Au théâtre du Vaudeville
4. En société avec Jules de Wailly. Comédie représentée, pour la première fois, le 3 juin 1844. MM. Régnier et Provost sont les seuls artistes de la création qui reparaissent aujourd'hui dans leurs rôles.
M»« d*Aigueperse. M»«« Lambquin.
M»« de Nohan. — Figeac.
Pauline. — E. Fleury.
Ursule. — Ed. Riquer.
3o Mars. — Dernière représentation de M^^ Thénard, la meilleure duègne que possède alors, et depuis longtemps, la Comédie-Française. C'est dans deux rôles du répertoire, qu'elle a repris récemment avec un succès tout particulier, ceux de M^^Turcaret, dans Turcaret^ et de M"*Guilbert, dans la Petite Ville^ que Mme Thénard fait ses adieux au public. Cette artiste, d'un talent si souple, si original et d'une verve toujours si éclatante, malgré son âge déjà avancé pour une comédienne, aura longtemps survécu aux années si bien remplies de sa carrière dramatique, car elle est morte seulement en 1877, près de vingt années après sa retraite définitive.
7 Mai. — Représentation, donnée par ordre, en l'honneur du grand-duc Constantin, frère aîné de l'Empereur de Russie. La Comédie - Française représente devant le prince les Femmes savantes et le Legs *.
10 Mai. — Reprise.de la Jeunesse de Henri V, comédie en trois actes, en prose, d'Alexandre Duval 2.
C'est du prince de Galles, qui fut plus tard le roi Henri V
I. Série de spectacles de gala : le grand-duc reste à Paris et à Fontainebleau du i«r aa 16 mai; le i3, la Comédie-Française représente, à l'ontainebleau, devant la cour et le grand-duc, le Mari à la campagne et ^'ne Tempête dans un verre d'eau; le 18, nouvelle représentation, donnée Pir la Comédie, cette fois en l'honneur du roi de Bavière, qui vient de «joindre l'Empereur et l'Impératrice dans leur villégiature. On joue Ba~ fiille de Dames.
3- Représentée, pour la première fois, le 9 juin 1806. Ont repris les ^*J« : MM. Maillart (Henri), Leroux (Rochester), Monrose (Copp), Méirôme (Edouard) ; M"" Fix (Betty), Favart (lady Clara).
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d'Angleterre, qu'il s'agit ici *. Ce prince était un viveur qui se compromettait un peu partout et qui courait volontiers les mauvais lieux sous des déguisements qui cachaient d'ailleurs assez mal son incognito. Dans la pièce d'Alex. Duval, nous le voyons attablé dans une taverne, affublé d'un costume de matelot, en compagnie de son gouverneur Rochester, qui est chargé de guérir le prince de ses goûts populaciers, et qui, par exemple, cherche à lui inspirer l'horreur de l'ivresse par le spectacle dégradant de l'ivresse même. Toutes ces scènes de taverne, qui sont les principales de la pièce, sont d'un intérêt médiocre, et le mariage qui la termine constitue un dénoûment d'un bien faible effet. Le tout a vieilli, aussi bien comme style que comme intrigue, et ne méritait certainement pas les honneurs d'une reprise 2.
25 Mai. — Reprise de Bataille de Dames ou un Duel en amour ^ comédie en trois actes, de MM. Scribe et Legouvé, avec la même distribution que lors de la création de cette agréable comédie 3, à l'exception toutefois du rôle de la comtesse, joué, à l'origine, par Mme Allan et repris aujourd'hui par M"« Nathalie.
6 Juin. — 25ie anniversaire de la naissance de Corneille,
1. C'était d'abord la jeunesse du prince de Galles, qui fat Charles 11, qu'Alex. Duval avait mise en scène. La censure impériale trouva l'époqU': choisie trop peu éloignée pour qu'elle pût permettre de la critiquer aj théâtre. Les mêmes aventures, attribuées par la comédie d'Alex. Duval à Charles II, furent tout simplement reportées sur le compte de Henri V par un seul changement de titre.
2. Alex. Duval avait emprunté le fond de sa pièce à Shakspeare, qc. a, en effet, traité le même sujet dans son drame historique sur Henri N'
3. La première représentation date du 17 mars i85i. Ont créé !es rôles : MM. Régnier (Grignon), Maiilart (de Flavigneul), Provost (baron de Montrichard) ; Ma«« Allan (la comtesse d'Autreval), Fis (Léooie.)
que la Comédie célèbre en représentant Polyeucte * et le Menteur 2,
12 JUIN. — Reprise de Marton et Frontin, comédie en un acte, en prose, de Dubois 3, jouée par M. Saint-Germain (Frontin) et M^e Valérie (Marton.)
Cest une petite pièce à travestissements qui rappelle un peu le Jeu de Vamour et du hasard : deux valets jouant le rôle de leurs maîtres et finissant par se trouver trèsheureux de redevenir valets. Beaucoup de gaieté et quelques jolis détails très-bien rendus par les deux interprètes.
14 Juin. — M°*« Grassau, une des doyennes du théâtre contemporain, débute dans Tartufe. Ce n'est pas une artiste d^une grande illustration, mais elle a tenu au second plan un rang fort honorable, et elle a même été très-remarquable, comme verve, finesse et intelligence, dans sa création,!^ fois si fantasque et si naturelle,deM°"'Prudhomme, de la comédie d'Henri M onnier : Grandeur et décadence de Joseph Prudhomme *. Demeurée ensuite sans emploi et tombée presque dans le dénûment, Mme Grassau a été
1. MM. Bcauvallet (Polyeucte), Maubant (Félix); MU« P. Lebruû (Pauline.)
3. MM. Leroux (Dorante;, Got (Cliton). Les auties principaux rôles par M. Maubant; M»" Bonval, Favart, Savary et Valérie.
3. Ce Dubois n*est guère connu aujourd'hui, et il a été, en son temps plutôt directeur de spectacle qu'auteur dramatique. Un moment associé de Pixérécourt dans la direction du théâtre de la Gaîté, il a aussi administré quelque temps l'Opéra, pour le compte de TÉtat, sous la Restauration. Sa pièce de Marton et Frontin a été jouée, pour la première fois, à la salle LouvoiSf par les artistes de la Comédie-Française qui, réunis sous la direction passagère de MUe Raucourt, tentèrent de réorganiser la troupe da Théâtre-Français, dispersée par les événements (du 23 décembre 1796 ta 4 septembre 1797).
4* Représentée, pour la première fois, au théâtre de TOdéon, le 23 novembre i852. Avant d'entrer à l'Odéon, M»» Lamy-Grassau avait longtemps joué les grands premiers rôles en^^province.
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recueillie par la Comédie-Française, qui a regardé comme un devoir de faire une situation acceptable à cette vieille artiste, véritablement digne d'intérêt, et qui d'ailleurs pouvait rendre encore, comme duègne, d'utiles et de sérieux services.
Les trois débuts réglementaires de M™« Grassau ont eu lieu les 14 juin dans Tartufe (M""® Pernelle)*, 17 juin, dans une représentation fort complète, comme distribution, des Femmes savantes (Bélise)2, et enfin 27 juin, dans le Joueur (la comtesse) 3.
16 Juin. — M. Dressant joue, pour la première fois, le rôle d'Almaviva, du Barbier de Séville, qui va devenir l'un de ses 'meilleurs dans l'ancien répertoire. Il s'y montre, en effet, fort élégant, plein de distinction, d'aimable fatuité et de verve charmante. On ne pourrait lui reprocher tout au plus qu'une certaine lenteur de parole.
1. M. Geflfroy joue Tartufe et M»« Plessy, Elmire. Le même soir d^ate, dans la même pièce, par le rôle de Damis^ un jeune premier nouvua, M. Hector Delille, d'assez bonne tenue, mais d'une étoffle encore insuffisante. Le second début de cet artiste a eu lieu, le 14 juillet suivant, dans les Jeux de l'amour et du Aâsarâf (Mario). M. Delille a d'ailleurs séjooraé peu de temps à la Comédie-Française, qu'il a quittée pour entrer dans l'iadustrie. Il était, comme comédien, élève de Ricourt,dont il est même devenu plus tard le beau-frère.