisses ténèbres, quoiqu'il l'ait préparé, poursuivi, accompli avec une ruse infernale, il n'y a pas, durant les trois actes, un seul instant d'émotion ou d'angoisse, d'indignation ou de pitié, d'horreur ou de sympathie. Le dénoûment prévu d'avance — la mort des

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Dans la première pièce, Brindeau joue Don Juan, M"* Rebecca, dona Florinde, et M"« Fix le moinillon Péblo. Quant à la tragédie des Enfants d'Edouard^ elle est interprétée par Beauvallet (Glocester), Guichard (Buckingham), M"»®** Rimblot (la reine) , Savary (Richard) , Rebecca (Edouard).

Ces deux reprises produisent peu d'effet et ne tiennent que transitoirement Taôîche.

17 Septembre. — La Comédie ne vit en ce moment que de reprises; elle remet encore à la scène Gabrielle, comédie en cinq actes, en vers^ de M. Emile Âugier, jouée pour la première fois, le i5 décembre 1849.

La pièce a eu, à l'origine, un long succès qu'elle a généralement retrouvé aux diverses reprises dont elle a été depuis l'objet; on Ta également beaucoup jouée en province. Cependant la critique de l'époque ne lui a point été favorable, et elle a dû triompher en dépit de ses attaques. On a traité de « trop vulgairement bourgeoise, » cette pièce

deux enfants — n'effraye pas un seul instant. Pourquoi ? C'est que les deux frères n'ont pas dans la bouche un accent vrai, pathétique, c'est qu'ils regrettent la vie comme des hommes, pour des honneurs qu'ils ignorent, et qu'ils ne pleurent pas comme des enfants, sur des plaisirs qui leur échap^

pent. n

(GusT. Planche.)

■ C'est bien là la tentative d'un poète tout occupé de ses tirades, de ses

sorties et de ses entrées, et qui ne voit autre chose, dans la tragédie, que

l'assassinat final du dernier acte. Aussi quand j'ai vu Shakespeare ainsi

mutilé, ainsi réduit à rien, ainsi forcé à couler dans l'étroit lit de mousse

paré de pâquerettes et d'aubépines où coule le Casimir Delavigne, lui le

grand fleuve dont la source est inconnue et qui se précipite en bondissant à

travers tant de sites de tous genres, jusqu'à ce qu'il se perde dans la vaste

mer, je n'ai pu m'empêcher de sourire. Et en effet, c'était un plaisant

spectacle de voir la nation française, une tasse à la main, se désaltérer à

petites gorgées dans ce breuvage enfantin des Enfants d'Edouard qu'on

disait sorti du rocher de Shakespeare. »

(Jules Janin.)

intéressante qui voulait avoir une portée sociale et qui prétendait inspirer Thorreur de l'adultère en poétisant, contre toutes les belles théories des romans et de certains esprits forts, le rôle du mari dans le ménage et dans la famille. Gabrielle a cessé d'aimer Julien, son mari; elle se sent attirée vers Stéphane, secrétaire de Julien, elle va tout lui sacrifier, et son devoir et Thonneur, lorsque ce mari, qui a tout deviné, parvient, à force de soins et d'adresse, à ramener à lui ce cœur, sur le point de lut échapper peut-être sans retour.

La démonstration de M. Augier a malheureusement péché par son propre point de départ : la faute que se préparait à commettre Gabrielle pouvait paraître explicable, excusable même, jusqu'à un certain point, mais à la seule condition que son mari aurait mérité sa honte. Loin de là!... le mari est assez sympathique pour que l'intérêt s'attache surtout à lui, et sa femme paraît d'autant plus coupable qu'il est lui-même rendu plus intéressant K

I. « J'arrive à Gabrielle^ cet antidote dramatique du poison de Padultère, comédie d'une prud'homie scandaleuse et que l'Acaddmie couronna gravement. Où le prix Monthyon va-t-il se nicher?... Le besoin d'une pièce destinée à relever la morale se faisait donc généralement sentir. Gabrielle parut : on écouta avec volupté ce réquisitoire contre l'amant et les jurés tous mariés se prononcèrent d'après les conclusions du mari, ministère public. L'Académie décerna une couronne au destructeur de l'adultère, mais elle ne s'aperçut pas qu'il y avait dans Gabrielle un vers terrible qui infirmait toute la moralité de la pièce, elle n'entendit point par bonheur le mari s'écrier que l'adultère est un crime

Grotesquement ignoble, à moins d'ôtre sublime...

• Comment, vous reconnaissez qu'il y a des cas de sublimité pour la violation de la foi conjugale ?... mais alors les ménages sont perdus ! Quelle est l'épouse qui ne se croira pas sublime en se livrant corps et âme à un amant fatal ? Quel est le débutant qui ne se trouve pas sublime en entrant

dans la chambre à coucher d'une femme mariée ? »

(Xavier Aubryet.)

-N^ «On connaît le dénoûment de Gabrielle : Julien quittant tout d'un

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Julien Chabrière, le mari, est Tune des premières créations de la « seconde manière » de M. Régnier. L^éminent artiste entrait en effet, à cette époque, dans la série des rôles plus marqués; il abordait surtout le personnage moderne, celui qui se joue en habit noir^, et il devait trouver, dans cette nouvelle phase de son talent, un certain nombre d'heureuses créations où d'ailleurs nous allons le suivre, dans le cours de ce travail. Il reparaît, aujourd'hui encore, dans ce même personnage qu'il remplit avec la même autorité et le même succès. — M . Delaunay rem* place, dans le rôle dé Stéphane, M. Maillart, le créateur du rôle. Il y montre plus de jeunesse et surtout moins de mélancolie sombre que son devancier. — M"* AUan-Despréaux reprend le rôle d'Adrienne, qu'elle a créé, et

coup le terre à terre fait une ascension inattendue dans l'idéal. Débat inacceptable! En présence de sa femme et de l'homme qui va être son amant, il s'épanouit en alexandrins sonores sur les conséquences de l'adultère ; et ce morceau suffit à Gabrielle pour congédier à jamais Stéphane... Elle me paraît bien peu humaine cette action de pièce ; ils n'ont guère étJ mordus par la passion ces deux candidats à l'adultère, elle est singulière- j ment féerique cette métamorphose du mari méprisé en époux adoré. Je ; doute que ce placage de morale soit longtemps solide... hélas ! quelle morale!... on a pu voir, le jour où fut représentée Gabrielle^ jusqu'où peut aller un homme de talent engagé dans une fausse route et qui se mêle de choses qui ne le regardent pas. » •

(Emile Montégut.)

I. ■ Personne n'a su comme M. Régnier poétiser notre funèbre habit noir : M. Régnier, incomparable toutes les fois qu'il s'engage dans une action de notre Paris moderne, dupeur ou dupé, loup ou mouton, niais ou ftablime. Il intéresse son auditoire aux récits les plus prosaïques de la vie quotidienne, parce qu'en touchant à tout, partout il idéalise. Il a devers lai mille secrets pour surprendre et reprendre l'attention. Rien jamais qui suit outré, mais toujours cet élément secret, ce point lumineux placé là où il convient, suivant la loi de l'optique théâtrale et qui est la poésie ellem3me. t

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