M. Beauvallet joue Glocester
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comme elle ne doit pas retrouver souvent, dans le répertoire, des rôles qui lui soient aussi personnellement favorables, elle n'est appelée à faire qu'un séjour tout à fait passager à la Comédie-Française.
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7 Janvier. — Reprise du Jeune Mari *. La Comédie- Française n'a évidemment exhumé l'amusant vaudeville de M. Mazères que pour faire valoir, sous leur meilleur jour et dans tout leur éclat, les grâces naturelles de M.Bressant. La vieille femme acariâtre, jalouse et ridicule, qu'a épousée Oscar de Beaufort, est bien faite pour donner à son jeune mari les apparences d'une jeunesse plus grande encore que celle dont M. Bressant possède tous les avantages extérieurs. Ces deux personnages occupent toute la pièce, qui est toujours fort gaie, bien qu'un peu démodée par endroits. M. Bressant et Mme Jouassain peuvent d'ailleurs revendiquer la plus large part dans le succès que sa reprise a encore obtenu s.
t. Comidie en trois actes, eu prose, de M. Mazères, et dont la premitr.: représentation date du a6 novembre 1826.
2. Ont repris les rôles : MM. Bressant (Oscar de Beaufort), Leroux Surville}, Got (John), Anselme (Duperrier) ; M»** Jouassain (Mae de Beau* fort), Savary (Clara), Granger (M»« Delby).
8 Janvier. — Reprise de LaÂy Tartufe. — M™« Arnould- Plessy semble vouloir remplacer Mlle Rachel, pendant son absence, dans les principaux rôles du drame et de la comédie. Après Âoutse ie Lignerolles elle s'est attaquée au personnage de M"* de Blossac, de Lady Tartufe^ Tun des rôles les plus noirs et aussi les plus difficiles du répertoire moderne, un de ces rôles quMl faut jouer, en quelque sorte, en dedans pendant les quatre premiers actes de la pièce jusqu'à l'explosion finale où Virginie de Blossac, mettant de côté son hypocrisie, éclate tout d'une pièce et se démasque, sans retour désormais possible à sa feinte vertu.
Mlle Rachel excellait dans ces sortes de personnages où la concentration devient la première qualité de leur interprète. M"* Plessy brille précisément par des mérites absolument contraires : sa grâce, le charme de sa diction, l'épanouissement de sa gracieuse physionomie, tout, chez elle, semble réuni pour en faire la femme certainement la moins dissimulée du monde. J'entendais dire, à mes côtés, le soir de cette reprise, un mot fort juste qui caractérise assez bien* l'effet produit par M"« Plessy dans le rôle de M*« de Blossac : *k Elle est trop jolie pour représenter une aussi vilaine femme! » Il s'agit ici de la laideur morale. Souvenez-vous de l'effet obtenu par Mlle Rachel dans ce même rôle; elle s'y était rendue comme laide à force de dissimulation et de méchancetés; mais comme elle se relevait au dernier acte, transfigurée, en quelque sorte, par la passion qui l'envahissait tout entière et par l'amour qu'elle s'imaginait inspirer à l'homme qu'elle aimait t Cette transition, si admirablement marquée dans l'interprétation de Mlle Rachel, cesse d'être suffisamment appréciable dans celle de M°»« Plessy, qui est une trop belle, trop brillante et trop complète coquette pour exceller jamais dans ces personnages de traîtres en jupon dont cette
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Virginie de Blossac est l'un des plus affreux spécimens. M"« Plessy a d'ailleurs eu la sagesse de reconnaître, ellemême, qu'elle s'était trompée, en abandonnant le rôle après six représentations *.
Les autres principaux rôles de la pièce sont joués par les artistes de la création, à l'exception de celui de Mme de Clairmont, créé par M"« Allan et repris par M"* Nathalie. C'est aussi Talbot qui remplace Anselme dans le personnage de Saint- Yriex, et M^^ Lambquin qui a repris le rôle de M"»« BerthoUet, qu'avait créé M"»« Thénard.
i5 Janvier. — 235^ anniversaire de la naissance de Molière. M. Beauvallet a composé, à cette occasion, des strophes : A Molière I qu'il déclame lui-même, en guise d'intermède entre le Misanthrope 2 et le Malade imaginaire 3. La Comédie, à peu près au complet, paraît dans la cérémonie finale ^.
19 Janvier. — Bonne reprise de Turcarety avec M. Eres. sant, très-brillant et de la meilleure allure dans le rôle du marquis; Provost, parfait dans celui de Turcaret , et M"« Thénard, admirable d'entrain et de bonne humeur dans le personnage de M"* Turcaret. C'est M"* Judith qui représente fort agréablement la baronne; Delaunay, le chevalier; Samson, Frontin,— mais un Frontin un peu trop vieilli; — M"« Lambquin, M"« Jacob, et M"« Bonval, Lisette. Turcaret^ qui est un des trois ou quatre chefs-
1. Les représentations de cette reprise ont liea les 8, 10, i3, 17, 30 et 24 janvier.
2. C'est Maillart qui représente Âlceste avec la froideur pleine de dignité qui lui est habituelle ; M"* Plessy joue Célimène.
3. MM. Provost (Argan), Régnier (Thomas); M"* Âug. Brohan CToinette] .
4. Sont absents : MM. Samson, Lafontaine; M*» Rachel, Nathalie et Valérie.
d'œuvre du théâtre comique, au xviue siècle, est cependant accueilli , malgré cette interprétation tout à fait choisie, — et, en somme, aussi excellente que Tétat actuel de la Comédie-Française le permet, — avec une certaine froideur, et les deux derniers actes, seuls, parviennent à dérider franchement le public *.
28 Janvier. — Représentation donnée à l'occasion de la Saint- Charlemagne, pour l'édification des collégiens et des collèges. La Comédie joue le Misanthrope 2 et le Malade imaginaire avec la cérémonie.
29 Janvier. — Reprise de la Petite Ville^ comédie en quatre aptes, en prose, de Picard.
Cette Petite Ville est Tune des plus amusantes comédies de Picard; elle est toujours demeurée au répertoire. On ne la joue que de loin en loin, il est vrai 3, mais enfin elle a survécu à presque toutes les autres pièces de son auteur et elle est restée la plus connue et la plus populaire de son volumineux théâtre.
1. Cette comédie si mordante et si crue, et oi^ Lesage a flagellé si vive^ ment certains yices de son époque, n'a jamais obtenu, au théâtre, un succès bien considérable. Représentée, pour la première fois, le 14 février 1709, elle n'eut, dans la nouveauté, que sept représentations. Le chevalier de Mouhy, dans ses Tablettes dramatiques, prétend bien que • le grand froid qu'il fit alors empêcha le nombre de représentations qu'elle méritait. » La vérité est que Turcarety en dépit de sa haute valeur littéraire et comique, ne plut qu'à moitié. La pièce était alors flanquée d'un prologue et d'un épilogue, joués sous le titre de Critique de la Comédie ^ Turcaret par le Diable boiteux, et qui n'a que deux personnages, empruntés au célèbre roman de Lesage, don Cléophas et Âsmodée. Ce prologue parut inutile et fut supprimé aux reprises suivantes ; on ne l'a remisa la scène que lors de la reprise de 1872.